Un passé en noir et blanc, Michiel Heyns

Quatrième de couverture :

Un matin de janvier 2010, Peter Jacobs, journaliste et écrivain vivant à Londres, débarque à Alfredville, sa ville natale, qu’il a quittée depuis plus de vingt ans. Curieux de voir ce qu’est devenu ce gros bourg afrikaner depuis la fin du régime d’apartheid, et attiré par l’idée d’écrire une série d’articles sur l’assassinat de sa cousine, la belle et intelligente Désirée, mariée au chef de la police locale, Hector Williams. Un Noir. Aujourd’hui accusé du meurtre de sa femme. Motif : la jalousie, évidemment. Que pouvait-on attendre d’une telle union ? s’indigne la rumeur publique.
L’enquête de Peter va durer dix jours. Afflux de souvenirs, rencontres cocasses, constat du peu d’évolution des mentalités, notamment chez les Blancs, et surtout profond trouble affectif. Peter, qui vient de se séparer de son compagnon jamaïcain James, comprend, en retrouvant Bennie, son meilleur ami de jeunesse, que le lien qui les unissait était en réalité beaucoup plus complexe. Or Bennie, désormais policier, dirige le commissariat en attendant le procès de Williams, et semble étrangement mêlé au meurtre.
Devenu acteur malgré lui d’une affaires aux rebondissements multiples, Peter plonge dans une histoire bouleversante qui remet sa vie totalement en question, à commencer par ses rapports avec son pays. Sera-t-il un éternel expatrié ?

L’histoire et mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier Anaïs  Hervé ainsi que les Editions Philippe Rey pour m’avoir permis de découvrir ce livre.
Peter Jacobs vit en Angleterre. En 2010 il décide de retourner à Alfredville où il a grandi. Il retrouve le Queeńs Hotel qu’il avait connu sous le nom du « Ladies Bar », où il logera pendant l’ensemble de son séjour.   Cet hôtel est tenu par un ancien camarade d’école Joachim Ferreira. Au fur et à mesure il se souvient des moments qu’il a passés ici notamment avec Bennie Nienaber, un très bon ami d’enfance, revenu là quelques années avant lui et devenu capitaine de police. La raison de sa présence ne nous est pas donnée tout de suite : il est venu faire une chronique sur la mort de sa cousine, Désirée. Pour la plupart, c’est un coup de son mari, Hector Williams, un noir dont l’union avec Désirée a toujours paru étrange. Désirée aurait été infidèle, il l’aurait mal supporté. Pour d’autres, c’est un coup monté pour se débarrasser d’Hector Williams. Et la vérité dans tout ça ? Il vous faudra lire le livre pour la connaitre … et elle vaut le détour.
J’ai passé un bon moment de lecture. J’ai aimé découvrir cette petite ville à travers le regard de Peter qui la redécouvre. J’ai trouvé le personnage de Bennie attachant, on sent son mal-être, on voudrait l’aider. Le suspens et les rebondissements sont présents, l’enquête est suivie d’une façon minutieuse et intéressante, ce qui rapproche ce livre d’un polar, mais ce n’est pas que ça.
Michiel Heyns nous propose une vision de l’Afrique du Sud, ce qu’elle est devenue à la fin du régime d’Apartheid. Les thèmes sont nombreux (les rapports entre les communautés, la vision de l’étranger, l’insécurité ou encore l’homosexualité) mais analysés d’une façon subtile et rapide, ce qui permet de ne pas rendre l’ensemble trop lourd ou trop plaintif. Enfin, reste la question de l’identité : qui est vraiment Peter Jacobs ?  Comment se trouver une place quand on est uniquement considéré comme un immigré ou un émigré ?

Quelques mots sur l’auteur … 



Michiel Heyns a grandi à travers l’Afrique du Sud et a fait ses études à l’université de Stellenbosch puis à Cambridge. Professeur d’anglais à l’université, il a pu se consacrer pleinement à l’écriture après le formidable succès de son premier roman, Jours d’enfance, en 2002.
Un passé en noir et blanc est le troisième livre qu’il publie aux Editions Philippe Rey, après Jours d’enfance et La dactylographe de Mr James (2012).



Quelques phrases …. 

« M’efforcer de tenir mon histoire personnelle à l’écart – est-ce que j’en ai une ? Bien sûr, au sens où tout le monde en a une, où des choses me sont arrivées depuis ma naissance, et d’autres non, parfois il me semble que ce qui n’a pas eu lieu est plus significatif que l’inverse, une histoire négative en quelque sorte. Mes chers parents, à qui je porte un amour exacerbé proche du désespoir, ont veillé à ce que rien ne m’arrive, allant même jusqu’à m’expédier en Angleterre : cet acte ultime de renonciation parentale qui a envoyé des générations de jeunes Sud-Africains chercher sécurité et opportunités ailleurs. Si j’étais resté à Alfredville, aurais-je eu une existence plus fertile en événements ? Qu’est-ce d’autre qu’Alfredville, qu’une très petite ville dans un très petit pays sur un continent arriéré ? Peut-il vraiment arriver quelque chose à quelqu’un ici ? Sauf que … il est effectivement arrivé quelque chose à la pauvre Désirée. » (page 44).
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