[BD jeunesse] La vie hantée d’Anya, Vera Brosgol

 

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Anya a l’impression d’être en permanence la petite nouvelle : fille d’immigrés, elle n’a jamais réussi à trouver complètement sa place. Mais quand elle tombe dans un puits et découvre le fantôme qui s’y trouve, elle a l’impression de se faire son premier véritable ami. Les ennuis commencent quand ce fantôme, prénommé Emily, devient jaloux de tout ce qui remplit la vie d’Anya.

Mon avis :

Voici une très bonne lecture !

Anya n’est pas rejetée dans son établissement scolaire par ses camarades, néanmoins elle n’est pas populaire non plus. Un peu ronde, un peu passe-partout, elle a une seule amie, avec laquelle les relations sont parfois tendues. Au prix de nombreux efforts, elle a réussi à perdre son accent russe, souhaitant se fondre plus facilement dans la masse.

Un soir, alors qu’elle s’est disputée avec son amie, Anya tombe dans un puits et rencontre Emily, le fantôme d’une jeune fille décédée 90 ans plus tôt. Rapidement, elles deviennent inséparables, grâce à un bout d’os… Emily l’aide à avoir de meilleurs résultats en classe (en allant lire les bonnes réponses sur les copies voisines en classe), et lui prodigue des conseils pour réussir à séduire le beau Sean….  Mais, on se doute, ce sera aussi le début des problèmes… et la suite sera flippante.

L’histoire est très agréable à lire, les répliques sonnent justes. Quant aux illustrations, elles mettent parfaitement en valeur les émotions des personnages et les couleurs noir/ gris/ blanc donnent un très beau rendu.

Les thèmes sont universels : l’amitié, le regard de l’autre, l’intégration ou encore la confiance en soi.

En bref : Une très bonne BD, à l’histoire fantastique et prenante, à lire à partir de 11 / 12 ans !

 

 

 

 

A retrouver sur le site de la maison d’édition Rue de Sèvres !

[BD] Un putain de salopard, Loisel et Pont

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Max, qui vient d’enterrer sa mère, se retrouve avec pour héritage deux photos d’elle et lui enfant quand ils vivaient au Brésil. Sur chacune d’elles, un homme différent. L’un d’eux serait-il son père ? Il plonge sur les traces de son passé, vers un camp forestier en Amazonie. Mais ses rêves d’aventure et d’exotisme buteront vite sur la réalité de cette jungle des années 70.  Il découvre un territoire gangréné par la violence, les réseaux de prostitutions, et la loi du plus fort. Il s’appuiera sur un joyeux trio déluré dont deux infirmières françaises, et surtout sur une jeune brésilienne muette, Baïa, indispensable guide.

Dans la moiteur tropicale de cet environnement hostile, chacun poursuit ses buts et tente de survivre.

Mon avis :

Coup de cœur pour cette BD qui réunit les talents d’Olivier Pont (les illustrations) et Régis Loisel (le scénario).

1972. Nous suivons Max, un jeune homme qui vient au Brésil en espérant découvrir qui est son père, alors que sa mère vient de décéder. Il fait rapidement la rencontre de deux infirmières pétillantes, Christelle et Charlotte, qui viennent prendre leur fonction dans un dispensaire au cœur de l’Amazonie. Ils sont rejoints par Corinne, une amie des deux filles, qui amènera le trio chez elle.

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Si au début l’ambiance est au beau fixe, on découvre rapidement que nos trois personnages se sont engagés dans un lieu plutôt hostile et violent, où l’humanité ne semble pas au rendez-vous. Plus on avance dans le récit, plus les tensions sont présentes et l’histoire s’assombrit, au point de devenir menaçante.

Les dialogues sont bien amenés et percutants, parfois pleins d’humour. Les illustrations sont vives, j’aime beaucoup les traits expressifs des visages.

En quelques pages, l’histoire est posée et les caractères des différents personnages déjà bien esquissés.

Un premier tome réussit qui pose l’ambiance et qui nous donne envie de découvrir la suite !

Une parution Rue de Sèvres !

[BD] Retour à Killybegs, Pierre Alary, Sorj Chalandon

 

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Présentation de l’éditeur :

 » Toute ma vie j’avais recherché les traîtres, et voilà que le pire de tous était caché dans mon ventre. « 

Tyrone Meehan figure mythique de l’IRA et traître à la cause nationaliste irlandaise pendant une vingtaine d’années a été dénoncé par les Anglais. « Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L’IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n’ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j’en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et j’enrage. N’écoutez rien de ce qu’ils prétendront. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m’avoir connu. Personne n’a jamais été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd’hui, c’est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu’après moi, j’espère le silence. »

Tyrone Meehan raconte sa vie gâchée, la violence familiale, sa confusion jusqu’à sa trahison. Retour à Killybegs respire la passion et le désespoir d’un homme qui, un jour, n’a pas eu le choix et s’est enfoncé dans la nuit et dans la honte.

Mon avis :

Gros coup de cœur pour cette adaptation du roman éponyme de Sorj Chalandon.

Cette BD est la suite de « Mon traitre ». Le narrateur, Tyrone, nous donne sa version et revient en arrière sur son histoire.  Qu’est-ce qui l’a amené à trahir son pays, ses amis, sa famille ?

L’histoire est sombre et prenante, on se glisse bien dans la peau du personnage et on se met à se demander ce que nous, nous aurions fait. Ce n’est pas toujours facile de comprendre les raisons profondes d’un tel comportement. Le récit, bref et vif, fourmille d’émotions. La douleur de Tyrone est palpable et ne peut que nous toucher.

Les dessins sont clairs et épurés, j’aime beaucoup la façon dont les visages sont esquissés : les émotions sont lisibles.

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Planche prise sur le site de la maison d’édition.

 

Une adaptation qui prend aux tripes et qui me marquera longtemps !

A retrouver sur le site de la ME, Rue de Sèvres !

[Jeunesse BD] Rouge Tagada, Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

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Elle était dans ma classe. Quatrième D. D comme déconne, délire, débile, dévergondé, début, douleur, douceur aussi. Il y avait tout ça, chez nous.
Des pimbêches qui riaient trop fort, des timides, des bébés sages, des filles toutes fières de se comporter en femmes et des garçons qui ne savaient plus comment fonctionnaient leurs mains ni leurs pieds.
Il y avait aussi les Jade et les Benjamin, les bons copains toujours là en cas de coup de blues à la récré, toujours prêts à refaire le monde et jouer aux cancres au lieu d’aller en perm.
Mais il n’y avait qu’une Layla.

Mon avis :

J’avais beaucoup aimé Invisible écrit par la même auteure, Charlotte Bousquet, et aussi illustré par Stéphanie Rubini. Ces deux BD appartiennent à la même collection : « les graphiques ».

Alors qu’Invisible abordait le thème du suicide, ici c’est celui de la naissance d’un amour entre deux filles qui est à l’honneur. Alex est rapidement intriguée par Layla, une nouvelle qui se retrouvera dans sa classe. Les premiers temps, elle n’osera pas l’aborder, jusqu’à ce que Layla fasse le premier pas, pour une broutille. Les deux amies ne se quitteront plus.

L’histoire se déroule en trois parties, dans lesquelles les émotions sont très présentes : joie, amour mais aussi tristesse et désarroi. Le texte est court mais il n’était pas nécessaire qu’il soit plus long pour que le message, fort, soit passé. Les illustrations miment parfaitement les états d’âmes d’Alex et enrichissent l’ensemble (d’ailleurs, j’adore cette illustratrice).

La naissance du sentiment amoureux est très bien traitée. Si elle concerne un amour homosexuel,  l’accent n’est pas mis sur ce point mais sur l’absence de réciprocité.

Une très belle BD à découvrir et à faire découvrir !

Noukette et Jérôme l’ont aussi apprécié, c’est d’ailleurs eux qui m’ont donné envie de découvrir la collection ! Retrouvez aussi l’avis de Blandine !

Une BD publiée aux éditions Gulfstream !

 

[BD] Invisible, Charlotte Bousquet, Stéphanie Rubini

Invisible par Bousquet

Sensible et mélancolique, un drame pour aborder le thème du suicide avec les adolescents

En classe comme dans sa famille, Marie est invisible. Sa passion ? La couture et les bijoux faits main. Lorsqu’elle observe les autres filles, elle se trouve laide, grosse, inutile. Le seul qui la voit, c’est Soan. Mais ce regard est capable de faire éclore chez Marie une nouvelle confiance en elle. Une confiance bien fragile.

Mon avis :

Cela fait quelques temps que je n’ai pas chroniqué de BD. Je suis tombée sur celle-ci par hasard, à la bibliothèque, et je me suis souvenue que j’avais déjà lu des articles plutôt enthousiastes à son sujet.

Cette BD est la petite dernière d’une série de trois autres : « Rouge tagada », « Mots rumeur, mots cutter » et « Balles et blues ».

Le thème ici est celui du suicide chez les jeunes. On retrouve des personnes déjà présentes dans les autres BD de la série, comme des clins d’oeil et, même si l’ensemble forme un tout, il n’est pas nécessaire d’avoir déjà lu les trois autres BD de la série pour comprendre celle-ci.

J’ai beaucoup aimé l’histoire, je trouve le personnage de Marie touchant, et vraisemblable. C’est une de ces adolescentes comme on pourrait en trouver dans n’importe quel établissement scolaire, ce qui rend encore plus poignant l’histoire.

Marie se sent invisible aux yeux des autres,  elle est plutôt timide, en retrait, n’a pas confiance en elle,  n’a pas vraiment d’amies. Un jour Soan, un garçon de sa classe, découvre des croquis qu’elle a fait pour les costumes de la pièce de théâtre, à la demande de la prof de techno. Il commencera à lui parler, à lui sourire. Il lui demandera aussi si elle peut lui créer des bijoux, le premier étant pour sa soeur, pas le second …

C’est vraiment une belle BD, j’ai autant aimé l’histoire et que les illustrations. Le thème est vraiment bien abordé, avec justesse et d’autres se joignent à cette idée centrale (l’amour, le rapport qu’on a avec les autres, la nourriture …). Une BD percutante à découvrir, comme la série.

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[BD] Un océan d’amour, Lupano et Panaccione

Un Océan d'amour

Présentation :

Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes bretonnes. Mais ce jour-là, c’est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C’est le début d’un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette avec moult mouettes.

Mon avis :

Cette BD est un gros coup de cœur. Comme d’habitude, le petit pêcheur breton aux grosses lunettes part à la pêche. Sa femme, une bigoudène, lui a déjà préparé une grosse galette pour le petit déjeuner.

Son repas du midi est prêt : des boites de sardines qui finiront, comme les autres,  dans la cale du bateau. Mais, ce ne sera pas une journée ordinaire. Le bateau du pêcheur va se retrouver coincer dans les filets d’un bateau qui semble immense : le Goldfish.

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Alors que son acolyte finira par rentrer sur un bateau pneumatique, notre petit homme restera accroché à son bateau. Une mouette l’accompagnera pendant ses péripéties.

Sur terre, la bigoudène refuse de croire à la mort de son mari. Elle ira jusqu’à consulter une voyante, qui lui annoncera que son mari est à Cuba. Rapidement, elle rassemblera toutes ses économies pour payer le voyage en bateau. Les deux amoureux vont ainsi vivre des aventures, chacun de leur côté. Je vous laisse découvrir la BD pour savoir s’ils vont finir ou non par se retrouver !

Cette BD est un concentré de péripéties, de douceur et d’amour. Les planches sont sans bulle mais on se laisse facilement emporter par l’histoire. Les illustrations sont vraiment très réussies, les expressions minutieuses et les attitudes travaillées. Si vous voulez tenter l’expérience d’une BD muette, ou si vous aimez les BD, je vous la conseille fortement !

Découvrez aussi la chronique très détaillé de Moka..

C’est la BD de la semaine et ça se passe chez Yaneck!

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[BD] Notre-dame de Paris, Victor Hugo : Claude Carré et Jean-Marie Michaud

C’est la deuxième BD que je lis dans la série des « incontournables de la littérature en BD », chez Glénat. En effet, je vous avais parlé, il y a quelques semaines de l’adaptation du Livre de la jungle, de Kipling.

J’avais aimé lire cette première BD, même si je n’avais pas été complètement conquise, ici, c’est la même chose. Si l’histoire reste globalement la même (on retrouve bien Quasimodo, Esméralda et sa chèvre, Phoebus, etc … ), je la trouve difficile à lire et à comprendre. On passe parfois d’un moment à un autre de l’histoire sans transition, je me suis surprise plusieurs fois à regarder si je n’avais pas sauté une page, ou s’il n’en manquait pas une …

On retrouve une nouvelle fois, à la fin, un dossier pédagogique plutôt bien fait pour rappeler quelques éléments importants : la vie de Victor Hugo, le roman Notre-dame de Paris, et la présentation de la France au XVème siècle.

Les dessins sont de Jean-Marie Michaud. Je n’y suis pas très réceptive, je trouve les expressions trop sèches. Capture

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Pico Bogue : la vie et moi, Dominique Roques et Alexis Dormal

Pico Bogue est le fils aîné d’une famille tout ce qu’il y a de plus normal, c’est-à- dire unique, extraordinaire et parfois complètement folle ! Avec sa petite soeur Ana Ana, Pico évolue dans la vie avec autant de certitudes que d’interrogations, ce qui vaut à ses parents et grands-parents des crises de toutes sortes : crises de rire, crises de désespoir, crises d’amour toujours !

Mon avis :

C’est une BD qui se lit très facilement. Chaque petite scène porte sur un thème (l’horloge, le bus, père et fils, le défi … ) et met en scène Pico, sa soeur Ana Ana, leurs parents ou « Papic » et « Marmite », les grands-parents. Pico et Ana Ana sont au centre des histoires. Comme tous les frères et soeurs, ils se disputent mais ont aussi des moments de tendresse l’un envers l’autre. Ils ont aussi un certain franc-parler et une répartie qui font vivre des moments plutôt difficiles à leurs parents …

Si certaines bulles sont drôles ( Érudition par exemple, que vous retrouvez en-dessous, m’a amusée), beaucoup d’autres m’ont seulement fait sourire ( et certaines rien du tout). Je n’ai pas été particulièrement emballée par la BD dans l’ensemble. J’ai tout de même aimé l’ironie qu’on peut parfois trouver dans les dialogues, mais ces derniers ne correspondent pas toujours avec le langage d’un enfant de l’âge de Pico.

Du point de vue des illustrations, j’ai aimé la chevelure folle des deux enfants, les traits sont brouillés, ne sont pas toujours précis mais sont expressifs. On a parfois l’impression que les illustrations ne sont pas finies, tant au niveau des traits que des couleurs : l’ensemble donne un côté brouillon aux illustrations qui va parfaitement à la BD. J’ai aussi aimé l’utilisation que l’aquarelle.

En bref, une lecture agréable, mais je ne me suis pas attachée aux personnages. Peut-être faudrait-il que j’essaie avec un autre tome.

Petites informations :

Le 7ème tome de la série, Cadence infernale, est paru en octobre 2014 :

Dominique Roques, la scénariste, est la mère de l’illustrateur Alexis Dormal ! Une histoire de famille …

Vous pouvez retrouver la sœur de Pico, Ana Ana, dans sa propre série, toujours chez Dargaud ! Ils sont destinés aux enfants plus jeunes (5 ans).

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[BD] Merci, Zidrou et Monin

BD MERCI

Présentation :

Comment une petite délinquante, grâce à un juge d’application des peines facétieux, transforme la vie politique de sa commune

Bredenne, dans la Marne. 9974 habitants et presque autant d’âmes. On parie combien que vous ne connaissez pas ? Faut dire aussi : entre Disneyland Paris et Bredenne, le choix est vite fait. Un peu trop vite peut-être… Merci Zylberajch, bientôt 16 ans et gothique jusqu’au bout des ongles, a commis des actes répréhensibles, comme on dit. Elle n’était pas seule, mais elle a décidé de porter le chapeau. Ses actes n’en méritent pas moins une sanction, d’autant qu’elle n’en est pas à son coup d’essai. Encore faut-il décider quelle sanction !

C’est pour cela que l’État français paie Sébastien Pirlot, juge des enfants. Un juge un peu… olé olé, si vous voulez mon avis. Pirlot ignore encore qu’en condamnant Merci à une peine de substitution, il va offrir à de nombreuses personnes… une joie de substitution.

Mon avis :

C’est la première fois que je lis une BD publiée chez Grand Angle (Bamboo éditions). Et ce n’est pas la dernière.

Merci, c’est le prénom de notre petite héroïne. Un prénom original pour une ado qui l’est autant. Elle vit à Bredenne, avec sa mère qui est dans un fauteuil depuis qu’elle a été terrassée par un accident vasculaire cérébral, reste greffée à son téléphone portable et adopte le look gothique. Avec deux copines, deux sœurs, elles ont volé de la peinture et tagué la façade de la maison de l’un de leurs professeurs. Au tribunal, elle affirme avoir agi seule et écopera d’une peine originale : une « prestation éducative et philanthropique ». Elle devra développer un projet durable en faveur des adolescents. Merci prendra son rôle à cœur et trouvera quoi faire grâce au poète Maurice Cheneval, qui a vécu à Bredenne.

L’histoire est intéressante, voir débarquer Merci au sein du conseil municipal est plutôt drôle. L’auteur en profite pour se moquer de certains comportements politiques notamment avec l’un des membres du conseil qui ne pense qu’aux retombées électorales « électoralement, cela pourrait être porteur », répète-t-il. C’est aussi une BD qui monte que malgré les apparences (ici le look gothique de Merci et son attitude provocante) une adolescente de 16 ans est capable de réaliser de belles choses.

J’ai aussi beaucoup aimé les illustrations, les couleurs sont attrayantes et les dessins réalistes  :

Vous pouvez feuilleter le début en ligne ici. Cette BD est parue en octobre 2014.

C’est la BD de la semaine et ça se passe chez Stephie !

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[BD] Paroles de poilus, tome 1. Lettres et Carnets du front 1914-1918

Ils avaient 17 ou 25 ans. Se prénommaient Gaston.. Louis.. René. Ils étaient palefreniers. boulangers. colporteurs. ouvriers on bourgeois, ils devinrent soudainement artilleurs, fantassins, brancardiers…Voyageurs sans bagage, ils durent quitter leurs femmes et leurs enfants. revêtir l’uniforme mal coupé et chausser les godillots cloutés… Sur 8 millions de mobilisés entre 1914 et 1918, plus de 2 millions de jeunes hommes ne revirent jamais le clocher de leur village natal. Plus de 4 millions subirent de graves blessures… Des mots écrits dans la boue et n’ont pas vieilli d’un jour. Des dessins chargés d’émotion qui marqueront les esprits. Des témoignages déchirants qui devraient inciter les générations futures au devoir de mémoire. au devoir de vigilance comme au devoir d’humanité…

Mon avis :

L’idée est bonne je trouve : reprendre des lettres authentiques et essayer de toucher au mieux les lecteurs, pour ne pas oublier. Avant cette BD on pouvait déjà retrouver ces lettres – au nombre de vingt – dans un livre de Jean Pierre Gueno et une chronique radio : c’est une nouvelle adaptation.

Des soldats racontent, à travers leurs lettres, les atrocités de la guerre 14 – 18, mais aussi leurs espérances, leurs espoirs ou même des moments drôles. Les témoignages sont souvent touchants. Avant chaque lettre on peut lire une description rapide de la vie du poilu : on se sent ainsi plus proche du personnage.  Ensuite, un illustrateur adapte selon son ressenti le texte. Ce qui m’a un peu embêtée, c’est l’effet « doublon » : on lit deux fois la même chose, parfois presque mot pour mot, parfois les illustrateurs prennent plus de distance – tout en gardant le principal de la lettre – et j’ai préféré ces dernières.

En ce qui concerne les illustrations, elles renforcent souvent les émotions que les lettres retranscrivent. Les illustrations que j’ai préférées sont celles de Marc N’Guessan qui adapte des lettres d’Henri Lange, écrites à son général et à sa soeur Hélène :

20150519_185535c’est sobre, simple, et pourtant émouvant. Désolée pour la qualité de la photo, je n’ai pas trouvé mieux.

C’est la BD de la semaine et ça se passe chez Noukette !

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