Un ciel rouge, le matin : Paul Lynch

Un ciel rouge, le matin

Quatrième de couverture :
Tableau âpre et ténébreux de l’Irlande du XIXe siècle et de sa brutale réalité sociale, Un ciel rouge, le matin possède la puissance d’évocation des paysages du Donegal où il se déroule en partie. Le lyrisme sombre et poétique de Paul Lynch, qui signe là un remarquable premier roman, en exprime la force autant que les nuances, entre ombre et lumière.
Printemps 1832. Coll Coyle, jeune métayer au service d’un puissant propriétaire anglais, apprend qu’il est expulsé avec femme et enfants de la terre qu’il exploite. Ignorant la raison de sa disgrâce, il décide d’aller voir l’héritier de la famille, qui règne désormais en maître. Mais la confrontation tourne au drame : Coll Coyle n’a d’autre choix que de fuir. C’est le début d’une véritable chasse à l’homme, qui va le mener de la péninsule d’Inishowen à Londonderry puis aux États-Unis, en Pennsylvanie. Pleine de rage et d’espoirs déçus, son odyssée tragique parle d’oppression et de vengeance, du lien viscéral qui unit les hommes à leur terre.

Mon avis :
Hamilton décide, du jour au lendemain, sans donner de raison, d’expulser la famille Coyle. Coll Coyle compte bien lui demander des explications, mais la rencontre tourne mal : Hamilton est tué, Coyle doit fuir, abandonnant sa femme enceinte et leur enfant.
L’une des forces de ce roman est la description, c’est vraiment ce qui a porté toute ma lecture. La quatrième de couverture, plutôt explicite, ne cachant pas grand chose de ce que va vivre notre héros. Les descriptions sont très visuelles et poétiques, on ne peut pas passer à côté de la description presque lyrique de la nature, sans aucune exagération. L’écriture est puissante et évocatrice. Un doux moment de poésie, malgré la violence et les souffrances qui traversent le roman.
Entre les descriptions, les rebondissements, les craintes, on n’a pas le temps de s’ennuyer et le rythme ne souffre d’aucune longueur.
Les deux personnages principaux sont bien choisis. Coyle est un personnage courageux, qui n’a d’autre choix que de partir pour vivre, avec pour seule motivation l’infime lueur d’espoir de retrouver son pays, sa famille.  Faller, qui le suit, a une personnalité très singulière. Il est prêt à suivre n’importe où Coyle, abandonnant momentanément tout derrière lui. Il semble agir par instinct, sans véritablement ressentir autre chose que de la haine, et presque de l’amusement à traquer ainsi sa victime. Alors que la peur ne cesse de suivre Coyle, la volonté de mort et la haine ne quittent pas Faller.
Je ne pensais pas que ce livre me plairait autant : un meurtre, une chasse à l’homme, un « gentil », des méchants, de l’adrénaline … et pourtant. Entre la souffrance, les violences, les rebondissements, les craintes, on n’a pas le temps de s’ennuyer et le rythme ne souffre d’aucune longueur.
C’est un très beau roman et une belle réussite pour ce premier roman.
 Et parce que je ne peux pas m’en empêcher, les premières phrases de ce roman  …
« D’abord, il n’y a que du noir dans le ciel, et ensuite vient le sang, la brèche de lumière matinale à l’extrémité du monde. Cette rougeur qui se répand fait pâlir la clarté des étoiles, les collines émergent de l’ombre et les nuages prennent consistance. La première averse de la journée descend d’un ciel taciturne et tire une mélodie de la terre. Les arbres se dépouillent de leur vêture d’obscurité, ils s’étirent, leurs doigts feuillus frémissant sous le vent, des flèches de lumière se propagent ici et là, cramoisies puis dorées. La pluie s’arrête, il entend les oiseaux s’éveiller. Ils clignent des yeux en secouant la tête, éparpillent leurs chants à travers le ciel. La vieille terre frissonnante se tourne lentement vers le soleil levant. »
Publié chez Albin Michel en mars 2014.
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