[Jeunesse] Pas bête(s), Christophe Léon.

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Une poule pondeuse et frondeuse. Les pensionnaires étranges d’un zoo extraordinaire. Un mouton mégalomane. Un père et son fils en guerre contre les blattes. Un jeune cadre dynamique jouant les toreros. Les animaux curieux d’une ferme pédagogique ultramoderne. Un chien retraité pas mordu de téléréalité. Voilà les rencontres étranges que vous ferez dans ce livre.

Sept fables contemporaines dont les héros, qu’ils aient deux, quatre ou six pattes, n’agissent pas exactement comme l’on pourrait s’y attendre. Un savant mélange de raison et de folie, de causticité et de gravité, pour saliver de plaisir et se gratter la tête.

Mon avis :

Pas bête(s) ! regroupe sept nouvelles publiées dans les recueils Pense bêtes et Bêtes de pensée, qui étaient déjà parus au Muscadier.

Si les textes ne m’étaient pas tous inconnus, j’ai pris beaucoup de plaisir à en relire certains et à en découvrir d’autres. Les animaux sont au centre des nouvelles, mais pas pour des descriptions idylliques. L’auteur dénonce,  sur un ton caustique non dénué d’humour, les élevages actuelles qui ne sont pas conçus pour le bien-être des animaux, mais qui ne sont pensés qu’en terme de rentabilité. On ne peut s’empêcher de sourire à certains passages et de se désoler à la lecture d’autres.

Le point fort de Christophe Léon, c’est sa capacité à dénoncer quelque chose, sans être moralisateur. Ici, ce sont des constats accablants pour la plupart qui sont contés par les animaux. J’aime beaucoup l’idée que ce soit eux les narrateurs. Le lecteur est amené à se poser des questions sur les habitudes prises par certains agriculteurs mais aussi sur sa propre consommation.

En bref : un recueil savoureux et caustique, qui trouve parfaitement sa place dans la collection « Rester Vivant« .

D’autres romans de l’auteur :

[Jeunesse] Argentina, Argentina, Christophe Léon

[Jeunesse / YA] Fani, Christophe Léon[Jeunesse / JA]

Hoax, Christophe Léon

D’autres textes de la collection « Rester Vivant » :

[Jeunesse / ado] Station sous-paradis, Jean-Luc Luciani

[Jeunesse/ ado] Trouver les mots, Gilles Abier

[Jeunesse]La peau noire des anges, Yves-Marie Clément

 

 

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[Jeunesse – ados] Le 9ème continent, Dominique Corazza

Couverture du livre "Le 9e continent" - Dominique Corazza - ISBN 9791090685956

Présentation :

Êtes-vous déjà entré dans une de ces serres en plastique qui couvrent nos campagnes ? Attention : danger ! Avez-vous déjà vu des maisons de vacances gardées par de vrais nains de jardin en chair et en os ? Non, vous êtes sûrs ? Méfiez-vous des visites organisées dans des villages idylliques où l’on reconstitue la vie d’autrefois : elles peuvent virer au cauchemar. Et si, au printemps, vous n’entendez plus le coucou chanter, ne vous étonnez pas, ça devait arriver…

Quatre histoires qui donnent à voir un visage inquiétant de cette nouvelle ruralité qui bouleverse profondément nos paysages et nos vies.

Mon avis :

Je découvre la plume de Dominique Corazza avec ce roman, et quel plaisir ! Pour l’amatrice de nouvelles que je suis, c’est un sans-faute.

Chaque nouvelle a un but précis : éveiller la conscience du lecteur sur des incohérences ou des problèmes qui rongent le milieu rural. Ainsi, on retrouve des tonnes de plastique là où on devrait trouver des cultures de fraises à même le sol, les bruits qui nous assomment là où il ne devrait y avoir que de la tranquillité, les préjugés désolants d’une femme qui a une vision archaïque et désespérante de la campagne.

Quatre textes qui nous rappellent l’importance de préserver nos campagnes, les cultures, son calme, son authenticité, sans pour autant laisser de côté une certaine modernité. Quatre textes grinçants qui ne manqueront pas de faire sourire leurs lecteurs (ma préférée est celle avec « Prof » et ses autres amis les nains). Quatre textes à l’écriture parfaitement maitrisée et agréable à lire, teintée d’humour et de dérision.

A découvrir !

Retrouver le 9ème continent sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !

[Jeunesse / ado] Jours de soleil, Claire Mazard

Jours de soleil par Mazard

Présentation :

Sénégal, Tunisie, Côte d’Ivoire, Maroc, île du bout du monde… Après ses Jours de neige, parus en mars 2016, Claire Mazard promène cette fois-ci ses lecteurs par jours de soleil dans les pays chauds. Par petites touches colorées et acidulées, elle observe, constate, dénonce. Cinq nouvelles inspirées de faits réels qui surprennent, interrogent… et inquiètent même un peu parfois !

Au sommaire : Jean-Paul dit “Pape” • Le vieux Tunisien • Partout dans le monde • Irénée • Le pizzaïolo

Mon avis :

Jours de soleil est le troisième livre paru en même temps que Phobie. Comme Orient extrême de Mireille Disdero, ce livre est un recueil de cinq nouvelles.

La première nouvelle Jean-Paul dit « Pape » nous raconte le voyage d’Audrey et Mathias pour le Sénégal. Hors de question pour eux de visiter le pays comme de simples touristes, ils « tenaient à côtoyer les indigènes ». Ils passent leur séjour dans une maison près du village, prêtée par une de leurs amie. C’est cette même amie qui leur a proposé l’aide de Pape, un sénégalais, pour la visite du pays. Tout se déroule comme ils l’avaient souhaité : loin des touristes, loin des « blancs », une visite qu’ils pensent différentes de celles de leurs compatriotes… mais est-ce vraiment le cas ?

Le vieux tunisien nous emmène à Hammamet, auprès de Marie et Sophie dans un grand hôtel, pour le voyage annuel, rituel instauré depuis le décès de Jean, le mari de Marie. Sur la plage Djamel, un vieux tunisien, ratisse le sable. Tous les matins, elles le voient, s’abaisser pour ramasser les déchets que les touristes jettent, parfois même aux pieds du vieil homme. Pour Sophie, il n’est qu’un « homme a l’attitude servile », qui agit « comme au temps de la colonisation », mais pas pour Marie…

Je détaillerai moins les suivantes pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture, mais les nouvelles sont tout aussi bien écrites, et appellent au voyage, tout en glissant quelques mots sur certains comportements que nous devrions revoir. « Partout dans le monde » est particulièrement saisissante, Irénée nous emmène dans le quotidien de trois frères à Abidjan qui ont pour point commun la lecture et l’écriture, tandis que Le pizzaïolo nous narre un moment de vie entre Yanis et Rose-Marie, le premier devant annoncer une très bonne nouvelle à la seconde.

Claire Mazard prouve, une fois de plus, qu’elle excelle dans l’art de la nouvelle. Un plaisir à lire.

Retrouvez Jours de soleil sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !

Ravive, Romain Verger

C’est aussi la rentrée pour le blog, et ça tombe bien, car j’ai du retard … d’une grosse dizaine de chroniques ! Et c’est par le recueil de Romain Verger, Ravive, que je vous propose de commencer.

Un homme, venu se ressourcer près de la mer, revit un épisode effrayant de son enfance. Un autre prend la route du Nouveau-Mexique pour rejoindre les hommes-soleil. Un vacancier assiste à d’étranges disparitions sur une plage bretonne. Un professeur en congé pour préparer un concours sombre dans la folie et se livre à tous les excès dans un Paris halluciné. Et si pour survivre à nos angoisses et à ce que nous avons fait du monde, nous devions aller au bout de notre humanité et renaître ? En perpétuel équilibre entre le grotesque et l’horreur, Romain Verger propose avec Ravive neuf récits ciselés comme autant d’explorations de la fin d’un monde, le nôtre, et du début d’un nouveau.

Ravive peut se lire à la fois comme un recueil de nouvelles ou comme les expériences et les fictions d’un écrivain aux prises avec ses angoisses et son sentiment de perdition.

Neuf nouvelles, neuf hommes en situation de basculement, qui peuvent rappeler ce que Nietzsche dit du dernier homme, le plus méprisable, et du surhomme. Ces textes évoquent ces états-là, qui sont tout à la fois inhérents aux personnages et à cette menace sourde qui pèse sur eux, qu’elle soit d’ordre écologique, organique ou psychique.

Mon avis :

J’aime beaucoup l’écriture de Romain Verger : fluide, recherchée, percutante. Ici encore, la plume de l’auteur m’a ravie.

Romain Verger alterne les sujets comme les narrations. Les chutes sont vraiment surprenantes, et j’avoue avoir une préférence pour la première histoire (est-ce parce que je renouais tout juste avec l’écriture de l’auteur ? Je ne sais pas !). L’atmosphère y est sombre, dérangeante et on y saute à pieds joints. L’écriture est rythmée, les sonorités donnent plus de puissance au mots. Bien que l’ensemble soit composé de nouvelles, on dévore le livre comme un roman : je n’ai pas eu envie de le lâcher.

Retrouvez Ravive sur le site des éditions de l’Ogre !

Macadam, Jean-Paul Didierlaurent

Macadam par Didierlaurent

Pour tromper l’ennui lors des confessions, un prêtre s’adonne à un penchant secret. Une jeune femme trouve l’amour aux caisses d’un péage. Pendant la guerre, un bouleau blanc sauve un soldat. Un vieux graphologue se met en quête de l’écriture la plus noire. Une fois l’an, une dame pipi déverrouille la cabine numéro huit ?

Mon avis :

Vous avez certainement déjà lu Le liseur du 6h27, écrit par Jean-Paul Didierlaurent (vendu à 60.000 exemplaires et traduit dans 27 pays, on parlerait même d’adaptation au cinéma … ) ou, tout au moins, entendu parler (à moins que vous ayez hiberné pendant un an ). Aujourd’hui sort en librairie, toujours Au diable Vauvert, « Macadam », un recueil de onze nouvelles.

On a découvert que l’auteur maitrise à la perfection l’écriture du roman, on sait peut-être moins qu’il excelle aussi en ce qui concerne l’écriture de nouvelles, il a d’ailleurs été plusieurs fois récompensé (prix Henri-Thomas à Saint-Dié mais aussi plusieurs fois le prix Hemingway, notamment en 2012 pour sa nouvelle « Mosquito », qu’on retrouve dans le recueil). Il faut dire que l’écrivain n’en est pas à son coup d’essai, il écrit des nouvelles depuis 1997 …

Ici, l’écriture est percutante, les nouvelles sont parfois drôles, piquantes, parfois noires, parfois tendres, et ce mélange est absolument savoureux. Il traite de sujets qui pourraient être tabous pour d’autres, comme le handicap dans la nouvelle « Macadam », que j’ai beaucoup aimée.

Si vous aimez les nouvelles, si vous avez aimé l’écriture de l’auteur dans Le liseur du 6h27, si vous voulez lire un bon livre qui sait mélanger les genres, n’hésitez plus : foncez l’acheter !

Trois femmes, Carène Ponte et La vie étonnante d’Ellis Spencer, Justine Angier

La vie étonnante d'Ellis Spencer par Augier

Présentation :

Dans un futur terrifiant voué au culte de la performance et du contrôle absolu des individus, des jeunes gens en appellent à l’esprit de résistance.

Dans ce pays-là et ce futur-là, en Naol, le rêve et le doute sont prohibés, le rendement est le mot d’ordre et les habitants vantent les bienfaits de l’hyperactivité. Tous, sauf Ellis Spencer. Discrète, chétive et étourdie,
Ellis est le strict opposé de ses deux frères, Allan et Richard, de vrais enfants “modèles”. La jeune fille est donc un grand sujet d’inquiétude pour ses parents qui la placent dans une école spéciale pour enfants à problèmes, l’Académie. L’occasion pour Ellis de comprendre qu’elle n’est pas si seule à être marginale… Un autre élève, Peter, clairement en opposition avec la discipline nationale, attire son attention et la convainc progressivement d’intégrer un réseau de résistance ultrasecret. L’objectif de cette organisation : résister pour avoir le droit de ne pas porter des puces électroniques, ni de travailler jusqu’à la fin de sa vie… D’abord effrayée par ce réseau clandestin, Ellis comprend vite qu’elle tient là une chance inespérée de pouvoir être elle-même et s’engage dans cette lutte.

Mon avis :

J’ai peu accroché avec ce livre, qui fait partie de la sélection du prix Sainte-Beuve des collégiens, dont je vous avais déjà parlé à la fin de cet article. Ce n’est pas un mauvais livre, il est bien écrit, mais l’histoire ne m’a pas du tout intéressée.


Valérie, Nanette, Anna.
3 histoires de vie. Hasard d’une rencontre.
Valérie a tout quitté. Parce qu’elle ne parvient pas à aimer ses filles comme elle le devrait. Nanette est émue par cette femme qu’elle voit pleurer sur la plage. Anna vient de vivre un drame.Ces 3 femmes vont se rencontrer.

Mon avis :

j’ai lu ce recueil (car il y a plusieurs nouvelles) il y a quelques semaines déjà, et je n’avais pas encore pris le temps de le chroniquer. Carène Ponte, c’est la blogueuse du site Des mots et moi, c’est aussi l’une des gagnantes du prix Ecrire au féminin, ce prix avec lequel je vous rabâche les oreilles en vous demandant de voter pour moi (si vous avez perdu le lien, c’est ici).

Ce sont des nouvelles courtes, pleines d’émotions, bien écrites, qui ne demanderaient qu’à grandir. Ma préférée n’est pas celle dont le titre est donné à ce recueil, mais une autre intitulée « jouer sans faire de bruit ». Pour la découvrir, cliquez ici !

Etrange rencontre, Isabelle D.

Je lis de plus en plus souvent sur kindle, principalement des livres courts : alors, quoi de mieux qu’une nouvelle ?

Cette nouvelle, « Étrange rencontre », est la première publication de son auteur, Isabelle D. Vous la connaissez peut-être déjà, elle est blogueuse sur un site consacré à la littérature : Les tribulations d’une lectrice.  Je n’ai pas connu Isabelle via la blogosphère, mais lors d’une rencontre à Lille pour la dédicace du livre d’un auteur qu’on apprécie toutes les deux (nous avions aussi rencontré un troisième blogueur ce jour-là, mais je n’ai pas gardé de contact avec lui). Cette nouvelle a été écrite pour un concours de nouvelles, auquel j’ai aussi participé. Elle a finalement décidé de la publier sur kindle, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.

C’est une nouvelle que j’ai beaucoup aimée. Christopher tombe sur un mail étrange. L’expéditeur ? « tombée sous le charme ».  Cette femme l’aurait vu il y a une semaine sous un abri Transpole, le temps qu’il attende son bus. Depuis, elle ne cesse d’y retourner pour le voir, sans qu’il ne s’en rende compte, et penserait sans arrêt à lui. Étrange, non ? Là où certains auraient cru à un canular et auraient effacé le mail sans se poser de questions, Christopher décide donc de lui répondre … Que va-t-il se passer ? Qui se cache derrière « tombée sous le charme » ?

J’ai aimé la curiosité suscitée par cette nouvelle : on se demande ce qu’il se passe, ce qu’il va se passer, ou l’auteure veut en venir. Et on n’est pas déçue, la chute est surprenante. On se met à la place des protagonistes aussi : à sa place, aurais-je agi ainsi ?

En bref, une nouvelle à découvrir (clic !), et si vous voulez la retrouver, c’est ici.