La tresse, Laetitia Colombani

imagesTrois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.

Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.

Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.

Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.

Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.
Mon avis :

A moins de vivre dans une grotte, vous avez forcément entendu parler de ce roman, qui suscite beaucoup d’intérêt et d’enthousiasme. Et j’ai à mon tour beaucoup aimé. Si au début je n’ai pas compris complètement ce qui pouvait unir ces trois histoires, j’ai aimé émettre des hypothèses, et lire ces moments de vie jusqu’à la dernière ligne.

Ce sont trois histoires très fortes. Celle de Sarah me semble la moins étrangère : elle vit dans une société dont je connais bien les travers, notamment l’absence de scrupule quand il s’agit d’écraser l’autre pour atteindre son objectif. Cela ne veut pas dire qu’elle ne m’a pas touchée, mais c’est certainement celle qui m’a le moins étonnée, et le plus désolée.

L’histoire de Sarah trouve aussi des échos dans notre petit univers : l’histoire d’une faillite passée sous silence, et la difficulté qu’on peut rencontrer quand on veut moderniser une société familiale, dans une famille conservatrice.

Enfin, l’histoire de Smita m’a bouleversée, certainement parce qu’elle m’a ouvert un peu plus les yeux sur un monde que je ne connais peu, dur et impitoyable. J’ai senti mon ventre se nouer quand Smita a découvert le dos de sa fille, j’ai eu mal quand elle a reçu sa gifle. Et toutes les informations, glaçantes, sur le sort de certaines femmes…

Le livre est bien construit, et j’ai aimé que les récits soient enchâssés : cela n’a fait qu’attiser ma curiosité.

Trois beaux parcours, des femmes battantes, prêtes à tout pour garder leur liberté, leur dignité.

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Ruralivres 2018 : La sélection !

Cette année, mon collège participe une nouvelle fois au prix Ruralivres ! Je dois dire que je suis particulièrement enthousiaste : la sélection pour cette année est une nouvelle fois géniale !

Petit rappel : comme tous les ans, il y a deux sélections, selon l’âge des ado qui y participent : les grignoteurs (celle à laquelle je participe avec ma super collègue prof doc et une classe de sixième) et celle des dévoreurs, plutôt pour le niveau 4ème.

Du côté des grignoteurs, les heureux sélectionnés sont :

Le goût sucré de la peur, d’Alexandre Chardin, aux éditions Magnard.

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Celle qui voulait conduire le train, Catherine Cuenca, aux éditions Talents Hauts

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Les mondes de l’arbre, Sophie Henrionnet, éditions Play Bac

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Les hirondelles se posent sur les fils électriques, Gaëtan Serra, éditions du Dahu

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Y a pas de héros dans ma famille, Jo Witek, éditions Actes Sud Junior

9782330072476

Les ombres de Kerohan, N.M. Zimmermann, l’école des loisirs.

9782211224338

Et du côté des dévoreurs ? On se régale aussi !

Qui décide, tous les soirs, d’allumer les étoiles ? Carine Bausière, Ravet Anceau.

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La maison des reflets, Camille Brissot, aux éditions Syros

9782748523256

Hugo de la nuit, Bertrand Santini, Grasset jeunesse

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Lumière, le voyage de Svetlana, Carole Trébor, aux éditions Rageot.

9782700250930-001-GLes valises, Sève Laurent-Fajal, éditions Gallimard

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Le collège des éplucheurs de citrouille, Laure Deslandes école des loisirs.

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Rentrée littéraire 2015 #3 : 19 août et 20 août

Suite des sorties du 19 et 20 août, toujours françaises …

Au programme : Olivier Poivre d’Arvor chez Grasset et de nombreuses sorties chez Robert Laffont : Jean d’Ormesson, Eugène Green, Jean-Marie Rouart, Julien Suaudeau, Sorour Kasmaï, Jean-François Kervéan

L’amour à trois, Olivier Poivre d’Arvor, Grasset

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Victime d’un accident cérébral, Léo Socrates, archiviste en chef du ministère des Affaires étrangères, voit s’effacer des pans entiers de sa vie mais réapparaître a contrario un souvenir soigneusement refoulé. Le voici parti pour un périlleux voyage en Guyane, de Cayenne à Maripasoula – au pays des orpailleurs et des indiens Wayanas- afin de retrouver la trace de Frédéric Salomon, l’ami de jeunesse, et du grand amour qu’ils ont partagé, Hélène, leur professeur de philosophie et leur initiatrice érotique, qui vient de mourir à Rouen. Trente ans plus tard, à la surface de sa brumeuse mémoire, ressurgit la géographie dangereuse, belle et imprécise du désir de trois jeunes gens dans les années 70. Un étrange désir à trois, qui s’était construit alors sur l’imitation de celui de l’autre. Que s’est-il vraiment passé entre eux à l’époque ? En remontant le cours du fleuve Maroni et celui du temps, Léo caresse la nostalgie de cet âge d’or, ce rêve perdu de la jeunesse baigné de refrains musicaux des seventies : fragile, blessé, amnésique, il s’obstine à retrouver l’homme qui pourra, peut-être, résoudre l’énigme de sa propre existence.

Dieu, les affaires et nous, Chroniques d’un demi-siècle, Jean d’Ormesson, Robert Laffont

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Il est démocrate, il est libéral : cet écrivain n’a jamais cessé d’affirmer ses convictions. Si l’idée de faire de la politique ne lui a pas traversé l’esprit, le spectacle de la politique, du combat des idées, de la marche du monde l’a fasciné. Il s’est toujours engagé. Nous sommes liés au monde et il nous faut participer au grand jeu des événements qui nous entourent parce que nous dépendons de l’histoire et que l’histoire dépend de nous. Ces textes surprennent par leur fraîcheur et leur allant. Dix ou trente ans après, ils continuent d’exciter l’esprit et de donner les causes des événements actuels. On y trouvera des portraits de grands hommes, des reportages à l’étranger, bien sûr des commentaires et des prises de position sur la politique intérieure française. Il faut relire les écrits passés (et toujours actuels). Sinon comment juger ceux qui jugent et voir s’ils ont eu tort ou raison ?
Comment savoir si un commentateur de l’actualité porte un regard juste sinon en vérifiant après coup ses analyses et ses prévisions ? Pour dire s’il est équitable, il faut attendre que la passion tombe et que l’histoire ait au moins commencé à faire son oeuvre.
C’est donc un bel exercice de vérification auquel se livre l’auteur. Il s’est parfois trompé. Sur plusieurs points, les faits lui ont donné raison. Pendant toutes ces années, Jean d’Ormesson a observé le monde et les hommes et les femmes qui nous gouvernent. Prenez parti, dit-il, et trompez-vous sans trop de bassesses. Ceux qui ne défendent pas leurs amis sont ignobles. Ceux qui ne défendent que leurs amis sont aveugles. Il faut se débrouiller dans ce labyrinthe. C’est ce qu’on appelle l’honneur des hommes.

L’inconstance des démons, Eugène Green, Robert Laffont

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« Dans la première partie de ma vie, je fus heureux. » C’est ainsi que Nikolau Aztera commence son récit. Jeune neurologue, Nikolau s’installe avec son épouse et leur enfant unique à Saint-Jean-de-Luz. À l’âge de quinze ans, son fils disparaît inexplicablement. Peu après, sa femme meurt de chagrin. Nikolau abandonne alors la médecine et se retire dans le village d’Ossès, en Basse-Navarre. Il transforme sa passion pour la bibliophilie en métier, devenant antiquaire de livres, dans ce qu’il envisage comme une retraite du monde, et une attente de la mort. Or un jour il reçoit la visite d’une dame dont le fils adolescent subit depuis peu des crises effrayantes, où il semble dialoguer dans un basque archaïque avec une voix parlant un français étrange. Elle demande à Nikolau de l’aider.
L’enquête va le plonger dans l’abîme d’un mystère où sa vie prendra un nouveau sens. Ce roman, qui comporte une énigme, des crimes, et un véritable suspense, s’ouvre également sur des voies spirituelles et, à travers les plaisirs du récit policier, s’offre comme une réflexion sur le Mal et la grâce. Il soulève aussi, dans le cadre précis du Pays basque, la question générale du passé historique comme force du présent évoquant les grands procès en sorcellerie du début du XVIIe siècle et la caste des cagots.

Ces amis qui enchantent la vie, Jean-Marie Rouart, Robert Laffont

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Ouvrage original, puisqu’il mêle portraits d’écrivains et morceaux choisis de leurs meilleurs livres, Ces amis qui enchantent la vie est l’aboutissement et le fruit d’une longue histoire d’amour. Jean-Marie Rouart a toujours eu la passion de la littérature. Depuis sa prime adolescence, elle n’a cessé de l’accompagner. Il a même écrit qu’elle lui avait sauvé la vie, sauvé du désespoir en donnant un sens à une existence qui commençait sous les pires auspices. Grâce à elle, il a pu faire d’une passion une vie, puisqu’il s’y est consacré avec enthousiasme comme écrivain et en tant que directeur du Figaro littéraire pendant vingt ans.
Rassemblant 120 écrivains français et étrangers, ne visant pas à rivaliser avec la critique universitaire, ce livre est avant tout celui d’un écrivain. À ce titre, il est subjectif, arbitraire, et cherche moins à donner des notes, des prix d’excellence, à établir des hiérarchies, qu’à mettre en valeur des créateurs sur le seul critère du plaisir qu’ils donnent, de la magie qu’ils font naître. Cet enchantement qui fait d’eux les plus indispensables et les plus fidèles des amis. C’est pourquoi, délaissant souvent les grands boulevards des auteurs consacrés, Jean-Marie Rouart n’hésite pas à suivre les chemins buissonniers qu’empruntent des écrivains plus rares comme Joseph Delteil, Malcolm de Chazal, Luc Dietrich ou Carson McCullers.
Il a ainsi voulu rendre hommage à un grand nombre d’entre eux, notables ou non, qui ont fait plus que jalonner son propre parcours de romancier. De ces lectures il a tiré non seulement de grands moments d’ivresse littéraire, mais aussi une leçon de vie. Car c’est bel et bien la vie qui est au cœur de cette entreprise, comme il s’en explique dans sa préface : « Je demandais aux livres : comment fait-on pour vivre, pour aimer, pour être heureux ? »

Le français, Julien Suaudeau, Robert Laffont

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Qu’y a-t-il dans la tête et le coeur de ces petits Français « de souche » qui partent se faire tuer en Syrie au nom du djihad ? Le Français est la réponse romanesque à cette interrogation. Le narrateur, dont on ne connaîtra pas le nom, broie du noir dans sa Normandie natale, zone grise entre province et grande banlieue de Paris. La belle Stéphanie éclaire un temps la monotonie de ses jours, mais elle n’est qu’un mirage. Puisque l’horizon est sans issue, pourquoi ne pas fuir ? Ce sera d’abord l’Afrique, au Mali, dans le sillage d’individus peu recommandables. Aux portes du désert, il suffit de se rêver grand pour le devenir. Cette illusion-là non plus ne dure pas longtemps. Le rêve se termine quelque part en Syrie, dans une forteresse djihadiste où les hommes ont oublié leur humanité. Le Français, dont nous avons suivi pas à pas le chemin, y devient un monstre presque contre son gré. Sa lucidité d’enfant perdu est un cri déchirant dont l’écho se prolonge bien après la dernière page. En faisant parler son anti-héros à la première personne, Julien Suaudeau nous oblige à partager ses sentiments, ses peurs, ses envies. L’horreur du monde contemporain, vue mille fois dans les médias, devient une matière complexe et riche en nuances. Au-delà de sa résonance avec la réalité, ce parti pris audacieux donne un texte puissant, porté par une voix autre, un sens du détail et des dialogues qui évoque les grands naufragés du roman américain.

Un jour avant la fin du monde, Sorour Kasmaï, Robert Laffont

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L’histoire se passe à Téhéran, le premier hiver après la révolution islamique.
Mariam, une jeune fille de 16 ans, découvre la date de sa mort dans le livret de famille. Son père lui explique qu’elle était dans le ventre de sa mère lorsque celle-ci est morte du fait de l’effondrement du toit de leur maison, et qu’elle en a été extirpée quelques heures après. Elle apprend de surcroît l’existence d’une soeur homonyme, disparue dans les mêmes circonstances et dont elle serait la réincarnation.
Mariam entreprend alors sa quête de vérité et d’identité par un changement de prénom. Or, cette simple démarche administrative est confrontée au refus du nouveau pouvoir politico-religieux qui voit en la jeune fille une miraculée et cherche à vérifier l’hypothèse de sa résurrection. Les autorités veulent à tout prix lui ravir son pouvoir supposé. Au fil des pages, le dossier de Mariam prend de plus en plus d’importance à leurs yeux. Elles s’efforcent de comprendre les mécanismes d’une telle résurrection afin de remédier aux lourdes pertes humaines sur les champs de bataille de la guerre Iran-Irak. La célèbre parole du Prophète qui en son temps avait proclamé qu’un jour avant la fin du monde quelqu’un de sa descendance ressusciterait les morts trouve une tournure toute pratique en ces circonstances et sert de référence idéologique au chef de la Commission de résurrection pour poursuivre Mariam.
Sur fond de croyances religieuses et de légendes sacrées, s’engage dès lors une course effrénée qui, à travers les méandres de la ville de Téhéran, embarque le lecteur dans des situations singulières et des lieux insolites. Un ancien temple zoroastrien transformé en centre de musculation pour blessés de guerre, une clinique où l’on garde les « foudroyés », autrement dit les soldats choqués par ce qu’ils ont vu au front et qui passent désormais pour visionnaires. Mais aussi des jardins de mosquées, des ruelles, un labyrinthe urbain hanté par une agitation politique et religieuse mêlée d’angoisse et de fureur. Une spirale infernale qui finit par conduire la narratrice et son entourage à la catastrophe.

Animarex, Jean-François Kervéan, Robert Laffont

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« Un roman historique, quel enfer. Quelle idée à la con. Tout a été dit sur Quatorze. » Eh bien non : en cette année de tricentenaire, qui sera marquée par de nombreuses célébrations, Jean-François Kervéan, à sa manière iconoclaste et insolente, réinvente la jeunesse du roi en explorant la passion amoureuse qu’il vécut, à vingt ans, avec Marie Mancini, nièce du cardinal Mazarin et soeur d’Olympe, sa favorite officielle. Pour Marie et pour la seule fois de son long règne, Louis voulut abdiquer. C’est aussi à cause d’elle qu’il plongea dans l’unique dépression de sa vie. Et par amour pour elle qu’il lança avec la munificence que l’on sait les grands travaux qui firent de son siècle le Grand Siècle et de son règne, en même temps que la naissance de « l’esprit français », le symbole suprême de la monarchie à la française. Raconter un amour aussi grand que celui de Louis et Marie, princesse insoumise éprise de belles lettres et de sentiments vrais là où la cour n’était qu’ambitions, calculs et trahisons, c’est traquer l’or du temps dans ce qu’il a de plus précieux, sauter par-dessus les siècles parfois à la hussarde pour approcher, ne serait-ce que fugacement, l’âme d’un homme, fût-il roi. Fût-il le Roi-Soleil. Anima rex, l’âme du roi
Quête irrévérencieuse de la vérité intime de Louis XIV, irradiée de désir autant que de solitude, Animarex dépoussière avec une vitalité contagieuse les figures figées et convenues du monarque absolu le plus célèbre de l’Histoire. Un roman détonant, flamboyant, comme ce Grand Siècle dont il ranime sans prendre de gants toute la splendeur et la férocité.