[Les tout-petits] Le livre coquin, Cédric Ramadier et Vincent Bourgeau

Il est arrivé ! Le dernier né de la collection « Le livre » !

Dans ce nouvel opus, le livre coquin se cache et fait peur à la petite souris. Mais la souris ne compte pas se laisse faire, elle aussi elle veut jouer… et va faire peur au livre avec l’aide du lecteur !

J’aime beaucoup cette série. Le dessin du personnage-livre est facile, mais les quelques traits suffisent pour nous rendre le visage de ce drôle de personnage touchant. On s’attendrit en famille en le regardant.

Comme pour les autres livres, le lecteur entre en interaction avec le le livre grâce à la souris, ce que j’aime beaucoup.

A retrouver sur le site de la maison d’édition, L’école des loisirs, collection « Loulou & Cie » !

Anne Loyer, La petite coriace

À dix ans, Marinette, délaissée par ses parents, passe ses journées seule sur la plage. Sa mère vient de quitter le domicile conjugal avec le voisin et son père se réfugie dans son boulot de flic pour évacuer son mal-être. Lorsque Barnabé, qui travaille dans un grand magasin, la déniche au fond d’un caddie, il est loin de s’imaginer à quel point elle va faire ressurgir un passé qu’il pensait profondément enfoui. Il la ramène chez Gaby, sa tante, avec laquelle il vit. La gamine bouscule immédiatement leur quotidien. Car Marinette, sans s’en rendre compte, ravive le souvenir brûlant d’Anna, la petite sœur chérie de Barnabé, disparue vingt-cinq ans plus tôt lors d’un terrible accident. Sa présence aussi légère que solaire va leur rendre l’espoir d’un avenir meilleur. Le deuil en suspens de Barnabé et Gaby peut enfin s’effectuer. Le père de Marinette, consumé par la culpabilité, prend alors une décision radicale. Un choix qui va remettre en question le futur de la petite coriace et de ses nouveaux amis.

Mon avis :

J’aime beaucoup l’univers en littérature jeunesse d’Anne Loyer, et j’avais très envie de découvrir ce premier roman en littérature adulte (surtout que je lis les deux indistinctement). Je peux déjà vous écrire une chose : peu importe pour quel public elle écrit, l’autrice a l’art et la manière de façonner des personnages qu’on ne peut pas oublier.

Les personnages sont très touchants. La rencontre entre Barnabé, Gaby et Marinette semble improbable mais ils arrivent tous à en sortir une force, autant pour Marinette que pour Barnabé et Gaby. Si les souffrances sont là, palpables, bien (d)écrites, elles se heurtent à la bienveillance et à l’optimisme. Tout n’est pas noir, tout n’est pas lumineux non plus.

Un roman plein d’émotions, touchant, et des personnages que je n’oublierai pas.

Un roman paru aux éditions Anne Carrière !

Un roman publié aux éditions Anne Carrière

Le bal des cendres, Gilles Paris

Présentation de l’éditeur :

Sur l’île de Stromboli, des couples savourent leurs vacances. Ils sont sensibles, lâches, infidèles, égoïstes, enfantins. Elles sont fortes, résilientes, légères, amoureuses. Le réveil du volcan va bouleverser leurs vies. Cet été de tous les dangers sera-t-il le prix à payer pour se libérer enfin ?
L’action se déroule au Strongyle, un hôtel de Stromboli où séjournent plusieurs couples et familles. Il y a aussi un enfant de 10 ans, Tom, qui ne se sépare jamais de ce mystérieux Gris qu’il est seul à voir avec son frère et sa sœur. Il y a enfin une adolescente, Giulia, grandie trop vite après la mort de sa mère.
Tous vont apprendre à se connaitre, à s’apprécier, à s’aimer même pour certains, jusqu’à l’éruption du volcan qui décidera du sort de chacun dans ce roman choral. Le propriétaire de l’hôtel, Guillaume de la Salle, est français. Il s’est associé à Matheo, avec lequel il a vécu un passé sombre quand ils appartenaient à la Direction du Renseignement militaire. D’autres clients s’installent cet été-là. Anton et Sevda, un couple charismatique. Lui est chirurgien et travaille sur les zones de conflits. Elle est une ancienne infirmière qui a élevé leurs trois filles et veille jalousement sur leur couple. Il y a Lior, un océanologue de 25 ans, qui a vécu adolescent sur l’île, en sauvant sa mère d’une mort certaine. Ethel et Sebastiàn, frère et sœur, arrivent d’Uruguay après une enfance douloureuse. Elena, la comtesse italienne, privée de l’usage de ses jambes, se remémore ses souvenirs sur l’île dans l’ombre d’un mari disparu trop tôt. Abigale, une ravissante Américaine, attend son amant Eytan, marié à une autre femme. Gaetano, le guide, ami du père de Giulia, élevé pratiquement avec sa fille dont il est épris. Et Marco qui loue volontiers sa barque pour faire le tour de l’île.
Le volcan, toujours en activité, va se réveiller, tout comme la conscience éveillée des personnages et de leurs secrets. Cet été-là est celui de tous les dangers.

Mon avis :

Ce roman est absolument captivant. Les premières pages, j’étais un peu perdue parmi les personnages. Au fur et à mesure, j’ai appris à les connaitre : ils ont tous leur personnalité. Puis, on s’attache à certains d’entre eux : Giulia, Sevda et Lior pour moi.

J’ai été fascinée par l’histoire, ou plutôt par les histoires qui s’emmêlent dans ce Bal des cendres. A travers les monologues, qui maintiennent une tension jusqu’au point final, les apparences laissent place aux réflexions et aux introspections. Ces monologues nous offrent des regards sur les autres et rendent cette comédie humaine encore plus intense. Le passé aussi se dévoile, laissant découvrir une fin explosive pour certains, un avenir plein de promesses pour d’autres.

Mais un autre personnage, qui n’a pourtant rien d’humain, accapare aussi l’attention : le Stromboli, un volcan actif des îles éoliennes (situées au nord de la Sicile) qui rappelle qu’en quelques minutes il peut réduire à néant nos existences.

C’est un magnifique roman que nous offre Gilles Paris, une plongée dans l’âme humaine qui coupe le souffle. Bravo !

[Les petits] On fête Pâques avec les éditions Usborne !

Vous vous méfiez du chocolat ? Vous voulez éviter à vos enfants une crise de foie ? Vous avez tout simplement envie d’offrir des LIVRES à vos petites têtes blondes / brunes / rousses / vertes ?

J’ai ce qu’il vous faut !

Les éditions Usborne, c’est vraiment une maison d’édition que j’affectionne beaucoup, comme ma fille. Elle n’a jamais boudé le moindre livre ou la moindre activité que je lui ai proposés et je redeviens la meilleure maman du monde (le même principe existe quand vous faites un plat de pâtes à vos enfants). Le premier point fort de ces trois livres est leur couverture : elles sont très attrayantes, notamment celle de droite qui donne l’impression d’être pailletée !

La peinture magique de Pâques.

Le principe est toujours le même : il suffit de passer le pinceau trempé dans un peu d’eau sur les illustrations en noir et blanc pour faire apparaître les couleurs du printemps et animer les scènes imagées remplies de poussins, lapins et d’œufs de Pâques ! Parfait pour vous mettre dans l’ambiance !

Petit plus : fini l’emballage plastique pour ranger le pinceau, je trouve le rangement en carton incrusté dans la couverture beaucoup plus pratique, harmonieux et écologique !

Ma petite collection « J’habille mes amies » : Pâques

L’incontournable cahier d’autocollants ! Avec le temps je pensais que ça plairait moins à ma fille (7 ans), mais non, elle adore toujours autant mettre en scène les personnages présentés dans le livre et adore réussir à lire toute seule les petits textes.

C’est le printemps, les jeunes amies nourrissent des agneaux à peine nés et des oisillons venant d’éclore, elles jouent avec des lapins et font une chasse aux œufs de Pâques.

Mes histoires « j’habille mes amies » : un poney en péril

Enfin, pour joindre le plaisir de lire à celui des activités, nous sommes fans de la collection d’histoires.

Amélia, Zoé et Luc, les amis des animaux, sont ravis d’organiser une expédition en montagne pour s’assurer que les poneys sauvages vont bien. Alors que les trois amis essaient de mettre en sécurité un jeune poney en équilibre au bord d’une falaise, celui-ci, effrayé par une mouette, leur échappe et se réfugie bien plus bas dans une anse de la falaise alors que la marée monte. Les amis réussiront-ils à convaincre le poney à avancer dans l’eau pour rejoindre la terre ferme ?

Les pages d’autocollants se trouvent au début du livre et, comme vous pouvez le voir ci-dessous, l’enfant pourra aussi colorier sur les doubles pages illustrées en noir et blanc (Oui, oui, cher enfant, tu as le droit d’écrire sur un livre !).

Ensuite, c’est à vous de voir comment procéder : lire d’abord intégralement le livre (abordable en lecture autonome à partir de la moitié du CP je dirai), faire des pauses pour colorier, ou coller les autocollants.

A vous de faire votre choix !

Vous pouvez retrouver les éditions Usborne sur Facebook ou Instagram !

[Ado] Tout renverser, Arnaud Tiercelin

Un jeune garçon à deux moments de sa vie. Entre les deux périodes qui se rapprochent au rythme enfiévré des chapitres, dix ans ont passé pour Nino, avec leurs crises, leurs tensions, leurs secrets, leurs drames.
Entre les deux, il a quitté l’enfance. On entre dans le livre à l’occasion d’une crise : le héros a fait une connerie, une grosse, une grave, dont on en comprendra au fil des pages la nature, les tenants et les aboutissants.

Mon avis :

22h01. Le téléphone de Nino, 17 ans, n’arrête pas de sonner. On le cherche. Sa copine, Julia, comme sa mère. Elles sont inquiètes, Julia un peu en colère, aussi. Mais Nino ne répond pas. Il ne peut pas. Cela fait cinq heures qu’il a trouvé refuge dans une école.

« Cinq heures que je griffe le carrelage avec mon ongles tout bouffés. Parce que j’ai déjà tout rongé. Tout ratatiné. Tout réduit à néant » (page 6).

Il a fait quelque chose de mal, qu’on découvrira à la fin du livre. Quelque chose de suffisamment grave puisqu’il craint à tout moment l’arrivée de la police.

Puis, le roman alterne entre les retours en arrière, à partir de 2011, dix ans plus tôt, et le présent, jusqu’à ce que les deux moments se rejoignent. En 2011, la famille a emménagé à Villa Rose sur l’ile d’Oléron, une maison louée face à la plage. Ils savent que la mère de Nino ne trouvera pas de travail ici, mais le salaire du père sera suffisant pour la famille… ça, c’était en théorie puisqu’un premier drame a tout fait capoter.

Un jour, en 2014, il fait la connaissance de Frédéric, un prof de tennis.

« Un grand gars aux yeux perçants, mal rasé, à la voix bouffé par la cigarette, brun aux cheveux courts« .

La mère de Nino veut que son fils fasse du sport. Petit à petit, Frédéric s’immisce dans la vie de l’adolescent… jusqu’à dépasser les limites.

ATTENTION, SPOILER !

Je n’ai pas mis l’intégralité de la présentation de l’éditeur, puisqu’elle dévoile le thème du roman, et que j’ai été déçue de la lire avant d’avoir fini le livre 😉 : les abus sexuels dans le sport. Je n’en dirai pas plus sur ce qui a conduit l’adolescent à se planquer, je trouve ça dommage de tout dévoiler. Mais rassurez-vous : si les faits sont là, réels et graves, la lumière et l’espoir sont là, eux aussi.

J’aime beaucoup l’alternance des époques qui nous fait entrer immédiatement dans l’action. L’auteur a su saisir son lecteur dès les premières lignes. On fronce les sourcils, on s’inquiète pour le jeune Nino, et pour sa maman aussi. Quant au sujet, il est, on le sait, d’actualité.

Un très bon roman, publié aux éditions Magnard !

[Ado] Les derniers des branleurs, Vincent Mondiot

Pour Minh Tuan, Chloé et Gaspard, l’avenir se résume à la journée d’après. Les cours séchés, les joints partagés, les mangas lus dans la chambre de l’un, les jeux vidéo terminés dans la chambre de l’autre… Ils partagent tout, de leur désespoir tranquille à leur désintérêt absolu pour leur scolarité. Mais lorsque Tina, une jeune migrante bien plus sérieuse qu’eux, rentre dans l’équation, soudain, la possibilité de décrocher leur diplôme va devenir tangible pour ces trois branleurs autoproclamés. Mais en restant fidèles à leurs principes : le bac, ils ne l’auront pas en révisant…

Mon avis :

Je pense que tout le monde a déjà entendu parler de ce livre, qui a été lauréat du prix Vendredi 2020. C’est un roman assez joyeux qui met en avant quatre adolescents qui s’entendent bien, même s’il y a parfois de légères dissensions, comme dans toutes les amitiés. Pourtant, ils n’ont pas le même profil, le fossé peut même sembler grand entre Minh Tuan, Chloé, Gaspard et Tina, une jeune migrante studieuse, aux bonnes notes, qui découvre finalement ce qu’est l’amitié auprès de ces trois élèves.

Minh Tuan, Chloé et Gaspard passent beaucoup de temps ensemble à ne rien faire. Ils se droguent, refusent de travailler et de penser à leur avenir : ils sont tout ce que la société ne veut pas voir. Tina, à côté, semble être un modèle par son travail et son sérieux, mais tout n’est pas facile pour elle, loin de là : son quotidien n’est pas digne d’un conte de fée et l’avenir qui s’offre à elle n’est pas des plus épanouissants, à cause de son statut de réfugiée. Ils sont désenchantés, et tournent en boucle sur les mêmes refrains : l’écologie, le racisme… sans faire autre chose que d’en prononcer les mots.

S’ils se sentent à part de leurs camarades, c’est en partie )à cause de leurs comportements vis à vis des autres (vomir à chaque soirée, ça peut gêner l’hôte 😉 ), mais aussi parce qu’ils se mettent à l’écart. Ils végètent un peu en attendant l’avenir. En même temps, les dernières années de lycée ne le permettent-elles pas ? Petit à petit, ils s’ouvrent aux autres. Les derniers des branleurs, comme les a nommés leur prof de français, évoluent, à leur rythme !

C’est un roman d’abord surprenant, puis drôle, et addictif (dans l’ordre, oui ). Les personnages nous interpellent car ils sont criants de vérité : ce sont les potes que tout le monde a croisé dans son adolescence. C’est aussi un roman plein de modernité, avec les métalepses fréquentes du narrateur, pour définir un mot, donner un fait historique, ou informer du passé ou du futur de l’un des personnages (le ton est souvent assez ironique, voire désabusé).

Je ne peux qu’en conseiller la lecture aux adolescents, ou au plus grand !

Un roman publié aux éditions Actes Sud, qui sera disponible à partir du mois de mai en poche !

[Ados – 13 ans ] Darling #Automne Charlotte Erlih et Julien Dufresne-Lamy

Et si, du jour au lendemain, vous receviez de mystérieux messages anonymes ! Que feriez-vous ? Que fera May ?

1er tome de la série Darling : 4 romans, 4 saisons : une plongée sensuelle, souvent cruelle, au coeur d’une génération à l’heure des réseaux sociaux.

Mon avis :

J’ai mis un peu de temps à commencer la lecture de ce livre à cause du nombre de pages (368), et du peu de temps que j’avais devant moi ces derniers mois pour les lectures. Et j’ai bien fait car une fois que je l’ai commencé, je ne l’ai plus quitté ! Autant l’écrire tout de suite : c’est un excellent roman.

Noé et May sont jumeaux, et pourtant tout semble les opposer : May est l’une des filles les plus populaires du lycée alors que Noé est en surpoids et fan de jeux vidéos. May est amie avec Agathe et Benjamine, mais aussi Frédérika, une ado rencontrée durant l’été en colonie. Elles sont souvent avec une bande de garçons, populaires eux aussi. Entre May et Frédérika, le courant est tout de suite passé. Noé lui, est ami avec Jean-Philippe, un matheux.

Un jour, May reçoit un message d’un certain Y. Tout d’abord un message par jour, puis Y va accélérer la cadence sans dévoiler qui il est. May saura seulement qu’il est certainement dans son bahut puisqu’il lui fait parfois des remarques sur sa tenue. Si d’abord May est intriguée et un peu méfiante, c’est surtout la curiosité qui va prendre le dessus, tellement qu’elle va finir par lui répondre. Sans savoir qui il est, Y lui plait : elle se sent écoutée par lui, comprise, aussi. Il ne la juge pas. Enfin, après plusieurs semaines, un rendez-vous est convenu …. La rencontre aura-t-elle lieu ? Qui est Y ? Au lycée, tout le monde est au courant et les spéculations vont bon train. De notre côté, on cherche aussi… et je n’en dis pas plus.

Autour de cette histoire principale d’autres se greffent, tout aussi intéressante et prenante. C’est d’ailleurs ça le point fort de Darling #Automne : les personnages sont terriblement attachants et vivants.

C’est un roman très riche, bourré de rebondissements. Les thèmes sont nombreux : la grossophobie, l’homophobie, le racisme, la violence et dangerosité des réseaux sociaux pour les plus présents. Je ne peux que vous le conseiller, de mon côté j’ai hâte de découvrir le suivant et ce qu’il réserve : Darling #Hiver.

Enfin, je vous avoue que les noms des auteurs n’étaient pas pour rien dans mon choix de lecture. J’ai adoré plusieurs romans des deux auteurs, que ce soit en littérature jeunesse ou en littérature générale pour Julien Dufresne-Lamy.

Une série publiée aux éditions Actes Sud Junior !

Quelques romans ados de Charlotte Erlih :

Bacha Posh, Acte Sud Junior

La dernière fausse note, Nathan, 2021

Quelques romans de Julien Dufresne-Lamy :

Antichute, Flammarion, 2021, LG

Deux cigarettes dans le noir, Belfond, 2017, LG

[Ado – 15 ans] Météore, Antoine Dole

Née garçon, Sara se sait être fille depuis la prime enfance. Avant même de pouvoir le formuler, de le comprendre. Mais elle a dû grandir emprisonnée dans un corps subi, moulée dans les lois de la masculinité, à ne pas pouvoir supporter son reflet dans un miroir.
Une erreur ? Une anomalie ?
Il fallait un changement, un réalignement de ce corps, et c’est à seize ans que Sara débute sa transition pour être celle qu’elle est, se sentir enfin vivante. S’autoriser à être un météore que plus rien n’arrête, même pas les coups et les insultes.
Un monologue saisissant et maîtrisé sur un sujet trop longtemps tabou. Un plaidoyer pour la tolérance.

Mon avis :

Ce roman est sorti il y a un peu plus de deux ans, et m’attendait patiemment. Et quel roman ! On retrouve la plume envoûtante, poétique et parfaitement maitrisée de l’auteur, Antoine Dole.

Sara sort faire des courses. Elle a voulu mettre sa robe légère, même si elle a un peu hésité et on comprend rapidement pourquoi : quelques mètres plus loin, elle est regardée de travers, puis insultée, et agressée. Qu’est-ce qu’on lui reproche ? D’être née dans le mauvais corps car Sara en est sûre : elle est une fille, née dans le corps d’un garçon.

A travers ce long monologue on découvre le parcours de Sara, ou plutôt son combat. Le quotidien de Sara s’apparente à une lutte alors qu’elle ne veut que vivre. Vivre comme elle se sent. On ne peut s’empêcher d’éprouver de la tristesse pour elle, mais aussi de l’admiration.

Un roman paru aux éditions Actes Sud, collection d’Une seule voix !

[Jeunesse / ado] Un baiser qui palpite là, comme une petite bête, Gilles Paris.

«Je me suis laissée prendre, comme une fille facile.» Ainsi parle Iris avant de se donner la mort. C’est un choc pour l’ensemble du lycée mais surtout pour Emma, Tom et leurs amis. Conscients d’avoir mal agi, ils tiennent à mieux comprendre ce qui s’est passé et à défendre la mémoire d’Iris.

Mon avis :

J’avais hâte de lire ce livre, mais j’ai été déroutée assez vite. Je lis beaucoup de romans jeunesse, j’enseigne auprès des jeunes, et j’ai été perdue par le vocabulaire, ces « mots et expressions » dont on trouve la définition à la fin du roman et qui n’appartiennent pas à « mes jeunes ». Puis, j’ai essayé de m’en détacher pour mieux entrer dans cette histoire polyphonique.

Iris est morte. Elle s’est tuée. Cette « fille facile » qui avait couché avec un nombre affolant de lycéens ne supportait plus sa vie. Pourquoi ? Que se passait-il vraiment ? Que cachait Iris ? Et si en agissant ainsi, elle essayait de faire taire une autre violence ?

A l’annonce de son décès, c’est la sidération. Elle n’était pas aimée de tous, cette Iris, mais une telle nouvelle secoue forcément. Elle remet en cause les jugements, les réactions. Elle fait comprendre – trop tard – qu’on est certainement allé très loin. Trop loin. Des vidéos ont tourné. Des mots s’y sont ajoutés. Des paroles lâchées à son passage, mais aussi des messages envoyés. Une fois. Deux fois. Tout le temps. Un harcèlement, sans lueur d’apaisement.

Je pensais que c’était un roman sur le harcèlement d’Iris. En réalité, c’est plus que ça. Gilles Paris nous entraine dans les méandres du comportement des adolescent(e)s. On se cherche, on se toise, on tente. On cherche l’amour, le sexe, l’oubli. C’est violent, souvent. Ce n’est pas le monde adolescent que je connais, mais c’est un monde qui existe.

En résumé : j’aurais pu rester à côté du récit, à cause de ce langage « jeune » qui donne parfois l’impression de vouloir faire un listing. Heureusement, ce ne fut pas le cas. Les histoires, les voix sont fortes et à découvrir.

Un roman paru aux éditions Gallimard !

[Jeunesse – ado] La-gueule-du-loup, Eric Pessan

Rester confiné en ville ? Impensable pour Jo, son frère et sa mère. Ils s’en vont à La Gueule-du-Loup, dans la maison des grands-parents que Jo n’a pas connus, inoccupée depuis leur décès, deux ans auparavant. Et il n’y a pas que des inconvénients : Jo peut faire du sport, profiter de la forêt toute proche, et jeter sur un cahier ses essais de poèmes. Mais bientôt, des phénomènes étranges se produisent. Des bruits inexpliqués. Une peluche qui disparaît. Un animal ensanglanté dans la maison. Qu’est-ce qui hante La Gueule-du-Loup ?

Mon avis :

Quoi ? Un roman qui parle de confinement ? Non merci ! C’est exactement ce que j’aurais répondu si je n’avais pas vu que le roman était écrit par Eric Pessan.

Le confinement, ici, à cause d’une menace sanitaire qui rôde, c’est une toile de fond. L’important est ailleurs : c’est cette maison maternelle, complètement isolée, ces bruits qui surviennent, ces animaux qui rôdent… Jo ne se sent pas à l’aise dans cette maison. Rien que la façade lui inspire du dégoût. Elle ne se sent pas la bienvenue et, depuis qu’ils sont arrivés, sa mère se comporte étrangement. Elle est plus angoissée, plus fatiguée. Si Jo comprend qu’elle soit inquiète pour leur père, resté chez eux pour travailler à l’hôpital, elle comprend que ce n’est pas tout. La maison a un effet négatif sur elle. Mais pourquoi ? Que cache cette demeure ?

C’est un roman fort, très bien écrit, comme bon nombre de romans de l’auteur. Le rythme des phrases mime celui des actions, tantôt rapide, tantôt plus lent, tantôt poétique. Le suspens reste jusqu’au bout et, alors, tout s’éclaire. La fin n’est pas celle qu’on attend, elle n’est pas souhaitable, ni souhaitée d’ailleurs en ce qui me concerne, mais elle est terrible.

Un roman publié à l’Ecole des Loisirs !