[Jeunesse] La fille qui mentait pour de vrai, Catherine Grive

9782812615153

Mais pourquoi ment-elle tout le temps, Kimberley ? Gros mensonges ou mensonges drôles et gratuits…. Comme son père, d’origine suédoise et chauffeur poids lourds vers les pays du grand Nord, elle a une capacité à s’évader tout le temps, au collège, en famille, en disant n’importe quoi. Jusqu’à ce que sa mère semble, elle aussi, être entrée dans un grand mensonge par omission. Une tranche de vie pleine de charme, souvent drôle et très juste dans son personnage d’ado encore très indécise dans la recherche de sa vérité.

Mon avis :

Voici un roman que j’ai dévoré, et qui m’a émue aux larmes. Pour tout vous dire, arrivée à la page 128, vers la fin du roman (ceux qui l’ont lu comprendront pourquoi), je n’arrivais plus à lire les pages tant les larmes me brouillaient la vue. Alors c’est vrai que je suis dans une période où je suis très émotive, mais je réagis tout de même rarement autant à la lecture d’un roman.

Mais revenons au début. Kimberley ment, tout le temps. C’est même devenu une habitude, quelque chose qu’elle s’est mise à faire sans vraiment y réfléchir. Mentir, respirer, c’est la même chose. D’ailleurs, elle est très douée. Progressivement elle se rend compte néanmoins de cette « défaillance » et s’interrogera dessus, le lecteur aussi. D’où lui vient cette envie de déballer des mensonges à tout va, envie qui se rapproche du besoin ?

Chez elle, son père lui manque. Routier dans les pays du grand Nord, il part souvent et longtemps. Une fois Kimberley l’a accompagné, un moment d’évasion entre un père et sa fille. Elle lui écrit des lettres, lui aussi. Mais ces dernières s’estompent. Pourquoi ?

Comment se forger son identité quand on ne vit que dans le mensonge ? Comment se trouver quand on a l’impression de perdre sur les routes enneigées une partie de soi ?

La fille qui mentait pour de vrai est un très bon roman. L’histoire est prenante, le thème intéressant, l’écriture fluide sert à merveille l’ensemble. La question de l’identité y est amenée d’une façon subtile.

Autre texte qui traite du mensonge écrit par l’auteure : « Le Mensonge », un album paru en 2016, pour les petits lecteurs dès 5 ans, illustré par Frédérique Bertrand.

 

 

Un roman paru aux éditions Le Rouergue, collection Doado !

Publicités

[Jeunesse] Carafouille, Fabienne Blanchut

Carafouille

À douze ans, K est une ado comme les autres, c’est-à-dire en rébellion : contre ses parents, contre le collège et même contre son chat. Le jour où elle peut choisir sa jeune fille au pair, tout semble aller pour le mieux… Sauf que les apparences sont presque toujours trompeuses.

Deux ans plus tard, un drame terrible frappe la jeune fille, la confrontant à sa part d’ombre. Balançant entre l’enseignement sale-froussien et le quotidien des « Chups », K-Carafouille se retrouve face à des questionnements cruciaux. Choisira-t-elle la Lumière ? Acceptera-t-elle son destin ? Deviendra-t-elle la plus puissante des Suprêmes ?

Entre Sale-Froussiens, Chups, chat étrange, chauvesouris et grand-mère étonnante, partez à la rencontre d’une héroïne pas tout à fait comme les autres !

Mon avis :

Des ados, de la magie, du suspens et du mystère, voici tout ce que j’aime ! J’étais certaine d’aimer Carafouille, et je ne me suis pas trompée.

Ce livre regroupe les trois tomes de la série Carafouille, écrite par Fabienne Blanchut. Elle nous y présente une jeune fille, Carafouille, une sorcière élevée dans notre monde auprès de parents stylistes, suite à l’assassinat de ses parents. Le but ? La protéger.

Evidemment, la jeune fille finira par découvrir Sale-Frousse, son monde d’origine, et l’univers qui s’y trouve, partageant pendant un temps sa vie entre le monde des sorciers et le nôtre. Son chemin sera semé d’embuches et elle sera confrontée à des situations horribles. Le supportera-t-elle ?

Une très bonne série qui devrait plaire à tous les amateurs de magie !

 

[Jeunesse] Aurélie et son secret, Sabine du Faÿ

ob_82c35e_telechargement-10

Un peu gauche, étourdie, un brin rêveuse et inventive, Aurélie se sent différente depuis qu’elle est toute petite. Même sa sœur jumelle Henriette et son frère François, disent qu’elle est bizarre et ses parents, un médecin et une psychothérapeute, ne comprennent pas ses comportements inattendus et passent leur temps à la gronder. La fillette a bien du mal à se défendre et ne saisit pas toujours les remarques de sa famille. Elle s’isole alors dans son monde à elle. Heureusement, elle sait qu’elle peut compter sur sa grand-mère dont elle est très proche. Elle seule peut la comprendre et surtout croit en elle. Mais un jour, Aurélie fait une découverte qui va changer sa vie.

Mon avis :

Aurélie se retrouve avec son frère et sa soeur chez ses grands-parents suite au divorce de ses parents. La petite fille a du mal à trouver sa place, et sa maladresse légendaire ne l’aide pas à se faire bien voir.  D’ailleurs, tout le monde la trouve bizarre, à part sa grand-mère.

C’est vrai qu’elle est un peu étrange : elle sait parler aux animaux et à la nature en générale, éprouve même de l’empathie pour les fleurs qui se font couper. Pourtant, elle va finir par devenir amie avec Emilie, une jeune fille en fauteuil roulant et rencontrera un étrange chien jaune. Mais, ce n’est pas tout. Aurélie change, elle le sent, elle le voit. Quelque chose pousse dans son dos. Des ailes. Elle n’est définitivement pas comme les autres. Va-t-elle accepter sa différence et apprendre à s’aimer ?

Voici un beau roman, qui traite de la différence et de l’acceptation de soi. Si je n’ai pas été complètement emballée par ma lecture ( j’ai eu du mal à l’ancrer dans notre époque, et pas à cause du côté fantastique) le roman a le mérite de montrer qu’il faut parfois apprendre à accepter qui l’on est vraiment pour se sentir bien.

Un roman  paru aux éditions Oskar.

[Jeunesse] Qui suis-je ? Thomas Gornet

9782812615061.jpg

Présentation de l’éditeur : Qui est donc Vincent ? Il ne le sait pas lui-même. Comme tant d’autres ados, il a du mal à trouver sa place parmi les autres collégiens et à comprendre ses émotions. Notamment quand débarque un nouveau, Cédric, un sportif, lui. Il va lui falloir une année de 3e pour prendre conscience de son homosexualité. Ce bref roman touche par sa profondeur, son humour, sa finesse, en évitant tous les clichés. Nouvelle version d’un roman paru en 2006 à L’Ecole des Loisirs. Adapté au théâtre en 2018, nombreuses représentations en milieu scolaire.

Mon avis : Voici un très bon roman qui traite du sentiment amoureux, et plus précisément de la découverte de son homosexualité. Vincent se sent vite attiré par Cédric, un nouveau qui débarque dans son établissement, sans comprendre vraiment pourquoi. Ce dernier, bon en sport, devient rapidement amis avec les autres sportifs, avec lesquels Vincent ne s’entend pas. Le jeune homme pendant les cours de récréation partage une marche d’escalier avec  Myriam et Aziz, ses meilleurs amis, jusqu’à ce que ce dernier décide de s’éloigner, et il ne sera pas le seul…

Le sujet est très bien mené avec une narration à la première personne qui donne encore plus de force au texte. Le thème de l’homosexualité, encore trop peu abordé en littérature jeunesse, est esquissé en toute simplicité, aidé par une écriture fluide. Un bon texte. 

Aux éditions Le Rouergue Jeunesse.

Je ne peux résister à l’envie de vous mettre un lien vers la vidéo du teaser : 

 

 

 

[Jeunesse] Moins que rien, Yves-Marie Clément

moins-que-rien

En Haïti, Éliette est une « lapourça », une domestique, qui doit obéir et servir des maîtres contre de la nourriture et un gîte de fortune.
Sa vie de « lapourça » à Ville-Bonheur se partage entre ses corvées et de rares loisirs, comme jouer au foot avec Ricardo et Jean-Jackson, des « restaveks » avec qui elle a formé l’équipe des « Moins-que-rien ».
Un jour, elle reçoit un « cadeau » de son maître : un tableau représentant un homme. Elle l’installe dans sa chambre et, la nuit, le personnage du tableau se met à lui parler. Il s’appelle Jean-François-Adrien Piedefer, vit en 1770, et est un esclave en révolte. Il fait prendre conscience à Éliette qu’elle aussi, enfant des années 2000, est une esclave.

Mon avis :

La vie d’Eliette n’est pas de tout repos. Domestique, elle doit servir ses maitres Pierre Valentin et sa femme madame Ernestine, sans rechigner. Si la dame se montre plutôt correcte, l’homme est de plus en plus colérique, et la pauvre gamine en fait les frais. Eliette n’aime pas se retrouver seule avec lui, elle n’est pas rassurée, madame Ernestine ne semble pas apprécier non plus, ce qui en dit long sur ce qui pourrait se passer.

Un jour, son maitre rentre avec un tableau. Il le donne à Eliette, le trouvant horrible, n’oubliant pas de lui demander tout de même de l’argent comme si c’était elle qui avait souhaité l’acheter. Or, le tableau n’est pas ordinaire. Le personnage qui y est représenté s’adresse à elle, et lui indiquera une voie à suivre.

J’ai beaucoup aimé ce roman. L’histoire est touchante mais aussi révoltante puisque les « lapouça » (qui ne sont pas là que pour faire le ménage…) et les « restaveks » existent bel et bien.

D’autres romans de l’auteur :

[Jeunesse]La peau noire des anges, Yves-Marie Clément

[Jeunesse] Le réveil de Zagapoï, Yves-Marie Clément

 

 

[Jeunesse] Les journées calamiteuses de Clémence, Sophie Henrionnet.

Quatrième de couverture :

Je me présente : Clémence, 13 ans, fan des yaourts à la cerise et véritable aimant à catastrophes.
Depuis que Maman est morte, il y a trois ans, lorsque je fais le bilan de ma journée, j’hésite entre exécrable, calamiteuse ou épouvantable. Rien ne s’est arrangé depuis que Papa a décidé de déménager dans une autre ville et de nous forcer à cohabiter avec Lucile et son dégénéré de fils.
Je fais des efforts, mais, entre les pestes du collège, mon voisin très très louche et mon meilleur ami Max qui ne veut plus me parler, je me demande bien comment je vais survivre à cette nouvelle vie ! Heureusement, même quand la situation semble désespéré de petits miracles peuvent se produire !

Mon avis :

Voici une très bonne lecture avec laquelle je me suis régalée !

Clémence ne voit pas la vie en rose. Chaque soir, elle enchaine les bilans de ses journées qui varient entre le désastreux et le pire qu’abominable. Elle confie ces derniers à sa mère, décédée. Et rien ne semble vouloir s’arranger quand elle apprend que son père veut déménager à Bordeaux avec son frère, mais aussi avec sa nouvelle petite amie, Lucile, qui a un fils Antonin.

Elle trouvera une oreille attentive et une amie en la personne de Violette, une grand-mère qui a connu plusieurs vies, toutes plus surprenantes les unes que les autres. Elle connaitra aussi des débuts difficiles dans son établissement scolaire, à cause de Faustine, une élève populaire qui l’a dans le collimateur avant même qu’elle ne commence l’école.

Mais, comme vous vous en doutez, tout sera bien qui finit bien, comme souvent en littérature jeunesse. Mais je ne vous en dirai pas plus 🙂

Le livre est très bien écrit. Les actions se succèdent et ne laissent aucune place à l’ennui. Les personnages sont bien esquissés, drôles, et les sujets traités intéresseront sans aucun doute les ado !

Bref, une très bonne lecture jeunesse !

Le roman est paru aux éditions Play Bac.

D’autres romans de l’auteure :

[Jeunesse – Ruralivres 2018] Les mondes de l’arbre, tome 1, Sophie Henrionnet

Qui veut la peau d’Anna C ? Sophie Henrionnet

Il était deux ou trois fois, Sophie Henrionnet

Il était deux ou trois fois, Sophie Henrionnet

[Jeunesse – Ruralivres] Qui décide, tous les soirs, d’allumer les étoiles ? Carine Bausière

DecideEtoiles_02.indd

Résumé :

Moi, c’est Camille. Je ne peux pas dire que je nage dans le bonheur. Mon père n’y comprend rien aux trucs de filles, mon petit frère Babar me colle constamment et je n’ai toujours pas de chéri. Mais surtout, surtout, je n’ai plus de maman. Elle est morte brutalement et nous a tous laissés complètement déboussolés. Heureusement, je peux compter sur Benjamin pour me remonter le moral avec ses blagues presque drôles. Benjamin, c’est mon meilleur ami. Ce serait aussi mon amoureux idéal s’il ne préférait pas les garçons. J’ai un grand rêve : quitter Roubaix pour découvrir New York, ses buildings et son effervescence permanente. Mais avant de le réaliser, je dois régler mes problèmes. Ça, ce n’est pas une mince affaire.

Mon avis :

Voici un livre que j’ai lu un peu avant les fêtes, mais j’ai préféré attendre que la nouvelle année passe pour vous le présenter : je sais que la chronique aura plus de visibilité, et ce livre le mérite.

Camille, 13 ans, vient de perdre sa mère brutalement. Elle vit désormais avec son père et son frère, qui ont autant de mal qu’elle à se remettre de cette brutale disparition.

Comment vivre quand on perd l’une des personnes qu’on aime le plus au monde ? Comment vivre sans celle qui nous a mise au monde ?

La question est délicate, et douloureuse. Camille est profondément meurtrie, mais elle fait de son mieux pour réconforter son petit frère, son « faux jumeau » qui est né le même jour qu’elle, à quelques années près. Et pourtant, il le faut. Avec l’aide de son meilleur ami, mais aussi de voisins, elle va découvrir petit à petit que le bonheur est à portée de main, et que sa vie continue. Elle ne sera pas la seule à suivre ce cheminement, et c’est un point fort de ce texte : en effet, nous suivons aussi les souffrances et réactions de son père, qui est décrit avec ses forces et ses faiblesses, chose que j’apprécie vraiment, et celles de son petit frère.

Les émotions sont extrêmement fortes. J’ai pleuré à plusieurs reprises à chaudes larmes en lisant le premier tiers du texte. La souffrance décrite m’a bouleversée. L’incompréhension de Camille face à ce drame nous heurte, on a envie de la cajoler, de la prendre dans nos bras.

Je ne peux pas résister à l’envie de vous mettre un extrait :

« Maman, très sportive, n’aurait pour rien au monde raté son cours de danse moderne du lundi. Ce soir-là, c’était le dernier de la saison, avec l’apéritif entre copines. Elle a pris son sac, a passé la tête dans l’entrée de la chambre et nous a dit : 
– A tout à l’heure ! Soyez prêts pour 20 h 30, je ramène les pizzas !
C’est la dernière fois qu’on l’a vue. Trois quarts d’heure plus tard, on a sonné à la porte. Papa a lâché son pinceau plein de colle en grommelant pour aller ouvrir. J’en ai profité pour me chercher un petit truc à grignoter dans la cuisine. J’avais un verre de lait et un biscuit dans les mains quand je suis arrivée dans le salon. C’est là que je l’ai vu. Appuyé contre le secrétaire, Papa était livide. J’ai senti mon cœur s’emballer. 
– Qu’est-ce qui se passe ? ai-je demandé.
Il n’a pas répondu. Il n’a même pas relevé la tête. 
– Papa, qu’est-ce qu’il y a ?!
J’ai  presque crié. J’ai entendu Babar accourir, inquiété par le bruit. 
– Maman a eu… un malaise. 
J’ai vacillé comme si j’avais pris un coup de poing dans le ventre. J’avais tellement peur d’entendre la suite. Mes oreilles se sont mises à bourdonner de plus en plus fort, j’ai eu l’impression de rapetisser de l’intérieur.
– Maman a eu un malaise, a répété mon père, les mâchoires serrées. Elle… elle ne rentrera pas ce soir. 
Il a fixé Babar, dont les lèvres ont commencé à trembler. Puis, il m’a regardée, le visage tordu de douleur. 
– Elle … est morte. 
Deuxième coup de poing. Plus de souffle. J’ai laissé tomber mon verre. J’aurais voulu crier, dire que ce n’était pas possible, qu’on l’attendait avec les pizzas, qu’elle allait rentrer, forcément, mais je n’ai même pas pu ouvrir la bouche… » page 19.

 

Un roman que devraient dévorer les participants au concours Ruralivres, à retrouver sur le site de la maison d’édition Ravet-Anceau !