[BD] Les indésirables, Kiku Hughes

Récit autobiographique où se confondent réalité et fiction qui interroge sur les choix entrepris par une société en cas de crise et sur capacité à reconnaître ses erreurs.

Kiku a 16 ans. Américano-japonaise, elle se sent déconnectée de son héritage japonais et en sait peu sur l’histoire de sa famille qui cultive le secret. Alors qu’elle est en vacances avec sa mère à San Francisco, elle se retrouve brusquement dans les années 1940, propulsée dans un des camps qui a fleuri sur le territoire américain au lendemain de Pearl Harbor. Parquée, Kiku partage le quotidien de sa jeune grand-mère et de 120 000 citoyens nippo-américains déchus de tous leurs droits civiques par leur propre gouvernement, car accusés d’être des ennemis de la nation…

Mon avis :

Kiku, comme beaucoup d’adolescents, connait peu de choses sur le passé de sa famille. Sa mère n’a jamais été très loquace sur le sujet et la jeune fille s’en est contenté. Mais, alors qu’elle est avec sa mère en train de visiter San Francisco, en juin 2016, de la musique ainsi qu’une brume épaisse apparaissent et l’amènent des années plus tard, dans les années 40. Elle est assise dans un théâtre et réalise que la personne qui joue sur scène est certainement sa grand-mère, même si elle n’est pas sûre de connaitre son nom de famille. Quand Kiku revient à son époque, elle est tellement perturbée qu’elle n’ose en parler à sa mère.

Le lendemain matin, le même scénario se répète mais cette fois Kiku restera comme coincée dans cette autre dimension. Elle se retrouve avec une foule de personnes d’origine japonaise : hommes, femmes et enfants. On lui a attribué un numéro et c’est par ce dernier qu’elle sera appelée. Ils sont emmenés dans un « camp de transit ». Il ne lui faudra pas longtemps pour reconnaitre sa grand-mère et son grand-père, qu’elle observe et écoute – sans les comprendre, elle ne connait pas le nippon – à la dérobée.

source : site des éditions Rue de Sèvres

Grâce à ce voyage spatio-temporel, Kiku en apprendra beaucoup sur le passé de sa famille et ouvrira les yeux sur un pan peu connu et tragique de l’histoire nippo-américaine. Le texte n’est pas accusatif mais plutôt informatif. Par cet album, Kiku Hughes se présente comme un témoin de cette histoire terrible qu’il ne faut pas oublier. La puissance de ce texte est renforcée par le trait réaliste et simple des illustrations.

A retrouver sur le site des éditions Rue de Sèvres !

288 pages, 18,5 x 25,5 cm, 18€

PARUTION 6 Janvier 2021

Rue de Sèvres, c’est aussi…

Béatrice, Joris Mertens

Chaplin en Amérique, Laurent Seksik et David François

Retour à Killybegs, Pierre Alary,

Un petit mot

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.