La chambre d’Hannah, Stéphane Bellat

Quatrième de couverture :

Paris, février 1992. Pierre Descarrières, 11 ans, est malheureux coincé entre une vie terne et des parents qui se déchirent quotidiennement. Seul dans sa chambre, il rêve d’un frère ou d’une sœur qui viendrait rompre sa solitude. Paris, février 1942. Hannah Klezmer, 11 ans, étouffe dans l’espace confiné de son appartement, mise à l’écart parce qu’elle est juive. Leurs routes n’auraient jamais dû se croiser. Et pourtant, c’est arrivé. Car il existe entre eux un lien plus fort que le temps et la folie des hommes.

Si La Chambre d’Hannah plonge ses racines dans l’Histoire la plus sombre, c’est aussi le roman sensible et lumineux d’une amitié entre deux enfants qui n’ont, au premier abord, rien en commun : ni leur condition, ni leur époque. Avec, en filigrane, ces deux questions essentielles : jusqu’où aller par amitié ? Sommes-nous prêts à croire l’impossible ?


STÉPHANE BELLAT, né en 1961 dans l’ouest de la France, est spécialiste de la Seconde Guerre mondiale. Pendant une dizaine d’années, il rédige des articles pour des magazines d’histoire, devient guide et conférencier autour de la bataille de Normandie. Avec la chambre d’Hannah, il revient à sa première passion : la littérature.


Mon avis :
 Pierre Descarrières est un petit garçon de 11 ans. On l’a surnommé « Carotte » à l’école à cause de ses cheveux roux. Il vit avec ses parents : sa mère Nathalie est secrétaire médicale (elle a raté le concours d’infirmière). Elle a perdu rapidement ses parents dans un accident de voiture et a vécu quelques années avec sa tante du côté de Nemours. Son père, Christian, enseigne l’histoire. Au fur et à mesure des années, leur relation s’est dégradée et l’ambiance à la maison s’est fortement tendue :le petit garçon a les idées bien noires, pensant même au suicide.

Une nuit, il est réveillé par des bruits de pas dans sa chambre, mais il ne voit personne. Quelques jours après, alors qu’il retourne dans sa chambre, il y trouve une petite fille, de son âge, persuadée d’être chez elle : elle s’appelle Hannah Klezmer. Quelques minutes après, elle disparait. Par la suite, elle continuera ses apparitions. Son meilleur ami, Maxime Soimier, aura l’occasion de la voir aussi. Hannah pense qu’elle rêve quand elle se retrouve dans la chambre de Pierre, mais très vite elle comprend que ce n’est pas le cas, Pierre lui pense à un fantôme. Rien de tout ça : ils ne vivent tout simplement pas à la même époque.

Je n’en dirai pas plus, il faut tout simplement découvrir ce livre. Stéphane Bellat mélange plusieurs genres notamment le genre fantastique et le genre historique. On sait que cette histoire de rencontre entre Pierre et Hannah ne peut pas être vraie, mais ce n’est pas ce qu’on recherche ici : nous sommes pris par l’histoire, elle-même teintée de l’Histoire. J’aime que les deux personnages principaux soient des enfants de 11 ans, qui se présentent parfois bien plus matures que les personnages adultes (mais c’est une thématique que l’on rencontre souvent dans les romans laissant la parole à un enfant). Prendre des enfants comme personnages, c’est pouvoir exprimer une certaine fraicheur et une certaine candeur (comme on l’a déjà remarqué avec les romans de Gilles Paris par exemple, mais la ressemblance s’arrête là : notre Pierre Descarrières a un discours tout de même plus adulte qu’enfantin), cela permet de pouvoir parler d’un sujet difficile, notamment ici la seconde guerre mondiale et ses génocides, mais sans heurt. Sans compter que cette rencontre va, vous vous en doutez, bouleverser la vie de plus d’un personnage. J’ai aimé la fin, à laquelle je ne m’attendais pas.

Ce roman nous livre une belle histoire d’amitié mais aussi un témoignage sincère de la vie sous la seconde guerre mondiale et de belles retrouvailles … Certes, les difficultés des juifs pendant la seconde guerre mondiale est un thème ressassé, mais il est traité ici d’une façon vraiment originale et n’est pas le sujet unique du roman.

NB : On trouve à la fin un appendice reprenant « l’historique des lois antijuives en France » : j’ai trouvé ça intéressant.

Pour terminer, une petite citation que j’ai aimée, parmi d’autres ….
« Le Ciel m’avait donc entendu, mais à sa manière. Je lui demandais un frère, une sœur, ou juste un ami, malheureux comme moi en quête de bonheur. Pas plus. Au lieu de cela, on m’avait expédié un fantôme dont je ne pourrais jamais me dépêtrer. Je n’étais pas plus avancé. Pendant quelques jours, il ne se passa rien d’autre. Pas un bruit, plus un craquement, juste le silence au milieu des engueulades de mes parents. Tout était parfaitement normal. Mais j’étais troublé au point de décider que mes intentions suicidaires seraient mises en sommeil, le temps d’en savoir plus. J’aurais le temps de mourir ultérieurement ».

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