Une photo, quelques mots … #3 : No way

Troisième participation à cet atelier d’écriture qui se passe chez Leiloona.

La photo de la semaine est de Kot, comme lors de ma première participation :

tatoo

Ce soir, je vais rejoindre mes potes. C’est presque un rituel maintenant : tous les dimanches, on se retrouve au parc au bout de la ville ou dans un café, selon le temps. On rit, on s’amuse, on boit, on danse aussi parfois. De temps en temps les flics arrivent, mais on est habitué : on cache les bouteilles, on planque les joints, et souvent ils ne nous emmerdent pas plus longtemps « On nous a appelés, on est venu, c’est notre boulot. On sait qui vous êtes, donc on vous laisse tranquille, mais moins de bruit quand même, sinon, il faudra vous embarquer. » Et ils nous laissent.

Il faut dire qu’on peut faire peur aux autres. Marycine avec ses longs cheveux roses et ses piercings. Je les ai comptés la dernière fois, rien que sur le visage, j’étais déjà à dix. Elle est jolie comme ça, ça lui va bien. Pierre et l’grand Pic c’est à cause de leur coiffure : une crête verte pour l’un, une sorte de gros pic pour l’autre. D’ailleurs, on croirait qu’il veut atteindre le ciel avec ce gros foret conique et trouer les étoiles. Moi, c’est à cause des tatouages. J’en ai partout : sur les bras, les jambes, le dos, le ventre. J’ai fait le premier à dix-sept ans, avec ma première bande de pote. On m’a vite regardé de travers, comme si je devenais quelqu’un d’autre. Des conneries. C’est pour moi que je l’ai fait, parce que je le voulais, j’en avais besoin. Ce mec tatoué, c’est moi. Pas un autre. Puis, rapidement, les autres ont suivi. J’aime mon look aussi : c’est vrai, on se retourne sur moi quand je marche : vêtements courts ou longs, parfois troués, noirs ou en jean et mes chaînes. Mais je ne choisis pas ces fringues pour faire peur ou autre, non. Mais parce que la différence existe, et qu’on n’a pas toujours besoin de se conformer. Pas question que je foute toujours dans le moule. No way. Parfois, ça me soule quand même de voir des regards méprisants. Mais je les emmerde, les gens. Je les juge pas, alors qui sont-ils pour le faire avec moi ? Alors, quand je suis avec mes potes là, le dimanche soir, j’oublie tout. On se lâche, on est nous, et ça fait du bien.

Le soir, une fois chez moi, je me sens mieux, prêt à attaquer la semaine qui arrive. Je me douche. Mes vêtements pour demain sont prêts : les chaussures sont cirées,  le costume sorti, déjà repassé. Il faut que je sois en forme : je négocie un gros contrat.

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22 commentaires sur « Une photo, quelques mots … #3 : No way »

      1. C’est un papillon de profil – rien à avoir avec un effet de mode, j’en voulais un depuis mes quatorze ans et je me le suis fait faire pour mon vingt-septième anniversaire (donc acte très réfléchi). Uniquement le contour. Dans la chute des reins, assez bas. 🙂

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  1. Très chouette, j’aime beaucoup ce que tu mets en lumière. J’ai un pote qui se fait régulièrement ennuyer à cause de ses dreads et il peine à se faire prendre au sérieux.

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