Le cri du corps, Anne Véronique Herter

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« Le harcèlement est une descente en enfer qui ne cesse pas, qui mène à la dépression et parfois au suicide. C’est un virus qui contamine la famille entière et qui ne meurt pas lorsque l’on quitte l’entreprise source.  »

Récit intime et violent d’un combat aux limites de la mort, Le cri du corps est la chute et la lente reconstruction d’une jeune femme à qui tout réussissait, victime de harcèlement moral au sein de son entreprise. Son témoignage décompose l’inexorable mécanique d’une société qui a fait de l’humain un instrument de profit et un outil de promotion social.

Pourquoi subit-on un harcèlement dans le cadre professionnel ? Appartient-on inévitablement à l’une des catégories victime/ bourreau/ sauveur ? Et, surtout, comment s’en sortir et s’en protéger ?

Accompagnée de Cyril Bériac, aidant, d’Isabelle Courdier, psychologue du travail, d’Olivier Hoeffel, consultant en qualité de vie au travail et gestion des risques psycho-sociaux, de Clément Raingeard et Marine Freçon-Karout, avocats, et d’Anne-Catherine Sabas, psychanalyste et formatrice, Anne-Véronique Herter signe un document essentiel sur un mal tentaculaire devenu une réalité économique et sociale.

Mon avis :

J’aime beaucoup les romans d’Anne-Véronique Herter ( Zou et Prudence Rock) des histoires intenses, aux sentiments forts et poignants, sous une plume parfaitement maitrisée. J’aime aussi beaucoup l’auteure, ma jolie Anne.

Ce livre, j’avais très envie de le lire, même si une petite voix me soufflait que j’allais entrer dans l’intimité de l’auteure, découvrir un aspect d’elle que je n’imaginais pas, même si j’en ai suivi les larges contours.

Au cœur de ce livre : le harcèlement au travail, et ses conséquences graves, silencieuses parfois, jusqu’au trop-plein, et pernicieuses. La mécanique est parfaitement décortiquée et fait froid dans le dos : des petites remarques cassantes enrobées de miel, de la dévalorisation, de l’humiliation. Pourtant, on se donne corps et âme à son travail, et ce n’est pas qu’une expression : des heures d’insomnies, un cerveau qui devient incapable de penser à autre chose qu’aux derniers dossiers, on mange trop peu ou trop mal, on met en sourdine les signaux d’alerte que notre corps nous envoie, jusqu’à ce qu’il flanche.

Mais, ce n’est pas le seul message que nous livre l’auteure. Après cet acharnement, vient le moment de la reconstruction, l’essai en tout cas. Une remontée de la pente, si dangereusement descendue, tellement bas qu’on se demande si on sortira du gouffre. Un pas après l’autre, on respire un peu mieux.

Ce livre a, dès la semaine de sa sortie, fait parler. Pourquoi ? Parce qu’il est nécessaire. Parce que l’auteure a réussi à mettre des mots sur des maux, et verbaliser la violence et la souffrance subies n’est pas une mince affaire, c’est déjà un grand pas en avant. Reconnaitre qu’on souffre d’un harcèlement au travail est un premier pas, on pense à toutes celles et ceux qui acceptent sans broncher les remontrances pourtant injustifiées de leur hiérarchie, comme si la critique était légitime. A cette sensation qu’ils ressentent de ne pas être capable de réussir à faire quelque chose correctement, d’être nul finalement, sans intérêt. Que ce livre puisse leur faire prendre conscience qu’ils n’ont pas à subir tout ça.

Bravo, Anne-Véronique Herter !

Un roman publié aux éditions Michalon.

 

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