[Jeunesse] Prendre son courage à deux mails, Matt7ieu Radenac

9782748526738

L’éditeur :
Les échanges savoureux et décomplexés entre un écrivain et une/un ado qui ne dit pas si elle/il est fille ou garçon. Bonne humeur garantie !
Un jour, par défi, Alex envoie un mail au célèbre auteur Filippe Cavreini… Rapidement, ils deviennent amis et confidents, sans que Filippe sache si Alex est une fille ou un garçon (car Alex ne laisse jamais aucun indice dans ses messages !).Alex et Filippe ont chacun une décision importante à prendre…. Ils vont avoir plus que jamais besoin l’un de l’autre.

Mon avis :

Après le succès de son roman « Des livres et moi », quelle joie de retrouver Alex et Filippe !

Et je me suis régalée ! Alex a muri : on découvre un (ou une ? ) adolescent(e) plus posée, plus mature, qui aime la lecture, même s’il garde une partie de folie.

Si dès le début on sait que le fil conducteur sera l’identité du père d’Alex (il veut, que dis-je, il a besoin de savoir qui est ce dernier pour savoir qui il est lui/elle-même), de nombreux thèmes se greffent à celui-ci, comme l’intérêt de la lecture, la vision de l’avenir, le regard de l’autre, le cinéma, les préjugés, mais aussi l’amouuuuur, à tous les âges !

Les échanges sont vifs et très plaisants à lire. Les deux personnages, malgré leurs âges, sont sur un pied d’égalité puisqu’ils ont besoin des conseils l’un de l’autre. Ce ne sont plus des correspondants, mais de vrais amis.

Enfin, la question qui vous brûle les lèvres…

Apprenons-nous si Alex est un garçon ou une fille ?

Peut-être que oui. Peut-être que non. Lisez 🙂

Un roman publié aux éditions Syros :

[Jeunesse / ado] Ce qui fait battre nos cœurs, Florence Hinckel

sans-titre

 

Quatre ados en cavale, en quête de leur part d’humanité.

À la moindre émotion, la petite sœur d’Esteban est en danger : elle vit avec un cœur artificiel bas de gamme. En 2030, le marché propose pourtant des organes performants et sûrs, fabriqués par la société Organic… encore faut-il pouvoir se les payer.
Désespéré, Esteban kidnappe Leila, une jeune fille célèbre car « artificielle » à 96 %, ainsi que Noah, le riche héritier d’Organic. Le deal ? Il relâchera les otages s’il obtient un nouveau cœur pour sa sœur.
Commence une nuit de cavale sur les routes de France, retransmise en direct sur les réseaux sociaux.

Mon avis :

La couverture de ce roman m’a attirée dès sa sortie et, quand j’ai vu le nom de Florence Hinckel dessus, je n’ai plus hésité. Pourtant, j’ai attendu pour le lire : la faute à ces 440 pages que je voulais pouvoir savourer tranquillement ! J’ai donc attendu d’être en vacances.

Il faut savoir, tout d’abord, que je ne lis pas beaucoup de récits de science-fiction : ce ne sont pas des textes avec lesquels j’arrive à accrocher sauf, généralement, ceux qui paraissent aux éditions Syros. Une nouvelle fois, la magie a opéré : j’ai adoré ce roman.

Dans ce texte, nous sommes dans un futur assez proche : 2030. Un futur dans lequel certains organes peuvent être remplacés par des prothèses, de plus ou moins bonne qualité, selon l’argent que l’on peut y consacrer.

La famille d’Esteban manque d’argent. Sa petite sœur n’a le droit qu’à un cœur bas de gamme, qui a déjà servi plusieurs fois. S’il était performant, ce ne serait pas gênant… mais ce dernier a des ratés : il s’arrête pour reprendre quelques secondes plus tard. L’angoisse ! Esteban ne supporte plus la situation : il décide d’agir. Après avoir récupéré l’arme d’un de ses amis, il prend en otage Leila, la fameuse « fille artificielle » qui est atteinte d’une maladie dégénérative et dont tous les organes ont été remplacés par des prothèses d’excellente qualité. Seul son cerveau n’a pas été modifié. Il embarque aussi Noah, qui accompagnait Leila. Ce dernier est le fils du président de la société Organic, qui a le monopole dans le domaine de la création d’organes. En chemin, une quatrième adolescente, Maria, qui fuit son oncle, se joindra à eux. Elle a un bras artificiel, qu’elle a augmenté elle-même, c’est-à-dire qu’il dépasse la puissance que devrait avoir un bras naturel, ce qui est interdit.

Rapidement, ils seront recherchés et poursuivis par la police. Il en découlera une cavale surprenante et terriblement addictive pour le lecteur. Les chapitres laissent la voix au quatre personnages, ce qui nous permet de découvrir différents points de vue. Les relations entre les personnages évoluent, et pas forcément comme on s’y attendrait.

Le thème du progrès médical et technologique est au centre du livre. Si à l’heure actuelle tout le monde ne peut bénéficier de la même qualité de soin, cela s’accentue encore avec les implants, puisque seuls ceux qui sont de mauvaise qualité sont remboursés par la sécurité sociale. La puissance et l’importance des réseaux sociaux y est aussi exploitée. Mais, ce n’est pas tout.

En filigrane se pose la question de l’humanité : jusqu’à quel point peut-on, malgré les implants et les prothèses augmentés, se définir encore comme un être humain dans une société ou on peut presque remplacer un de ses membres abimés comme on changerait de chemise ? D’ailleurs dans un tel cas, comment craindre encore la mort ? Doit-on « réparer les vivants », ou accepter de les laisser mourir quand le corps devient défaillant ?

Ce livre est nourri de nombreuses réflexions, et amène à réfléchir. L’histoire, extrêmement bien ficelée, m’a complètement séduite et je dois avouer être très admirative du talent de l’autrice.

En résumé : un roman riche en réflexion, prenant, qu’on dévore. Bravo, Florence !

 

 

 

[Jeunesse] Caviar poisson star, Justine Jotham

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Goldy, le poisson rouge de la grande star de la chanson Miss Silver, est désemparé : suite au décès de sa propriétaire de toujours, le voilà relégué dans une famille totalement banale, qui ignore tout de son talent et le traite comme du menu fretin ! Comble de l’offense ? Ils ont été jusqu’à lui donner un nouveau nom sans aucun panache : Caviar. Il doit absolument renouer avec la célébrité ! Est-ce que le petit Léopold et sa Mémé aux idées un peu embrouillées ne pourraient pas l’y aider ?

Mon avis :

Qu’il est chouette ce poisson ! Je me suis régalée à la lecture de ce petit roman. Caviar, le petit poisson reconnaissable grâce à ses zébrures, a le blues : sa propriétaire, une grande star de la chanson, est décédée. Depuis, il n’est plus sous les feux des projecteurs, et cela lui manque ! Mais il va retrouver une petite famille au sein de laquelle il se sentira heureux comme un poisson dans l’eau !

Si l’originalité de ce récit vient du fait que le narrateur est un poisson, il a un autre atout que j’ai beaucoup apprécié : l’humour présent à chaque page, notamment quand le narrateur s’adresse directement au lecteur. L’histoire est surprenante et pleine de rebondissements, et j’ai apprécié trouver certains mots de vocabulaire complexe, comme « méphistophélique » (mais rassurez-vous, le vocabulaire est très abordable ! ).

Les illustrations sont aussi drôles et plaisantes à regarder.

Un roman drôle, pêchu, accessible aux enfants dès 8/9 ans !

[Jeunesse / ado] La cascadeuse des nuages, Sandrine Beau

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Élise Deroche naît en 1900, à l’aube du 20e siècle. À cette époque, les femmes demeurent toute leur vie sous la tutelle de leur père ou de leur époux. Mais Élise est une femme qui se veut libre. C’est son petit frère, plein d’admiration pour sa grande sœur fougueuse et frondeuse, qui nous raconte son histoire. L’histoire de la première femme à obtenir son brevet d’aviation et à concourir avec les hommes (qui ne voient pas ça d’un très bon œil).

Mon avis :

J’aime lire Sandrine Beau. J’adore ses romans, qu’ils soient pour les enfants ou les adolescents – (Le garçon qui parlait avec les mains , Anna, Journal d’un cygne, Pic pic pic Le moustique ou encore Traquées…) –, elle fait partie de ces auteurs avec lesquels je sais que je vais passer un bon moment de lecture.

Dans ce dernier roman, elle nous présente Elise Deroche, la première femme en France qui a obtenu son brevet de pilote d’aviation. Dès les premières pages, on comprend qu’elle va y laisser des plumes, puisque nous la rencontrons dans le prologue « allongée sur un lit, assortie à ses draps blancs » avec « un bras cassé, une jambe cassée, une hanche cassée et quatre côtes cassées. »

Ensuite, le premier chapitre nous renvoie quelques mois plus tôt. Le livre est raconté par deux voix : celle d’Elise, grâce à un carnet qu’elle tient quand elle est petite, qui alterne avec celle de son petit frère, qui est en admiration devant sa sœur. Ce dernier sera présent lors des meeting d’aviation, il nous raconte ses succès, mais aussi ses difficultés. Parce que vouloir devenir pilote d’avion n’est pas une sinécure au début du 20ème siècle : les femmes n’ont alors pas le droit de vote, n’ont pas de compte bancaire, et elles n’ont pas le droit de se « travestir », c’est-à-dire de porter un pantalon. Elise débarque dans un milieu réservé aux hommes, elle veut faire comme eux, c’est plus fort qu’elle. L’aviation, elle a ça dans les tripes. Rapidement, elle devient excellente dans le domaine. Elle est saluée par le public qui la surnomme « La cascadeuse des étoiles », ce qui suscitera des jalouseries, allant de « simples » médisances à du sabotage.

Je suis ravie d’avoir lu ce livre, notamment parce que j’ai découvert Elise Deroche, dont le nom m’était complètement inconnu, je l’avoue ! A l’heure où les avions étaient encore faits de bois et de tissu, je suis éblouie par le courage et la détermination de cette femme (bien mis en valeur, je trouve, sur la magnifique couverture de Nicolas Fancescon – si je ne me trompe pas d’illustrateur).

Il conviendra aux enfants à partir de 10 ans. A découvrir sur le site de la maison d’édition, Alice, collection tertio.

 

 

[Dès 7 ans] La famille trop d’filles : Les grands-parents se marient

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Grand-Mère Léo et Grand-Père Mimi ont décidé de se remarier ! Mimi se contenterait bien d’une cérémonie sobre, simplement entouré de sa famille, mais Léo n’est pas de cet avis : son sixième mariage sera le plus grandiose !
Les enfants sont mis à contribution et avancent leurs idées, seulement… un à un, tous les plans tombent à l’eau. Le mariage pourra-t-il avoir lieu ?

Mon avis :

Quelle chouette histoire ! Mimi et Léo ont décidé de se remarier. Si les nombreux petits enfants sont ravis, rien ne se passe finalement comme prévu !

Une nouvelle fois, l’histoire est drôle et pleine de rebondissements. Les illustrations, hautes en couleur, apportent du peps à l’ensemble (bravo Clotka ! ). En filigrane se pose la question du mariage, et de son intérêt, mais rappelle aussi que les cérémonies les plus coûteuses ne sont pas forcément les meilleures !

Un livre paru aux éditions Nathan !

[Jeunesse] Barjoland, Jean-Luc Luciani

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L’univers de Damien bascule le jour où il apprend, d’une part, que les Américains ont élu Donald Trump à la tête des États-Unis et, d’autre part, que sa mère envisage de refaire sa vie avec un psy qui anime une émission de radio destinée aux adolescents.

Entouré de ses amis proches, des lycéens connectés en permanence, il va tout faire pour tenter de discréditer le psy aux yeux de sa mère… jusqu’à commettre l’acte de trop et frôler la folie à son tour.

Mon avis :

Voici un roman qui se déroule en 13 actes, du 18 novembre 2016 au 31 décembre de cette même année.

Damien vit avec sa mère. Son père est décédé un an plus tôt. Depuis quelques temps, sa mère fréquente un homme, Colvert. C’est un psychologue pour adolescent, très connu pour son émission Ados rebelles, des problèmes à l’appel : comme si Damien avait besoin de ça ! Entre les deux, le courant ne passe pas. Damien multiplie les provocations, plus ou moins graves, tandis que Colvert reste calme, en apparence. La mère, quant à elle, navigue à vue.

De son côté, le professeur Gallois est perplexe. L’élection de Trump, c’est le début de quelque chose. Ou la fin. Il se demande comment il va pouvoir parler de ce coup de massue à ses élèves, certainement avides d’en discuter. Mais il déchante vite : ses élèves s’en moquent complètement. Ils ne s’intéressent qu’aux notes et vont en faire la risée des réseaux sociaux. Quant au proviseur – il travaille dans un établissement privé –  il ne voit pas ses discours d’un bon œil.

D’un côté, la colère d’un adolescent. De l’autre, celle d’un adulte. Dans les deux cas, ils veulent ouvrir les yeux à leur entourage, plus ou moins proche, mais ils font face à l’indifférence. Alors ils continuent, sans savoir jusqu’où ils peuvent aller… Les limites sont fluctuantes, la folie tantôt s’exprime, tantôt reste sous-jacente.

La folie, c’est bien l’idée que l’on retrouve sur cette couverture, comme dans le titre d’ailleurs. Dans les deux cas, la folie est la conséquence de l’indifférence ou d’une colère qui ne trouve pas d’apaisement. Le monde, pour eux, ne tourne plus rond. Un monde de barjos. Barjoland. Pourtant Damien, comme Gallois, sont à l’origine comme n’importe quel autre adolescent ou n’importe quel  autre adulte. Ainsi, la folie peut toucher tout le monde. D’ailleurs elle s’immisce aussi, dans une moindre mesure, dans les comportements d’autres personnages (comme Colvert avec sa manie que tout soit bien rangé).

Un roman fort publié aux éditions Le Muscadier, collection Rester Vivant ! 

D’autres romans de l’auteur :

[Jeunesse / ado] Station sous-paradis, Jean-Luc Luciani

 

 

 

[Album / ado] Je suis Camille, Jean-Loup Felicioli

sans-titre

Cette rentrée est très importante pour Camille. Rejetée par ses anciens camarades d’école qui n’acceptaient pas sa différence, elle espère se faire de nouveaux amis. Heureusement, elle devient rapidement copine avec Zoé, une fille débordant d’énergie. Mais Camille hésite à lui confier son secret…

Mon avis :

Camille vient de rentrer en France avec sa mère et sa petite soeur, Lila. Son père les rejoindra plus tard, il doit rester encore un peu à Los Angeles. La jeune fille espère plus que tout une chose : une nouvelle vie.

Camille rentre en sixième. La veille de la rentrée, elle fait un cauchemar, toujours le même : elle est entourée d’une petite foule qui se moque d’elle.

Elle est accompagnée par sa mère et sa petite sœur pour ce premier jour. En classe, Camille se fait rapidement une amie : Zoé. Rapidement, elles deviennent très complices, et vont même monter un groupe de rock ! A la piscine, Camille se contente de regarder ses amis jouer dans l’eau : ils ont décidé de dire qu’elle est allergique au chlore… En réalité, elle ne veut pas se mettre en maillot de bain : elle n’est pas née dans le bon corps.

Car Camille est une jeune fille, née dans un corps de garçon. Ce secret, elle va finir par l’avouer à Zoé, qui le prend très bien. Or, un jour, alors que les deux filles se disputent à cause d’un garçon, Camille n’a qu’une crainte : que Zoé dévoile tout ce qu’elle sait…

C’est un roman touchant, qui met des mots sur un sujet dont on parle encore peu : la transidentité. Toutefois, le sujet ici est survolé – certainement parce que la question de l’identité ne se pose pas pour Camille, elle est sûre d’elle. Le récit est surtout axé sur le bien-être de Camille et la recherche d’une ou de plusieurs amis, ce qu’elle n’avait plus quand elle vivait encore à Los Angeles, ainsi que la tolérance.

Mention spéciale pour les illustrations : j’adore les expressions faciales des personnages !

Je suis Camille est paru aux éditions Syros !