Soeurs de miséricorde, Colombe Schneck

Soeurs de miséricorde

« Elle n’a pas le choix, elle doit partir. À Santa Cruz, tout est fermé, plus rien ne circule, l’argent, les gens, même les fruits pourrissent sur les arbres. Les femmes partent les unes après les autres, de plus en plus loin. Comment trouver du travail, un logement, quand on ne connaît personne ? Ni la langue, ni les rues, ni ce qu’on mange, ni les règles ? »

Née en Bolivie dans une famille indigène, Azul a grandi dans un paradis où les fruits, les fleurs, les couleurs, les goûts prospéraient. Immigrée économique, laissant mari et enfants, langue et robes indiennes, rites et prières, elle va découvrir l’Europe et ses riches propriétaires. Comment montrer à ses patronnes ce que leurs yeux ne voient pas du monde ? Comment conserver la bonté reçue dans l’enfance ?

Mon avis :

Je n’ai découvert Colombe Schneck que lors de la sortie de son livre Mai 67, que j’avais dévoré. Alors, quand j’ai vu qu’elle sortait un nouveau livre pour la rentrée littéraire, je me suis précipitée dessus.

Nous découvrons d’abord la vie de Ximena, la mère d’Azul, qui vit en Bolivie, à Chuqui-Chuqui. C’est une femme courageuse, veuve, qui possède sa propre maison et un magnifique jardin plein d’arbres fruitiers. Parmi ses enfants on découvre Azul.

Azul rencontre un premier homme, Juan, avec lequel elle aura un enfant : Miguel. Juan ne souhaite pas épouser Azul, il préfère boire et draguer d’autres filles. Plus tard, Azul fera la rencontre d’un autre homme, Moise, avec lequel elle aura son deuxième enfant, Alondra. La famille manque d’argent, notamment à cause des dettes de Moise. Azul part tout d’abord vivre en Italie pour gagner de l’argent. A son retour, elle se rend compte que les dettes sont toujours là, malgré l’argent qu’elle a envoyé. Elle part, une nouvelle fois, malgré la douleur de quitter sa famille. Elle part à Paris.

Cette histoire est touchante. Je suis rapidement entrée dans la vie de Ximena, puis de sa fille Azul. Cette dernière, comme sa mère, est une battante, elle n’a pas le temps de se plaindre, elle prend la vie comme elle vient et fait tout pour la rendre meilleure. C’est un personnage fort, elle force l’admiration.

Les descriptions faites de la Bolivie sont vraiment belles, on se plait à s’imaginer là-bas, j’avais bien envie aussi de croquer dans l’un des fruits de Ximena. Il y a une vraie puissance dans ce livre, qui est aussi sujet à réflexion. A l’heure où nous ne cessons souvent de nous plaindre, malgré ce que nous avons, l’exemple d’Azul permet de remettre quelques pendules à l’heure. Elle ne se plaint pas, alors qu’elle doit se séparer de sa mère, de son conjoint, mais surtout de ses enfants (je trouve ça très dur). Elle va même être d’une grande aide pour les femmes chez lesquelles elle ira travailler, en Italie comme en France. Azul, c’est cette femme qu’on gagnerait à connaitre et qu’on ne veut pas oublier.

Un livre d’une grande force et d’un bel optimisme.

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4 commentaires sur « Soeurs de miséricorde, Colombe Schneck »

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