[Jeunesse] Traquées, Sandrine Beau

Maman avait tout préparé, le sac de voyage, l’itinéraire… Au cas où elle ne reviendrait plus, m’avait elle dit. J’ai toujours pensé que cela n’arriverait pas. Jusqu’à aujourd’hui. Me voilà seule avec ma petite sœur, toutes les deux sur la route pour retrouver maman, avec un tueur à nos trousses…

Mon avis :

Sandrine Beau va bientôt devenir, je pense, l’auteure que j’aurai le plus chroniqué sur ce blog. Il faut dire que ses livres se suivent et ne se ressemblent pas, excepté sur un point : la qualité. Dans Traquées, elle s’attaque à un nouveau genre : le roman policier.

Annabelle et Marjolaine sont sans nouvelles de leur mère depuis deux jours. Annabelle, la plus grande, sait ce que cela veut dire : elle doit partir, avec sa sœur, et vite. L’itinéraire, elle le connait, elle l’a appris. Il faut dire que sa mère lui avait déjà plusieurs fois évoqué la possibilité qu’elles soient obligées de fuir, mais Annabelle espérait de tout cœur que cela n’arriverait pas. Et voilà qu’une petite fille se retrouve sur les routes, accompagnée de sa petite sœur et de son doudou Pimpim, pour rejoindre un premier lieu qui l’éclairera sur la suite. Mais la peur les a retardées et un homme dans une voiture blanche les a repérées et est à leur recherche. Va-t-il réussir à les capturer ? Pourquoi le souhaite-t-il ? Où est partie leur mère ? Beaucoup de mystères et d’angoisses pour deux enfants.

L’histoire est crédible, et intéressante à lire. On tremble pour les petites filles, jusqu’à la fin, on a envie de museler Marjolaine tant elle est parfois pénible (comme toutes les filles de son âge !), mais aussi de la prendre dans nos bras pour lui donner du courage, Annabelle aussi.  Évidemment, on souhaite aussi découvrir la fin de l’histoire, espérant de tout cœur que tout finira bien.

Encore un roman réussi pour l’auteure, un policier prenant à mettre dans les petites mains dès 11 ans !

Traquées est paru aux éditions Alice, collection Deuzio !

 

 

[Jeunesse / ado] Jours de soleil, Claire Mazard

Jours de soleil par Mazard

Présentation :

Sénégal, Tunisie, Côte d’Ivoire, Maroc, île du bout du monde… Après ses Jours de neige, parus en mars 2016, Claire Mazard promène cette fois-ci ses lecteurs par jours de soleil dans les pays chauds. Par petites touches colorées et acidulées, elle observe, constate, dénonce. Cinq nouvelles inspirées de faits réels qui surprennent, interrogent… et inquiètent même un peu parfois !

Au sommaire : Jean-Paul dit “Pape” • Le vieux Tunisien • Partout dans le monde • Irénée • Le pizzaïolo

Mon avis :

Jours de soleil est le troisième livre paru en même temps que Phobie. Comme Orient extrême de Mireille Disdero, ce livre est un recueil de cinq nouvelles.

La première nouvelle Jean-Paul dit « Pape » nous raconte le voyage d’Audrey et Mathias pour le Sénégal. Hors de question pour eux de visiter le pays comme de simples touristes, ils « tenaient à côtoyer les indigènes ». Ils passent leur séjour dans une maison près du village, prêtée par une de leurs amie. C’est cette même amie qui leur a proposé l’aide de Pape, un sénégalais, pour la visite du pays. Tout se déroule comme ils l’avaient souhaité : loin des touristes, loin des « blancs », une visite qu’ils pensent différentes de celles de leurs compatriotes… mais est-ce vraiment le cas ?

Le vieux tunisien nous emmène à Hammamet, auprès de Marie et Sophie dans un grand hôtel, pour le voyage annuel, rituel instauré depuis le décès de Jean, le mari de Marie. Sur la plage Djamel, un vieux tunisien, ratisse le sable. Tous les matins, elles le voient, s’abaisser pour ramasser les déchets que les touristes jettent, parfois même aux pieds du vieil homme. Pour Sophie, il n’est qu’un « homme a l’attitude servile », qui agit « comme au temps de la colonisation », mais pas pour Marie…

Je détaillerai moins les suivantes pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture, mais les nouvelles sont tout aussi bien écrites, et appellent au voyage, tout en glissant quelques mots sur certains comportements que nous devrions revoir. « Partout dans le monde » est particulièrement saisissante, Irénée nous emmène dans le quotidien de trois frères à Abidjan qui ont pour point commun la lecture et l’écriture, tandis que Le pizzaïolo nous narre un moment de vie entre Yanis et Rose-Marie, le premier devant annoncer une très bonne nouvelle à la seconde.

Claire Mazard prouve, une fois de plus, qu’elle excelle dans l’art de la nouvelle. Un plaisir à lire.

Retrouvez Jours de soleil sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !

[Jeunesse] Théo, chasseur de baignoires en Laponie, Pascal Prévot

Le comte Krolock Van Rujn a un gros problème… Une des baignoires de son immense château en Laponie est redevenue sauvage et sème la terreur parmi ses habitants. Heureusement pour lui, il existe une personne pouvant l’aider : le père de Théo qui est le plus célèbre, le plus redouté, le plus incroyable chasseur de baignoires au monde !

Mon avis :

Voici une histoire plutôt originale : Théo, apprenti chasseur de baignoires, accompagne son père, chasseur chevronné, pour une mission risquée : en Laponie, au château du comte, une baignoire est redevenue sauvage. Le comte n’aurait pas fait attention aux premiers signes de transformations de l’objet, une situation de plus en plus fréquente dans le monde.

Et il faut faire vite ! En effet, la salle de bains a déjà disparu, et la contamination est possible….  étant donné la taille de la maison (je vous rappelle qu’il s’agit d’un château), les baignoires et lavabos sont nombreux ! Et s’il est déjà compliqué d’attraper une seule baignoire sauvage, imaginez s’il y en a deux…

Père et fils vont mettre en place des pièges, après avoir tenté de localiser la baignoire sauvage. Vont-ils y parvenir ? Les invités présents dans le château, oseront-ils encore mettre le nez dans les couloirs ?

Le sujet est complètement loufoque, l’histoire aussi. Et ça fait du bien ! Le récit est drôle, surprenant. J’imagine bien demander à mes élèves par la suite d’inventer une histoire avec pour point de départ le retour à l’état sauvage d’un autre objet de la maison !

Un livre qui plait aux jeunes et pour preuve, il a reçu le prix Gulli du roman 2016 ! Retrouvez-le sur le site de la maison d’édition, Le Rouergue !

[Jeunesse / ado] Station sous-paradis, Jean-Luc Luciani

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Présentation :

Après avoir racheté une station-service moribonde, Gorki y végète en prenant le temps de vivre, sous le regard critique de Gus, un enseignant en dépression.

Mais bientôt, de nouveaux venus vont perturber la tranquillité de la petite commune… Leur présence dans ce coin jusqu’à présent bien tranquille serait-elle liée à la construction de ce terrain de golf que le maire de la ville tient absolument à installer… en dépit de tout bon sens écologique ?

Mon avis :

Voici un livre que j’ai dévoré en deux soirées. Certes il ne fait pas beaucoup de pages ( un peu plus de 100), mais le thème n’est pas très courant en littérature jeunesse, et l’histoire très plaisante à lire.

Ce sont les vacances. Max et Eddy, deux frères jumeaux, végètent sur leur canapé, au grand désespoir de leur amie Miranda, en quête d’actions. Et ça tombe bien : après deux jours d’absence, Miranda contacte les jumeaux et leur demande de la rejoindre, en se munissant de leur matériel d’escalade.

Gus, ancien enseignant en congé longue maladie et soigné pour dépression nerveuse, passe ses journées à la station service Sous-Paradis, rachetée par Gorki. Ce dernier n’a aucune envie de se faire de l’argent, il a racheté les locaux pour une somme modique et continue à distribuer de l’essence, en attendant de trouver ce qu’il pourrait faire du lieu.

Alexandre a remporté un appel d’offre lancé par la mairie, contrat obtenu après avoir tiré ses tarifs vers le bas, pris à la gorge par ses besoins financiers : il doit déboiser vingt-cinq hectares de forêt d’ici la fin de l’année. Heureusement son fils, Stéphane, sera là pour l’aider.

Mais rien ne se passera comme prévu.

Quand Alexandre se rend sur le terrain, le panneau « Zone à déboiser » est devenu « Zone à défendre » : des activistes occupent le terrain, certains sont harnachés aux arbres. C’est là qu’on retrouvera Miranda, Max et Eddy. C’est non loin de là que se trouve la station de Gorki, une station qui deviendra un lieu de rassemblement pour les activistes.

Mais les élus ne comptent pas se laisser faire : un golf doit y être construit. Ils demandent au préfet de faire intervenir les forces de l’ordre, avec ordre de dégager les manifestants. Et du sang coulera.

Ce roman est dédié en souvenir à Rémi Fraisse, dont le nom est malheureusement connu de tous. Le texte est d’actualité (les endroits où l’homme n’a rien construit sont de moins en moins nombreux), les thèmes multiples : l’écologie et l’environnement, la lutte, la solidarité, la violence… Le texte est facile à lire et à comprendre, ce qui le rend parfaitement adapté aux adolescents, mais je le trouve aussi très intéressant pour les adultes, comme la plupart des livres qui paraissent dans la collection « Rester Vivant » du Muscadier. Bref, foncez !

La collection « Rester Vivant », qu’est-ce que c’est ?

La collection Rester vivant est constituée de nouvelles et de romans qui parlent du monde d’aujourd’hui, en abordant sans détour les questions écologiques, sociales et éthiques qui émergent au sein de la société dans laquelle nous évoluons. Elle s’adresse en priorité aux pré-ados, aux ados… et plus généralement à tous les lecteurs qui résistent encore à l’asservissement des esprits, quel que soit leur âge. Ces livres ont pour ambition, en plus d’attiser l’imaginaire du lecteur, d’éveiller son sens critique et de poser un regard incisif sur nos comportements individuels et collectifs.

Retrouver Station sous-paradis sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !

[Jeunesse] L’école des dresseurs de dragons et Brune du Lac

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Bonjour,

Aujourd’hui je vous présente trois petits romans parus aux éditions Nathan ! Ils sont destinés aux enfants dès l’âge de 8 ans.

L’école des dresseurs de dragons :

Auteurs : Marc Cantin et Isabel, illustrateur : Paul Drouin.

Aux confins du Haut Monde de Drâ, trois enfants élèvent trois dragons dans les plus grands secrets. Leur refuge : l’école des dresseurs de dragons.

« L’épreuve de la néonite » amène nos trois dresseurs de dragons juniors en dehors de l’école, où ils s’ennuient. Les druides leur demandent d’aller chercher une plante rare, la néonite. Impatients, ils se lancent dans l’aventure, sans chercher à écouter toutes les consignes données par leurs professeurs, ni même s’inquiéter du temps très brumeux. Évidemment, la néonite sera trouvée (avec une grosse bestiole en prime qui m’a écœurée). Mais par qui et après quelles péripéties ?

Avec « Le réveil du géant », une autre mission capitale attend Loane, Thos et Arthur : ils doivent secourir les habitants d’un village menacé par un troll géant, à l’aide des druides de leur école. Or, les villageois détestent les dragons. Et s’ils parvenaient à les faire changer d’avis ? La chose n’est pas impossible, mais un secret risque de tout faire échouer.

Brune du lac :

« Une mystérieuse disparition » raconte la disparition de Béatrice, alors qu’elle était seule dans une chambre d’auberge à Saint-Pierre-de-Vours. Brune et ses amis y sont partis espérant y trouver un remède pour soigner Béatrice qui ne parvient plus à marcher. C’est aussi l’occasion pour Brune de rechercher des informations sur sa mère, sa famille était originaire de cette ville.

Auteur : Christelle Chatel, illustrateur : Sébastien Pélon.

Ce livre appartient à la collection « Premiers Romans », qui a pour but de conforter les enfants dans leur apprentissage lorsqu’ils sont fin prêts pour lire des « livres de grands« .

Ce sont trois livres que les plus jeunes liront avec plaisir : les histoires sont faciles à comprendre, tout en étant recherchées, on s’imagine facilement les déambulations des personnages, et on s’attache à eux (notamment parce qu’on les suit le temps de plusieurs tomes). La première collection est tournée vers l’imaginaire et le fantastique, la seconde plus vers l’histoire et les récits de vie. Les héros sont courageux mais ont aussi leurs défauts, ce qui les rendra proches des enfants. De quoi trouver son bonheur !

[Jeunesse] Chevaux de foudre, Aurélie Wellenstein

Chevaux de foudre par Wellenstein

Alix a tout perdu. Son père, sa terre, et même son nom. Devenue esclave à Rome, elle est précipitée dans le monde des courses du Déluge. Ces compétitions violentes et sans pitié voient s’affronter les fulgurs, des chevaux de foudre dont le corps s’électrise quand l’orage éclate.

Monter sur leur dos, c’est mettre sa vie en jeu, mais la liberté couronne les vainqueurs. Aidée par Marcus, le prodige de son équipe, Alix va lier son destin à Ira, un étalon indomptable, aussi beau que mortel…

Mon avis :

Autre livre de la sélection Ruralivres, et encore une fois une très bonne lecture ! Alors qu’Alix rentre chez elle avec son père, un immense orage éclate. Rapidement, on comprend que les orages là-bas ne sont pas l’équivalent des nôtres : plus violents, plus dangereux, plus mortels. Pourtant, les prévisionnistes n’avaient rien détecté. Que se passe-t-il ? Quelques instants plus tard, ils comprennent : une horde de chevaux de foudre, les fulgurs, arrivent à toute vitesse ! Alix ne les craint pas autant que les autres, elle sent un lien qui les unit à eux. Est-ce parce qu’on lui a raconté que, petite, elle a été touchée par l’un d’entre eux, sans conséquence funeste, au grand étonnement de toute le monde ? En effet comment résister à la puissance de leur énergie électrique ? Plus d’un en sont morts, foudroyés, brûlés. Alors, quand un fulgur fonce droit vers elle, elle reste figée et l’attend.

Si Alix et son père ne sont pas tués par les fulgurs, le père connaitra la mort face aux romains, qui les accompagnent pour les capturer. Alix restera en vie et prise en tant qu’esclave pour s’occuper des fulgurs, l’un des romains ayant remarqué son aptitude à savoir calmer l’un d’entre eux. Alors, elle rencontrera Marcus, un expert du monde des courses, et elle finira même par monter sur le fulgur, qui sera nommé Ira …

Une très belle histoire qui nous emmène ailleurs, bien écrite, qui captivera mes collégiens ! Un livre publié aux éditions Magnard.

 

[Jeunesse] La grande rivière, Anne Rossi

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Voici un autre roman sélectionné pour Ruralivres, sélection grignoteurs.

Présentation de l’éditeur :

Une fille et un garçon, chassés de leur village, décident d’unir leur destin pour tenter de découvrir un pays merveilleux, où ils pourront être heureux.

Le voyage initiatique d’une intrépide au grand cœur et d’un timide ombrageux, unis face aux épreuves de la vie.

A cause d’un défaut de naissance, Grenouille a toujours été une paria dans sa tribu. A la mort de son grand-père, le seul au village à vraiment la comprendre et l’aimer, plus rien ne la retient et elle décide de s’en aller. En suivant les cendres du vieil homme au fil de l’eau, elle espère atteindre le pays merveilleux dont il lui a tant parlé : le pays où les hommes vivent heureux à jamais.

Une nuit, cachée dans un arbre, Grenouille entend des bruits : quelqu’un a grimpé aux branches et s’est abrité près d’elle. C’est Arbas. Lui aussi est pourchassé par les siens. Grâce à ses dons de guérisseuse, Grenouille soigne ses blessures et lui propose de faire la route avec elle. Unissant leur destin, les voilà partis sur la rivière, sur un tronc d’arbre.Mais ni l’un ni l’autre n’a conscience des difficultés et des dangers qui les guettent… L’aventure, pour ces deux enfants en fuite, ne fait que commencer.

 

Mon avis :

Un beau récit d’aventure, prenant, que les enfants risquent de dévorer. L’histoire de Grenouille est bien écrite et bien construite. Elle part suivre les cendres de son grand-père, n’écoutant pas sa peur.

Quand elle rencontre le petit Arbas, elle le prend aussitôt sous son aile et le soignera. Ils poursuivront leur route ensemble, eux, les deux intrus de leurs tribus (elle, à cause de ses mains palmées et lui, d’un bras atrophié).

Les valeurs du respect, du courage ou encore de la tolérance sont mis en avant, ce que j’apprécie tout particulièrement. Un joli roman positif à retrouver sur le site de la maison d’édition Magnard !