[Rentrée littéraire 2020] La famille Martin, David Foenkinos

Présentation de l’éditeur :

J’avais du mal à écrire ; je tournais en rond. Mes personnages me procuraient un vertige d’ennui. J’ai pensé que n’importe quel récit réel aurait plus d’intérêt. Je pouvais descendre dans la rue, arrêter la première personne venue, lui demander de m’offrir quelques éléments biographiques, et j’étais à peu près certain que cela me motiverait davantage qu’une nouvelle invention. C’est ainsi que les choses ont commencé. Je me suis vraiment dit : tu descends dans la rue, tu abordes la première personne que tu vois, et elle sera le sujet de ton livre .»

Mon avis :

Voici encore un roman que j’ai beaucoup aimé. David Foenkinos met en scène un écrivain en manque d’inspiration. Ce dernier décide de descendre dans la rue et d’aborder la première personne qu’il voit pour écrire son histoire. Et le hasard fait bien les choses, car il rencontre Madeleine, une grand-mère qui l’invite chez lui dès qu’il lui présente son projet, afin de parler de sa vie. Cette rencontre en entrainera d’autres, notamment celle de Valérie, la fille de Madeleine, mais aussi celles des autres membres de la famille Martin. Ces personnes / personnages l’entraineront de révélations en révélations. L’écrivain aura un rôle de plus en plus important, donnant parfois l’impression de faire de l’ingérence. Mais l’histoire est assez finement racontée pour qu’on se demande qui, parfois, joue avec qui…

La question de l’écriture et de l’écrivain qui accompagne l’ensemble du texte est intéressante, et je n’ai pas pu m’empêcher d’approuver certaines réflexions, comme cela doit être le cas pour d’autres auteurs !

Les phrases que j’ai aimées :

Un être humain est un condensé d’autofiction.

Madeleine avait parlé de René d’une manière si vivante (on aurait presque pu croire qu’il allait nous rejoindre dans le salon). C’était à mes yeux la plus belle des postérités ; continuer à exister dans un cœur.

Valérie me prenait vraisemblablement pour un escroc, ce qui en soi n’était pas si éloigné que ça du métier d’écrivain.

J’ai souvent cicatrisé par le silence. Et puis, il y a autre chose : c’est peut-être absurde, mais j’ai l’impression de me connaître mieux que quiconque ; je vois où sont mes erreurs et mes défauts, je vois parfaitement ce que je rate. Alors je conserve en moi les mots de l’intime. Il m’est arrivé de me raconter, lors de déjeuners amicaux par exemple, uniquement pour offrir quelques gages dans le partage obligatoire des confessions. Il n’y a finalement rien d’étonnant à ce que l’écriture soit devenue mon obsession ; cela demeure la meilleure façon de voyager loin de soi. Et je cherche bien davantage à me fuir qu’à me comprendre.

Un roman publié aux éditions Gallimard

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