Léa, Pascal Mercier

Quatrième de couverture :
Depuis la mort brutale de sa mère, la jeune Léa a perdu tout intérêt pour la vie. Jusqu’au jour où le son d’un violon l’arrache à sa détresse. Déterminée et encouragée par son père prêt à tous les sacrifices pour revoir sa fille heureuse, Léa ne poursuivra désormais plus qu’un seul objectif : devenir musicienne. Quitte à en perdre la raison.
L’histoire et mon avis :
A la terrasse d’un café en Provence le narrateur, Adrian Herzog, rencontre Martijn van Vliet, de Berne comme lui. Martijn rapidement lui propose de faire la route avec lui pour repartir chez eux. Adrian accepte mais redoute que ce dernier n’en vienne à lui raconter « son histoire », estimant en avoir déjà assez avec les siennes. Avant de repartir, Martijn voudrait faire un tour en Camargue : Adrian l’accompagne.

Alors qu’ils sont sur la route, Martijn se sent mal : il s’arrête et demande à Adrian de prendre le volant. Comme Adrian le prévoyait, Martijn commence à raconter son histoire en parlant de sa fille, Léa. Il revient dix huit ans en arrière. Cécile, sa femme est décédée il y a un an d’une leucémie. Léa ne l’a pas supporté et au fur et à mesure des jours elle s’est presque arrêtée de parler, s’est beaucoup renfermée sur elle-même. Un jour, alors qu’ils marchaient ensemble, Léa est interpellée par le son d’un violon. Rapidement ils se retrouvent devant la personne qui en joue, une femme dont le père apprendra plus tard son nom d’artiste : Loyola de Colon. Léa est en admiration devant cette femme et son père voit dans ses yeux revenir l’éclat qui était parti un an plus tôt, avec le décès de sa mère, comme si quelque chose s’était réveillé en elle : à partir de ce moment, la vie de Léa, et de son père, seront nécessairement liées à cet instrument, comme si la chose était inévitable. Quelques jours plus tard, Léa prendra sa première leçon avec Marie après avoir refusé plusieurs autres professeurs, sans donner d’explications. Elle va rapidement progresser, jusqu’à connaître un succès fulgurant qui ne la laissera pas indemne.

C’est en me promenant dans une librairie (chose on ne peut plus fréquente, je vous l’accorde), que je me suis arrêtée devant ce livre. La première de couverture m’a d’abord interpellée, puis un petit mot du libraire accompagnait ce livre, le présentant comme très touchant, voire bouleversant. Rapidement, je lis la quatrième de couverture et les mots « violon », « sacrifices », « musicienne » ont directement amené ce livre vers ma PAL (en passant par la caisse, évidemment !).

C’est un livre qui est bien écrit et l’idée est plutôt originale. Toutefois, je l’ai moyennement apprécié. Léa est un personnage énigmatique, qu’on n’arrive pas à saisir ou plutôt un personnage que je n’ai pas du tout réussi à saisir et c’est bien là le problème. Je n’ai pas été touchée par cette petite fille, par son histoire, elle est restée une étrangère alors que j’aime me sentir proche des personnages quand je lis, ressentir des choses : que ce soit de la compassion ou de la colère. Au lieu de ça j’ai ressenti au fur et à mesure de plus en plus d’ennui.

Un autre personnage alors aurait pu me toucher : le père. Il est très ému et affecté par l’histoire de sa fille, on peut ressentir les craintes de cet homme dépassé par les évènements, tout comme sa souffrance, ses regrets mais aussi l’amour inconditionnel qu’il éprouvait envers elle. Mais, dès le début quelque chose me dérange : la présence d’Adrian, le narrateur. L’idée de faire intervenir un autre personnage pour permettre à l’auteur de raconter l’histoire est certes intéressante, mais j’ai vraiment ressenti que ce personnage n’était présent que par prétexte. De ce dernier nous connaissons quelques éléments de sa vie, son histoire se mêlant (se perdant ?) parfois dans celle de Martjin, éléments qui semblent toutefois bien fades et si anecdotiques pour le lecteur. Je ne comprends pas non plus ce qui a pu pousser Adrian à suivre et à écouter Martjin : cela m’a semblé peu crédible.

En résumé, l’histoire est intéressante mais j’ai été gênée par la narration qui ne m’a pas permise d’entrer suffisamment dans ce livre et de l’apprécier.

Quelques phrases :
–  » Les sons qui s’échappaient de ce violon à l’éclat sombre étaient dotés d’une réalité propre qui – l’idée me passa soudain par la tête – n’aurait pu être ébranlée, même pas par une explosion ».

– « L’événement provoqua une première fêlure, fine comme un cheveu, dans la confiance de Léa. Il fallut des semaines avant que nous puissions en parler. Et alors, elle me le dit : elle n’avait pu réprimer l’impulsion de lancer son violon dans le public qu’avec peine. Cela m’effraya bien plus que le lapsus. N’était-ce pas trop dangereux, ce qui arrivait à ma fille ? »

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