[Jeunesse – ado] La-gueule-du-loup, Eric Pessan

Rester confiné en ville ? Impensable pour Jo, son frère et sa mère. Ils s’en vont à La Gueule-du-Loup, dans la maison des grands-parents que Jo n’a pas connus, inoccupée depuis leur décès, deux ans auparavant. Et il n’y a pas que des inconvénients : Jo peut faire du sport, profiter de la forêt toute proche, et jeter sur un cahier ses essais de poèmes. Mais bientôt, des phénomènes étranges se produisent. Des bruits inexpliqués. Une peluche qui disparaît. Un animal ensanglanté dans la maison. Qu’est-ce qui hante La Gueule-du-Loup ?

Mon avis :

Quoi ? Un roman qui parle de confinement ? Non merci ! C’est exactement ce que j’aurais répondu si je n’avais pas vu que le roman était écrit par Eric Pessan.

Le confinement, ici, à cause d’une menace sanitaire qui rôde, c’est une toile de fond. L’important est ailleurs : c’est cette maison maternelle, complètement isolée, ces bruits qui surviennent, ces animaux qui rôdent… Jo ne se sent pas à l’aise dans cette maison. Rien que la façade lui inspire du dégoût. Elle ne se sent pas la bienvenue et, depuis qu’ils sont arrivés, sa mère se comporte étrangement. Elle est plus angoissée, plus fatiguée. Si Jo comprend qu’elle soit inquiète pour leur père, resté chez eux pour travailler à l’hôpital, elle comprend que ce n’est pas tout. La maison a un effet négatif sur elle. Mais pourquoi ? Que cache cette demeure ?

C’est un roman fort, très bien écrit, comme bon nombre de romans de l’auteur. Le rythme des phrases mime celui des actions, tantôt rapide, tantôt plus lent, tantôt poétique. Le suspens reste jusqu’au bout et, alors, tout s’éclaire. La fin n’est pas celle qu’on attend, elle n’est pas souhaitable, ni souhaitée d’ailleurs en ce qui me concerne, mais elle est terrible.

Un roman publié à l’Ecole des Loisirs !

[Jeunesse] Hors la loi, Ahmed Kalouaz

Après avoir traversé une partie de l’Europe avec ses parents réfugiés, Badri, jeune Géorgien de 16 ans, se retrouve bloqué à Lourdes, dans l’attente d’une hypothétique régularisation.

Mais pour Margot, la fille de sa famille d’accueil, il n’est pas question d’attendre sans rien faire. Elle entraîne alors Badri dans une fugue riche en surprises et en rencontres à travers le massif des Pyrénées.

Mon avis :

Ahmed Kalouaz est l’un de mes auteurs jeunesse préférés. J’ai été absolument conquise par Le Regard des autres ou Uppercut. Alors, quand j’ai appris qu’il sortait un nouveau roman, aux éditions Le Muscadier, et en plus qu’il allait paraitre en même temps que le mien dans cette même maison, j’ai été absolument ravie.

Ce roman est plein d’amour et d’humanité. Margot décide sur un coup de tête de partir avec Badri. Elle a peur de voir la police venir et l’emmener avant qu’il n’obtienne une régularisation. Lui, il la suit, sans poser de questions : il a confiance. Sur le chemin, ils apprendront à se connaitre un peu plus, et Margot va prendre conscience de son acte.

Le début du texte est surprenant. Qu’est-ce qui peut bien pousser Margot à partir ainsi ? En quoi ce départ permettrait-il réellement de sauver Badri ? Je l’ai vu comme un choix par défaut : que faire, à son âge, pour sauver son ami ? Elle ne veut pas ou, plutôt, elle ne peut pas rester les bras croisés. Il faut dire que la jeune fille a la révolte et la contestation des injustices dans le sang : ses parents manifestent souvent leurs désaccords.

A découvrir !

[Rentrée littéraire 2021] La vie dissimulée, Marinca Villanova

Et brusquement, le monde rassurant s’écroule. Le père de Nina part, son frère s’endurcit, sa mère se met au lit. Elles vont désormais rester toutes les deux. Nina guette les infimes variations de la présence de sa mère, dans le souffle de sa respiration ensommeillée, dans les silences de sa mélancolie. L’étau se resserre, les instants de joie hors de la maison sont des moments volés. L’enfant le sait, sa mère est devenue incapable de survivre sans elle. Personne ne doit deviner ce qui leur manque. Parfois, lorsque Nina est seule, l’odeur de la forêt revient. Celle de bois pourri, de fougère et de mousse trempée.

Mon avis :

Nina voit dès son plus jeune âge sa famille exploser. Son père part, sa mère se renferme, son frère explose. Au milieu, il y a Nina, notre narratrice. Elle comprend que le départ de papa coïncide avec quelque chose de mal, mais elle ne sait pas quoi.

Au début, la grand-mère maternelle s’occupe des enfants : leur mère est hospitalisée. Du côté de la mère, ils reçoivent des parents de l’argent, rien de plus. Alors Nina, de retour chez elle avec sa mère qui n’est plus capable de s’occuper du quotidien, endosse le rôle de cheffe de famille, malgré son jeune âge. Puis, un jour, le père revient. Nina accepte de passer du temps avec cet homme qu’elle ne reconnait plus vraiment.

Je suis passée un peu à côté de ce livre. La situation familiale est très lourde, beaucoup trop pour une enfant. Néanmoins, en tant qu’enseignante, je sais que c’est quelque chose de réaliste. C’est peut-être ça, qui m’a déplu. Me prendre en pleine figure une nouvelle preuve que la société déraille. Mais il y a aussi ce sentiment de ne pas comprendre, de ne pas savoir vraiment le pourquoi de l’histoire et de rester au fil des pages sur ce « et ? ».

S’il ne m’a pas séduit, je vous conseille toutefois de vous faire votre propre avis : l’écriture de l’autrice est très agréable à lire.

Un roman publié aux éditions Eyrolles.

Lectures estivales : « M’asseoir cinq minutes avec toi » de Sophie Jomain et « Les Victorieuses » de Laetitia Colombani

J’ai lu plusieurs romans ce mois de juillet, mais il y en a surtout deux m’ont touchée, évinçant presque les autres tant j’ai été emportée par leurs histoires.

M’asseoir cinq minutes avec toi, Sophie Jomain.

Claire et Julien se sont follement aimés. Un coup de foudre, un mariage et enfin, une fille, Pauline, belle, parfaite… et différente.
Ils étaient prêts, ils la voulaient de toutes leurs forces, mais peut-on rester des parents unis face au handicap d’un enfant ?
Ce roman c’est l’histoire de Claire qui voit partir l’homme de sa vie, de Julien qui étouffe sous le poids de la culpabilité, de Pauline qui voudrait que son papa et sa maman s’aiment de nouveau.

Mon avis :

C’est une histoire très touchante, et certainement le roman que j’ai préféré de l’autrice. Une histoire de vie fabuleuse, pleine d’amour, de questionnements, de faiblesse, de souffrance. La vraie vie en somme. Pauline présente des troubles du spectre autistique. L’idéal (s’il en est un) d’une famille classique s’envole et le couple commence à battre de l’aile… Oui, mais pas pour les raisons qu’on pourrait croire.

C’est un roman viscéral, d’une force peu commune. J’ai adoré suivre le point de vue de Claire, mais j’ai aussi apprécié que l’autrice prenne le temps de donner celui du père. L’alternance fonctionne très bien. Un vrai coup de cœur !

Les victorieuses, Laetitia Colombani

A 40 ans, Solène a tout sacrifié à sa carrière d’avocate : ses rêves, ses amis, ses amours. Un jour, elle craque, s’effondre. C’est la dépression, le burn-out. Tandis qu’elle cherche à remonter la pente, son psychiatre l’oriente vers le bénévolat : sortez de vous-même, tournez-vous vers les autres, lui dit-il. Peu convaincue, Solène répond pourtant à une petite annonce :  » association cherche volontaire pour mission d’écrivain public  » .
Elle déchante lorsqu’elle est envoyée dans un foyer pour femmes en difficultés… Dans le hall de l’immense Palais de la Femme où elle pose son ordinateur, elle se sent perdue. Loin de l’accueillir à bras ouverts, les résidentes se montrent distantes, insaisissables. A la faveur d’un cours de Zumba, d’une lettre à la Reine d’Angleterre ou d’une tasse de thé à la menthe, Solène va découvrir des femmes aux parcours singuliers, issues de toutes les traditions, venant du monde entier.
Auprès de Binta, Sumeya, Cynthia, Iris, Salma, Viviane, La Renée et les autres, elle va se révéler étonnamment vivante, et comprendre le sens de sa vocation : l’écriture. Près d’un siècle plus tôt, Blanche Peyron a un combat. Capitaine de l’Armée de Salut, elle rêve d’offrir un toit à toutes les femmes exclues de la société. Sa bataille porte un nom : le Palais de la Femme. Le Palais de la Femme existe.
Laetitia Colombani nous invite à y entrer pour découvrir ses habitantes, leurs drames et leur misère, mais aussi leurs passions, leur puissance de vie, leur générosité.

Mon avis :

Je voulais lire ce roman avant de lire « Le Cerf-volant ». J’avais adoré La tresse et je n’ai pas été déçue.

Laetitia Colombani parvient une nouvelle fois à me captiver : elle brosse avec brio les portraits de femmes fortes ou fragiles, mais criants de vérité. Les parcours sont pleins d’humanité. J’ai adoré découvrir Solène ainsi que les autres femmes du foyer, mais aussi le parcours de Blanche : un exemple de persévérance.

Certains cœurs lâchent pour trois fois rien, Gilles Paris.

Présentation :

« Les cliniques spécialisées, je connais. Je m’y suis frotté comme on s’arrache la peau, à vif. Les hôpitaux psychiatriques sont pleins de gens qui ont baissé les bras, qui fument une cigarette sur un banc, le regard vide, les épaules tombantes. J’ai été un parmi eux. »

Une dépression ne ressemble pas à une autre. Gilles Paris est tombé huit fois et, huit fois, s’est relevé. Dans ce récit où il ne s’épargne pas, l’auteur tente de comprendre l’origine de cette mélancolie qui l’a tenaillé pendant plus de trente ans. Une histoire de famille, un divorce, la violence du père. Il y a l’écriture aussi, qui soigne autant qu’elle appelle le vide après la publication de chacun de ses romans. Peut-être fallait-il cesser de se cacher derrière les personnages de fiction pour, enfin, connaître la délivrance. «Ce ne sont pas les épreuves qui comptent mais ce qu’on en fait », écrit-il. Avec ce témoignage tout en clair-obscur, en posant des mots sur sa souffrance, l’écrivain nous offre un récit à l’issue lumineuse. Parce qu’il n’existe pas d’ombre sans lumière. Il suffit de la trouver.

Mon avis :

Je savais en lisant ce livre que j’allais être émue. D’ailleurs, j’en ai retardé le moment. Je le regardais, de loin, à faire le beau dans les étals des librairies, à s’exposer inlassablement sur les réseaux sociaux. Nul doute : il me cherchait. On s’est trouvé. Un matin, je me suis réveillée en me disant que j’avais envie de lire, que j’avais envie de LE lire. Et c’était parti.

Pourquoi savais-je que ce livre allait m’émouvoir ? Je ne sais pas vraiment. Peut-être parce que ce n’est pas le premier livre que je lis de l’auteur et qu’il m’a déjà cueillie, peut-être parce que je repense au temps où j’étais en contact plus fréquemment avec lui pour les SP, peut-être parce que je me souviens de ce salon du livre, à Paris, en 2014, l’année des Lucioles, je crois. Je l’avais déjà rencontré quelques semaines plus tôt, à Lille, mais je ne m’en souviens guère. Pourquoi cette fois-là, à Paris, m’a marquée ? Je n’en sais pas plus. J’ai un souvenir à la fois précis et flou de l’auteur assis derrière la table, les piles de livres face à lui. Le salon était bondé, une odeur de transpiration mêlée de rire flottait, et il était là, visiblement paisible, le visage souriant. Je suis allée le voir plusieurs fois, un peu aimantée. La dernière fois, j’étais passée au stand de « J’ai lu » pour acheter « Au pays des kangourous », que je suis venue me faire dédicacer. Mais cela n’explique toujours rien. Il y a des visages qui marquent, parfois. Pas souvent chez moi, j’ai la mémoire visuelle vaporeuse. Là, ce n’est pas qu’un visage. C’était une présence.

Mais l’émotion n’est pas la seule raison pour laquelle j’ai retardé la lecture de ce roman. Dans ce texte, l’auteur parle de lui, de sa vie, et j’ai toujours un peu de gêne à lire les récits introspectifs à tendance hautement autobiographique, s’ils sont contemporains. Cela me donne l’impression d’être une voyeuse, je ne trouve pas que ce soit un sentiment toujours agréable. Je sais qu’il faut que je passe au-delà pour apprécier le texte, ses mots, son rythme, sa structure narrative. Et c’est ce que j’ai fini par faire.

Parce que l’auteur ne fait que raconter un pan de son histoire. Il nous emmène auprès de lui, entrainés par le rythme des phrases et des paragraphes. Et j’ai beaucoup apprécié laissé le Gilles auteur / responsable de communication pour suivre le Gilles personnage. C’est un parcours plein d’embuches que nous propose ce roman, avec des moments très sombres, mais je trouve l’ensemble profondément lumineux… et vivant. Je ne détaillerai pas l’histoire de ce livre, qui est vraiment à lire. Je me casserai la figure sur les mots.

Gilles, j’ai été touchée, profondément. J’ai eu envie de m’asseoir à côté de ton ancien toi sur un banc, envie de sentir mes genoux toucher les tiens et de m’enivrer de silence. J’ai eu envie de te regarder droit dans les yeux pour te convaincre que tu as de la valeur et du talent, j’ai eu envie de câliner Franklin quand tu ne te sentais pas capable, que tu n’avais pas envie qu’il vienne te faire la fête. Pourtant ceux qui me connaissent savent que je n’approche pas des chiens. Et je pense à toute cette violence, physique et verbale, qui peut détruire. A ces années nécessaires pour se reconstruire quand on a été brisé, au sens figuré, mais aussi au sens propre. Néanmoins, je veux surtout n’en retenir qu’une chose, Gilles : la route vers la lumière.

Un roman publié aux éditions Flammarion.

L’amour à la page, Franck Thomas

Franck Thomas est le plus grand écrivain vivant… Sauf que personne ne s’en rend compte ! À commencer par son éditeur, qui refuse son nouveau manuscrit, celui qui devait lui apporter (enfin !) le succès tant mérité. Débute alors pour le romancier une quête à travers la jungle éditoriale, où la rencontre forcée avec une illustratrice jeunesse va réveiller les fantômes du passé, mettre son ego à l’épreuve et le pousser à découvrir le véritable sens de l’écriture…

Mon avis :

Voici un roman que j’ai sorti de ma PAL ! Il est sorti en janvier 2020 aux éditions Aux forges de Vulcain.

Franck est un auteur à presque succès. Son premier roman s’est écoulé à 57 exemplaires après tout, ce qui laisse une « marge de progression appréciable ». ! Son éditeur, Goliath M. (les éditions Deus Ex Machina) attend de pied ferme son prochain roman, mais à la lecture de ce dernier, il déchante et rejette le futur best seller de l’auteur Père Goriot Exorciste. Déçu, mais surtout fauché, Franck est agrippé par un agent littéraire qui loue son talent – sans l’avoir lu – et lui propose d’écrire… un roman pour enfant, dont l’illustratrice Julia Linua, connue pour son fameux Des prouts, pas du mazout ! ne parvient pas à écrire le texte. Et comme le monde est petit, il a déjà rencontré cette Julia Linua, et il n’en a pas gardé un bon souvenir…. Un texte jeunesse ? Facile ! En apparence seulement….

Franck est un personnage imbuvable, persuadé d’être « le nouveau Balzac ». Il représente l’auteur persuadé d’avoir un talent fou que le vulgaire n’est pas capable de reconnaitre : un personnage caricatural, mais drôle. Il en va de même pour les personnages secondaires.

L’histoire ne suit aucune logique. L’auteur nous emmène de rebondissements en rebondissements, parfois loufoques, mais souvent pleins d’un cynisme ou d’un sarcasme que j’ai beaucoup appréciés. Ceux qui ont l’habitude de longer les rangs du Salon du livre trouveront certaines descriptions d’ailleurs plus proches de la réalité que de la fiction.

Un roman paru aux éditions Aux forges de Vulcain !

L’affaire Margot, Sanaé Lemoine

Août à Paris, sa chaleur écrasante. Margot Louve vient d’avoir 17 ans. Elle est brillante et tous les possibles s’ouvriront à elle bientôt. Mais pour le moment, sa vie lui paraît étriquée. Pire, elle se sent invisible. Dans l’ombre d’une mère, actrice de théâtre en vue cultivant avec elle une distance délibérée et qu’elle rêverait de pouvoir appeler Maman. Fille d’un père dont on ne parle pas, parce qu’il a une autre vie, légitime celle-là. Alors Margot décide de faire craquer les coutures de son monde, de prendre la lumière à son tour. À ce journaliste puissant et respecté qui semble s’intéresser à elle vraiment, elle révèle le secret de sa famille.

L’Affaire Margot est un roman d’apprentissage sensible sur le passage à l’âge adulte. Il explore les détours que prend l’amour entre une mère et sa fille.

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce livre, qui est un premier roman. Margot vit avec sa mère, Anouk, – ou parfois, plutôt, cohabite. Sa mère est actrice et metteur en scène. Margot est née de l’union avec un homme politique marié – ministre de la culture – , pour lequel la mère a encore des sentiments forts. Un jour, alors qu’elles sont assises à la terrasse d’un café, Anouk se redresse : elle a vu la femme de son amant, du père de Margot. Cette silhouette va hanter la jeune fille et sera l’élément déclencheur de la suite. A force de questions, Margot se dit que le couple que son père forme officiellement avec sa femme n’est important que pour l’apparence, et que si elle ne peut pas changer le passé, elle pourra agir sur le futur, sur leur futur. Mais les actes ont des conséquences, auxquelles on ne s’attend pas, et elles peuvent être dramatiques.

Les relations familiales sont particulières dans ce roman. Margot appelle sa mère par son prénom, Anouk. On trouve cette dernière froide et distante, mais on comprend progressivement que c’est une posture, et que l’amour qu’elle porte à sa fille est réel. Elle exprime ses sentiments à sa manière, de la façon qu’elle est capable de le faire. Il y a ce père, aussi, présent-absent. Il aurait pu s’échapper de leur vie, mais il tient à garder une certaine présence. Il aime Anouk, il aime sa fille.

Evidemment, l’histoire n’est pas sans rappeler celle de l’un de nos hommes politiques français. Mais ce que j’ai aimé surtout c’est l’évolution de Margot. L’adolescente devient une jeune femme et elle est parfois perdue dans ses raisonnements, butée dans ses idées. Elle s’ouvre à l’autre – surtout à un couple – avec une facilité assez déconcertante. Difficile d’en dire plus sans raconter le roman, mais je ne peux que vous invitez à le lire.

Retrouver les premières pages ici

[7 ans] Le chapeau charmant, Valentine Goby et Evelyne Mary

Au parc, une fillette tombe sur un chapeau de paille tressée. À qui est-il ? Un grand-père ? Une musicienne ? Un gondolier ? Elle lui invente des histoires, c’est facile. Une danseuse de claquettes ? Un clown en salopette ? Elle entre dans la ronde des personnages. La nuit, c’est la tempête. Que va devenir le chapeau sous l’orage ?

Mon avis :

Voici une belle histoire, pleine de poésie ! La fillette, en trouvant le chapeau, laisse son imagination divaguer en cherchant à qui il pourrait appartenir… La nuit, alors qu’il tonne et vente, elle s’inquiète : dans quel état sera le chapeau ? Quelqu’un l’aura-t-il récupéré ? Elle part le matin à sa recherche… et quel soulagement ! Elle le retrouve… mais pas vraiment là où elle l’avait laissé !

Une belle aventure publiée à l’école des loisirs !

Caractéristiques :

  • Prix : 6,50 €
  • ISBN : 9782211300032
  • Paru la première fois 07.04.2021
  • Collection Mouche.

Celle que je suis, Claire Norton.

Une bouleversante histoire de résilience qu’on lit le cœur battant dans l’espoir que son héroïne s’en sorte.

Valentine vit dans une petite résidence d’une ville de province. Elle travaille à temps partiel au rayon librairie d’une grande surface culturelle. Les livres sont sa seule évasion ; son seul exutoire, le journal intime qu’elle cache dans le coffre à jouets de son fils. Et son seul bonheur, cet enfant, Nathan, qui vient de souffler ses six bougies. Pour le reste, Valentine vit dans la terreur qu’au moindre faux pas, la colère et la jalousie de son mari se reportent sur Nathan…
L’arrivée d’un couple de voisins âgés dans l’appartement d’en face va complètement bouleverser sa vision du monde. Car comment résister à la bonté de Guy, qui se conduit avec Nathan comme le grand-père qu’il n’a jamais eu ? Comment refuser la tendresse de Suzette, cette femme si maternelle, elle qui a tant manqué de mère ? Peu à peu, Valentine se laisse apprivoiser.
Jusqu’au jour où elle commet une minuscule imprudence aux conséquences dramatiques… Mais une chose change tout, désormais : elle n’est plus seule pour affronter son bourreau et reconstruire sa vie volée.

Mon avis :

Quel livre prenant ! Celle que je suis, c’est le genre de bouquin qu’on lit en retenant son souffle. On a peur, on est content, on espère, on a mal, aussi. On n’est jamais vraiment serein, jusqu’à la dernière ligne. Bref, lire Celle que je suis, c’est se prendre un concentré d’émotions, et on n’en sort pas indemne, ce qui est une bonne chose.

Pourquoi ? Parce que ce livre a pour thème la violence conjugale. Ce fléau dont on parle de plus en plus, mais qui ne semble pas diminuer pour autant. Valentine est un personnage ordinaire. Ni super héroïne, ni super zéro, elle évolue un peu comme une ombre dans son quotidien. Seul son fils, Nathan, l’éveille et lui rappelle qu’elle est en vie. Un jour, un nouveau couple de personnes âgées emménage en face de chez elle. C’est le début d’une nouvelle amitié pour Valentine, un nouveau souffle d’air. Mais tout doit rester secret.

Pourquoi (oui, encore lui) ? Parce que son mari est complètement fou et instable. Quand il franchit la porte de sa maison en tout cas. Il a pris l’habitude d’insulter Valentine, puis de la frapper. La violence verbale et physique vont crescendo, sombre litanie du quotidien. Elle, elle subit. Elle se dit qu’elle le mérite peut-être. Et puis, si elle est là, dans cette maison, avec son fils, sans avoir besoin de beaucoup travailler, c’est grâce à cet homme : que serait-elle sans lui ? Elle l’aime, c’est évident. Et il est si adorable parfois ! Il lui offre des cadeaux, la complimente… Lui aussi, il l’aime. Il est seulement énervé par son travail. Petit à petit, Valentine va prendre conscience que son quotidien n’est pas normal, qu’elle est manipulée, très habilement, depuis des années. Mais, surtout, elle réalise qu’elle peut mourir des coups de son mari.

Ce roman d’un peu plus de 400 pages, montre comment petit à petit Daniel a placé Valentine sous son emprise, mais aussi comment elle va prendre conscience de cet asservissement qui pourrait lui être fatal. Certains passages dans ce texte sont violents, mais ils ne sont ni plus ni moins que le reflet de la réalité, d’ailleurs l’autrice explique dans une note finale qu’elle s’est documentée pour écrire ce roman, faisant appel à des témoignages. Elle se base sur du réel, l’allégeant malgré la souffrance qui en découle déjà :

« De fait, vous aurez peut-être trouvé certains des passages durs. Croyez bien que j’en ai allégé bon nombre, pourtant inspirés de scènes réelles. Mais il n’était pas possible d’édulcorer la réalité que ces femmes vivent. »

J’ai aussi aimé les passages qui montrent l’inaction de la plupart des voisins, qui entendent tout, et attendent… On ne peut s’empêcher de se demander ce que nous, nous ferions.

Celle que je suis est sorti le 01 avril aux éditions Robert Laffont !

Caractéristiques :

EAN : 9782221251584

Nombre de pages : 432

Format : 135 x 200 mm

[4 ans] Bonjour veaux, vaches, cochons, Olivier Douzou et Frédérique Bertrand

Cet album propose 13 comptines totalement imaginées pour les jeux de mots et les sonorités – dans la grande tradition du genre, pour un dialogue avec les images tout aussi libres et délirantes. Ainsi vont se croiser dans un monde joyeux et absurde Ours, Minou, Poule Mousse, Coq, Veaux, Vaches, Cochons, Teckel, Poney et des personnages qui fréquentent plus rarement la littérature jeunesse : Dindon, Truite, Paon, Oursin, Bigorneau, ou encore Crevette. 

Cet album est une reprise partielle des comptines en continu, série dont la publication s’était interrompue en 2013. avec l’apparition de 8 petits nouveaux figurants.

Mon avis :

En voici de belles histoires ! Chaque double page nous donne à lire une comptine sur un ou plusieurs animaux. Le texte est associé à une illustration. Les comptines peuvent se lire dans l’ordre ou le désordre, au gré des envies. Il y a toujours des jeux de langage, du rythme, et une mise en page amusante du texte :

Un album qui ne manquera pas de plaire aux petits !

A retrouver sur le site de la maison d’édition Le Rouergue et découvrez un extrait ici !

Caractéristiques :

mars 2021

40 pages

16,00 €

ISBN 978-2-8126-2162-8