[Jeunesse] Lexie Melody : le bureau des cœurs trouvés, Cathy Cassidy

 

9782092580240

Lexie, 13 ans, vit dans une famille d’accueil depuis que sa mère l’a abandonnée. Ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est sauver de l’oubli tout ce qu’elle peut : animaux, objets… Et si elle sauvait aussi les gens ?
Elle décide de créer un groupe de parole pour réunir les marginaux de son collège… qui se transforme vite en groupe de musique. Les Lost & Found sont nés ! Leur aventure sera émaillée de nouvelles amitiés et de romances, mais aussi de tensions, à mesure que chacun apprend à trouver sa place. Et lorsqu’il s’agit d’une bonne cause, comme sauver la bibliothèque locale de la fermeture, ils sont prêts à soulever des montagnes !

Mon avis :

Malgré mon âge avancé, j’adore lire les romans de Cathy Cassidy. Elle a toujours des idées originales, ses romans ne laissent jamais de place à l’ennui et beaucoup de thèmes importants sont abordés.

Lexie Melody est une nouvelle série, pour les 10 – 13 ans (oui, presque mon âge :p). Dans ce premier tome, l’attention est portée sur Lexie, une jeune fille de 13 ans qui vit dans une famille d’accueil, suite à la disparition de sa mère. Elle se demande toujours où est cette dernière, pourquoi a-t-elle disparu, elle se sent aussi coupable d’avoir fini par abandonner le cocon familiale, contrainte par les services sociaux. Régulièrement, elle lui écrit des lettres qu’elle ne peut évidemment pas lui envoyer.

Ici aussi, le charme a opéré. Lexie est un personnage attachant. Elle a déjà un passé marqué par la douleur, et on devine à travers quelques extraits que les moments qu’elle a vécus avec sa mère n’ont pas toujours été des plus joyeux. Cela ne l’empêche pas d’être souvent optimiste, gentille, et aussi à l’écoute des autres.

Elle va se découvrir un don : l’écriture de chanson. Une façon pour elle de pouvoir exprimer ce qu’elle ressent, notamment face à l’absence de sa mère.

Les autres membres de son groupe ont tous aussi « des casseroles », comme Lexie le dit si bien. On ne devine par encore toutes les histoires, mais on sent un potentiel assez fort derrière chacun d’entre eux, et j’ai hâte d’en savoir un peu plus sur Sami.

J’ai aimé cette idée de rassembler pour sauver une bibliothèque. Je pense moi aussi que ce sont des lieux indispensables, qu’il faut préserver.

Une nouvelle série prometteuse !

Un roman paru aux éditions Nathan !

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[Jeunesse] Brouzouf Tour, Cécile Chartre

 

9782812616174

Parce que la vie à la maison n’est pas facile, avec le seul salaire de sa mère, Victorien et sa grand-mère Colette décident de tenter leur chance à un jeu télé à Paris, à 800 kilomètres de chez eux. Comme ils n’ont pas d’argent pour le train, ils se lancent dans le covoiturage. Suivront trois jours de rencontres et d’aventures désopilantes. On retrouve Cécile Chartre au meilleur de sa verve, pour un road-movie plein d’humour et de tendresse.

Mon avis :

L’histoire est originale : un ado qui part en voiture avec sa grand-mère pour gagner de l’argent, ce n’est pas courant. L’intérêt n’est pas de savoir si les deux personnages vont faire fortune mais de suivre la route qui va les mener à bon port, si toutefois ils y parviennent. Les imprévus sont de la partie, les rencontres et les révélations aussi.

La relation entre le petit-fils et sa grand-mère est intéressante à suivre, ils peuvent compter l’un sur l’autre. Ce sont aussi de personnes pleines d’humanité, et Victorien apprendra beaucoup. Mon seul bémol : j’ai trouvé le livre parfois trop rapide et je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages.

Paru aux éditions Le Rouergue.

[Jeunesse] 21 printemps comme un million d’années, Camille Brissot

 

9782748526110

Présentation de l’éditeur :

Et vous, que feriez-vous si vous appreniez qu’il vous reste peu de temps à vivre ? Un roman solaire et bouleversant.

Victor & Juliette. Amis depuis toujours, ils se connaissent par cœur. Elle fait tellement partie de sa vie qu’elle habite presque chez lui. Il sait décrypter le moindre de ses éclats d’humeur, se tient prêt à la rattraper si elle trébuche. Car Juliette, insaisissable, est toujours en mouvement. Elle vit sans penser à l’après, comme si chaque jour était le dernier.

Mon avis :

Dans ce roman, Victor nous raconte l’histoire de Juliette, son amie d’enfance. J’ai bien utilisé l’imparfait, puisque dès le début nous apprenons que Juliette est morte. Victor a promis à quelques enfants à l’hôpital de raconter l’histoire de son amie. C’est le récit qu’il fait à ces enfants que nous lisons, un ensemble de flash-back ponctué de remarques personnelles et d’interruptions.

Juliette vivait sa vie à fond : soirées alcoolisées, copains en pagaille, voyages improvisés à la dernière minute : elle ne craint pas de partir seule. Juliette a besoin que ça bouge, elle doit sentir l’adrénaline qui coule dans ses veines, sentir que son cœur bat encore, tout simplement. Mais, face au vertige de sa vie, elle a besoin d’un roc, d’un pilier solide auquel elle peut se rattacher : c’est Victor.

Depuis qu’elle est entrée dans la vie du jeune homme, Juliette s’y est greffée. Elle connait bien les parents de Victor, elle s’est même approprié la chambre vide de la sœur ainée.

Il faut reconnaitre que cette Juliette est indomptable, fascinante et envahissante. Son comportement pourrait agacer. Elle a conscience d’être capricieuse, mais on comprend pourquoi elle ressent le besoin d’être ainsi, et comment lui en vouloir ? Comment réagirions-nous dans un tel cas de figure ? Car c’est forcément une question que nous nous posons à la lecture de ce texte.

Le personnage de Victor est plus posé, mais n’en est pas moins attachant. Ami fidèle, il sera toujours là pour Juliette, jusqu’au jour où il comprendra qu’il doit vivre aussi sa propre vie.

Un roman paru aux éditions Syros, à lire dès 13 ans !

[Jeunesse] Papa est en bas, Sophie Adriansen

 

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Ça s’est fait petit à petit. A présent, voilà, le papa d’Olivia est en bas, sans trop d’espoir que ça s’arrange. Atteint d’une maladie qu’il surnomme « la tartiflette », il ne peut plus monter l’escalier de la maison. Le quotidien de toute la famille se réorganise autour de lui à mesure que son état s’aggrave. Pourtant, la vie doit continuer pour Olivia, entre fou-rires et larmes, auprès de sa maman, de son chat et surtout de son papa.

Mon avis :

J’ai passé un bon moment à la lecture de ce roman. Nous rentrons dans l’intimité d’une famille qui doit faire face à ce qu’il y a certainement de plus difficile : la mort à venir d’un proche. C’est Olivia qui nous raconte ces instants, entre rires et larmes, tendresse et colère.

Nous suivons l’évolution de la maladie dégénérative qui touche son père, de l’apparition des premières fatigues inexpliquées qui lui feront par exemple arrêter le foot (sans vouloir avouer sa faiblesse) à l’impossibilité pour l’homme de pouvoir monter dans sa chambre (sa mère improvisera alors une nouvelle chambre dans le salon, en bas… )

La maman d’Olivia fera tout pour aider son mari, malgré la fatigue. Olivia voudra aussi aider ses parents, ils accepteront parfois à condition que cela ne nuise pas à sa scolarité, ni à sa santé. Le père d’Olivia se montre courageux, à l’instar du reste de la famille.

Malgré un sujet difficile, le ton reste léger et les touches d’humour présentes. On sait qu’il n’y aura pas une fin heureuse, que la conclusion sera inéluctable. Le style d’écriture est simple et conviendra parfaitement aux enfants dès 10 ans.

Pas de pathos, le simple récit de la vie.

Merci pour ce texte, Sophie Adriansen ! A découvrir aux éditions Nathan.

 

 

[Jeunesse] Jeanne de Mortepaille, tome 1, Sophie Noël

 

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Présentation de l’éditeur :

Dans la famille de Jeanne, on est sorcière toutes les quatre générations ! La jeune fille l’ignorait et vivait jusqu’alors tranquillement sa vie d’élève de CM2 dans le village de Mortepaille. Guidée par Rébellion, son Maître-Chat, elle apprend qu’elle n’a que six mois pour réactiver son instinct endormi avant de débuter sa formation de sorcière ! Si Jeanne se révèle très douée, elle découvre vite qu’elle ne peut se passer de l’aide de ses amis. Car le réveil de son instinct n’est pas passé inaperçu, et une terrible menace pèse désormais sur elle… Une révélation puis une initiation, un pacte entre amis aux conséquences inattendues, un mystérieux Laboratoire, un monde parallèle, une Source des savoirs, un Maître renégat… Tous les ingrédients d’une histoire addictive sont réunis dans ce premier volet d’une série en quatre tomes.

Mon avis :

Il se passe des choses à Mortepaille ! Jeanne découvre un jour, six mois avant ses onze ans précisément, qu’elle est une sorcière. Grâce à Rébellion, une jolie chatte siamoise qui se révèle être un Maitre-Chat, elle va réactiver ses dons afin d’être prête pour le jour de ses 11 ans, où elle pourra alors commencer la véritable formation. La jeune fille va mettre dans la confidence ses deux amis, Clarisse et Charles, sur lesquels elle pourra toujours compter. Ses parents ne sont pas au courant.

En parallèle, elle poursuit sa vie d’élève de CM2, avec son lot de tracas. Les amis sont souvent importunés par un autre trio, composé de deux garçons, Achille et Joris, mais aussi d’une fille, Vanina.

On le devine, Jeanne n’est pas une apprentie sorcière ordinaire : un peu têtue et curieuse, elle ne respectera pas toujours ce qu’on lui dit… elle semble aussi avoir des capacités supérieures à ce qui est attendu. Mais, surtout, elle est suivie par un ancien Maitre déchu, qui lui souffle une drôle de phrase en latin dans la tête…

J’ai beaucoup aimé ce roman. Il met en avant des valeurs indispensables pour moi comme l’importance des relations humaines, la confiance, l’entraide… Par ailleurs, Jeanne est un personnage féminin fort, ce qui change un peu des livres traditionnels qui mettent plutôt en avant un héros masculin. Néanmoins, nous comprenons que les personnages secondaires ne seront pas en reste et qu’ils auront eu aussi un rôle important à jouer.

J’ai hâte de découvrir le tome 2, qui est déjà sorti !

 

[Littérature jeunesse / Ruralivres] Uppercut, Ahmed Kalouaz

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Placé dans un internat pour garçons difficiles, Erwan est envoyé en stage dans un centre équestre, après une fugue. Ce garçon métis, né d’un père sénégalais et d’une mère bretonne, est habitué à se battre, à la moindre remarque sur sa couleur de peau. Et il rêve de devenir boxeur. Face à Gilbert, le directeur du centre, qui lance des blagues racistes sans même s’en rendre compte, il va devoir apprendre à ne plus réagir au quart de tour. Un beau portrait d’adolescent à la dérive trouvant enfin à canaliser sa violence.

Mon avis :

Uppercut est sélectionné pour le prix Ruralivres 2018, dans la sélection des dévoreurs, et je peux déjà vous dire que les retours de mes élèves sont plutôt bons…  ce qui me ravit puisque j’ai adoré ce livre.

De l’auteur, Ahmed Kalouaz, j’ai déjà lu Les regards des autres, qui parle avec brio du harcèlement. Celui-ci a pour thème principal le racisme, un thème très en lien avec le regard des autres…

Ce livre est une belle réussite. J’ai aimé suivre le parcours d’Erwan, ce jeune ado plein d’énergie, d’envies et de rage, qui parle le langage des poings. Seul, loin de chez lui, il prend conscience de la chance qu’on lui offre en se rendant au stage qu’on lui propose et est bien décidé à la saisir.

J’ai aussi aimé suivre l’évolution de la mentalité de Gilbert, le directeur du centre équestre, bourré de préjugés jusqu’à la moelle, plus parce qu’il a l’habitude de répéter ce qu’il entend que par véritable conviction, ce qui n’est pas le cas de tous les personnages…  La relation qui se noue entre Gilbert et Erwan au fil des pages est touchante par sa sincérité.

Ce roman se lit rapidement : il est court, certes, mais l’histoire est tellement prenante qu’on n’a pas envie de le lâcher. Le vocabulaire est facile à comprendre, les constructions de phrase aussi ce qui le rend accessible à un grand nombre d’ado.

Le racisme, rappelons-le, est puni par la loi. Ici, on se rend compte de la violence verbale que peuvent avoir certaines remarques bourrées de clichés. Des uppercuts verbaux qui rendent Ko, sans combat.

Mon seul regret : avoir quitté Cédric, le compagnon d’internat d’Erwan trop tôt, sans en savoir plus sur lui, sans savoir ce qu’il allait devenir… On sent que tout n’est pas gagné pour lui, que c’est encore dur, qu’il se sent mal.

Un excellent roman aux éditions du Rouergue !

 

[Jeunesse / YA] Les cœurs aimants, Anne Plichota et Cendrine Wolf

 

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– Tu en as envie, Dana.
– Oui.
– Tu sais que je le sais.
– Oui.
– Alors qu’est-ce qui te retient ?
– Rien. Tout. Toi.

À bientôt vingt ans, Dana se sent toujours aussi perdue. Elle ne supporte pas son corps, son image. Cobalt, lui, est un séducteur qui déborde de confiance. Dans le huis clos du centre médical où ils luttent contre leurs démons – les troubles alimentaires pour elle, le cannabis pour lui –, leurs regards n’auraient jamais dû se croiser.

Et pourtant…

Au fil des jours, un lien inattendu se tisse entre eux. Cobalt va amener Dana à lâcher prise, à accepter d’être désirée. Elle qui supporte à peine de se regarder dans un miroir va peu à peu apprendre à aimer.

Et à s’abandonner…

Deux cœurs aimants.

Jusqu’à ce qu’une autre réalité ne vienne fracturer ce miracle si fragile.

Un magnifique roman sur l’acceptation de soi. Une initiation à la sensualité, aussi tendre que passionnée.

Anne Plichota et Cendrine Wolf écrivent ensemble depuis près de dix ans. Leurs romans et séries ont conquis un large public autour de thèmes qui leur sont chers : l’identité, l’amitié, les relations amoureuses à l’adolescence.

Mon avis :

Deux personnages, deux ados : Dana, une anorexique qui en refuse le terme, fragile, perdue, qui ne s’habille qu’en larges vêtements blancs et ne grignote que des aliments de la même couleur et Cobalt, jeune homme sûr de lui en apparence, adepte du cannabis. Ils se rencontrent dans un centre médical réservé aux adolescents en souffrance. Là-bas, ils sont éloignés de leurs proches, le temps de guérir. Un huis clos qui semble parfois allonger les minutes.
On comprend que les deux adolescents vont s’ouvrir l’un à l’autre, et j’ai adoré suivre l’évolution de leur histoire, craignant toujours les dérapages. On s’interroge, tout le long, on espère, on s’attache, on retient son souffle, on soupire : deux âmes écorchées et complexes peuvent-elles être suffisamment fortes pour se découvrir et s’aimer ?

Les thèmes sont variés et donne une belle richesse au texte : l’acceptation de soi, le deuil, l’attirance physique puis charnelle, l’éveil de la sexualité, la découverte de son corps. La psychologie des personnages est bien creusée, les descriptions suffisamment détaillées pour qu’on puisse se représenter mentalement le roman dans son intégralité (et ça, j’adore !).

Petit + pour le personnage haut en couleurs de Rose, que j’ai beaucoup aimé, mais aussi pour celui de Candice, dont on devine des souffrances qui nous sont tues.

http://www.xoeditions.com/livres/les-coeurs-aimants/
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