La nuit en vérité, Véronique Olmi

Quatrième de couverture :

« Et se regarder nu, face au miroir, jamais il ne le ferait, jamais il ne serait ce garçon qui en lui faisant face lui ferait honte. Enzo ne voulait pas être son ennemi. Il voulait aimer le jour, la nuit, la peur, Liouba, et lui-même si c’était possible. »

À travers la relation forte et fragile entre une mère trop jeune et un fils au seuil de l’adolescence qui vivent chacun à leur façon l’expérience de l’exclusion et de la détresse intérieure, Véronique Olmi renoue avec la tension narrative de Bord de mer, cette amplitude romanesque où la retenue, l’émotion et la brutalité forment une ronde parfaite.

Mon avis : 
 Véronique Olmi … ça faisait quelques temps que j’entendais beaucoup parler de cette auteure dont l’écriture est si souvent appréciée, mais je n’avais pas encore franchi le pas. Et là, je ne le regrette pas.
Rapidement, ce livre nous happe par son histoire, troublante, touchante. Une relation qui semble commencer timidement entre une mère, qui refuse qu’on l’appelle maman, et un fils qui trouve refuge dans les pots de nutella et autres sucreries. Timidement parce qu’elle est pleine de maladresses, la mère, Liouba, ne se pense pas née avec l’instinct maternel et joue ce qui lui semble être son rôle de mère, Enzo le sait et feint de ne pas s’en rendre compte.
Ils vivent tous les deux dans un immense appartement bourgeois, à Paris : ils occupent les lieux pendant l’absence des propriétaires et Liouba y fait ses 35 heures de ménage hebdomadaire. Enzo va dans un collège prestigieux mais il y est malheureux, bouc émissaire de sa classe à cause de son surpoids, de ses origines, mais on comprend aussi à cause du travail et du comportement de sa mère. Il essaie alors de s’évader, de partir loin, par la pensée.
Ils dorment à deux dans un même petite chambre. Le samedi soir, Liouba sort. Enzo est souvent réveillé à son retour : elle vient récupérer dans leur chambre une couverture sur laquelle elle passera un moment avec un homme rencontré le soir même.
Puis, un jour, les choses iront encore plus loin pour pour Enzo, tellement qu’il en tombera malade. Je n’en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de découvrir ce qui suit. Tout ce que je peux dire c’est que l’émotion ne nous lâche pas avant d’avoir fermé le livre.
Nous avons l’impression de lire l’histoire d’un garçon qui ne parvient pas à trouver sa place dans ce monde. Tout est présenté et dit avec beaucoup de retenue, malgré la violence qu’on peut y trouver, et c’est certainement ce qui rend ce livre si touchant, même bouleversant. Enzo et Liouba sont finalement deux inconnus l’un pour l’autre, mais pourtant on sent qu’ils s’aiment. Il y a des interdits qu’ils n’oseront pas franchir (notamment en ce qui concerne la figure du père).
Toutefois, ce n’est pas un livre pessimiste, plutôt le contraire : à aucun moment Enzo nous fait part de son envie de quitter un monde qui, pour le moment, le rejette : il veut juste y trouver une place, sa place.
En résumé : un livre bouleversant où la violence et l’émotion se mêlent, plein de pudeur et de non-dits, d’amour et de maladresses.
Enfin,  je remercie les éditions Albin Michel pour ce partenariat !
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2 commentaires sur « La nuit en vérité, Véronique Olmi »

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