[Jeunesse] Mon frère n’est plus connecté dans sa tête [La schizophrénie] Christine Deroin

Mon frère n'est plus connecté dans la tête

Présentation :

Dans ce roman, la maladie abordée est la schizophrénie. Sous la forme d’un journal intime, Mathilde, 16 ans, se confie. Elle a besoin d’ écrire ce qu’elle ressent : Jules, 20 ans, son frère adoré a été diagnostiqué schizophrène. Élève modèle et adolescent sans problème, tout a basculé deux ans auparavant : Jules s’est mis à déprimer, à arrêter la fac et depuis il passe son temps enfermé dans sa chambre et refuse d’en sortir et de parler. Pour Mathilde qui ne reconnaît plus son frère, cette maladie n’est pas facile à appréhender…

Mon avis :

Voici un second roman de la collection « Pas de panique, c’est la vie ». Si hier le roman traitait de l’autisme, avec Mon frère n’est plus connecté dans sa tête c’est la schizophrénie qui est mise en avant par la voix de Mathilde, dont le frère souffre de cette maladie.

Par le regard de la narratrice, nous découvrons les premiers signes qui peuvent conduire à la schizophrénie, les symptômes, mais aussi ses conséquences sur la personne touchée, et sur la famille. Mathilde ne reconnait plus son frère, et elle ne comprend pas pourquoi il a tout à coup changé, ce qui la déstabilise. De nombreux aspects de la maladie sont mis en avant, et j’ai vraiment apprécié.

A la fin, l’interview d’un psychothérapeute offre des réponses à des questions essentielles : comment se détecte la maladie ? Comment se traite-t-elle ? Quels sont les facteurs de risque ? Ses manifestations ? Enfin, une liste des associations et sites pour les familles et les malades est donnée.

Collection « Pas de panique, c’est la vie ! »

La collection « Pas de panique, c’est la vie ! » a été créée aux éditions Oskar pour sensibiliser les adolescents face aux différents troubles du comportement et maladies psychiatriques dont peuvent souffrir des membres de leur famille (parents, frères, sœurs, amis proches).

[Jeunesse] Mon frère, mon enfer, mon bel enfer [L’autisme], Sandrine Andrews et Christine Deroin

L’autisme, la schizophrénie, la dépression, la bipolarité… autant de mots qui font parfois peur, sur des maux inconnus et souvent mal compris. Ces thèmes sont présentés et traités avec brio dans la collection « Pas de panique, c’est la vie », aux éditions Oskar, collection que je vais vous présenter toute la semaine. Et je commence aujourd’hui avec le roman « Mon frère, mon enfer, mon bel enfer », de Sandrine Andrews et Christine Deroin, qui traite de l’autisme.

Mon frère, mon enfer, mon bel enfer - L'autisme (Illustration n° 1)

Présentation :

Garance, 14 ans, aimerait vivre comme toutes les autres adolescentes de son âge. Mais le quotidien de la famille est rythmé par Adam, son petit frère. Ce dernier, atteint d’autisme, est victime de violentes crises qui mettent bouleversent tous les membres de la famille. Une partie documentaire décrit la maladie, les comportements à risque, les symptômes et les traitements.

Mon avis :

Sous forme de journal intime, nous suivons les pensées et la vie de Garance, une collégienne qui a un frère autiste et qui lui change la vie.

« Je n’en peux plus, je ne veux plus entendre ses cris, je ne peux plus le supporter… d’abord ce sont ses cris à lui, ses pleurs, et puis ce sont les siens, les cris de ma mère et puis ceux de mon père. Mais dans quel enfer vivons-nous ? Pourquoi faut-il vivre ça ? Pourquoi sommes-nous si malheureux ? Pourquoi ne pouvons-nous pas vivre comme tout le monde ? Pourquoi faut-il qu’il crie comme ça ? Pourquoi ? Pourquoi Adam? Pourquoi tu ne réponds pas quand je te parle ? »

Ces mots qui ouvrent le roman montrent à quel point la vie peut être difficile dans la famille de Camille. Elle a dû mal à comprendre Adam, son frère autiste, comme sa famille. Et si l’agacement est là, c’est que l’amour aussi est présent. Adam, son frère, elle l’aime. Mais elle ne parvient pas à comprendre pourquoi il se comporte de façon étrange, pourquoi il crie, pourquoi il sème la zizanie dans sa famille.

En parallèle, nous suivons aussi l’histoire d’Hugo, un nouvel élève dans la classe de Garance, qui a déménagé suite au divorce de ses parents. Pas de chance pour Garance, ce dernier assiste à une crise d’Adam alors que Camille et sa mère font des courses avec lui au supermarché. Pour Garance, c’est la honte. Et pour Hugo ?

J’ai beaucoup aimé ce texte qui nous aide à comprendre ce que peut-être le quotidien avec un enfant autiste, sachant néanmoins que chaque autiste a sa propre personnalité, et que tous ne vont pas agir de la même façon. Un petit bémol sur la fin ou le père de Hugo a un côté trop « super-héros » à mon goût, mais qui permet aussi une jolie fin avec de l’optimiste.

Petit plus : à la fin l’interview d’un spécialiste nous aide à mieux comprendre ce qu’est l’autisme, une liste de sites et d’adresses utiles est aussi jointe.

Collection « Pas de panique, c’est la vie ! »

La collection « Pas de panique, c’est la vie ! » a été créée aux éditions Oskar pour sensibiliser les adolescents face aux différents troubles du comportement et maladies psychiatriques dont peuvent souffrir des membres de leur famille (parents, frères, sœurs, amis proches).

[Jeunesse – ados] Le 9ème continent, Dominique Corazza

Couverture du livre "Le 9e continent" - Dominique Corazza - ISBN 9791090685956

Présentation :

Êtes-vous déjà entré dans une de ces serres en plastique qui couvrent nos campagnes ? Attention : danger ! Avez-vous déjà vu des maisons de vacances gardées par de vrais nains de jardin en chair et en os ? Non, vous êtes sûrs ? Méfiez-vous des visites organisées dans des villages idylliques où l’on reconstitue la vie d’autrefois : elles peuvent virer au cauchemar. Et si, au printemps, vous n’entendez plus le coucou chanter, ne vous étonnez pas, ça devait arriver…

Quatre histoires qui donnent à voir un visage inquiétant de cette nouvelle ruralité qui bouleverse profondément nos paysages et nos vies.

Mon avis :

Je découvre la plume de Dominique Corazza avec ce roman, et quel plaisir ! Pour l’amatrice de nouvelles que je suis, c’est un sans-faute.

Chaque nouvelle a un but précis : éveiller la conscience du lecteur sur des incohérences ou des problèmes qui rongent le milieu rural. Ainsi, on retrouve des tonnes de plastique là où on devrait trouver des cultures de fraises à même le sol, les bruits qui nous assomment là où il ne devrait y avoir que de la tranquillité, les préjugés désolants d’une femme qui a une vision archaïque et désespérante de la campagne.

Quatre textes qui nous rappellent l’importance de préserver nos campagnes, les cultures, son calme, son authenticité, sans pour autant laisser de côté une certaine modernité. Quatre textes grinçants qui ne manqueront pas de faire sourire leurs lecteurs (ma préférée est celle avec « Prof » et ses autres amis les nains). Quatre textes à l’écriture parfaitement maitrisée et agréable à lire, teintée d’humour et de dérision.

A découvrir !

Retrouver le 9ème continent sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !

[Jeunesse – Sainte-Beuve 2018] Aussi loin que possible, Eric Pessan

Antoine et Tony n’ont rien prémédité, rien comploté. Ce matin-là, ils ont fait la course sur le chemin du collège. Comme ça, pour s’amuser, pour savoir qui des deux courait le plus vite. Mais au bout du parking, ils n’ont pas ralenti, ni rebroussé chemin, ils ont continué à petites foulées, sans se concerter. La cité s’est éloignée et ils ont envoyé balader leurs soucis et leurs sombres pensées. Pour Tony, la hantise de se faire expulser vers l’Ukraine et d’avoir à quitter la France.
Pour Antoine, la peur de prendre une nouvelle dérouillée parce que son père a envie de passer ses nerfs sur lui. Depuis ce matin où tout a basculé, ils courent côte à côte, en équipe.
Ils se sentent capables de courir pendant des jours, tant qu’il leur restera une once de force. Fatigués mais terriblement vivants.

Mon avis :

Voici un autre roman de la sélection 2018 du prix Sainte-Beuve, roman qui a déjà reçu le prix NRP de la littérature jeunesse 2015-2016.

Anthony et Tony courent. C’est venu comme ça, un beau matin, après qu’ils aient posé leur sac de cours dans un coin. Ils sont tous les deux en quatrième, plutôt bons élèves, pas vraiment perturbateurs, parfois en retard. L’un s’est mis à courir, l’autre a suivi, d’abord à une vitesse de sprint avant de ralentir à une allure plus raisonnable pour durer. Ils ne parlent pas, ou peu. Les mots sont inutiles pour le moment, ils viennent en temps voulu, avec parcimonie souvent. Ils sentent l’un comme l’autre qu’ils ont besoin de courir. Mais pourquoi ? Envie de se défouler ? Envie de fuir ? Fuir quoi ?

Anthony est battu par son père. Les parents de Tony, sans-papiers, ont reçu l’obligation de quitter le territoire français dans un mois : ils doivent retourner en Ukraine, un pays que le jeune homme ne connait pas. L’un est en colère, l’autre en proie à la tristesse. L’inverse est vrai aussi.

Anthony est le narrateur. Il revient sur leur trajet, leurs arrêts, leurs rencontres, mais c’est aussi lui qui nous révèle ses pensées. Ces dernières ne sont pas linéaires et varient en fonction du rythme de la course. Ils courent d’abord une heure, puis deux, puis plusieurs jours, volant ce qu’il faut pour qu’ils puissent se nourrir, trouvant abri la nuit dans un maison abandonnée ou dans un endroit déserté. Ils ont froid, chaud, des ampoules aux pieds, le corps douloureux mais la tête de plus en plus légère. Et cette douce sensation de liberté, de pouvoir s’échapper…

Un livre surprenant, d’une belle profondeur malgré un sujet qui semble à la base léger. J’ai aimé le rythme de narration parfois mimétique de la foulée des deux adolescents. J’ai remarqué que j’accélérais ma lecture quand, au début, ils étaient proches du sprint, et que j’ai ralenti quand ils en ont fait tout autant.

Autres romans sélectionnés pour le prix Sainte-Beuve :

[Jeunesse – Sainte Beuve 2018] Ma mère, le crabe et moi, Anne Percin

[Jeunesse – Sainte-Beuve] Et mes yeux se sont fermés, Patrick Bard

 

 

 

De la phobie scolaire

Si vous êtes habitués au blog, vous savez déjà que j’ai écrit un roman jeunesse, Phobie, qui traite de la phobie scolaire. Il est paru en février 2017 aux éditions Le Muscadier.

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Je reçois encore des messages provenant d’ados, mais aussi de parents me posant des questions sur la phobie scolaire. Les angoisses sont palpables, certainement à cause de cette rentrée scolaire qui approche à pas de géant.

Tout d’abord, qu’on soit clair : la phobie scolaire est réelle. Elle n’est pas l’invention d’un ado (ou même parfois d’un enfant) qui n’a pas envie d’aller à l’école parce qu’il préfère rester devant sa console. Elle touche aussi des enfants désireux d’apprendre.

La phobie scolaire est un trouble. L’enfant n’est pas capable d’aller à l’école, c’est une question de capacité et non de volonté. Cette peur est incontrôlable et parfois irraisonnée. Parmi les manifestations physiques, on trouve : des tremblements, des maux de tête ou des maux de ventre, des nausées, des crises d’angoisse. Puis, peuvent s’ajouter des insomnies, des pertes d’appétit, un isolement. Dans les plus graves des cas, l’adolescent peut s’automutiler ou tenter de se suicider.

Voilà pourquoi il est important qu’on en parle.

Parce qu’il n’est pas normal que des enfants se sentent incapables d’aller à l’école.

Parce qu’il n’est pas normal de sentir son estomac se tordre de douleur à l’idée de mettre un pied dans la cour de récréation.

Parce qu’il n’est pas normal de se demander si on serait mieux dans un cimetière plutôt qu’au sein de son école.

Quelques mots sur les causes de cette phobie. On trouve évidemment le harcèlement scolaire. Mais ce n’est pas tout. Il peut s’agir aussi d’un problème familial (décès, séparation, violences…) ou tout un mélange de facteurs différents et difficiles à comprendre. Il faut aussi accepter de ne pas connaitre parfois la cause de cette phobie.

Que faire ? Les parents qui m’écrivent sont souvent paniqués, parfois même ils se sentent responsables. Pourtant, il ne faut pas culpabiliser. C’est grâce à l’écoute des parents et à leur confiance que les enfants sortiront de cette phobie scolaire (car oui, le plus souvent l’issue est positive).

Pour en avoir discuté avec des collègues enseignants, on est tous susceptibles de passer à côté du mal-être d’un élève. Certains sont vraiment de bons comédiens et cachent un maximum leur douleur.

Pas de méthode miracle donc malheureusement, comme vous vous en doutez. Mais l’écoute est, je pense, la chose la plus importante. Il faut essayer de comprendre cette phobie et ne pas hésiter à en parler à des professionnels (médecin de famille, infirmier scolaire, CPE, etc…). L’association Phobie scolaire (www.phobiescolaire.org) est aussi très à l’écoute et sera vous aiguiller.

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Présentation de « Phobie » :

Sophia est une élève brillante. Arrivée au collège, tout change. Ses notes baissent, ses amies l’abandonnent, l’angoisse la ronge. Jusqu’à ce jour où elle ne se sentira plus capable de passer la grille de l’école.

Avec l’aide de ses parents et de ce qu’il reste de ses amies, elle finira par poser des mots sur ses maux : elle souffre de phobie scolaire.

Un roman qui démystifie, invite au partage et à l’échange, sur un sujet qui touche de nombreux ados aujourd’hui.

[Jeunesse / ado] Silence radio, Alice Oseman

Silence radio  par Oseman

Je suis Frances, Frances la sérieuse, la solitaire, la discrète. Je passe mon temps à étudier. J’ai un seul objectif : entrer à Cambridge après le bac. Je suis Frances, la vraie Frances. Je suis fascinée par le mystérieux Silence Radio et sa chaîne Youtube Universe City. J’aime rire et j’aime dessiner.

Et puis je rencontre Aled. Avec lui, je peux enfin être moi. Avec lui, je vais enfin avoir le courage de trouver ce qui compte vraiment pour moi.

Mon avis :

Frances ne connaissait pas Aled, pourtant elle était pendant un temps inséparable de sa sœur avec laquelle une amitié s’était doucement tissée, avant que cela passe à l’étape supérieur. Or, depuis, cette dernière est partie sans explications et sans donner de nouvelles.

Les deux adolescents vont faire connaissance par le biais d’une série radiophonique, Silence Radio, créée par Aled. Sans connaitre Frances, il lui demandera de créer des décors pour sa série. Rapidement, ils découvriront qui ils sont et ne se quitteront plus. Les fans de la série seront de plus en plus nombreux et voudront savoir qui se cache derrière les pseudos qu’utilisent les deux ados. Or, Aled est formel : leur identité doit à tout prix rester secrète. Mais pourquoi est-ce si important pour lui ? Quels sont les secrets qu’Aled cherche à cacher ?

Encore un roman que j’ai lu rapidement. J’ai beaucoup aimé suivre l’histoire de Frances et Aled, les voir évoluer pour devenir qui ils sont vraiment. Seulement, ce n’est pas toujours facile, surtout quand ceux qui sont autour de nous exercent une influence négative.

Différentes problématiques sont abordées comme la question de l’identité,  la sexualité, la recherche de soi, la place dans la société ou encore les relations familiales, ce qui rend le texte très riche.

Un roman qui a su me surprendre et m’émouvoir.