[Dès 6 ans] Oscar et Carrosse, le poisson rouge – Ludovic Lecomte et Irène Bonacina

C’est toujours un plaisir de retrouver Oscar et Carrosse ! Cette fois-ci, Oscar trouve Manon, un poisson rouge, qui pleure dans un petit sac. Le petit animal rêve de nager dans l’océan plutôt que de tourner en rond dans son petit sac ! Oscar décide de l’aider : ils vont d’abord récupérer la carte routière du grand-père Oswald afin de trouver le bon chemin… mais ils ne sont pas vraiment doués pour lire une carte ! S’ils finiront par rejoindre la mer, ce ne sera pas sans un petit détour…

Un album paru aux éditions L’école des loisirs, dans la collection « Moucheron » !

[BD] Ce que nous sommes, ZEP

Grâce au projet DataBrain, les humains disposent à la naissance d’un second cerveau numérique où sont directement uploadées des connaissances et des expériences virtuelles plus vraies que nature. Avec de simples programmes à télécharger, apprendre de nouvelles langues ou même assimiler la totalité du savoir de l’humanité n’a jamais été aussi simple et rapide. Du moins si, comme Constant, on en a les moyens. Mais un jour, à la suite d’un piratage informatique, il s’évanouit et se réveille en forêt, loin de la ville protégée, en ayant perdu tout son savoir et ses souvenirs. Démuni, il est recueilli par Hazel, jeune femme vivant en marge de la société, qui va l’aider à se reconstruire et à retrouver son passé. Constant va donc partir sur les traces de son identité réelle et découvrir au passage les facultés extraordinaires de son cerveau… humain.

Mon avis :

Au début de l’album, Constant est dans l’eau. Un requin s’approche de lui. Le jeune homme le regarde avec admiration, puis l’inquiétude grimpe : en quelques seconds, il se fait dévorer.

Nous retrouvons ensuite Constant qui discute avec Franz. Nous comprenons que l’attaque n’était pas réelle : c’était une aventure sensorielle, tellement forte qu’il sent encore la douleur. Pour le déjeuner, ils choisissent une pilule qui fait croire à leur cerveau qu’ils mangent un vrai repas.

Alors qu’ils sortent ensemble, Constant se sent mal. Il demande à son ami de l’amener au Data Brain Center : l’heure est grave, il sent qu’il va se déconnecter. Mais Franz n’est pas en état de le faire. Constant s’y rend seul mais ne sait pas comment y entrer. Quand une voiture approche, il se jette dessus et demande de l’aide… avant de tomber évanoui.

Le Data Brain Center, c’est là où est stocké le second cerveau numérique de Constant. Il ne tient pas ses connaissances des apprentissages, mais des chargements. Alors, quand il se réveille, déconnecté, il ne sait plus grand chose.

Le chauffeur rencontré avant son évanouissement l’a amené dans un autre monde : y vivent « les gens de la forêt », ceux qui ne peuvent pas s’acheter un second cerveau numérique. Ils n’ont pas le droit de rejoindre la ville protégée, celle où vivent les « augmentés », dont Constant et Franz font partie. Dans cette zone il n’y a pratiquement pas d’électricité : elle est réservée à la ville protégée puisque les cerveaux numériques sont très gourmands d’un point de vue énergétique.

Nous sommes dans un futur qui ne parait pas si loin que ça (la volonté de fabriquer un cerveau humain numérique est réelle), et c’est ce qui nous interroge. Nous nous appuyons de plus en plus sur le numérique, nous utilisons plus souvent les mémoires de nos téléphones et ordinateurs que notre tête. C’est certainement ça qui m’a fascinée dans cette histoire. Une grande réussite !

Une publication aux éditions Rue de Sèvres !

Le bal des cendres, Gilles Paris

Présentation de l’éditeur :

Sur l’île de Stromboli, des couples savourent leurs vacances. Ils sont sensibles, lâches, infidèles, égoïstes, enfantins. Elles sont fortes, résilientes, légères, amoureuses. Le réveil du volcan va bouleverser leurs vies. Cet été de tous les dangers sera-t-il le prix à payer pour se libérer enfin ?
L’action se déroule au Strongyle, un hôtel de Stromboli où séjournent plusieurs couples et familles. Il y a aussi un enfant de 10 ans, Tom, qui ne se sépare jamais de ce mystérieux Gris qu’il est seul à voir avec son frère et sa sœur. Il y a enfin une adolescente, Giulia, grandie trop vite après la mort de sa mère.
Tous vont apprendre à se connaitre, à s’apprécier, à s’aimer même pour certains, jusqu’à l’éruption du volcan qui décidera du sort de chacun dans ce roman choral. Le propriétaire de l’hôtel, Guillaume de la Salle, est français. Il s’est associé à Matheo, avec lequel il a vécu un passé sombre quand ils appartenaient à la Direction du Renseignement militaire. D’autres clients s’installent cet été-là. Anton et Sevda, un couple charismatique. Lui est chirurgien et travaille sur les zones de conflits. Elle est une ancienne infirmière qui a élevé leurs trois filles et veille jalousement sur leur couple. Il y a Lior, un océanologue de 25 ans, qui a vécu adolescent sur l’île, en sauvant sa mère d’une mort certaine. Ethel et Sebastiàn, frère et sœur, arrivent d’Uruguay après une enfance douloureuse. Elena, la comtesse italienne, privée de l’usage de ses jambes, se remémore ses souvenirs sur l’île dans l’ombre d’un mari disparu trop tôt. Abigale, une ravissante Américaine, attend son amant Eytan, marié à une autre femme. Gaetano, le guide, ami du père de Giulia, élevé pratiquement avec sa fille dont il est épris. Et Marco qui loue volontiers sa barque pour faire le tour de l’île.
Le volcan, toujours en activité, va se réveiller, tout comme la conscience éveillée des personnages et de leurs secrets. Cet été-là est celui de tous les dangers.

Mon avis :

Ce roman est absolument captivant. Les premières pages, j’étais un peu perdue parmi les personnages. Au fur et à mesure, j’ai appris à les connaitre : ils ont tous leur personnalité. Puis, on s’attache à certains d’entre eux : Giulia, Sevda et Lior pour moi.

J’ai été fascinée par l’histoire, ou plutôt par les histoires qui s’emmêlent dans ce Bal des cendres. A travers les monologues, qui maintiennent une tension jusqu’au point final, les apparences laissent place aux réflexions et aux introspections. Ces monologues nous offrent des regards sur les autres et rendent cette comédie humaine encore plus intense. Le passé aussi se dévoile, laissant découvrir une fin explosive pour certains, un avenir plein de promesses pour d’autres.

Mais un autre personnage, qui n’a pourtant rien d’humain, accapare aussi l’attention : le Stromboli, un volcan actif des îles éoliennes (situées au nord de la Sicile) qui rappelle qu’en quelques minutes il peut réduire à néant nos existences.

C’est un magnifique roman que nous offre Gilles Paris, une plongée dans l’âme humaine qui coupe le souffle. Bravo !

[Les petits] On fête Pâques avec les éditions Usborne !

Vous vous méfiez du chocolat ? Vous voulez éviter à vos enfants une crise de foie ? Vous avez tout simplement envie d’offrir des LIVRES à vos petites têtes blondes / brunes / rousses / vertes ?

J’ai ce qu’il vous faut !

Les éditions Usborne, c’est vraiment une maison d’édition que j’affectionne beaucoup, comme ma fille. Elle n’a jamais boudé le moindre livre ou la moindre activité que je lui ai proposés et je redeviens la meilleure maman du monde (le même principe existe quand vous faites un plat de pâtes à vos enfants). Le premier point fort de ces trois livres est leur couverture : elles sont très attrayantes, notamment celle de droite qui donne l’impression d’être pailletée !

La peinture magique de Pâques.

Le principe est toujours le même : il suffit de passer le pinceau trempé dans un peu d’eau sur les illustrations en noir et blanc pour faire apparaître les couleurs du printemps et animer les scènes imagées remplies de poussins, lapins et d’œufs de Pâques ! Parfait pour vous mettre dans l’ambiance !

Petit plus : fini l’emballage plastique pour ranger le pinceau, je trouve le rangement en carton incrusté dans la couverture beaucoup plus pratique, harmonieux et écologique !

Ma petite collection « J’habille mes amies » : Pâques

L’incontournable cahier d’autocollants ! Avec le temps je pensais que ça plairait moins à ma fille (7 ans), mais non, elle adore toujours autant mettre en scène les personnages présentés dans le livre et adore réussir à lire toute seule les petits textes.

C’est le printemps, les jeunes amies nourrissent des agneaux à peine nés et des oisillons venant d’éclore, elles jouent avec des lapins et font une chasse aux œufs de Pâques.

Mes histoires « j’habille mes amies » : un poney en péril

Enfin, pour joindre le plaisir de lire à celui des activités, nous sommes fans de la collection d’histoires.

Amélia, Zoé et Luc, les amis des animaux, sont ravis d’organiser une expédition en montagne pour s’assurer que les poneys sauvages vont bien. Alors que les trois amis essaient de mettre en sécurité un jeune poney en équilibre au bord d’une falaise, celui-ci, effrayé par une mouette, leur échappe et se réfugie bien plus bas dans une anse de la falaise alors que la marée monte. Les amis réussiront-ils à convaincre le poney à avancer dans l’eau pour rejoindre la terre ferme ?

Les pages d’autocollants se trouvent au début du livre et, comme vous pouvez le voir ci-dessous, l’enfant pourra aussi colorier sur les doubles pages illustrées en noir et blanc (Oui, oui, cher enfant, tu as le droit d’écrire sur un livre !).

Ensuite, c’est à vous de voir comment procéder : lire d’abord intégralement le livre (abordable en lecture autonome à partir de la moitié du CP je dirai), faire des pauses pour colorier, ou coller les autocollants.

A vous de faire votre choix !

Vous pouvez retrouver les éditions Usborne sur Facebook ou Instagram !

[Ado – dès 12 ans] Go fast, go slow, Sylvie Allouche

Quand Camille rencontre Tommy, c’est le coup de foudre. Aveuglée par cet amour, elle se laisse embarquer dans un trafic de drogue, pour le compte d’un homme surnommé « l’Indien ». Jusqu’à la dernière livraison, qui fait voler tous leurs rêves en éclats…
Sept ans plus tard, la commissaire Clara Di Lazio s’intéresse au réseau de « l’Indien », dont l’ombre plane sur plusieurs affaires. Mais elle est appelée en urgence à Saint-Malo : son jeune frère Vincent, disparu depuis des années, pourrait avoir refait surface.
Pour mener ces deux enquêtes de front, Clara devra plus que jamais compter sur son équipe…

Mon avis :

Go fast, Go slow, ou comment avaler plus de 300 pages en quelques heures !

Le roman se divise en trois parties, ces dernières mêlent plusieurs intrigues. Tout d’abord, il y a l’enquête familiale de la commissaire Clara Di Lazio (personnage récurrent de l’autrice) qui la pousse à se rendre en Bretagne rejoindre sa sœur, Lisa, et sa nièce, Lilo. En effet, un homme a été retrouvé, en mauvais état : il se pourrait que ce soit son frère, Vincent, qui a disparu il y a plusieurs années (vous avez peut-être déjà croisé ce Vincent dans Stabat Murder).

En parallèle la commissaire, avec son équipe, cherche à coincer un homme du nom de « L’Indien », figure à la tête d’un trafic important de drogue qui est aussi mêlé à une histoire de meurtre.

Enfin, à tout cela s’ajoute l’histoire de Camille, une jeune fille qui vient de sortir de prison. Elle va enfin revoir sa fille qui vit chez celle qu’elle appelle sa tante, Janou, femme chez laquelle elle a été placée enfant en famille d’accueil. Nous découvrons pourquoi elle a purgé une peine de 7 ans à l’âge de 17 ans et son histoire d’amour avec Tommy, le père de sa fille. C’est le personnage qui m’a le plus touchée et qui nous rappelle que la famille est importante par les liens du sang, mais qu’il y a aussi celle du cœur.

Chaque personnage a sa propre identité : ils sont bien décrits, ancrés dans leur quotidien singulier, ont leur propre langage.

Vous l’aurez compris, le roman est riche avec ces trois histoires. Les rebondissements sont présents, les histoires vont évidemment se croiser et l’ensemble, magistralement orchestré, nous offre un polar terriblement addictif (il éclaire aussi le titre). Sylvie Allouche explore une nouvelle fois l’âme humaine dans toute sa diversité et toute sa complexité. C’est aussi un roman très visuel, qu’on imagine bien adapté au cinéma (ce serait chouette, d’ailleurs, j’aurai l’impression de voir des anciennes connaissances).

C’est un bon roman à conseiller aux adolescents qui aiment lire, mais aussi à ceux dont le nombre de pages pourrait être un frein : ils verront qu’ils peuvent dévorer, eux aussi, 300 pages. Évidemment, il plaira aussi aux adultes amateurs du genre : je vous rappelle que pour moi le terme « littérature ado » ne veut pas dire que les livres qui sont casés dans cette catégorie sont réservés uniquement aux adolescents, mais que les personnages principaux sont des adolescents…

Un roman publié aux éditions Syros !

Pour lire un extrait, c’est ici !

[Les petits- 3 ans] Le petit faon, Kallie George, Elly MacKay

C’est un bel album que nous avons là ! La petite fille est déçue : elle a l’impression de rater beaucoup de choses intéressantes : les étoiles filantes, les premières pommes, et même la biche dans son jardin ! Mais elle ne compte pas en rester là. Elle prend un sucre et sort, bien décidée à trouver l’animal… ce n’est pas la biche qu’elle verra, mais…

un magnifique petit faon !

(SPOILER : si la petite fille ne voit pas la biche, cette dernière voit bien l’enfant !)

Les illustrations sont douces, réalisées à l’aquarelle. Elles donnent une ambiance chaleureuse à l’album. J’aime beaucoup aussi le jeu sur la luminosité et je dois dire que je suis assez admirative de ce résultat final. C’est vraiment un bel album !

Une histoire d’apprentissage pleine de douceur, publiée à l’école des loisirs.

[Ado] Le yéti de la décharge, Julien Artigue

Alors qu’elle se retrouve seule en pleine nature, Zoé fait une drôle de rencontre : un yéti ! En réalité, la créature qu’elle a en face d’elle est beaucoup moins effrayante : il s’agit juste d’un homme hirsute et portant de vieux habits bariolés – ouf ! La peur cède rapidement place à la curiosité, et Zoé s’interroge : mais qui est donc cet homme qui traîne dans les décharges ? Accompagnée de ses amis, la jeune fille va braver les consignes données par sa mère pour en découvrir un peu plus sur cet étrange personnage.

Mon avis :

Voici un livre qui se lit rapidement, et avec plaisir. Zoé cueille des mûres dans la forêt avec sa meilleure amie, Nina. Or, cette dernière est appelée par sa mère : elle doit partir immédiatement, son frère s’est blessé en faisant du skate, ils doivent le conduire aux urgences. Mais Zoé n’a pas envie de partir : elle est loin d’avoir rempli son récipient de fruits et veut faire de la confiture… Elle propose alors à son amie de rentrer sans elle : elle va rester seule dans la forêt…

Une fois Nina partie, Zoé n’est pas sereine. D’ailleurs, elle n’attend pas longtemps avant de vouloir partir à son tour, sauf qu’un petit imprévu l’attend : la chaine de son vélo a déraillé… et elle ne sait pas la remettre. Puis, quand elle veut partir, tellement elle a la frousse, elle se blesse. Or, derrière elle, un bruit se fait entendre… puis un autre… quelque chose ou quelqu’un arrive. « Je vois une drôle de tête se faufiler à travers les branchages, une tête recouverte de poils grisonnants ! » (page 21). Heureusement pour elle, Zoé se rendra rapidement compte que ce n’est pas un yéti mais un homme, qui a de très mauvais goûts vestimentaires.

Quand elle rentre chez elle, sa mère est folle d’inquiétude, sentiment qui laisse place à la colère quand Zoé lui raconte tout ce qui s’est passé. La jeune fille est punie pour plusieurs jours… mais elle trouvera le moyen de contourner la punition, et retombera presque nez à nez avec le yéti Bernard. Elle découvrira, avec ses amis, qu’il a un étrange passe-temps…

Ce livre conviendra aux adolescents dès 10 ans : l’histoire est facile à comprendre, teintée d’humour et de moralité, et le vocabulaire adapté. Il faut dire que l’auteur Julien Artigue, qui publie pour la première fois aux éditions Le Muscadier, n’en est pas à sa première parution pour la jeunesse : il a déjà publié, entre autres, aux éditions Gulf Stream ( Quel carnaval, 2021) ou encore Scrineo (Le portable de mes rêves, 2021).

Vous pouvez découvrir les premières pages ici !

[Ado – 10 ans] Trois jours dans la peau d’un garçon, Camille Brissot

Alors qu’ils visitent une fête foraine high-tech, Charlie et Sam se font piéger dans une attraction secrète, interdite au public. Et voici Charlie, la fille la plus cool du collège, dans le corps de Sam, le loser absolu au physique ingrat. Et vice versa. Le cauchemar ! Ils vont pourtant vivre l’expérience la plus forte de leur vie.

Mon avis :

Se retrouver dans la peau d’un garçon ? Quel cauchemar pour Charlie ! D’autant plus que le corps dans lequel elle a trouvé refuge est celui de Sam, un des garçons les moins populaires du collège… tout son contraire ! Ses cheveux sont gras, elle le trouve mal fringué… L’horreur!

De l’autre côté, ce n’est pas mieux, même si Charlie imagine le contraire. Sam n’est pas heureux de se retrouver dans le corps de l’une des coqueluches du collège. Lui qui est habitué à la solitude se retrouve sous le feu des projecteurs et n’est pas à l’aise avec ça.

Mais cet échange, on s’en doute, sera salutaire pour les deux jeunes. En se glissant dans la peau de l’autre les préjugés tombent. Ils ne voient plus l’adolescent aux cheveux gras ou l’adolescente populaire, mais la personne qui se cache derrière et son quotidien, notamment dans sa vie familiale. L’histoire se lit bien et contient certains passages drôles, dont celui où Charlie et Sam échangent au sujet de la nécessité de prendre une douche….

Ce roman est sorti pour la première fois en 2017. Vous pouvez le retrouver sur le site de la maison d’édition Syros !

Un autre roman de Camille Brissot chroniqué sur le blog :

21 printemps comme un million d’années, Syros

[Ado / adulte] Refuge 1420, Jean M. Firdion

Une jeune gendarme lancée à la poursuite d’un évadé de prison découvre un cadavre près d’un refuge de montagne. La victime est mineure, les indices sont rares, mais des témoins mettent en cause le fugitif.

Au même moment, des parents signalent la disparition de leur fils de 14 ans – un fait d’autant plus inquiétant que le poignard planté dans le corps sans vie pourrait appartenir à l’adolescent.

Que s’est-il passé ? Les évidences pourraient être trompeuses. Et si l’assassin n’en était pas à son premier meurtre ? Une course contre la mort s’engage sur les pentes abruptes des sommets pyrénéens.

Mon avis :

Mercredi 20 juillet. Pas d’année. Carla, gendarme, est face à un homicide : une jeune fille a été poignardée en plein cœur dans le parc national des Pyrénées, non loin du refuge pour randonneurs et varappeurs, appelé Pyrénéa 1420 « parce qu’il se situait dans les Pyrénées à quatorze cent vingt mètres d’altitude, et parce que les propriétaires ne s’étaient pas trop foulés pour lui trouver un nom. » Mais ce n’est pas la seule chose qui occupe Carla. Jordan, un ado jugé responsable dans un grave accident de la circulation, est en cavale et semble avoir été sur les lieux de crime. De plus, un adolescent de quatorze ans, Ludovic est recherché : il a disparu…

Y a-t-il des liens entre eux ? Directs ou indirects ? Se sont-ils croisés ? Pourquoi cette jeune fille a été tuée ? Par qui ? Le lecteur se pose un tas de questions… auxquelles Carla cherche une réponse. Pour cela, la narration nous renvoie deux jours plus tôt, le lundi 18 juillet. Ludovic est en gare de Pau. Il a rendez-vous avec son père – ses parents se sont séparés – mais ce dernier n’arrive pas. Ensemble, ils doivent camper dans les Pyrénées. A force de l’appeler, le père décroche : il arrivera… mais le lendemain. Son père, loin de s’excuser, lui intime de se débrouiller « Alors, tu bouges tes fesses ! Tu montes dans le car en direction de Laruns, tu descends à Gabas, tu fais du stop jusqu’au lac, et tu dresses le bivouac près du pic de Midi, comme on a dit. » Ensuite, nous découvrons Carla, passionnée par son métier, dans son quotidien, en couple avec un homme qui peine à accepter le travail de sa compagne. Enfin, nous découvrons Jordan et son histoire…

Les personnages ont tous une présence intéressante. Ils sont bien décrits, notamment d’un point de vue psychologique. J’ai eu une préférence pour Ludovic, j’ai l’impression que c’est celui qui s’est le plus révélé au fil des pages. Il est touchant, ce gamin. J’ai apprécié aussi le côté fantastique avec les deux enfants qui surgissent un peu de nulle part, notamment la petite fille et ses remarques… Enfin, malgré ses presque 400 pages, le roman est bien rythmé et ne laisse pas de place à l’ennui.

Un polar à découvrir, publié aux éditions Le Muscadier ! N’hésitez pas à cliquer pour en découvrir les premières pages

[Ado] Tout renverser, Arnaud Tiercelin

Un jeune garçon à deux moments de sa vie. Entre les deux périodes qui se rapprochent au rythme enfiévré des chapitres, dix ans ont passé pour Nino, avec leurs crises, leurs tensions, leurs secrets, leurs drames.
Entre les deux, il a quitté l’enfance. On entre dans le livre à l’occasion d’une crise : le héros a fait une connerie, une grosse, une grave, dont on en comprendra au fil des pages la nature, les tenants et les aboutissants.

Mon avis :

22h01. Le téléphone de Nino, 17 ans, n’arrête pas de sonner. On le cherche. Sa copine, Julia, comme sa mère. Elles sont inquiètes, Julia un peu en colère, aussi. Mais Nino ne répond pas. Il ne peut pas. Cela fait cinq heures qu’il a trouvé refuge dans une école.

« Cinq heures que je griffe le carrelage avec mon ongles tout bouffés. Parce que j’ai déjà tout rongé. Tout ratatiné. Tout réduit à néant » (page 6).

Il a fait quelque chose de mal, qu’on découvrira à la fin du livre. Quelque chose de suffisamment grave puisqu’il craint à tout moment l’arrivée de la police.

Puis, le roman alterne entre les retours en arrière, à partir de 2011, dix ans plus tôt, et le présent, jusqu’à ce que les deux moments se rejoignent. En 2011, la famille a emménagé à Villa Rose sur l’ile d’Oléron, une maison louée face à la plage. Ils savent que la mère de Nino ne trouvera pas de travail ici, mais le salaire du père sera suffisant pour la famille… ça, c’était en théorie puisqu’un premier drame a tout fait capoter.

Un jour, en 2014, il fait la connaissance de Frédéric, un prof de tennis.

« Un grand gars aux yeux perçants, mal rasé, à la voix bouffé par la cigarette, brun aux cheveux courts« .

La mère de Nino veut que son fils fasse du sport. Petit à petit, Frédéric s’immisce dans la vie de l’adolescent… jusqu’à dépasser les limites.

ATTENTION, SPOILER !

Je n’ai pas mis l’intégralité de la présentation de l’éditeur, puisqu’elle dévoile le thème du roman, et que j’ai été déçue de la lire avant d’avoir fini le livre 😉 : les abus sexuels dans le sport. Je n’en dirai pas plus sur ce qui a conduit l’adolescent à se planquer, je trouve ça dommage de tout dévoiler. Mais rassurez-vous : si les faits sont là, réels et graves, la lumière et l’espoir sont là, eux aussi.

J’aime beaucoup l’alternance des époques qui nous fait entrer immédiatement dans l’action. L’auteur a su saisir son lecteur dès les premières lignes. On fronce les sourcils, on s’inquiète pour le jeune Nino, et pour sa maman aussi. Quant au sujet, il est, on le sait, d’actualité.

Un très bon roman, publié aux éditions Magnard !