[3 ans] Et le lapin m’a écouté, Cori Doerrfeld

 

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Catastrophe, le château de Camille s’est effondré! Les animaux défilent un à un avec leurs conseils, en vain. Arrive alors le patient lapin…

Mon avis :

Voici un merveilleux album, publié aux éditions Gallimard dans la collection « L’heure des histoires ».

Le château de Camille s’est effondré : comme il est triste ! Tour à tour, des animaux arrivent avec de vains conseils, et repartent, laissant l’enfant seul avec sa tristesse. Ils ne l’écoutent pas, ne cherchent pas à savoir ce qu’il ressent. Puis, c’est au tour du lapin. Pas de conseil avec lui, il commence seulement par un tout petit câlin… un moment de chaleur, puis d’écoute attentive.

Ce livre est sublime. Il met en avant un élément essentiel : on n’a pas forcément besoin de conseils, mais aussi d’empathie et de tendresse… un rappel indispensable, pour les petits comme pour les grands !

Un album que je recommande chaudement !

 

 

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[Les petits] Fantomelette, Charlotte Erlih et Marjolaine Leray

 

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Fantomelette est inquiète… Elle a tout essayé, mais rien n’y fait: elle ne fait peur à personne! Et un fantôme qui ne file pas la frousse, c’est comme une sorcière sans pustules: c’est ridicule!

Une histoire hilarante pour apprendre à s’accepter tel que l’on est !

Mon avis :

J’ai plusieurs albums à vous présenter, mais celui-ci est un tel coup de cœur, qu’il a bien le droit à un seul article rien que pour lui…

Quand j’ai vu cette couverture la première fois, lors d’un salon, je me suis dit successivement :

  • Haaaaaaaan ! Il est trop beaaaaaaaaau !
  • Haaaaaaaan ! C’est écrit par  Charlotte Erlih ! LA Charlotte Erlih qui a écrit (entre autres) Bacha Posh !

Alors je suis allée voir les deux artistes en fin de matinée. J’avais sous les yeux l’album, magnifique : un petit fantôme dessiné avec simplicité, mais qui nous donne tellement d’émotions, et leurs mamans en arrière plan. Je n’en menais pas large ! En fait, pour tout vous avouer, j’étais un peu intimidée. Il y avait quelqu’un ensuite à ma table, donc je les ai quittées, dans l’idée de mieux les retrouver plus tard…

MAIS, ce ne fut pas le cas. Le temps que je lève la tête, l’après-midi, et BOUM ! Elles s’étaient envolées. J’ai hésité entre : pleurer (mais j’ai la larme timide en public) ou me consoler avec l’album. J’ai opté pour la deuxième solution.

Et, vous l’avez compris, ce livre est un petit trésor. Le pauvre fantôme n’arrive pas à faire peur, malgré toutes ses (vaines) tentatives.

 

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Bref, elle a un peu l’impression d’être un sous-fantôme…

Mais rassurez-vous, tout se termine bien pour elle !

Le texte est poétique et drôle. J’ai adoré le lire, il fait d’ailleurs beaucoup rire ma fille, comme les dessins. J’adore tous les visages et toutes les formes que prend notre petit fantôme.

A travers ce petit personnage original, l’enfant comprendra qu’il faut apprendre à s’accepter tel que l’on est, et à faire de nos faiblesses une force. Exit les complexes !

Un magnifique album, publié aux éditions Gallimard, que je vous recommande chaudement !

Et si, comme moi, vous tombez sous le charme des dessins de Marjolaine Leray, son site est !

 

[Jeunesse] Inventer les couleurs, Gilles Paris et Aline Zalko

 

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Hyppolite vit avec son papa à Longjumeau. La vie pourrait être grise, avec un papa qui s’échine entre les quatre murs d’une usine, et l’école où Hyppolite fait l’apprentissage d’une vie avec ses copains Gégé et Fatou. Seulement voilà Hyppolite dessine et les couleurs transfigurent tous ceux qui l’approchent. Et si un enfant pouvait faire grandir les adultes autour de lui?

Mon avis :

L’immeuble dans lequel vit Hyppolite n’est pas des plus lumineux. Situé en banlieue parisienne, du côté de Longjumeau, le petit garçon n’y trouve pas beaucoup de distractions. Alors, pour pallier l’ennui, il a une solution : colorier le monde, à sa façon.

Ainsi, il peut colorier une maison avec les couleurs de l’arc-en-ciel, laisser la mer en blanc, ou colorer en rouge le soleil.

« Pauvre Jérôme. Une vie sans couleurs. Avec un chien pas à lui qui pisse sur son paillasson. Pas drôle ». 

Le rouge, comme la couleur des joues de son père, à cause de l’alcool qu’il boit, certainement pour oublier le départ de sa femme avec un autre homme, et son travail. Hyppolite l’aime beaucoup, son papa, même s’il sent souvent la bière et la cigarette. La relation qui les unit est tendre et touchante.

On découvre d’autres personnages, des amis d’Hyppolite qui ont aussi leurs maux : Fatou dont les parents sont violents, Gégé qui voit défiler des hommes dans sa maison, les jumelles ou encore Antar, qui a toujours la bonne réponse.

Les dessins d’Aline Zalko, que je découvre par la même occasion, sont magnifiques. Ils sont évidemment remplis de couleurs mais, surtout, ils ajoutent de la douceur et une certaine poésie à ce joli texte.

Avec Inventer les couleurs, Gilles Paris signe son premier roman illustré pour la jeunesse. Quelque chose me dit que ce ne sera pas le dernier, pour notre plus grand plaisir.

Une parution Gallimard jeunesse.

Ruralivres 2018 : La sélection !

Cette année, mon collège participe une nouvelle fois au prix Ruralivres ! Je dois dire que je suis particulièrement enthousiaste : la sélection pour cette année est une nouvelle fois géniale !

Petit rappel : comme tous les ans, il y a deux sélections, selon l’âge des ado qui y participent : les grignoteurs (celle à laquelle je participe avec ma super collègue prof doc et une classe de sixième) et celle des dévoreurs, plutôt pour le niveau 4ème.

Du côté des grignoteurs, les heureux sélectionnés sont :

Le goût sucré de la peur, d’Alexandre Chardin, aux éditions Magnard.

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Celle qui voulait conduire le train, Catherine Cuenca, aux éditions Talents Hauts

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Les mondes de l’arbre, Sophie Henrionnet, éditions Play Bac

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Les hirondelles se posent sur les fils électriques, Gaëtan Serra, éditions du Dahu

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Y a pas de héros dans ma famille, Jo Witek, éditions Actes Sud Junior

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Les ombres de Kerohan, N.M. Zimmermann, l’école des loisirs.

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Et du côté des dévoreurs ? On se régale aussi !

Qui décide, tous les soirs, d’allumer les étoiles ? Carine Bausière, Ravet Anceau.

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La maison des reflets, Camille Brissot, aux éditions Syros

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Hugo de la nuit, Bertrand Santini, Grasset jeunesse

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Lumière, le voyage de Svetlana, Carole Trébor, aux éditions Rageot.

9782700250930-001-GLes valises, Sève Laurent-Fajal, éditions Gallimard

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Le collège des éplucheurs de citrouille, Laure Deslandes école des loisirs.

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Les animaux fantastiques et les fantastiques cadeaux !

Vous avez déjà tous entendu parler du film Les animaux fantastiques, je sais aussi que nous sommes nombreux à nous être rendus dans les salles obscurs dès la mi-novembre (date de sortie du film) pour le visionner.

Exit Harry Potter et ses lunettes rondes, Les animaux fantastiques (premier film écrit par J.K. Rowling) nous amène des années en arrière (1926) et a pour héros un magizoologiste nommé Norbert Dragonneau.

En attendant le texte du scénario original du film par J.K Rowling, prévu au printemps 2017, Gallimard Jeunesse s’est associé au film pour vous proposer onze magnifiques livres en rapport avec ce nouvel univers. Une très bonne idée pour les cadeaux de Noël, non ?

Je vous en présente quelques-uns :

Le carnet magique !

C’est l’album de voyage de Norbert Dragonneau. On parcourt ainsi les rues de New-York dans les années vingt et y découvrons tout un tas de créatures qui sont classifiées. Des fac-similé en trois dimensions sont à détacher et à plier : l’idéal pour se plonger dans le décor !

La magie du cinéma

102 pages qui nous offrent une présentation complète et très agréable sur l’univers du film Les Animaux fantastiques, mais aussi sur celui d’Harry Potter ! Secrets de tournage, informations sur les acteurs, les décors, avec une nouvelle fois la possibilité de manipuler des fac-similé en trois dimensions ! En ce qui me concerne, j’ai été ravie de feuilleter mon premier Chicaneur 😀

Le Niffleur !

Parmi ces magnifiques livres (oui, ils me font craquer 🙂 ), on trouve un kit collector du Niffleur, cette petite créature noire au museau allongé qui creuse dans le sol, capable de récupérer des trésors. Ce livre dévoile toutes les étapes qui ont donné vie au Niffleur, mais aussi des informations sur la valise magique par exemple, celle qui contient toutes les créatures fantastiques ou sur des personnages (Jacob Kowalski, Tina Goldstein ou encore Quennie Goldstein).

Et surtout à la fin le mode d’emploi pour fabriquer et personnaliser notre propre Niffleur ! La maquette est jointe, évidemment. Il faudra de votre côté vous munir d’un pinceau et de peinture pour lui donner quelques couleurs. Je n’ai pas encore fait la mienne, j’attends les fêtes et vous montrerai !

Enfin, une gamme de papeterie qualitative a aussi été lancée pour l’occasion. Quatre carnets sont proposés dont le « Stupefix » ou encore le « Oubliettes ».

De quoi régaler les fans pour Noël !

La terre qui penche, Carole Martinez

La terre qui penche par Martinez

Blanche est morte en 1361 à l’âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort ! La vieille âme qu’elle est devenue aurait tout oublié de sa courte existence si la petite fille qu’elle a été ne la hantait pas. Vieille âme et petite fille partagent la même tombe et leurs récits alternent.
L’enfance se raconte au présent et la vieillesse s’émerveille, s’étonne, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l’y attend.
Veut-on l’offrir au diable filou pour que les temps de misère cessent, que les récoltes ne pourrissent plus et que le mal noir qui a emporté sa mère en même temps que la moitié du monde ne revienne jamais?
Par la force d’une écriture cruelle, sensuelle et poétique à la fois, Carole Martinez laisse Blanche tisser les orties de son enfance et recoudre son destin. Nous retrouvons son univers si singulier, où la magie et le songe côtoient la violence et la truculence charnelles, toujours à l’orée du rêve mais deux siècles plus tard, dans ce domaine des Murmures qui était le cadre de son précédent roman.

Mon avis :

Premier livre que je lis de cette auteure, et, j’ai été conquise. Conquise par l’univers de l’auteure, le 14ème siècle, ses batailles, la vie de l’époque, sa morale … Deux voix s’entremêlent : celle de la jeune fille et celle de la  vieille âme, morte il y a quelques années, et qui voit sa propre vie racontée par la jeune fille. Leur vie.

La narratrice est une petite file au caractère bien trempé, voulant apprendre à lire et à écrire, mais son père refuse : ce sont des choses réservées au diable ! Elle vit entourée des bâtardes, dans un château où elle peine à trouver sa place, malgré la présence de sa soeur. Elle a perdu sa mère il y a déjà de longues années.

A l’âge de 12 ans, voilà qu’on commence à la regarder avec des visages contrits, on arrive pour lui confectionner une magnifique tenue. Quelque chose se trame. En effet, quelques jours plus tard, elle partira avec son père et des cavaliers en direction d’un autre château où elle est promise à l’Enfant, un petit garçon un peu fou, qui refuse de grandir. Mais elle, elle ne dit rien. Elle est une Minute, une toute petite Minute. Et la Loue, cette rivière, qui ne cesse de réclamer des vies, qui semble parfois affamée, impossible à rassasier.

Une histoire qui présente aussi la vie des femmes à une époque qui n’était pas des plus faciles, leurs conditions, la dureté de leur vie, l’absence de choix.

J’ai été conquise aussi par l’écriture de l’auteure, fluide, poétique, touchante voire percutante, qui joue sur les rythmes et l’intensité des émotions. Les petites joutes verbales entre les deux voix narratrices (l’enfant et la vieille âme) sont aussi très agréables à lire, et nous sèment le doute. J’ai aussi aimé les petites chansons.

Bref, foncez !

 

Rentrée littéraire 2015 #4 : 19 août et 20 août

Suite des sorties du 19 et 20 août, toujours françaises …

Au programme : Emily Barnett, Jérémy Fel aux éditions Rivages et Hédi Kaddour, Caroline Martinez, Tristian Garcia, Félicité Herzog chez Gallimard

Mary, Emily Barnett, Rivages

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Mary est une adolescente des années 2000, recluse avec sa mère dans un château. C’est aussi une jeune Américaine expatriée à Paris au début des années 50, mariée à un designer. Quels liens invisibles entretiennent ces deux femmes ? Comment le maccarthysme peut-il contraindre une jeune fille d’aujourd’hui ?
De l’enfance sauvage aux atermoiements amoureux d’une femme dans le New York d’après-guerre, Mary sonde les thèmes de l’adultère, de la folie et de la filiation. Dans ce récit aux contours mouvants, indéfinis, le lecteur circule ainsi entre réel et imaginaire, passé et présent, Histoire et fait divers. Creusant sans cesse des vertiges insoupçonnés, Mary nous plonge dans un univers vénéneux, aux confins de ceux de Daphné du Maurier et de Laura Kasischke.

Les loups à leur porte, Jérémy Fel, Rivages

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Une maison qui brûle à l’horizon ; un homme, Duane, qui se met en danger pour venir en aide à un petit garçon qu’il connaît à peine ; une femme, Mary Beth, serveuse dans un diner perdu en plein milieu de l’Indiana, forcée de faire à nouveau face à un passé qu’elle avait tenté de fuir ; et un couple, Paul et Martha, pourtant sans histoires, qui laisseront un soir de tempête, entrer chez eux un mal bien plus dévastateur.

Qu’est-ce qui unit tous ces personnages ? Quel secret inavoué les lie ? Quelle menace, inscrite dans le titre même du livre, se devine entre les lignes de leurs destins, susceptible d’en influer le cours ? C’est à ce grand puzzle feuilletonesque que nous convie ici Jérémy Fel, dans une atmosphère énigmatique et troublante entre Twin Peaks et les romans de Joyce Carol Oates.

Les prépondérants, Hédi Kaddour, Gallimard

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Au printemps 1922, des Américains d’Hollywood viennent tourner un film à Nahbès, une petite ville du Maghreb. Ce choc de modernité avive les conflits entre notables traditionnels, colons français et jeunes nationalistes épris d’indépendance. Raouf, Rania, Kathryn, Neil, Gabrielle, David, Ganthier et d’autres se trouvent alors pris dans les tourbillons d’un univers à plusieurs langues, plusieurs cultures, plusieurs pouvoirs. Certains d’entre eux font aussi le voyage vers Paris et Berlin, vers de vieux pays qui recommencent à se déchirer sous leurs yeux. Ils tentent tous d’inventer leur vie, s’adaptent ou se révoltent. Il leur arrive de s’aimer.
De la Californie à l’Europe en passant par l’Afrique du Nord, Les Prépondérants nous entraînent dans la grande agitation des années 1920. Les mondes entrent en collision, les êtres s’affrontent, se désirent, se pourchassent, changent. L’écriture alerte et précise d’Hédi Kaddour serre au plus près ces vies et ces destins.

La terre qui penche, Caroline Martinez, Gallimard

La terre qui penche par Martinez

Une vieille âme et une petite fille partagent la même tombe. La petite fille revit à voix haute sa courte existence et le vieux fantôme s’émerveille en l’écoutant se raconter au présent. Cette petite fille, c’est son enfance. Blanche est morte en mai 1361, à l’âge de douze ans. Grâce au récit de la petite fille, la vieille âme aujourd’hui se souvient…
Vêtue des plus beaux habits qui soient, Blanche est conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l’y attend. Veut-on l’offrir au diable filou pour que les temps de misère cessent, que les récoltes ne pourrissent plus et que ce mal noir, qui a emporté sa mère en même temps que la moitié du monde, ne revienne jamais ?

7, Tristan Garcia, Gallimard

7 par Garcia

Sept fois le monde. Sept romans miniatures. Le lecteur aura d’abord l’impression de découvrir une série d’histoires indépendantes, avant de comprendre au fil des pages le sens caché de l’ensemble. Il sera question de drogue, d’art, de militantisme politique, de religion, de mode, d’extraterrestres, d’immortalité.
Peu à peu, comme un mobile dont les différentes parties sont à la fois indépendantes et solidaires, le livre révèle par fragments un tableau de la condition de l’homme contemporain, de ses doutes et de ses illusions. Exploration réaliste de divers milieux sociaux à travers une multitude de personnages finement dessinés, c’est en même temps un récit fantastique de notre réalité malade.

Gratis, Félicité Herzog, Gallimard

Gratis par Herzog

Au début des années quatre-vingt-dix, Ali Tarac interrompt brutalement de brillantes études à Paris, pour tenter l’aventure. Une intuition fulgurante et une série de rencontres à Londres — Hart, un limier de la finance, Léna, sa future femme, et Celsius, un milliardaire philanthrope et mélancolique — vont faire de lui un champion de la nouvelle économie et, de sa start-up, un empire mondial.
En 2001, le jeune prodige perd tout. Ruiné, déchu, calomnié, il choisit de disparaître et se réfugie sur l’île de Jersey. C’est là, dans le plus grand secret, qu’il conçoit et bâtit la Transition, une « solution » à la condition humaine, produit croisé d’Internet et d’Orwell, qui révolutionnera la société du xxie siècle.