Lola, sérieux ! Luce Michel

 

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Lola, 39 ans, Parisienne, célibataire, sage (parfois), gribouille pour gagner sa vie et … est fan de romances. Une addiction qu’elle dissimule à tous, sauf à son journal.
Comme toute femme, elle espère rencontrer le prince charmant, bien qu’il soit surévalué. Elle préférerait un partenaire toujours disponible plutôt qu’un gars avec un cheval. Sérieusement, avez-vous déjà essayé de garer un cheval dans Paris ?
Mais ses lectures, elles, sont des contes de fées.
Lola parviendra-t-elle à réconcilier ses deux réalités ?

Mon avis :

Lola, notre héroïne, approche de la quarantaine. Célibataire, elle croit dur comme fer à l’existence du prince charmant et se gave avec discrétion de romances dès que l’occasion s’offre à elle. Son métier ? Illustratrice, spécialisée dans le gribouillage d’éléphants : c’est peut-être à cause de ce travail qu’elle reste dans le monde de l’enfance.

Elle a des copines, mais ne mène pas une vie sociale extraordinaire selon elle, n’est pas contre un coup d’un soir même si elle prend la bonne résolution de ne plus y céder. Si le personnage est attendrissant, je n’ai pas accroché avec ce roman sur lequel je me suis un peu ennuyée. Pourtant, je suis convaincue qu’il a trouvé / trouvera son public, mais l’histoire est différente de celle que j’imaginais avec la quatrième de couverture (je m’attendais à quelque chose de plus punchy et moins linéaire, à une romance contemporaine pleine de rebondissements). J’ai trouvé aussi la mise en place très longue, on doit attendre la moitié du roman pour que la rencontre qu’on imagine avant même d’ouvrir le livre ait lieu, d’autant plus que j’ai trouvé la seconde partie du roman plus intéressante.

Chaque chapitre commence par l’extrait d’un roman. Si au début j’étais intriguée et je cherchais une corrélation entre cet extrait et l’histoire du chapitre qui suit, j’ai fini par laisser tomber pour me concentrer uniquement sur l’histoire, sinon j’en perdais le fil.

J’ai par contre apprécié le ton humoristique et parfois ironique de l’autrice, qui est assez rafraichissant.

Livre reçu par Babelio !

 

La fille des templiers, Mireille Calmel, tome 2

 

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Juillet 1322. Royaume de France.

« Tous qui avez péché par orgueil, par cupidité, vous mourrez. Et Flore Dupin délivrera le baume sacré à qui, d’une autre lignée, l’aura mérité ! »

Ainsi s’est abattue la malédiction sur les derniers Capétiens, coupables d’avoir fait brûler en place publique le grand maître de l’ordre du Temple.

Charles IV doit retrouver à tout prix cette Flore qui détiendrait le secret des Templiers : la clé, pour tout souverain, de la protection divine. Le début d’une traque implacable, des palais parisiens aux faubourgs de Londres.

Alors que l’étau se resserre autour de Flore, la rumeur enfle : et si la jeune femme avait pour mission de remettre le baume sacré au prince d’Angleterre ?

Un seul roi pour les deux royaumes.

L’ultime vengeance…

Des rois maudits, une confrérie mystérieuse, des femmes de courage, avec ce tome II de La fille des Templiers, Mireille Calmel nous révèle l’extraordinaire dénouement d’un grand roman d’aventure.

Mon avis :

J’avais dévoré le premier tome dont je vous ai parlé il y a quelques semaines, et j’en ai fait autant de ce second opus.

Nous retrouvons nos personnages là où nous les avions laissés, j’étais encore inquiète de savoir Flore entre de mauvaises mains, c’est-à-dire celles des hommes de l’inquisiteur. Pourtant, elle ne se laissera pas abattre : elle peut, elle doit s’en sortir et découvrir toute la vérité.

Les actions s’enchainent, ne laissant pas de place à l’ennui. Aucune hésitation sur la fin en ce qui me concerne, mais l’envie de savoir comment les personnages évoluent vers ce final aura suscité jusqu’à la dernière page mon intérêt.

L’écriture est toujours fluide et addictive, le suspens présent, comme l’amour et les trahisons. Un précieux mélange pour une dilogie palpitante!

A retrouver sur le site de la maison d’édition, XO !

[Jeunesse] Chère Bertille… et la lune en gruyère, Clémentine Mélois et Rudy Spiessert

 

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Bertille a huit ans et un rêve : aller sur la lune. Comme c’est une petite souris déterminée, elle écrit à M. Pavel, dont l’arrière-arrière-arrière-arrière grand-mère Laïka était une pionnière de l’espace. Mais lui, qui est pâtissier, connaît très bien le gâteau aux myrtilles, pas trop les fusées spatiales. Par contre le petit-fils de sa voisine, Younès, lui est un super bricoleur. Et bientôt, c’est toute la ville qui se prépare au décollage.

Mon avis :

Voici une très belle histoire, pleine de rêves et d’humanité. M. Pavel, descendant de  Laïka (chienne du programme spatial soviétique et premier être vivant mis en orbite autour de la Lune), boulanger qui adore les gâteaux à la myrtille (et qui ne peut s’empêcher d’en manger malgré son régime), Younès, un « spécialiste de la mécanique », Madame Hortense Villanova, chanteuse d’opéra et descendante d’une pionnière de l’espace, Thierry Waddington, le journaliste : tous sont emballés par le projet de Bertille  et répondent présents pour l’aider et la soutenir. Pas un seul ne manquera à l’appel pour le lancement de la fusée, prévu le jour de l’anniversaire de Bertille…

A la fin du roman, Bertille a un nouveau projet : voyager au centre de la Terre avec des amis… ce sera justement le sujet du prochain tomme tome !

L’histoire est vraiment jolie et pleine de naïveté enfantine. Bertille est persuadée que la Lune est en fromage, mais un débat subsiste (est-elle en gruyère ou en emmental ?) Tous les personnages communiquent par lettre, ce qui donne une bonne dynamique au texte. L’humour est présent autant dans le texte que dans les illustrations très réussies de Rudy Spiessert.

Un roman idéal pour les premières lectures, dès 7 ans !

 » Si la Lune est faite en gruyère et que les volcans crachent du feu, ça doit faire du fromage fondu, comme une raclette, non ? « 

 

Un roman paru à l’école des loisirs !

 

 

[Documentaires / 7 ans] Philo Z’enfants : la liberté, vivre ensemble, la violence, Oscar Brenifier et Frédéric Rébéna

Aujourd’hui je vous présente trois nouveaux livres de la collection « Philo Z’enfants » qui viennent de paraitre aux éditions Nathan. Si la collection n’est pas nouvelle, elle fait peau neuve avec une nouvelle charte graphique et des couvertures plus attirantes.

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Trois thèmes pour cette sortie :

  • La liberté
  • Vivre ensemble
  • La violence

Le principe, à chaque fois, est le même : six grandes questions et un tas de réponses variées, que ce soit sous forme de réflexions ou d’autres questions.

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A la fin des six grandes questions on retrouve une page bilan qui permet de faire le point.

Le dialogue s’ouvre avec les enfants et leur permet déjà de faire leurs premières analyses philosophiques et, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ils en ont déjà beaucoup à dire. C’est très intéressant, surtout quand on connait l’importance du dialogue et de l’expression des sentiments et des opinions.

J’aime beaucoup l’idée qu’il y ait des questions en réponse aux grandes interrogations car, après tout, si nous avons une réponse, est-ce la bonne pour notre enfant ?

Les livres ont été écrits par Oscar Brenifier, un docteur en philosophie, et illustrés par Frédéric Rébéna.

Vous trouvez les séries de six questions sur les dos des couvertures que voici :

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[Jeunesse] 21 printemps comme un million d’années, Camille Brissot

 

9782748526110

Présentation de l’éditeur :

Et vous, que feriez-vous si vous appreniez qu’il vous reste peu de temps à vivre ? Un roman solaire et bouleversant.

Victor & Juliette. Amis depuis toujours, ils se connaissent par cœur. Elle fait tellement partie de sa vie qu’elle habite presque chez lui. Il sait décrypter le moindre de ses éclats d’humeur, se tient prêt à la rattraper si elle trébuche. Car Juliette, insaisissable, est toujours en mouvement. Elle vit sans penser à l’après, comme si chaque jour était le dernier.

Mon avis :

Dans ce roman, Victor nous raconte l’histoire de Juliette, son amie d’enfance. J’ai bien utilisé l’imparfait, puisque dès le début nous apprenons que Juliette est morte. Victor a promis à quelques enfants à l’hôpital de raconter l’histoire de son amie. C’est le récit qu’il fait à ces enfants que nous lisons, un ensemble de flash-back ponctué de remarques personnelles et d’interruptions.

Juliette vivait sa vie à fond : soirées alcoolisées, copains en pagaille, voyages improvisés à la dernière minute : elle ne craint pas de partir seule. Juliette a besoin que ça bouge, elle doit sentir l’adrénaline qui coule dans ses veines, sentir que son cœur bat encore, tout simplement. Mais, face au vertige de sa vie, elle a besoin d’un roc, d’un pilier solide auquel elle peut se rattacher : c’est Victor.

Depuis qu’elle est entrée dans la vie du jeune homme, Juliette s’y est greffée. Elle connait bien les parents de Victor, elle s’est même approprié la chambre vide de la sœur ainée.

Il faut reconnaitre que cette Juliette est indomptable, fascinante et envahissante. Son comportement pourrait agacer. Elle a conscience d’être capricieuse, mais on comprend pourquoi elle ressent le besoin d’être ainsi, et comment lui en vouloir ? Comment réagirions-nous dans un tel cas de figure ? Car c’est forcément une question que nous nous posons à la lecture de ce texte.

Le personnage de Victor est plus posé, mais n’en est pas moins attachant. Ami fidèle, il sera toujours là pour Juliette, jusqu’au jour où il comprendra qu’il doit vivre aussi sa propre vie.

Un roman paru aux éditions Syros, à lire dès 13 ans !

[Jeunesse] Jeanne de Mortepaille, tome 1, Sophie Noël

 

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Présentation de l’éditeur :

Dans la famille de Jeanne, on est sorcière toutes les quatre générations ! La jeune fille l’ignorait et vivait jusqu’alors tranquillement sa vie d’élève de CM2 dans le village de Mortepaille. Guidée par Rébellion, son Maître-Chat, elle apprend qu’elle n’a que six mois pour réactiver son instinct endormi avant de débuter sa formation de sorcière ! Si Jeanne se révèle très douée, elle découvre vite qu’elle ne peut se passer de l’aide de ses amis. Car le réveil de son instinct n’est pas passé inaperçu, et une terrible menace pèse désormais sur elle… Une révélation puis une initiation, un pacte entre amis aux conséquences inattendues, un mystérieux Laboratoire, un monde parallèle, une Source des savoirs, un Maître renégat… Tous les ingrédients d’une histoire addictive sont réunis dans ce premier volet d’une série en quatre tomes.

Mon avis :

Il se passe des choses à Mortepaille ! Jeanne découvre un jour, six mois avant ses onze ans précisément, qu’elle est une sorcière. Grâce à Rébellion, une jolie chatte siamoise qui se révèle être un Maitre-Chat, elle va réactiver ses dons afin d’être prête pour le jour de ses 11 ans, où elle pourra alors commencer la véritable formation. La jeune fille va mettre dans la confidence ses deux amis, Clarisse et Charles, sur lesquels elle pourra toujours compter. Ses parents ne sont pas au courant.

En parallèle, elle poursuit sa vie d’élève de CM2, avec son lot de tracas. Les amis sont souvent importunés par un autre trio, composé de deux garçons, Achille et Joris, mais aussi d’une fille, Vanina.

On le devine, Jeanne n’est pas une apprentie sorcière ordinaire : un peu têtue et curieuse, elle ne respectera pas toujours ce qu’on lui dit… elle semble aussi avoir des capacités supérieures à ce qui est attendu. Mais, surtout, elle est suivie par un ancien Maitre déchu, qui lui souffle une drôle de phrase en latin dans la tête…

J’ai beaucoup aimé ce roman. Il met en avant des valeurs indispensables pour moi comme l’importance des relations humaines, la confiance, l’entraide… Par ailleurs, Jeanne est un personnage féminin fort, ce qui change un peu des livres traditionnels qui mettent plutôt en avant un héros masculin. Néanmoins, nous comprenons que les personnages secondaires ne seront pas en reste et qu’ils auront eu aussi un rôle important à jouer.

J’ai hâte de découvrir le tome 2, qui est déjà sorti !

 

[Littérature jeunesse / Ruralivres] Uppercut, Ahmed Kalouaz

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Placé dans un internat pour garçons difficiles, Erwan est envoyé en stage dans un centre équestre, après une fugue. Ce garçon métis, né d’un père sénégalais et d’une mère bretonne, est habitué à se battre, à la moindre remarque sur sa couleur de peau. Et il rêve de devenir boxeur. Face à Gilbert, le directeur du centre, qui lance des blagues racistes sans même s’en rendre compte, il va devoir apprendre à ne plus réagir au quart de tour. Un beau portrait d’adolescent à la dérive trouvant enfin à canaliser sa violence.

Mon avis :

Uppercut est sélectionné pour le prix Ruralivres 2018, dans la sélection des dévoreurs, et je peux déjà vous dire que les retours de mes élèves sont plutôt bons…  ce qui me ravit puisque j’ai adoré ce livre.

De l’auteur, Ahmed Kalouaz, j’ai déjà lu Les regards des autres, qui parle avec brio du harcèlement. Celui-ci a pour thème principal le racisme, un thème très en lien avec le regard des autres…

Ce livre est une belle réussite. J’ai aimé suivre le parcours d’Erwan, ce jeune ado plein d’énergie, d’envies et de rage, qui parle le langage des poings. Seul, loin de chez lui, il prend conscience de la chance qu’on lui offre en se rendant au stage qu’on lui propose et est bien décidé à la saisir.

J’ai aussi aimé suivre l’évolution de la mentalité de Gilbert, le directeur du centre équestre, bourré de préjugés jusqu’à la moelle, plus parce qu’il a l’habitude de répéter ce qu’il entend que par véritable conviction, ce qui n’est pas le cas de tous les personnages…  La relation qui se noue entre Gilbert et Erwan au fil des pages est touchante par sa sincérité.

Ce roman se lit rapidement : il est court, certes, mais l’histoire est tellement prenante qu’on n’a pas envie de le lâcher. Le vocabulaire est facile à comprendre, les constructions de phrase aussi ce qui le rend accessible à un grand nombre d’ado.

Le racisme, rappelons-le, est puni par la loi. Ici, on se rend compte de la violence verbale que peuvent avoir certaines remarques bourrées de clichés. Des uppercuts verbaux qui rendent Ko, sans combat.

Mon seul regret : avoir quitté Cédric, le compagnon d’internat d’Erwan trop tôt, sans en savoir plus sur lui, sans savoir ce qu’il allait devenir… On sent que tout n’est pas gagné pour lui, que c’est encore dur, qu’il se sent mal.

Un excellent roman aux éditions du Rouergue !