Ce ne sont pas les mouettes, Didier Giroud-Piffoz

Ce-ne-sont-pas-les-mouettes

Quatrième de couverture :

Solène est aimée d’une passion unique, totale, absolue. Elle s’offre en retour dans un amour fou. De cet amour sublime que Benjamin Péret définissait ainsi : « (…) le lieu géométrique où viennent se fondre, en un diamant inaltérable, l’esprit, la chair et le cœur ».

Et l’Inde, sa beauté, ses mystères, sa lumière. Ses bidonvilles aussi, ses léproseries. Et cette quête douloureuse, improbable…

Mon avis :

« La porte à peine entrouverte, l’odeur rance, écœurante, des huiles, des vernis, de siccatifs t’éclate au visage, te suffoque, t’anéantit. L’odeur du souvenir, comme un pain dans la gueule. Tu fermes les yeux. Tes doigts glissent sur la palette aux croûtes multicolores. Comme érigée par la tremblante et troublante caresse, la peinture offre à ta mémoire ses mamelons durcis. Ta respiration s’accélère. Incertaine. Angoissée. Oppressée. Tu te souviens. Solène. Solène, ta sœur, ta jumelle. Fausse jumelle. Deux œufs fécondés simultanément. Mais qui peut dire les liens spécifiques, les attachements, les connivences de la vraie et de la fausse gémellité ? »

Ce sont par ces mots que commencent le roman. L’utilisation du pronom « tu » m’a tout de suite un peu dérangée : je sais que soit le texte me plaira, et j’accepterai de recevoir le rôle qu’il implique, soit le texte m’agacera, et je l’abandonnerai. C’est la première option qui a été retenue (ouf !).

C’est l’histoire d’un amour fou, passionnel qui a commencé dès l’enfance, et qui s’est terminé trop tôt à cause de la mort de Solène, décédée suite à un accident de voiture. Alors, notre amoureux retourne en Inde, là où il a vécu un an avec Solène, avant leur retour en France et l’accident. Il se souvient des moments passés ensemble, cherche à s’enivrer d’une odeur qui n’est plus là, cherche la présence d’une morte. Et cette fin qui n’en appelle aucune autre.

Le point fort de ce type est son écriture : une prose poétique rythmée, un rythme saccadé, qui suit les errances et les questionnements de notre personnage, et l’utilisation de ce pronom « tu » qui nous permet de nous identifier au personnage. Sa souffrance transperce le texte, on la ressent, et l’auteur la magnifie : bravo.

Seul bémol pour moi, que je ne voulais pas dévoiler avant : cet amour, vous l’avez peut-être compris, concerne un frère et une sœur. Si le thème ne fait pas son apparition dans la littérature (vous connaissez vos classiques), c’est tout de même une chose qui m’a gênée ici (et en y réfléchissant, certainement à cause de ce fameux pronom « tu » qui me rendait, d’une certaine façon, coupable de cet inceste).

Ce ne sont pas les mouettes est paru aux éditions Ella !

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