[7 ans] Le chapeau charmant, Valentine Goby et Evelyne Mary

Au parc, une fillette tombe sur un chapeau de paille tressée. À qui est-il ? Un grand-père ? Une musicienne ? Un gondolier ? Elle lui invente des histoires, c’est facile. Une danseuse de claquettes ? Un clown en salopette ? Elle entre dans la ronde des personnages. La nuit, c’est la tempête. Que va devenir le chapeau sous l’orage ?

Mon avis :

Voici une belle histoire, pleine de poésie ! La fillette, en trouvant le chapeau, laisse son imagination divaguer en cherchant à qui il pourrait appartenir… La nuit, alors qu’il tonne et vente, elle s’inquiète : dans quel état sera le chapeau ? Quelqu’un l’aura-t-il récupéré ? Elle part le matin à sa recherche… et quel soulagement ! Elle le retrouve… mais pas vraiment là où elle l’avait laissé !

Une belle aventure publiée à l’école des loisirs !

Caractéristiques :

  • Prix : 6,50 €
  • ISBN : 9782211300032
  • Paru la première fois 07.04.2021
  • Collection Mouche.

Celle que je suis, Claire Norton.

Une bouleversante histoire de résilience qu’on lit le cœur battant dans l’espoir que son héroïne s’en sorte.

Valentine vit dans une petite résidence d’une ville de province. Elle travaille à temps partiel au rayon librairie d’une grande surface culturelle. Les livres sont sa seule évasion ; son seul exutoire, le journal intime qu’elle cache dans le coffre à jouets de son fils. Et son seul bonheur, cet enfant, Nathan, qui vient de souffler ses six bougies. Pour le reste, Valentine vit dans la terreur qu’au moindre faux pas, la colère et la jalousie de son mari se reportent sur Nathan…
L’arrivée d’un couple de voisins âgés dans l’appartement d’en face va complètement bouleverser sa vision du monde. Car comment résister à la bonté de Guy, qui se conduit avec Nathan comme le grand-père qu’il n’a jamais eu ? Comment refuser la tendresse de Suzette, cette femme si maternelle, elle qui a tant manqué de mère ? Peu à peu, Valentine se laisse apprivoiser.
Jusqu’au jour où elle commet une minuscule imprudence aux conséquences dramatiques… Mais une chose change tout, désormais : elle n’est plus seule pour affronter son bourreau et reconstruire sa vie volée.

Mon avis :

Quel livre prenant ! Celle que je suis, c’est le genre de bouquin qu’on lit en retenant son souffle. On a peur, on est content, on espère, on a mal, aussi. On n’est jamais vraiment serein, jusqu’à la dernière ligne. Bref, lire Celle que je suis, c’est se prendre un concentré d’émotions, et on n’en sort pas indemne, ce qui est une bonne chose.

Pourquoi ? Parce que ce livre a pour thème la violence conjugale. Ce fléau dont on parle de plus en plus, mais qui ne semble pas diminuer pour autant. Valentine est un personnage ordinaire. Ni super héroïne, ni super zéro, elle évolue un peu comme une ombre dans son quotidien. Seul son fils, Nathan, l’éveille et lui rappelle qu’elle est en vie. Un jour, un nouveau couple de personnes âgées emménage en face de chez elle. C’est le début d’une nouvelle amitié pour Valentine, un nouveau souffle d’air. Mais tout doit rester secret.

Pourquoi (oui, encore lui) ? Parce que son mari est complètement fou et instable. Quand il franchit la porte de sa maison en tout cas. Il a pris l’habitude d’insulter Valentine, puis de la frapper. La violence verbale et physique vont crescendo, sombre litanie du quotidien. Elle, elle subit. Elle se dit qu’elle le mérite peut-être. Et puis, si elle est là, dans cette maison, avec son fils, sans avoir besoin de beaucoup travailler, c’est grâce à cet homme : que serait-elle sans lui ? Elle l’aime, c’est évident. Et il est si adorable parfois ! Il lui offre des cadeaux, la complimente… Lui aussi, il l’aime. Il est seulement énervé par son travail. Petit à petit, Valentine va prendre conscience que son quotidien n’est pas normal, qu’elle est manipulée, très habilement, depuis des années. Mais, surtout, elle réalise qu’elle peut mourir des coups de son mari.

Ce roman d’un peu plus de 400 pages, montre comment petit à petit Daniel a placé Valentine sous son emprise, mais aussi comment elle va prendre conscience de cet asservissement qui pourrait lui être fatal. Certains passages dans ce texte sont violents, mais ils ne sont ni plus ni moins que le reflet de la réalité, d’ailleurs l’autrice explique dans une note finale qu’elle s’est documentée pour écrire ce roman, faisant appel à des témoignages. Elle se base sur du réel, l’allégeant malgré la souffrance qui en découle déjà :

« De fait, vous aurez peut-être trouvé certains des passages durs. Croyez bien que j’en ai allégé bon nombre, pourtant inspirés de scènes réelles. Mais il n’était pas possible d’édulcorer la réalité que ces femmes vivent. »

J’ai aussi aimé les passages qui montrent l’inaction de la plupart des voisins, qui entendent tout, et attendent… On ne peut s’empêcher de se demander ce que nous, nous ferions.

Celle que je suis est sorti le 01 avril aux éditions Robert Laffont !

Caractéristiques :

EAN : 9782221251584

Nombre de pages : 432

Format : 135 x 200 mm

[4 ans] Bonjour veaux, vaches, cochons, Olivier Douzou et Frédérique Bertrand

Cet album propose 13 comptines totalement imaginées pour les jeux de mots et les sonorités – dans la grande tradition du genre, pour un dialogue avec les images tout aussi libres et délirantes. Ainsi vont se croiser dans un monde joyeux et absurde Ours, Minou, Poule Mousse, Coq, Veaux, Vaches, Cochons, Teckel, Poney et des personnages qui fréquentent plus rarement la littérature jeunesse : Dindon, Truite, Paon, Oursin, Bigorneau, ou encore Crevette. 

Cet album est une reprise partielle des comptines en continu, série dont la publication s’était interrompue en 2013. avec l’apparition de 8 petits nouveaux figurants.

Mon avis :

En voici de belles histoires ! Chaque double page nous donne à lire une comptine sur un ou plusieurs animaux. Le texte est associé à une illustration. Les comptines peuvent se lire dans l’ordre ou le désordre, au gré des envies. Il y a toujours des jeux de langage, du rythme, et une mise en page amusante du texte :

Un album qui ne manquera pas de plaire aux petits !

A retrouver sur le site de la maison d’édition Le Rouergue et découvrez un extrait ici !

Caractéristiques :

mars 2021

40 pages

16,00 €

ISBN 978-2-8126-2162-8

Antichute, Julien Dufresne-Lamy

« Vous êtes atteint d’une alopécie androgénétique.
— Pardon ?
— Vous êtes atteint d’une calvitie, comme on dit. »

Les mots du dermatologue sonnent comme une condamnation. Julien a vingt-deux ans, son crâne se dégarnit et ce n’est que le début. Le début de la chute.
Dix ans et pas mal de cheveux perdus plus tard, il se décide à partir pour Istanbul, capitale en vogue de l’implant capillaire. Relatant avec humour son périple depuis la clinique turque où se croisent stars du foot et anonymes de tous pays jusqu’à sa renaissance un an plus tard, l’auteur se livre à une réflexion sur l’impact de l’alopécie sur l’estime de soi et la vie sociale.
Un récit intime et moderne sur la symbolique du cheveu et ce qu’il dit de nous.

Mon avis :

J’ai découvert l’auteur avec « Deux cigarettes dans le noir« , qui était arrivé par surprise dans ma boite aux lettres, en 2017. Dans ce nouveau roman, je retrouve cette écriture qui me plait, et ces petites phrases qui me font parfois froncer les sourcils…

Cette fois-ci, c’est grâce à une publication sur les réseaux sociaux que j’ai appris la sortie de Antichute. Deux choses m’ont intriguée : la maison d’édition, Flammarion, alors qu’il était pour moi associé – en littérature adulte – à Belfond, et le titre Antichute. Un livre qui parle de chute de cheveux… Etrange, non ? Oui, mais pas que.

Ce livre m’a émue. Cet homme qui perd ses cheveux, qui n’accepte pas ce fait au point que cette alopécie devient une réelle souffrance, n’est pas un narrateur fictif, c’est l’auteur. Dans ce texte, nous entrons donc dans l’intimité de Julien Dufresne-Lamy, sans savoir vraiment jusqu’à quel point, la frontière entre fiction et réalité étant souvent poreuse. D’ailleurs, on retrouve cette idée dans le roman :

« (…) je découvre l’écriture, la vraie. J’apprends le champ des possibles, la permission des mots, la toute-puissance des silences, et cela n’a rien à voir avec les articles que je rédige pour le journal ou pour mon site dédié aux séries. J’écris autrement. Une fiction mêlée de réel, du faux dans le vrai, de charges et de décharges d’une histoire qui s’est vraiment passée, avec ce qu’il faut de distance pour que le texte devienne roman. » (page 48).

Le texte nous raconte la découverte sidérante des premiers cheveux qui tombent, ce qu’il fait pour la cacher, les traitements qu’il prend, les heures qu’il passe à chercher les causes et les remèdes et le choix ultime et mûrement réfléchi : le départ pour Istanbul, capitale de l’implant capillaire. A cela s’ajoute l’évolution psychologique (avec une analyse sur la symbolique du cheveu) mais aussi les conséquences sur son quotidien (il n’ose pas sortir de chez lui quand il y a trop de vent, ne veut pas se baigner… ). Le tout avec une dose d’humour.

Ce texte nous montre l’importance que peut prendre le paraitre pour l’être. Les cheveux renvoient souvent à l’idée de la séduction, mais aussi de la force, à la féminité ou à la virilité. Ce n’est pas un simple fait, c’est le début d’une réflexion et d’un changement dans le quotidien. Pour l’auteur, le cheveu est vraiment important. Il refuse de s’imaginer chauve. Perdre ses cheveux, ça dépasse le simple fait du quotidien qui est au cœur d’un enjeu social et intime.

Ainsi, si le thème peut paraitre commun, Julien Defresne-Lamy arrive à rendre le sujet captivant. Pourquoi ? Il vous répondra lui-même :

« La calvitie n’est pas originale. Elle est triviale, à peine qualifiable, habituelle, répandue comme une de ces petites difformités que l’on regarde sans frémir, un gros nez, un grain de beauté, un monosourcil. Mais la calvitie devient passionnante quand elle remue l’intime. Quand elle bouleverse l’homme qui y est confronté et qu’elle le transforme en un prodigieux mutant, un étranger à lui-même. » page 82. C’est tout à fait ça.

Un roman publié aux éditions Flammarion, et pour feuilleter quelques pages, c’est là : Antichute (cantook.net)

Caractéristiques du livre :

  • 256 pages – 137 x 209 mm
  • Broché
  • EAN : 9782081516045
  • ISBN : 9782081516045

[Ado/ jeunesse] Poing levé, Yaël Hassan

Junior est un collégien en classe de 4e. Leur professeur de français leur a demandé de rédiger la biographie documentée d’une personnalité qui a tenté de changer le monde. À la lumière de la mort de George Floyd et des nombreuses manifestations antiracistes qui s’ensuivirent à travers le monde, le jeune homme choisit de raconter la vie de Tommie Smith, athlète afro-américain qui s’était distingué par son poing levé aux Jeux olympiques de 1968.

Ce roman, profondément ancré dans une actualité brûlante, s’inscrit dans une temporalité bien particulière : celle du confinement, des cours virtuels, de l’éloignement du collège et de ses contraintes, de la découverte des voisins et des voisines… et peut-être même de l’amour.

Mon avis :

Ce roman est un coup de cœur. J’avais pourtant peur de ne pas trop apprécier l’histoire, m’en sentant chronologiquement trop proche – mai 2020, la fin du confinement, une période sur laquelle je n’ai pas vraiment envie de lire quoi que ce soit – mais ce cadre spatio-temporel n’est qu’un prétexte au thème important : les recherches sur Tommie Smith qui débouchent sur des questionnements autour des manifestations anti-racistes, et leur évolution, aux Etats-Unis, évidemment, mais aussi en France.

Et ce livre est vraiment une petite merveille. Junior a la peau noire. Ses parents sont originaires des Antilles. Il se sent bien dans ses baskets – très bien même, il brille sportivement – et ne se sent pas différent des autres adolescents. Ce n’est pas le cas de ses sœurs qui ressentent le racisme de la société. Découvrir l’histoire de Tommie Smith, cet athlète afro-américain ayant levé le poing aux JO de 1968 – geste pour lequel il sera lourdement sanctionné, comme les deux athlètes qui le soutenaient, permet un point de départ riche pour le sujet, ou plutôt les sujets.

Junior a deux autres amies pour lesquelles il a eu temporairement des coups de cœur : Anissa et Yasmina, deux adolescentes musulmanes qui vivent leur religion différemment. Il fera aussi connaissance avec sa voisine d’en face, Anna, une pianiste de grand talent. Timide, elle ne sait pas vraiment comme se comporter avec Junior, mais il l’attire, c’est évident.

C’est un roman qui fera, je pense et espère, réfléchir les adolescents qui ont souvent tendance à ne répéter que ce qu’ils entendent autour d’eux. Les thèmes sont lourds et à manier avec précaution (racisme, discrimination, intolérance, extrémisme, préjugés et stigmatisations, amour et amitié….) mais Yaël parvient à les manipuler avec justesse, sans manichéisme. Car, ce qui fait la richesse de notre monde, c’est notre diversité.

Retrouvez les premières pages sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !

D’autres romans de l’autrice :

Quatre de coeur, co-écrit avec Matthieu Radenac

[Docu/ livre] Sur le fil, Christine Deroin

Julien et Aude ne font que se croiser chez la psy, mais ils ont un secret : une cachette où chacun·e dépose une lettre pour l’autre, avant ou après sa séance hebdomadaire.

C’est Aude qui a lancé le jeu. Jeu de confidences à l’inconnu·e d’une salle d’attente. Jeu de miroirs dans lequel ils deviennent le reflet l’un de l’autre. Borderline ensemble mais chacun·e seul·e dans son monde.

Mon avis :

Voici un livre qui m’a particulièrement intéressée puisque je ne connaissais rien – avant ma lecture – à ce trouble. J’ai d’ailleurs apprécié qu’il nous soit présenté à travers le comportement d’une adolescente mais aussi d’un adolescent, cela montre que ce n’est pas une question de sexe et, comme pour d’autres troubles, il n’y a pas un modèle, mais plusieurs.

Co-écrit avec Manon Beaudouin, psychologue diplômée de l’université de Bordeaux, chaque épisode est, comme tous les livres de la collection, associé à un mot de la psychologue. On retrouve des pages sur « les premiers symptômes », « être borderline, c’est quoi ? » ou encore « état de crise : de la détresse émotionnelle à l’impulsivité ». Des pages précieuses pour nous aider à comprendre, et qui sont faciles à comprendre.

Le point faible de ce livre est la narration de l’histoire. Je dois avouer qu’elle n’est pas très prenante, assez linéaire et attendue. Ce qui n’est pas, dans le fond, particulièrement gênant puisque l’essentiel ici est de connaitre et comprendre le trouble de la personnalité borderline et que la mission est réussie.

Je conseille vivement l’achat de ce livre aux bibliothèques, médiathèques et CDI et à toutes les personnes qui veulent en savoir plus, évidemment. Il pourra rassurer l’adolescent qui en souffre : c’est toujours réconfortant de lire que nous ne sommes pas seul… et qu’on peut s’en sortir, même si cela n’est pas facile. L’important est d’en prendre conscience, d’être écouté et de savoir demander de l’aide. Le livre d’ailleurs ne s’adresse pas qu’aux adolescents : les parents – adultes en général – y trouveront des conseils et des éléments de compréhension.

Ce roman fait partie de la collection « Saison psy » de la maison d’édition « Le Muscadier ». Elle est dirigée par Christine Deroin, déjà connue pour sa collection « Pas de panique, c’est la vie » dans une autre maison d’édition.

Vous pouvez découvrir le premier chapitre ainsi que le premier « mot de la psy » sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !

[Album] Si l’hiver arrive, dis-lui que je ne suis pas là, Simona Ciraolo

Nager, c’est ce que je préfère en été. Mais ma sœur m’a prévenu : « Profites-en tant que ça dure, parce que ça va bientôt se terminer. Et après, tout est TELLEMENT triste, tu as TELLEMENT froid que tu ne rêves même pas de manger une glace. » Je refuse de le croire. Alors, je guette les signes de l’hiver. Mais bon, l’hiver ne ressemble pas à ce que j’avais imaginé.

Mon avis :

Cet album est une petite douceur ! Rien que le titre et la couverture m’ont fait craquer, comme ma fille, qui veut le même parapluie jaune.

Un petit garçon n’est pas content : comme sa sœur lui a expliqué, l’été se termine… et va laisser place à l’hiver. Mais il remarque que cette saison, bien que froide, a aussi ses atouts ! Il n’y a pas de glace, mais il y a des chocolats chauds, on range les maillots de bain, mais on sort les moufles…

Un album publié aux éditions L’école des loisirs !

Collection Pastel

3 à 6 ans -Album

  • DISPONIBLE
  • Prix : 13,00 €
  • ISBN : 9782211307246
  • Paru le 30.09.2020

[BD] Les indésirables, Kiku Hughes

Récit autobiographique où se confondent réalité et fiction qui interroge sur les choix entrepris par une société en cas de crise et sur capacité à reconnaître ses erreurs.

Kiku a 16 ans. Américano-japonaise, elle se sent déconnectée de son héritage japonais et en sait peu sur l’histoire de sa famille qui cultive le secret. Alors qu’elle est en vacances avec sa mère à San Francisco, elle se retrouve brusquement dans les années 1940, propulsée dans un des camps qui a fleuri sur le territoire américain au lendemain de Pearl Harbor. Parquée, Kiku partage le quotidien de sa jeune grand-mère et de 120 000 citoyens nippo-américains déchus de tous leurs droits civiques par leur propre gouvernement, car accusés d’être des ennemis de la nation…

Mon avis :

Kiku, comme beaucoup d’adolescents, connait peu de choses sur le passé de sa famille. Sa mère n’a jamais été très loquace sur le sujet et la jeune fille s’en est contenté. Mais, alors qu’elle est avec sa mère en train de visiter San Francisco, en juin 2016, de la musique ainsi qu’une brume épaisse apparaissent et l’amènent des années plus tard, dans les années 40. Elle est assise dans un théâtre et réalise que la personne qui joue sur scène est certainement sa grand-mère, même si elle n’est pas sûre de connaitre son nom de famille. Quand Kiku revient à son époque, elle est tellement perturbée qu’elle n’ose en parler à sa mère.

Le lendemain matin, le même scénario se répète mais cette fois Kiku restera comme coincée dans cette autre dimension. Elle se retrouve avec une foule de personnes d’origine japonaise : hommes, femmes et enfants. On lui a attribué un numéro et c’est par ce dernier qu’elle sera appelée. Ils sont emmenés dans un « camp de transit ». Il ne lui faudra pas longtemps pour reconnaitre sa grand-mère et son grand-père, qu’elle observe et écoute – sans les comprendre, elle ne connait pas le nippon – à la dérobée.

source : site des éditions Rue de Sèvres

Grâce à ce voyage spatio-temporel, Kiku en apprendra beaucoup sur le passé de sa famille et ouvrira les yeux sur un pan peu connu et tragique de l’histoire nippo-américaine. Le texte n’est pas accusatif mais plutôt informatif. Par cet album, Kiku Hughes se présente comme un témoin de cette histoire terrible qu’il ne faut pas oublier. La puissance de ce texte est renforcée par le trait réaliste et simple des illustrations.

A retrouver sur le site des éditions Rue de Sèvres !

288 pages, 18,5 x 25,5 cm, 18€

PARUTION 6 Janvier 2021

Rue de Sèvres, c’est aussi…

Béatrice, Joris Mertens

Chaplin en Amérique, Laurent Seksik et David François

Retour à Killybegs, Pierre Alary,

Le Dit du Vivant, Denis Drummond

Présentation de l’éditeur :

Je suis le Vivant. Le dernier d’entre nous. Quand j’aurai terminé mon ouvrage, je quitterai ce monde, laissant une trace secrète dans un repli du temps.Un séisme au Japon met au jour une vaste sépulture. Sandra Blake, paléogénéticienne, se rend sur les lieux, avec Tom, son petit garçon, autiste.
La datation du site archéologique plonge la communauté internationale dans la stupeur. Une civilisation jusqu’alors inconnue se révèle peu à peu, et met à bas toutes les connaissances acquises. Sandra et l’équipe de recherche qu’elle a constituée sont prises dans un suspense scientifique qui les dépasse…

Construit en six parties, comme une séquence d’ADN – réunissant récits, journaux, chroniques, articles de presse et correspondances –, ce roman-monde est écrit à la manière d’une odyssée.

Mon avis :

Je vous avais parlé de ce roman sur les réseaux sociaux dès sa réception, et vous étiez autant emballé que moi par les promesses qu’annonçaient le titre et la quatrième de couverture… Sachez que je n’ai pas été déçue !

Ce roman nous plonge dans un domaine que je connais peu, mais qui fascine souvent les curieux : les recherches archéologiques et la « magie » de l’ADN. Suite à un séisme dévastateur, un glissement de terrain fait apparaitre le site d’une civilisation qui va rapidement apparaitre comme inconnue. Une découverte extraordinaire pour les scientifiques, une aberration et un sujet de révolte pour les religieux. Pourquoi ? Parce qu’avec la découverte de l’homme d’Atsuma, toutes les théories de l’évolution s’effondrent.

J’ai aimé suivre les découvertes, les théories, même si parfois il faut avouer que le vocabulaire est assez ardu… Toutefois, le va-et-vient entre le récit, les chroniques, les articles de presse et les correspondances nous apporte suffisamment d’explications pour comprendre l’essentiel.

Petite remarque sur un personnage : celui de Tom. Au début, la présence de ce garçon autiste m’a un peu donné l’impression d’être posée là « histoire de », comme si l’auteur voulait ajouter la présence d’un enfant avec un trouble, afin de changer un peu des schémas classiques. Mais j’ai aimé voir son évolution, découvrir son rôle aussi dans l’histoire que nous lisons (il intervient dans le récit à l’âge adulte).

Dans tous les cas, c’est un roman riche, plein de rebondissements. Il vous emportera du début à la fin, vous emmènera découvrir un pan de la culture japonaise et les questions ontologiques ne manqueront pas de vous traverser l’esprit.

L’auteur a été lauréat du Prix Révélation de la SGDL pour La Vie silencieuse de la guerre.

Un roman paru aux éditions du Cherche Midi !


Retour sur quelques lectures pendant les vacances : en littérature jeunesse

Vous connaissez peut-être déjà le dragon Dave qui ne sait ni amasser un trésor ni brûler des villages, au grand dam de ses parents et qui a voulu être chevalier dans le premier tome de la série. Dans ce second tome, Dave le dragon-chevalier et Albrecht, le bouc germanophone, veulent libérer les animaux parlants, enlevé par le sorcier Terrence. Ils s’apprêtent donc à infiltrer la très secrète Guilde des Sorciers grâce à leur guide de L’Apprenti sorcier…

Un second tome aussi drôle que le premier, avec autant de rebondissements !

Second tome de la série « Les aventures d’Alduin et Léna ».

Alduin, le fils du chef et ami de Léna – fille de la guérisseuse -, part avec cette dernière à la recherche de Sigmund, un soldat qu’il a fait passer pour son frère et qui n’est pas revenu au village malgré la fin de la guerre. Alduin est inquiet : dans un rêve, il a vu son ami l’appeler à l’aide. L’aventure sera semée d’embûches et les plongera dans une mystérieuse forêt, sur laquelle règne un terrifiant Roi Vert !

Une série à découvrir à partir de 9 ans !

Celui-ci, il a plutôt été rapide à lire 😀 C’est un grand jour pour notre étrange petit garçon ! En effet, il adopte un chiot dans un refuge. Mais avoir un chien implique différentes choses, comme s’en occuper, et lui apprendre quelques règles afin que tout se passe au mieux (manger dans sa gamelle, dormir dans son panier… ).

Petit plus : si vous voulez écouter l’album, il vous suffit de scanner la couverture avec l’application Nathan Live !

Dans cet album plein d’humour, une petite fille raconte ses rêves les plus fous. Les textes, comme les illustrations, invitent à la rêverie ! Dès 3 ans.