Le bruit de tes pas, Valentina d’Urbano

Avant de vous faire découvrir le nouveau livre de Valentina d’Urbano, qui est sorti hier (Acquanera), j’en profite pour transférer la chronique de son premier livre (oui, oui, j’ai du retard ….) : une très bon souvenir.

Présentation :

« La Forteresse », 1974 : une banlieue faite de poussière et de béton, investie par les plus démunis, royaume de l’exclusion et de la violence où chacun essaie de s’en sortir à sa manière, travail précaire, larcins, deals en tous genres… C’est là que grandissent Beatrice et Alfredo : elle, issue d’une famille pauvre mais unie, qui tente de se construire une vie digne ; lui, élevé avec ses deux frères par un père alcoolique et brutal. Presque malgré eux, ils deviennent bientôt inséparables et s’influencent mutuellement au point de s’attirer le surnom de « jumeaux ».

Mais ce lien, qui les place au-dessus de leurs camarades comme des sortes de héros antiques, est à la fois leur force et leur faiblesse. Car, parallèlement à la société italienne, touchée par la violence des années de plomb, leurs caractères, leurs corps et leurs aspirations évoluent au fil des ans.

Chez Beatrice, courageuse, volontaire, qui rêve de rédemption et d’exil, l’amitié initiale se transforme peu à peu en amour sauvage, exclusif. Chez Alfredo, fragile et influençable, le désespoir s’accentue.

Drames familiaux, désœuvrement, alcool et drogue, tout semble se liguer pour détruire les deux jeunes gens. Quand l’héroïne s’insinue dans la vie d’Alfredo, Bea, tenace, ne ménage pas ses forces pour le sauver, refusant de comprendre que la partie est perdue d’avance. Le Bruit de tes pas, qui s’ouvre sur l’enterrement d’Alfredo, est le récit de ces quinze années d’amitié et d’amour indéfectibles.
Un texte intense, à la narration âpre portée par une sobre poésie.

 Mon avis :
Comme vous l’avez lu au-dessus, le livre s’ouvre sur l’enterrement d’un jeune homme, Alfredo, raconté par Béatrice. Tous les deux étaient surnommés « les Jumeaux », les voyant toujours ensemble. Pourtant, on ne peut pas dire que c’était les grandes effusions d’amour entre eux, d’ailleurs dès les premières pages on peut lire ceci « Alfredo n’était pas bon et personne ne l’aimait, je le sais : quand on est aimé, on ne s’expose pas au risque de mourir seul comme un chien. Quand on est aimé, on a la possibilité de s’en sortir. Non, Alfredo était un crétin. Il n’a été qu’un imbécile de sa naissance jusqu’à sa mort. Et quand il a crevé, il n’a pensé à rien, il ne s’en est probablement même pas aperçu ».  Ils vont même fréquemment jusqu’à se frapper l’un l’autre. Et pourtant, on se rend compte tout au long du livre qu’ils s’aiment autant qu’ils se détestent : ils ne peuvent réellement se passer l’un de l’autre. D’emblée les émotions sont là.
On comprend alors que ce n’est pas une belle histoire d’amour ordinaire que l’on va lire, ni une histoire à suspens : la fin est déjà là. Ce qui va nous intéresser, et c’est ce que j’ai voulu découvrir, intriguée dès les premières pages par cette description plutôt peu flatteuse d’Alfredo, c’est la nature des liens qui liaient les « jumeaux », et comment ils en sont arrivés là.
Ce n’est pas une histoire d’amour tout d’abord entre Béa et Alfredo. Tous les deux habitent dans le même immeuble, chacun avec sa famille, mais Alfredo est fréquemment frappé par son père, comme ses frères. Un jour, il trouve refuge chez la famille de Béatrice. Par la suite, il prendra l’habitude de venir dormir avec elle quand son père sera pris d’accès de violence, situation à l’origine anodine pour les deux enfants, mais qui deviendra plus délicate au moment de l’adolescence, quand l’attirance se fait ressentir. Ils ont tous les deux l’impression d’être coincés dans cette forteresse, puis un jour Béatrice décide de partir en voyage, sans Alfredo. Elle partira plus longtemps que prévu. A son retour, plus rien ne sera comme avant.J’ai pris énormément de plaisir à lire ce livre que j’ai dévoré. Il est touchant, poignant, les relations sont vraiment complexes et fortes. Les mots choisis sont justes (pourtant il s’agit d’une traduction) et nous emportent dans cette histoire vraiment dure mais tellement captivante. On a de la peine pour Alfredo, et je me suis surprise à espérer lire à la fin du livre qu’il allait s’en sortir, pas forcément pour lui, mais pour Béatrice, afin qu’elle soit heureuse, alors que je connaissais déjà la fin.

Une belle première lecture pour cette rentrée littéraire, que je vous conseille fortement !

Le bruit de tes pas sort le 05 septembre, aux éditions Philippe Rey. Retrouvez toutes les informations ici !

Quelques mots sur l’auteur :
Le bruit de tes pas est le premier roman de Valentina d’Urbano, illustratrice de livres pour la jeunesse, née en 1985 dans une banlieue de Rome dont elle a fait le décor de son livre, même si la capitale italienne n’est jamais nommée ici. Valentina D’Urbano a été éditée en Italie après avoir remporté avec « Le bruit de tes pas » le concours Io Scrittore organisé par le grand groupe éditorial italien Mauri Spagnol.
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3 commentaires sur « Le bruit de tes pas, Valentina d’Urbano »

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