[BD] Invisible, Charlotte Bousquet, Stéphanie Rubini

Invisible par Bousquet

Sensible et mélancolique, un drame pour aborder le thème du suicide avec les adolescents

En classe comme dans sa famille, Marie est invisible. Sa passion ? La couture et les bijoux faits main. Lorsqu’elle observe les autres filles, elle se trouve laide, grosse, inutile. Le seul qui la voit, c’est Soan. Mais ce regard est capable de faire éclore chez Marie une nouvelle confiance en elle. Une confiance bien fragile.

Mon avis :

Cela fait quelques temps que je n’ai pas chroniqué de BD. Je suis tombée sur celle-ci par hasard, à la bibliothèque, et je me suis souvenue que j’avais déjà lu des articles plutôt enthousiastes à son sujet.

Cette BD est la petite dernière d’une série de trois autres : « Rouge tagada », « Mots rumeur, mots cutter » et « Balles et blues ».

Le thème ici est celui du suicide chez les jeunes. On retrouve des personnes déjà présentes dans les autres BD de la série, comme des clins d’oeil et, même si l’ensemble forme un tout, il n’est pas nécessaire d’avoir déjà lu les trois autres BD de la série pour comprendre celle-ci.

J’ai beaucoup aimé l’histoire, je trouve le personnage de Marie touchant, et vraisemblable. C’est une de ces adolescentes comme on pourrait en trouver dans n’importe quel établissement scolaire, ce qui rend encore plus poignant l’histoire.

Marie se sent invisible aux yeux des autres,  elle est plutôt timide, en retrait, n’a pas confiance en elle,  n’a pas vraiment d’amies. Un jour Soan, un garçon de sa classe, découvre des croquis qu’elle a fait pour les costumes de la pièce de théâtre, à la demande de la prof de techno. Il commencera à lui parler, à lui sourire. Il lui demandera aussi si elle peut lui créer des bijoux, le premier étant pour sa soeur, pas le second …

C’est vraiment une belle BD, j’ai autant aimé l’histoire et que les illustrations. Le thème est vraiment bien abordé, avec justesse et d’autres se joignent à cette idée centrale (l’amour, le rapport qu’on a avec les autres, la nourriture …). Une BD percutante à découvrir, comme la série.

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[BD] Un océan d’amour, Lupano et Panaccione

Un Océan d'amour

Présentation :

Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes bretonnes. Mais ce jour-là, c’est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C’est le début d’un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette avec moult mouettes.

Mon avis :

Cette BD est un gros coup de cœur. Comme d’habitude, le petit pêcheur breton aux grosses lunettes part à la pêche. Sa femme, une bigoudène, lui a déjà préparé une grosse galette pour le petit déjeuner.

Son repas du midi est prêt : des boites de sardines qui finiront, comme les autres,  dans la cale du bateau. Mais, ce ne sera pas une journée ordinaire. Le bateau du pêcheur va se retrouver coincer dans les filets d’un bateau qui semble immense : le Goldfish.

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Alors que son acolyte finira par rentrer sur un bateau pneumatique, notre petit homme restera accroché à son bateau. Une mouette l’accompagnera pendant ses péripéties.

Sur terre, la bigoudène refuse de croire à la mort de son mari. Elle ira jusqu’à consulter une voyante, qui lui annoncera que son mari est à Cuba. Rapidement, elle rassemblera toutes ses économies pour payer le voyage en bateau. Les deux amoureux vont ainsi vivre des aventures, chacun de leur côté. Je vous laisse découvrir la BD pour savoir s’ils vont finir ou non par se retrouver !

Cette BD est un concentré de péripéties, de douceur et d’amour. Les planches sont sans bulle mais on se laisse facilement emporter par l’histoire. Les illustrations sont vraiment très réussies, les expressions minutieuses et les attitudes travaillées. Si vous voulez tenter l’expérience d’une BD muette, ou si vous aimez les BD, je vous la conseille fortement !

Découvrez aussi la chronique très détaillé de Moka..

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[BD] Notre-dame de Paris, Victor Hugo : Claude Carré et Jean-Marie Michaud

C’est la deuxième BD que je lis dans la série des « incontournables de la littérature en BD », chez Glénat. En effet, je vous avais parlé, il y a quelques semaines de l’adaptation du Livre de la jungle, de Kipling.

J’avais aimé lire cette première BD, même si je n’avais pas été complètement conquise, ici, c’est la même chose. Si l’histoire reste globalement la même (on retrouve bien Quasimodo, Esméralda et sa chèvre, Phoebus, etc … ), je la trouve difficile à lire et à comprendre. On passe parfois d’un moment à un autre de l’histoire sans transition, je me suis surprise plusieurs fois à regarder si je n’avais pas sauté une page, ou s’il n’en manquait pas une …

On retrouve une nouvelle fois, à la fin, un dossier pédagogique plutôt bien fait pour rappeler quelques éléments importants : la vie de Victor Hugo, le roman Notre-dame de Paris, et la présentation de la France au XVème siècle.

Les dessins sont de Jean-Marie Michaud. Je n’y suis pas très réceptive, je trouve les expressions trop sèches. Capture

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Pico Bogue : la vie et moi, Dominique Roques et Alexis Dormal

Pico Bogue est le fils aîné d’une famille tout ce qu’il y a de plus normal, c’est-à- dire unique, extraordinaire et parfois complètement folle ! Avec sa petite soeur Ana Ana, Pico évolue dans la vie avec autant de certitudes que d’interrogations, ce qui vaut à ses parents et grands-parents des crises de toutes sortes : crises de rire, crises de désespoir, crises d’amour toujours !

Mon avis :

C’est une BD qui se lit très facilement. Chaque petite scène porte sur un thème (l’horloge, le bus, père et fils, le défi … ) et met en scène Pico, sa soeur Ana Ana, leurs parents ou « Papic » et « Marmite », les grands-parents. Pico et Ana Ana sont au centre des histoires. Comme tous les frères et soeurs, ils se disputent mais ont aussi des moments de tendresse l’un envers l’autre. Ils ont aussi un certain franc-parler et une répartie qui font vivre des moments plutôt difficiles à leurs parents …

Si certaines bulles sont drôles ( Érudition par exemple, que vous retrouvez en-dessous, m’a amusée), beaucoup d’autres m’ont seulement fait sourire ( et certaines rien du tout). Je n’ai pas été particulièrement emballée par la BD dans l’ensemble. J’ai tout de même aimé l’ironie qu’on peut parfois trouver dans les dialogues, mais ces derniers ne correspondent pas toujours avec le langage d’un enfant de l’âge de Pico.

Du point de vue des illustrations, j’ai aimé la chevelure folle des deux enfants, les traits sont brouillés, ne sont pas toujours précis mais sont expressifs. On a parfois l’impression que les illustrations ne sont pas finies, tant au niveau des traits que des couleurs : l’ensemble donne un côté brouillon aux illustrations qui va parfaitement à la BD. J’ai aussi aimé l’utilisation que l’aquarelle.

En bref, une lecture agréable, mais je ne me suis pas attachée aux personnages. Peut-être faudrait-il que j’essaie avec un autre tome.

Petites informations :

Le 7ème tome de la série, Cadence infernale, est paru en octobre 2014 :

Dominique Roques, la scénariste, est la mère de l’illustrateur Alexis Dormal ! Une histoire de famille …

Vous pouvez retrouver la sœur de Pico, Ana Ana, dans sa propre série, toujours chez Dargaud ! Ils sont destinés aux enfants plus jeunes (5 ans).

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[BD] Merci, Zidrou et Monin

BD MERCI

Présentation :

Comment une petite délinquante, grâce à un juge d’application des peines facétieux, transforme la vie politique de sa commune

Bredenne, dans la Marne. 9974 habitants et presque autant d’âmes. On parie combien que vous ne connaissez pas ? Faut dire aussi : entre Disneyland Paris et Bredenne, le choix est vite fait. Un peu trop vite peut-être… Merci Zylberajch, bientôt 16 ans et gothique jusqu’au bout des ongles, a commis des actes répréhensibles, comme on dit. Elle n’était pas seule, mais elle a décidé de porter le chapeau. Ses actes n’en méritent pas moins une sanction, d’autant qu’elle n’en est pas à son coup d’essai. Encore faut-il décider quelle sanction !

C’est pour cela que l’État français paie Sébastien Pirlot, juge des enfants. Un juge un peu… olé olé, si vous voulez mon avis. Pirlot ignore encore qu’en condamnant Merci à une peine de substitution, il va offrir à de nombreuses personnes… une joie de substitution.

Mon avis :

C’est la première fois que je lis une BD publiée chez Grand Angle (Bamboo éditions). Et ce n’est pas la dernière.

Merci, c’est le prénom de notre petite héroïne. Un prénom original pour une ado qui l’est autant. Elle vit à Bredenne, avec sa mère qui est dans un fauteuil depuis qu’elle a été terrassée par un accident vasculaire cérébral, reste greffée à son téléphone portable et adopte le look gothique. Avec deux copines, deux sœurs, elles ont volé de la peinture et tagué la façade de la maison de l’un de leurs professeurs. Au tribunal, elle affirme avoir agi seule et écopera d’une peine originale : une « prestation éducative et philanthropique ». Elle devra développer un projet durable en faveur des adolescents. Merci prendra son rôle à cœur et trouvera quoi faire grâce au poète Maurice Cheneval, qui a vécu à Bredenne.

L’histoire est intéressante, voir débarquer Merci au sein du conseil municipal est plutôt drôle. L’auteur en profite pour se moquer de certains comportements politiques notamment avec l’un des membres du conseil qui ne pense qu’aux retombées électorales « électoralement, cela pourrait être porteur », répète-t-il. C’est aussi une BD qui monte que malgré les apparences (ici le look gothique de Merci et son attitude provocante) une adolescente de 16 ans est capable de réaliser de belles choses.

J’ai aussi beaucoup aimé les illustrations, les couleurs sont attrayantes et les dessins réalistes  :

Vous pouvez feuilleter le début en ligne ici. Cette BD est parue en octobre 2014.

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[BD] Paroles de poilus, tome 1. Lettres et Carnets du front 1914-1918

Ils avaient 17 ou 25 ans. Se prénommaient Gaston.. Louis.. René. Ils étaient palefreniers. boulangers. colporteurs. ouvriers on bourgeois, ils devinrent soudainement artilleurs, fantassins, brancardiers…Voyageurs sans bagage, ils durent quitter leurs femmes et leurs enfants. revêtir l’uniforme mal coupé et chausser les godillots cloutés… Sur 8 millions de mobilisés entre 1914 et 1918, plus de 2 millions de jeunes hommes ne revirent jamais le clocher de leur village natal. Plus de 4 millions subirent de graves blessures… Des mots écrits dans la boue et n’ont pas vieilli d’un jour. Des dessins chargés d’émotion qui marqueront les esprits. Des témoignages déchirants qui devraient inciter les générations futures au devoir de mémoire. au devoir de vigilance comme au devoir d’humanité…

Mon avis :

L’idée est bonne je trouve : reprendre des lettres authentiques et essayer de toucher au mieux les lecteurs, pour ne pas oublier. Avant cette BD on pouvait déjà retrouver ces lettres – au nombre de vingt – dans un livre de Jean Pierre Gueno et une chronique radio : c’est une nouvelle adaptation.

Des soldats racontent, à travers leurs lettres, les atrocités de la guerre 14 – 18, mais aussi leurs espérances, leurs espoirs ou même des moments drôles. Les témoignages sont souvent touchants. Avant chaque lettre on peut lire une description rapide de la vie du poilu : on se sent ainsi plus proche du personnage.  Ensuite, un illustrateur adapte selon son ressenti le texte. Ce qui m’a un peu embêtée, c’est l’effet « doublon » : on lit deux fois la même chose, parfois presque mot pour mot, parfois les illustrateurs prennent plus de distance – tout en gardant le principal de la lettre – et j’ai préféré ces dernières.

En ce qui concerne les illustrations, elles renforcent souvent les émotions que les lettres retranscrivent. Les illustrations que j’ai préférées sont celles de Marc N’Guessan qui adapte des lettres d’Henri Lange, écrites à son général et à sa soeur Hélène :

20150519_185535c’est sobre, simple, et pourtant émouvant. Désolée pour la qualité de la photo, je n’ai pas trouvé mieux.

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[BD] Le livre de la jungle, Rudyard Kipling

Cette BD fait partie de la collection « les incontournables de la littérature en BD », leur but est de faire découvrir les plus grandes œuvres de la littérature mondiale à travers la bande dessinée.  C’est la première de la collection que je découvre, j’avais envie de voir ce que ça donnait. Pourquoi celle-là ? C’est simplement la première que j’ai trouvée au CDI ;). Elle est parue en avril 2010.

L’adaptation est de Djian, les dessins de Tieko et les couleurs de Catherine Moreau. L’histoire est assez fidèle au livre, plus qu’au dessin animé, ce qui n’est pas pour me déplaire. La BD est moins « univers de disney »  (tout le monde est beau, tout le monde est gentil), et montre plus les difficultés et la violence de la jungle.

Question illustration, je m’attendais à trouver un Mowgli avec des traits plus enfantins, plus lisses. Là, c’est bien un homme qu’on voit, avec un visage aux traits durs, qui correspond mieux à un enfant qui grandit dans la jungle …

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Ce qui a pu me déranger : il n’y a parfois pas de liens directs entre l’illustration et les bulles …

A la fin, on trouve un dossier pédagogique dans lequel on peut lire une biographie de l’auteur, des commentaires sur ses oeuvres, des précisions sur la vie économique et sociale de l’époque (la vie en Inde, sa structure politique au XIXème siècle, les castes …). C’est intéressant et honnêtement, ça m’a fait une bonne dose de rappel.

En tout cas j’ai bien envie de découvrir d’autres adaptations de cette collection !

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