Un jeune homme superflu, Romain Monnery

« L’âge adulte, c’est ce club à la mode où tout le monde arrive à rentrer sauf toi. »

« La colocation, c’est comme une pizza. Sur le papier ça s’annonce délicieux. »

« La danse, c’est ce truc qu’on fait en soirée dans l’attente hypothétique que les filles soient assez fatiguées pour vous tomber dans les bras. »

Avec un humour irrésistible, un jeune homme superflu décrit les affres de cet âge où l’on cherche sa place entre la peur de vieillir et l’angoisse de se faire remarquer, savoir s’il faut regarder derrière ou devant soi. Colocation, travail, virées nocturnes… tout semble mener à la même conclusion : à quoi bon ?

Mon avis :

Notre jeune homme superflu est un homme d’un peu plus de trente ans, sans emploi fixe (il cumule les stages), qui vit en colocation avec « la fille cool », une fille plutôt canon qui, à en croire ce qui est écrit, ne ramènerait chez eux que des mecs peu avantagés physiquement … et un autre homme qu’il surnomme « Le Mérou ».

Pas vraiment motivé, ni pour trouver un emploi, ni vraiment pour trouver une nana (il sabote lui-même ses chances), il est l’exemple type de l’homme perdu dans sa routine, incapable de s’imaginer un futur, embourbé dans finalement pas grand chose.

La narration est originale, le narrateur n’utilisant pas le « je » pour parler de lui, mais la seconde personne :

« De ton côté, tu ne fanfaronnes pas. Tu es malade en voiture, en train, en bateau : partout. Il n’y a pas de raison pour qu’un manège pour enfants déroge à la règle. Un employé en salopette referme négligemment l’habitacle de protection sur tes genoux. Un compte à rebours retentit. Tes mains se crispent. Tu sues. Tu ventiles. Tu claques des dents … Décollage !

Un cri de bête blessée résonne dans tes oreilles à mesure que descentes, virages, secousses et loopings s’enchaînent à la vitesse de la lumière. Quand tu réalises que c’est toi la bête, il est trop tard : vous êtes arrivés.

Tu descends du manège, les larmes aux yeux. Le Mérou te montre du doigt :

  • La petite nature ! Il a chialé dans Space Mountain ! ».

Enfin, l’ensemble est vraiment bourré d’humour, et la plume de Romain Monnery très agréable à lire. Notre personnage ne cherche vraiment pas à se mettre en valeur, c’est un peu un anti-héros, et, même si parfois j’ai eu envie de le prendre et de le secouer, il est finalement attachant.

Une petite vidéo plutôt sympa et bien faite de l’agence Anne et Arnaud  :

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6 commentaires sur « Un jeune homme superflu, Romain Monnery »

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