[Jeunesse] Faits d’hiver, Cathy Ribeiro

ebook Faits d’hiver - Un roman intergénérationnel de Cathy Ribeiro ...

« Si on avait su, on lui aurait parlé au vieux. On lui aurait dit que pour nous aussi, c’était dur. On était là, on savait pas et on n’a rien pu faire… Pour sûr qu’on s’est ratés. De peu, mais on s’est drôlement ratés… »

Parce que les vieux d’aujourd’hui oublient trop souvent qu’ils ont été jeunes hier… et parce que les jeunes d’aujourd’hui ne réalisent pas qu’ils seront vieux demain…

Et s’il suffisait de quelques mots ? d’un sourire ou d’un geste pour tout changer ?

Mon avis :

En voilà un texte touchant et d’actualité ! Ici, deux voix se mêlent : celle d’Élie à la troisième personne, un vieil homme qui vit seul depuis la mort de sa femme Marcella mais aussi celle d’un jeune homme, qui utilise la première personne, venu voler les buches de bois d’Élie avec son frère, Tony.

Ce n’est pas la première fois que le jeune homme vole le bois du vieillard. Il ne le supporte plus. Cette nuit, il a préparé son arme, il est prêt. Si les autorités ne veulent pas lui rendre justice, il le fera lui-même. Ce soir, il les a entendus arriver. Il ne doit pas agir trop tôt : il faut des preuves. En attendant, il boit. Et il repense à Marcella.

L’autre voix est donc celle du voleur. L’utilisation du « je » nous rend plus proche de cet homme. Alors qu’il prend le bois, on découvre sa vie. Les souffrances qu’il endure depuis quelques temps, ses frères qu’il a voulu éloigner d’un homme trop violent tout comme sa mère qui ne fait que pleurer, le regard des autres. Le bois, il le veut pour sa mère qui a toujours froid.

Selon Élie, « Il n’y a que comme ça qu’on va prendre le problème au sérieux. Qu’on va enfin s’intéresser aux gens. Bien sûr, il y en a qui ne comprendront pas. Pour les uns, il y aura le pauvre homme qui n’en peut plus de supporter l’outrage, et le voleur puni: bien fait pour lui ! Pour d’autres, il y aura le drôle dans le besoin, victime d’un vieil avaricieux revanchard : tant pis pour lui » ! Un texte qui fait écho.

Cette double narration est très intéressante et enrichissante. Les deux voix sont touchantes : l’un s’accroche aux souvenirs de sa femme dont il peine à faire le deuil, l’autre se démène pour essayer d’offrir une vie correcte à sa famille. Deux hommes pleins d’amour, de souffrance aussi. La fin du texte est saisissante : j’ai adoré.

Un texte touchant, plein d’humanité, à découvrir et à faire lire aux jeunes comme aux plus grands !

Stéphie a aussi aimé ce roman.

Retrouvez Faits d’hiver sur le site de la maison d’édition le Muscadier !

D’autres romans de la collection Rester Vivant :

Phobie, Fanny Vandermeersch

Trouver les mots, Gilles Abier

Cathy Ytak, Les mains dans la terre

La peau noire des anges, Yves-Marie Clément

Station sous-paradis, Jean-Luc Luciani

 

Le mystère du Gué Gorand, Karine et Didier Giroud Piffoz

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Amoureux fous, Loëla et Goran sont les « amants de Vérone » de l’ouest vendéen. Au-delà de la haine qui sépare leurs familles depuis des générations, une terrible malédiction, lancée quelques siècles auparavant, au moment de la peste noire, leur interdit à tout jamais d’être un jour réunis et de pouvoir s’aimer librement. À moins que leurs amis, Ervyn et Elféia, un elfe et une fée, puissent trouver le moyen de briser le maléfice…
Telle est la légende du Gué Gorand. Tel est le mystère du Gué Gorand.

Didier Giroud-Piffoz, auteur d’une quinzaine d’ouvrages, roman, essai, biographie, lettres et recueils de poésie, poursuit simultanément un travail d’écriture et un engagement humanitaire en Inde, dans le cadre de l’association Regards et Alliance, qu’il a créée en 1987, avec son épouse Maeva.

Karine Giroud-Piffoz, sa fille, passionnée de littérature, après ses études de lettres modernes, partage son temps entre l’écriture et diverses activités liées à l’enfance. Karine est l’auteur, notamment, de deux romans, La lumière de l’Isalie et Chroniques d’un monde oublié.

Mon avis :

J’aime beaucoup les contes, c’est certainement pour cette raison que j’ai décidé de lire ce livre à peine reçu.

L’histoire se lit facilement, l’écriture est fluide et agréable. L’histoire d’amour impossible nous rappelle évidemment Roméo et Juliette avec ces deux familles que rien ne semble pouvoir réconcilier (vous me pardonnerez de prendre l’exemple le plus connu).

Mais ici, il est aussi question de magie : le cours d’eau qui sépare les deux familles est ensorcelé, nul ne peut le traverser sans mourir. Heureusement, des créatures magiques sont là pour prodiguer les soins aux arbres touchés par la malédiction.

Parmi ces créatures magiques se trouvent un elfe et une fée, Ervyn et Elféia. Depuis de longues années ils assistent à la rencontre d’un petit garçon, Gorant et d’une petite fille, Loëla, de chaque côté du cours d’eau, deux enfants qui accompagnent leur mère pour laver le linge. Ils les voient devenir un jeune homme et jeune femme et, surtout, voient naitre leur amour. Alors quand les deux amoureux ont l’idée de traverser le cours d’eau, les petites créatures vont chercher à les aider.

Si plus haut j’ai parlé d’amour impossible en littérature, on retrouve aussi le thème des métamorphoses, cher à Ovide. En effet les pères, contre l’amour de leurs enfants, sont punis  en étant transformés en arbre.

Une belle histoire, joliment racontée, à découvrir !

 

Retrouvez Le mystère du Gué Gorand sur le site de l’édition de l’Onde.

[Les touts-petits] Ma ferme animée et Mes vacances animées

Aujourd’hui je vous présente deux albums qui viennent de paraitre aux éditions Nathan, et que ma fille ne quitte plus depuis qu’on les a reçus.

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Les deux albums font partie de la collection « tourne, tire, pousse ». Ils sont pensés pour les enfants à partir de 12 mois. On leur propose d’observer les pages, de chercher un objet, et évidemment de tourner, tirer et pousser pour découvrir un objet ou un personnage.

Ma ferme animée :

illustré par Louise Forshaw

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Sur la page ci-dessus les enfants comprennent vite qu’en tirant sur la petite flèche jaune on découvre qui se cache dans l’étable ! Un peu plus loin on propose de compter les poussins ou encore les cochons. C’est aussi l’occasion pour l’enfant de découvrir le vocabulaire de la ferme et les animaux qu’on y trouve !

 

Mes vacances animées :

illustré par Sébastien Braun

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Sur cette double page à droite tourner selon le sens de la flèche fait découvrir aux enfants des bateaux et des poissons qui apparaissent dans la mer ou dans les seaux !

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A droite on peut faire glisser le toboggan. On propose aussi aux enfants de chercher des lézards, une bouée ou encore de compter les seaux.

Nicolas Vanier, L’école buissonnière

L'école buissonnière par Vanier

Pour Paul qui n’a jamais rien connu d’autre que l’univers minéral de la banlieue parisienne, la découverte de la nature sauvage de la Sologne est fascinante.
Confié à Borel, le garde-chasse bourru du domaine du comte de La Fresnaye, et à sa femme, le jeune garçon ne tarde pas à faire la connaissance du braconnier le plus rusé du pays.
Sur les bords de la Loire se noue alors une amitié sincère entre l’homme des bois et le gamin des villes. Paul découvre les secrets de la nature, goûte à la liberté, respire à pleins poumons cette nouvelle vie, rêvant jour et nuit de cette belle et jeune Gitane qui nage nue dans l’étang de la Malnoue.
Jusqu’au jour où il tombe sur un cerf majestueux qu’il veut protéger des hommes. Une quête qui le confrontera au secret de sa propre naissance…

Avec ce roman d’apprentissage, Nicolas Vanier nous convie dans cette Sologne mystérieuse qu’il chérit depuis son enfance.

Une ode à la nature, qui rappelle Maurice Genevoix, mais aussi une réflexion sur l’identité, les racines, l’amitié. Un texte à la fois fort et tendre, loin de l’agitation du monde.

Mon avis :

J’aime les romans de Nicolas Vanier, et celui-ci ne déroge pas à la règle.

1922. Paul a une dizaine d’années. Son père, qui doit partir travailler en Algérie, le confie à l’ancienne nourrice de la famille, Célestine, en Sologne. Le petit garçon découvre les joies de la campagne et se liera d’amitié avec « Totoche », un braconnier. Il apprendra le nom des arbres,  à reconnaitre les chants des oiseaux, à vivre en harmonie avec cette nature. Mais tout n’est pas facile. Le passé n’est pas loin, comme les secrets qu’il renferme…

L’écriture est presque poétique. On s’imagine facilement les paysages que nous peint l’auteur. On s’enivre de l’odeur des bois, on marche aux côtés de Paul, on observe avec lui, on écoute, on découvre.

Bonne nouvelle : le film sortira en octobre 2017 !

Retrouvez le roman sur le site de la maison d’édition XO et découvrez un extrait ici !

Autre roman de Nicolas Vanier :

La grande course de Nicolas Vanier

[Jeunesse BD] Rouge Tagada, Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

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Elle était dans ma classe. Quatrième D. D comme déconne, délire, débile, dévergondé, début, douleur, douceur aussi. Il y avait tout ça, chez nous.
Des pimbêches qui riaient trop fort, des timides, des bébés sages, des filles toutes fières de se comporter en femmes et des garçons qui ne savaient plus comment fonctionnaient leurs mains ni leurs pieds.
Il y avait aussi les Jade et les Benjamin, les bons copains toujours là en cas de coup de blues à la récré, toujours prêts à refaire le monde et jouer aux cancres au lieu d’aller en perm.
Mais il n’y avait qu’une Layla.

Mon avis :

J’avais beaucoup aimé Invisible écrit par la même auteure, Charlotte Bousquet, et aussi illustré par Stéphanie Rubini. Ces deux BD appartiennent à la même collection : « les graphiques ».

Alors qu’Invisible abordait le thème du suicide, ici c’est celui de la naissance d’un amour entre deux filles qui est à l’honneur. Alex est rapidement intriguée par Layla, une nouvelle qui se retrouvera dans sa classe. Les premiers temps, elle n’osera pas l’aborder, jusqu’à ce que Layla fasse le premier pas, pour une broutille. Les deux amies ne se quitteront plus.

L’histoire se déroule en trois parties, dans lesquelles les émotions sont très présentes : joie, amour mais aussi tristesse et désarroi. Le texte est court mais il n’était pas nécessaire qu’il soit plus long pour que le message, fort, soit passé. Les illustrations miment parfaitement les états d’âmes d’Alex et enrichissent l’ensemble (d’ailleurs, j’adore cette illustratrice).

La naissance du sentiment amoureux est très bien traitée. Si elle concerne un amour homosexuel,  l’accent n’est pas mis sur ce point mais sur l’absence de réciprocité.

Une très belle BD à découvrir et à faire découvrir !

Noukette et Jérôme l’ont aussi apprécié, c’est d’ailleurs eux qui m’ont donné envie de découvrir la collection ! Retrouvez aussi l’avis de Blandine !

Une BD publiée aux éditions Gulfstream !

 

Celui d’après, Jessica Cymerman

Présentation :

Jean et Anna, c’est le couple que tout le monde envie. Jeunes, beaux, follement amoureux, tout leur réussit. Le mariage est prévu, la route est tracée.

Mais Jean meurt dans un accident. La vie de la jeune femme s’effondre. Les mois passent, le deuil se fait, petit à petit. Alors Anna décide qu’il faut qu’elle aille de l’avant. Et elle veut trouver l’homme parfait.

Mais l’homme parfait, c’était Jean, et Jean, elle l’a perdu. Alors elle se met en tête de trouver son parfait sosie. Et quand elle rencontre Frédéric, sa vie va changer…

Le premier roman de la célèbre blogueuse Serial Mother !

Mon avis :

Le roman s’ouvre sur la mort de Jean et la souffrance d’Anna. Le couple devait se marier un mois plus tard mais le destin en a décidé autrement : Jean s’est tué en voulant trouver les plus belles roses blanches pour celle qu’il aimait (il a chuté dans des escaliers). Ces premières pages sont belles et touchantes. Pas de larmoiements insupportables.

Puis, au bout d’un temps, Anna comprend qu’il est temps de passer à autre chose. Elle doit faire de nouvelles rencontres. Une nouvelle rencontre même : elle veut trouver un nouveau Jean. Plutôt étrange, non ? En tout cas, elle ne va pas lésiner sur les efforts et trouvera tout un tas de façon pour mettre son plan à exécution : sorties, rencontres virtuelles et d’autres choses encore, que je vous laisse la surprise de découvrir. De fil en aiguille, elle rencontre Frédéric. Elle voudrait qu’il soit Jean. Qu’il porte les chaussettes vertes de Jean. Qu’il récite les mêmes phrases que Jean. Mais dans cette histoire, où se trouve la vérité ? Jusqu’où peut-on aller pour faire taire sa peine ? A partir de quel moment acceptons-nous de regarder la vérité en face ?

J’ai beaucoup aimé ce roman. La première partie de l’histoire est classique, mais la suite vraiment originale. Anna part avec une idée que je trouve fantasque, mais vraiment touchante puisqu’elle lui est encore dictée par l’amour qu’elle ressent pour Jean. Elle donne l’impression de ne pas vouloir avancer, inquiète ses parents et son entourage. Mais, si elle donne uniquement l’impression de survivre, son cheminement l’amène bien à une chose : reprendre le goût à la vie.

Un roman qui trouvera sa place dans votre sac cet été !

D’autres romans aux éditions Charleston :

Clarisse Sabard, La plage de la mariée

Constance, Rosie Thomas

 

Tu as promis que tu vivrais pour moi, Carène Ponte.

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Quand on a trente ans, on n’est jamais préparé à perdre sa meilleure amie. C’est pourtant le drame que Molly doit affronter quand Marie est emportée par la maladie en quelques mois à peine. Juste avant de mourir, celle-ci demande à Molly de lui faire une promesse : vivre sa vie pleinement, pour elles deux. Elle y tient, alors Molly accepte.

Mais par où commencer ? Lâcher son travail de serveuse ? Rompre avec Germain, l’homme avec lequel elle vit ? Certes, il est comptable et porte des chaussons, mais il est gentil.

Lorsque Molly reçoit quelques jours après l’enterrement un mystérieux paquet contenant douze lettres de Marie, elle comprend que celle qui lui manque tant n’avait pas l’intention de se contenter de paroles en l’air et que son engagement va l’entraîner bien plus loin que ce qu’elle imaginait…

Mon avis :

J’aime beaucoup Carène Ponte. Depuis un bon moment maintenant, puisque cela remonte au concours Ecrire Au Féminin qu’elle avait gagné, il y a quelques années. Que de parcours, depuis ! Un succès dans l’auto-édition, des romans publiés aux éditions Michel Lafon (on raconte qu’un merveilleux « F. » y travaille, d’ailleurs il semble tellement merveilleux que si jamais il lit cette chronique, je serais ravie de lui faire parvenir un roman ado sur les péripéties d’une lycéenne – fin de la digression), des lecteurs de plus en plus nombreux, des chocobons, et une profonde gentillesse qui ne change pas.

Alors, Carène pourrait se reposer sur ses lauriers, bien tranquillement. Mais non. Elle travaille, encore et encore. Et si on ne ressent pas la somme de travail qu’elle a dû fournir pour ce nouveau roman (heureusement, sinon il serait mauvais), un œil attentif ne peut que constater une progression dans l’écriture, et c’est la première chose qui m’a conquise (attention, les autres romans ne sont pas mal écrits, au contraire, j’apprécie seulement une écriture qui est parfois plus incisive et ironique).

Autre point que j’ai aimé dans ce livre:  la douceur de l’histoire. Je me suis attachée à Molly, et même à Marie (mais pas à Germain !). Si certains points ne semblent pas probables (quoi que parfois ce qui semble improbable en littérature existe dans la réalité), Carène sait emporter son lecteur sans le laisser sur le côté. On veut connaitre la suite de l’histoire, savoir où tout cela va l’amener.  On se doute, on s’étonne, on suppute, on esquisse des sourires quand une de nos hypothèses prend forme bref, on vit l’histoire de Molly.

Un nouveau roman qui tient ses promesses et qui fera une excellente lecture estivale !

D’autres romans de Carène Ponte :

Trois femmes, Carène Ponte et La vie étonnante d’Ellis Spencer, Justine Angier

Un merci de trop, Carène Ponte

La parole à Carène Ponte, l’une des gagnantes du prix « Ecrire au féminin » !