[BD – adaptation] Les Vous, Davide Morosinotto et Nicolas Pitz

Qui êtes-vous, les Vous ?

Dans un village tranquille des Alpes italiennes, un énorme rocher se décroche de la montagne et cause la mort d’un pêcheur. Les anciens disent que c’est la Main de Pierre, qui protégeait la région des esprits. Simple légende ? Pourtant, des vagues agitent la surface du lac. Un champion de kayak chavire sans raison. Une femme entend soudain parler son mari mort il y a plus de vingt ans. Et un gardien trouve des empreintes… Mais de quoi ? Blu, une jeune fille aux yeux couleur d’eau, a l’impression que des voix essaient de lui parler…

136 pages, 21 x 27,5 cm, 16€

Mon avis :

Gros coup de cœur pour cette BD parue le mois dernier ! « Les Vous », ça vous dit peut-être déjà quelque chose… C’est possible, puisque la BD est l’adaptation du roman, écrit aussi par David Morosinotto et paru à l’Ecole des loisirs en 2020 dans la collection Medium. Je n’ai pas lu le roman, j’ai donc découvert l’histoire avec la BD, et je compte bien lire le roman prochainement surtout que j’ai envie d’en découvrir plus sur certaines choses, comme la relation entre Blue et Tilly.

Nous sommes en Italie. Blue quitte sa maison le matin. Elle laisse derrière elle son père, mais aussi son amie Tilly, avec laquelle elle était dès son réveil en Facetime. Elle rejoint son ami Abel et on comprend qu’elle a menti à son père sur sa destination : alors qu’il la pense chez son ami , ils se rendent dans la forêt pour faire de l’escalade. Quand Blue est à mi-parcours, une lumière rouge apparait et ils ressentent une secousse. Blue descend : ils veulent se rendre sur la plage pour comprendre ce qui s’est passé.

En même temps, Cameron, un afro-américain qui faisait du Kayak, est renversé dans l’eau. C’est lui qui explique à Abel et Blue qui viennent d’arriver ce qui s’est passé : un pan de la montagne s’est écroulé.

D’autres événements étranges se produisent : plusieurs personnes entendent une voix qui leur est familière dans leur tête avant un danger… Cette voix, c’est celle de Luka, un Vous. Il va se rendre chez Blue pour entrer en contact avec elle, après l’avoir vue au bord du lac. Il a besoin d’aide : il a faim et soif mais ce n’est pas tout : plusieurs Vous ont disparu : Luka pense qu’ils sont capturés. Blue, Abel et Cameron vont l’aider à les retrouver et à les libérer de Novak qui ne voit en ces personnages que des envahisseurs.

J’ai beaucoup aimé le scénario et je ne serais pas contre un second tome qui présenterait l’installation officielle des Vous sur Montemorso.

Source : site Rue de Sèvres

Du côté des illustrations, elles sont magnifiques. Elles réussissent parfaitement à nous immerger dans l’ambiance mystérieuse de l’histoire. Les ombres sont particulièrement réussies.

Derrière cette histoire se pose la question du regard que nous portons sur les autres, surtout quand ils sont différents de ce que nous sommes. Novak ne cherche pas à connaitre les Vous. Aussitôt, il les considère comme des ennemis et les détient dans des conditions très difficiles, alors qu’ils se révèlent être altruistes.

[Ado / YA] Mission Blackbone #3 Green traffic, Manu Causse, Maylis Jean-Préau, Marie Mazas, Emmanuelle Urien

Et si la nouvelle génération changeait le monde ?
Marie enquête cette fois-ci en Amazonie. Elle part au Brésil enquêter sur la déforestation amazonienne. Sur place, elle fait la rencontre de Joaquin, fils de riches propriétaires terriens, dont elle tombe amoureuse. Andrea et LO font des recherches de leur côté et tombent sur une source anonyme qui leur fournit des documents démontrant les agissements illégaux de certains propriétaires. Mais Andrea se méfie. Chercherait-on à les manipuler ? Elle a raison car ce mystérieux informateur n’est autre que Luca Snyder, toujours en quête de vengeance. Il cherche à décrédibiliser le collectif Blackbone et surtout à se débarrasser de Marie.
Avec la complicité d’un homme politique brésilien dont le but est de s’emparer des terres aurifères de la forêt, il projette un attentat pour éliminer Marie et les opposants à ce projet…

Mon avis :

Troisième volet (sur les quatre prévus) de cette série écrite par 4 auteurs : Manu Causse, Maylis Jean-Préau, Marie Mazas, Emmanuelle Urien.

Marie est toujours autant décidée à travailler en tant que journaliste et cette fois-ci c’est la forêt amazonienne qui l’intéresse et les découvertes ne vont pas manquer. Evidemment, elle dérange toujours… Et c’est cet équilibre plutôt bien réussi entre investigations, révélations et les dangers auxquels ils sont confrontés que j’aime beaucoup.

Le rythme est prenant : on est bien dans du thriller addictif. Les personnages sont aussi touchants, plus qu’ils ne l’étaient pour moi dans le tome 2 (Fashion Victim) mais peut-être est-ce aussi parce qu’on connait mieux les personnages. J’ai eu un coup de coeur pour Ceya, une militante écologiste. Les thèmes sont aussi nombreux et à l’image des inquiétudes sociétales : l’écologie, évidemment, mais aussi la manipulation politique, les informations sur les réseaux sociaux…

A retrouver sur le site de la maison d’édition Nathan !

[8 ans] Pourquoi a-t-on inventé l’école ? Laurence de Cock

Alors qu’il s’arrache les cheveux sur ses devoirs, Jules, 8 ans, prend une décision : il n’ira plus jamais à l’école. De toute façon, les mathématiques, ça ne sert à rien, tout le monde le sait ! Sa sœur, amusée, pose la question à leur baby-sitter Éole : pourquoi a-t-on inventé l’école ?
Le Passeur de Temps leur propose un nouveau voyage : direction 1881, l’année où l’école est devenue gratuite et obligatoire

Un roman anti fake-news qui rend l’Histoire accessible et attrayante pour les enfants de 8 ans et plus. 

Mon avis :

Jules et sa sœur se demandent pourquoi ils sont obligés d’aller à l’école… une question que se posent beaucoup d’enfants ! Ils vont faire un voyage dans le passé pour trouver la réponse en se plongeant au cœur de l’année 1881.

Les plus :

  • le roman répond de manière précise mais adaptée au lectorat à une question qu’on entend souvent : pourquoi je dois aller à l’école ?
  • le vocabulaire est adapté
  • On trouve dans le livre un dossier de quatre pages « Dis, Monsieur l’historien » sous forme de question / réponse, réponses données par Olivier Loubes, historien et professeur. Là encore, les réponses sont claires et précises.

La collection « Explorateurs de l’histoire » propose aux enfants de répondre à plusieurs questions en se basant sur l’Histoire. A côté des personnages (les deux enfants et leur nounou), le lecteur découvre la réalité historique des événements, et non les inventions qui peuvent parfois s’y ajouter. C’est typiquement le genre de livres que j’ai envie de faire lire à ma fille : grande curieuse du haut de ses 7 ans, elle sera ravie !

Une collection utile et coup de cœur que vous pouvez retrouver sur le site des éditions Nathan !

Dis-moi Thomas, Magali Marionneau

Présentation de l’éditeur :

Un petit garçon demande à un de ses héros préférés, l’astronaute Thomas Pesquet, si la Terre est bleue. Et il profite de cette prise de parole pour nous interpeller. Pas évident d’être un enfant avec autisme, même si l’on est curieux, curieux des autres, curieux d’apprendre, curieux d’aimer… Pas évident de vivre en société, d’aller à l’école, de se faire des copains, si quand il fait un pas vers les autres, les autres ne font pas un pas vers lui. Bref, pas évident de grandir, d’être heureux même si l’on a une maman et un papa aimants qui font tout pour que les journées se passent le mieux possible.

Un petit livre sympathique, tendre et drôle sur un vécu parfois difficile, mais face auquel le petit garçon et ses parents refusent de perdre espoir.

Mon avis :

Je trouve ce petit livre très bien conçu. La préface signée par la maman est touchante et explique l’objectif de ce livre : faire connaitre le combat d’une maman d’un enfant autiste, et la façon dont ce garçon de 7 ans voit le monde.

On lit les reproches que la maman a entendus quand son garçon était petit et qu’ils ne faisaient pas comme les autres, puis leur quotidien : les nuits raccourcies parce qu’un enfant autiste n’a pas besoin de beaucoup de sommeil, les spécialistes qui estiment que l’enfant serait dangereux pour les autres et pour lui-même, les retards d’apprentissage notamment dans le langage…

Je trouve ce petit livre très intéressant et bien présenté pour comprendre comment un enfant autiste peut réagir. Il peut être utilisé avec des enfants, notamment s’ils côtoient un enfant qui présente un TSA (trouble du spectre autistique) afin de mieux le comprendre. En tant qu’adulte, on apprend des choses aussi. L’humour est présent et rend la lecture agréable en plus d’être utile.

Ce livre est paru aux éditions Tom Pousse !

[Dès 6 ans] Oscar et Carrosse, le poisson rouge – Ludovic Lecomte et Irène Bonacina

C’est toujours un plaisir de retrouver Oscar et Carrosse ! Cette fois-ci, Oscar trouve Manon, un poisson rouge, qui pleure dans un petit sac. Le petit animal rêve de nager dans l’océan plutôt que de tourner en rond dans son petit sac ! Oscar décide de l’aider : ils vont d’abord récupérer la carte routière du grand-père Oswald afin de trouver le bon chemin… mais ils ne sont pas vraiment doués pour lire une carte ! S’ils finiront par rejoindre la mer, ce ne sera pas sans un petit détour…

Un album paru aux éditions L’école des loisirs, dans la collection « Moucheron » !

[Ado – dès 12 ans] Go fast, go slow, Sylvie Allouche

Quand Camille rencontre Tommy, c’est le coup de foudre. Aveuglée par cet amour, elle se laisse embarquer dans un trafic de drogue, pour le compte d’un homme surnommé « l’Indien ». Jusqu’à la dernière livraison, qui fait voler tous leurs rêves en éclats…
Sept ans plus tard, la commissaire Clara Di Lazio s’intéresse au réseau de « l’Indien », dont l’ombre plane sur plusieurs affaires. Mais elle est appelée en urgence à Saint-Malo : son jeune frère Vincent, disparu depuis des années, pourrait avoir refait surface.
Pour mener ces deux enquêtes de front, Clara devra plus que jamais compter sur son équipe…

Mon avis :

Go fast, Go slow, ou comment avaler plus de 300 pages en quelques heures !

Le roman se divise en trois parties, ces dernières mêlent plusieurs intrigues. Tout d’abord, il y a l’enquête familiale de la commissaire Clara Di Lazio (personnage récurrent de l’autrice) qui la pousse à se rendre en Bretagne rejoindre sa sœur, Lisa, et sa nièce, Lilo. En effet, un homme a été retrouvé, en mauvais état : il se pourrait que ce soit son frère, Vincent, qui a disparu il y a plusieurs années (vous avez peut-être déjà croisé ce Vincent dans Stabat Murder).

En parallèle la commissaire, avec son équipe, cherche à coincer un homme du nom de « L’Indien », figure à la tête d’un trafic important de drogue qui est aussi mêlé à une histoire de meurtre.

Enfin, à tout cela s’ajoute l’histoire de Camille, une jeune fille qui vient de sortir de prison. Elle va enfin revoir sa fille qui vit chez celle qu’elle appelle sa tante, Janou, femme chez laquelle elle a été placée enfant en famille d’accueil. Nous découvrons pourquoi elle a purgé une peine de 7 ans à l’âge de 17 ans et son histoire d’amour avec Tommy, le père de sa fille. C’est le personnage qui m’a le plus touchée et qui nous rappelle que la famille est importante par les liens du sang, mais qu’il y a aussi celle du cœur.

Chaque personnage a sa propre identité : ils sont bien décrits, ancrés dans leur quotidien singulier, ont leur propre langage.

Vous l’aurez compris, le roman est riche avec ces trois histoires. Les rebondissements sont présents, les histoires vont évidemment se croiser et l’ensemble, magistralement orchestré, nous offre un polar terriblement addictif (il éclaire aussi le titre). Sylvie Allouche explore une nouvelle fois l’âme humaine dans toute sa diversité et toute sa complexité. C’est aussi un roman très visuel, qu’on imagine bien adapté au cinéma (ce serait chouette, d’ailleurs, j’aurai l’impression de voir des anciennes connaissances).

C’est un bon roman à conseiller aux adolescents qui aiment lire, mais aussi à ceux dont le nombre de pages pourrait être un frein : ils verront qu’ils peuvent dévorer, eux aussi, 300 pages. Évidemment, il plaira aussi aux adultes amateurs du genre : je vous rappelle que pour moi le terme « littérature ado » ne veut pas dire que les livres qui sont casés dans cette catégorie sont réservés uniquement aux adolescents, mais que les personnages principaux sont des adolescents…

Un roman publié aux éditions Syros !

Pour lire un extrait, c’est ici !

[Les petits- 3 ans] Le petit faon, Kallie George, Elly MacKay

C’est un bel album que nous avons là ! La petite fille est déçue : elle a l’impression de rater beaucoup de choses intéressantes : les étoiles filantes, les premières pommes, et même la biche dans son jardin ! Mais elle ne compte pas en rester là. Elle prend un sucre et sort, bien décidée à trouver l’animal… ce n’est pas la biche qu’elle verra, mais…

un magnifique petit faon !

(SPOILER : si la petite fille ne voit pas la biche, cette dernière voit bien l’enfant !)

Les illustrations sont douces, réalisées à l’aquarelle. Elles donnent une ambiance chaleureuse à l’album. J’aime beaucoup aussi le jeu sur la luminosité et je dois dire que je suis assez admirative de ce résultat final. C’est vraiment un bel album !

Une histoire d’apprentissage pleine de douceur, publiée à l’école des loisirs.

[Ado] Le yéti de la décharge, Julien Artigue

Alors qu’elle se retrouve seule en pleine nature, Zoé fait une drôle de rencontre : un yéti ! En réalité, la créature qu’elle a en face d’elle est beaucoup moins effrayante : il s’agit juste d’un homme hirsute et portant de vieux habits bariolés – ouf ! La peur cède rapidement place à la curiosité, et Zoé s’interroge : mais qui est donc cet homme qui traîne dans les décharges ? Accompagnée de ses amis, la jeune fille va braver les consignes données par sa mère pour en découvrir un peu plus sur cet étrange personnage.

Mon avis :

Voici un livre qui se lit rapidement, et avec plaisir. Zoé cueille des mûres dans la forêt avec sa meilleure amie, Nina. Or, cette dernière est appelée par sa mère : elle doit partir immédiatement, son frère s’est blessé en faisant du skate, ils doivent le conduire aux urgences. Mais Zoé n’a pas envie de partir : elle est loin d’avoir rempli son récipient de fruits et veut faire de la confiture… Elle propose alors à son amie de rentrer sans elle : elle va rester seule dans la forêt…

Une fois Nina partie, Zoé n’est pas sereine. D’ailleurs, elle n’attend pas longtemps avant de vouloir partir à son tour, sauf qu’un petit imprévu l’attend : la chaine de son vélo a déraillé… et elle ne sait pas la remettre. Puis, quand elle veut partir, tellement elle a la frousse, elle se blesse. Or, derrière elle, un bruit se fait entendre… puis un autre… quelque chose ou quelqu’un arrive. « Je vois une drôle de tête se faufiler à travers les branchages, une tête recouverte de poils grisonnants ! » (page 21). Heureusement pour elle, Zoé se rendra rapidement compte que ce n’est pas un yéti mais un homme, qui a de très mauvais goûts vestimentaires.

Quand elle rentre chez elle, sa mère est folle d’inquiétude, sentiment qui laisse place à la colère quand Zoé lui raconte tout ce qui s’est passé. La jeune fille est punie pour plusieurs jours… mais elle trouvera le moyen de contourner la punition, et retombera presque nez à nez avec le yéti Bernard. Elle découvrira, avec ses amis, qu’il a un étrange passe-temps…

Ce livre conviendra aux adolescents dès 10 ans : l’histoire est facile à comprendre, teintée d’humour et de moralité, et le vocabulaire adapté. Il faut dire que l’auteur Julien Artigue, qui publie pour la première fois aux éditions Le Muscadier, n’en est pas à sa première parution pour la jeunesse : il a déjà publié, entre autres, aux éditions Gulf Stream ( Quel carnaval, 2021) ou encore Scrineo (Le portable de mes rêves, 2021).

Vous pouvez découvrir les premières pages ici !

[Ado – 10 ans] Trois jours dans la peau d’un garçon, Camille Brissot

Alors qu’ils visitent une fête foraine high-tech, Charlie et Sam se font piéger dans une attraction secrète, interdite au public. Et voici Charlie, la fille la plus cool du collège, dans le corps de Sam, le loser absolu au physique ingrat. Et vice versa. Le cauchemar ! Ils vont pourtant vivre l’expérience la plus forte de leur vie.

Mon avis :

Se retrouver dans la peau d’un garçon ? Quel cauchemar pour Charlie ! D’autant plus que le corps dans lequel elle a trouvé refuge est celui de Sam, un des garçons les moins populaires du collège… tout son contraire ! Ses cheveux sont gras, elle le trouve mal fringué… L’horreur!

De l’autre côté, ce n’est pas mieux, même si Charlie imagine le contraire. Sam n’est pas heureux de se retrouver dans le corps de l’une des coqueluches du collège. Lui qui est habitué à la solitude se retrouve sous le feu des projecteurs et n’est pas à l’aise avec ça.

Mais cet échange, on s’en doute, sera salutaire pour les deux jeunes. En se glissant dans la peau de l’autre les préjugés tombent. Ils ne voient plus l’adolescent aux cheveux gras ou l’adolescente populaire, mais la personne qui se cache derrière et son quotidien, notamment dans sa vie familiale. L’histoire se lit bien et contient certains passages drôles, dont celui où Charlie et Sam échangent au sujet de la nécessité de prendre une douche….

Ce roman est sorti pour la première fois en 2017. Vous pouvez le retrouver sur le site de la maison d’édition Syros !

Un autre roman de Camille Brissot chroniqué sur le blog :

21 printemps comme un million d’années, Syros

[Ado / adulte] Refuge 1420, Jean M. Firdion

Une jeune gendarme lancée à la poursuite d’un évadé de prison découvre un cadavre près d’un refuge de montagne. La victime est mineure, les indices sont rares, mais des témoins mettent en cause le fugitif.

Au même moment, des parents signalent la disparition de leur fils de 14 ans – un fait d’autant plus inquiétant que le poignard planté dans le corps sans vie pourrait appartenir à l’adolescent.

Que s’est-il passé ? Les évidences pourraient être trompeuses. Et si l’assassin n’en était pas à son premier meurtre ? Une course contre la mort s’engage sur les pentes abruptes des sommets pyrénéens.

Mon avis :

Mercredi 20 juillet. Pas d’année. Carla, gendarme, est face à un homicide : une jeune fille a été poignardée en plein cœur dans le parc national des Pyrénées, non loin du refuge pour randonneurs et varappeurs, appelé Pyrénéa 1420 « parce qu’il se situait dans les Pyrénées à quatorze cent vingt mètres d’altitude, et parce que les propriétaires ne s’étaient pas trop foulés pour lui trouver un nom. » Mais ce n’est pas la seule chose qui occupe Carla. Jordan, un ado jugé responsable dans un grave accident de la circulation, est en cavale et semble avoir été sur les lieux de crime. De plus, un adolescent de quatorze ans, Ludovic est recherché : il a disparu…

Y a-t-il des liens entre eux ? Directs ou indirects ? Se sont-ils croisés ? Pourquoi cette jeune fille a été tuée ? Par qui ? Le lecteur se pose un tas de questions… auxquelles Carla cherche une réponse. Pour cela, la narration nous renvoie deux jours plus tôt, le lundi 18 juillet. Ludovic est en gare de Pau. Il a rendez-vous avec son père – ses parents se sont séparés – mais ce dernier n’arrive pas. Ensemble, ils doivent camper dans les Pyrénées. A force de l’appeler, le père décroche : il arrivera… mais le lendemain. Son père, loin de s’excuser, lui intime de se débrouiller « Alors, tu bouges tes fesses ! Tu montes dans le car en direction de Laruns, tu descends à Gabas, tu fais du stop jusqu’au lac, et tu dresses le bivouac près du pic de Midi, comme on a dit. » Ensuite, nous découvrons Carla, passionnée par son métier, dans son quotidien, en couple avec un homme qui peine à accepter le travail de sa compagne. Enfin, nous découvrons Jordan et son histoire…

Les personnages ont tous une présence intéressante. Ils sont bien décrits, notamment d’un point de vue psychologique. J’ai eu une préférence pour Ludovic, j’ai l’impression que c’est celui qui s’est le plus révélé au fil des pages. Il est touchant, ce gamin. J’ai apprécié aussi le côté fantastique avec les deux enfants qui surgissent un peu de nulle part, notamment la petite fille et ses remarques… Enfin, malgré ses presque 400 pages, le roman est bien rythmé et ne laisse pas de place à l’ennui.

Un polar à découvrir, publié aux éditions Le Muscadier ! N’hésitez pas à cliquer pour en découvrir les premières pages