[Jeunesse] Caviar poisson star, Justine Jotham

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Goldy, le poisson rouge de la grande star de la chanson Miss Silver, est désemparé : suite au décès de sa propriétaire de toujours, le voilà relégué dans une famille totalement banale, qui ignore tout de son talent et le traite comme du menu fretin ! Comble de l’offense ? Ils ont été jusqu’à lui donner un nouveau nom sans aucun panache : Caviar. Il doit absolument renouer avec la célébrité ! Est-ce que le petit Léopold et sa Mémé aux idées un peu embrouillées ne pourraient pas l’y aider ?

Mon avis :

Qu’il est chouette ce poisson ! Je me suis régalée à la lecture de ce petit roman. Caviar, le petit poisson reconnaissable grâce à ses zébrures, a le blues : sa propriétaire, une grande star de la chanson, est décédée. Depuis, il n’est plus sous les feux des projecteurs, et cela lui manque ! Mais il va retrouver une petite famille au sein de laquelle il se sentira heureux comme un poisson dans l’eau !

Si l’originalité de ce récit vient du fait que le narrateur est un poisson, il a un autre atout que j’ai beaucoup apprécié : l’humour présent à chaque page, notamment quand le narrateur s’adresse directement au lecteur. L’histoire est surprenante et pleine de rebondissements, et j’ai apprécié trouver certains mots de vocabulaire complexe, comme « méphistophélique » (mais rassurez-vous, le vocabulaire est très abordable ! ).

Les illustrations sont aussi drôles et plaisantes à regarder.

Un roman drôle, pêchu, accessible aux enfants dès 8/9 ans !

[Jeunesse / ado] La cascadeuse des nuages, Sandrine Beau

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Élise Deroche naît en 1900, à l’aube du 20e siècle. À cette époque, les femmes demeurent toute leur vie sous la tutelle de leur père ou de leur époux. Mais Élise est une femme qui se veut libre. C’est son petit frère, plein d’admiration pour sa grande sœur fougueuse et frondeuse, qui nous raconte son histoire. L’histoire de la première femme à obtenir son brevet d’aviation et à concourir avec les hommes (qui ne voient pas ça d’un très bon œil).

Mon avis :

J’aime lire Sandrine Beau. J’adore ses romans, qu’ils soient pour les enfants ou les adolescents – (Le garçon qui parlait avec les mains , Anna, Journal d’un cygne, Pic pic pic Le moustique ou encore Traquées…) –, elle fait partie de ces auteurs avec lesquels je sais que je vais passer un bon moment de lecture.

Dans ce dernier roman, elle nous présente Elise Deroche, la première femme en France qui a obtenu son brevet de pilote d’aviation. Dès les premières pages, on comprend qu’elle va y laisser des plumes, puisque nous la rencontrons dans le prologue « allongée sur un lit, assortie à ses draps blancs » avec « un bras cassé, une jambe cassée, une hanche cassée et quatre côtes cassées. »

Ensuite, le premier chapitre nous renvoie quelques mois plus tôt. Le livre est raconté par deux voix : celle d’Elise, grâce à un carnet qu’elle tient quand elle est petite, qui alterne avec celle de son petit frère, qui est en admiration devant sa sœur. Ce dernier sera présent lors des meeting d’aviation, il nous raconte ses succès, mais aussi ses difficultés. Parce que vouloir devenir pilote d’avion n’est pas une sinécure au début du 20ème siècle : les femmes n’ont alors pas le droit de vote, n’ont pas de compte bancaire, et elles n’ont pas le droit de se « travestir », c’est-à-dire de porter un pantalon. Elise débarque dans un milieu réservé aux hommes, elle veut faire comme eux, c’est plus fort qu’elle. L’aviation, elle a ça dans les tripes. Rapidement, elle devient excellente dans le domaine. Elle est saluée par le public qui la surnomme « La cascadeuse des étoiles », ce qui suscitera des jalouseries, allant de « simples » médisances à du sabotage.

Je suis ravie d’avoir lu ce livre, notamment parce que j’ai découvert Elise Deroche, dont le nom m’était complètement inconnu, je l’avoue ! A l’heure où les avions étaient encore faits de bois et de tissu, je suis éblouie par le courage et la détermination de cette femme (bien mis en valeur, je trouve, sur la magnifique couverture de Nicolas Fancescon – si je ne me trompe pas d’illustrateur).

Il conviendra aux enfants à partir de 10 ans. A découvrir sur le site de la maison d’édition, Alice, collection tertio.

 

 

[6 ans] Deux jolis albums : « Cornebidouille » et « Juste à temps »

Aujourd’hui je vous présente deux albums parus aux éditions l’école des loisirs, qui raviront vos enfants dès 6 ans !

Non Cornebidouille, pas mon doudou !  Magali Bonniol et Pierre Bertrand

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Pierre ne veut toujours pas manger sa soupe… et pour cause : il a craché la sorcière Cornebidouille toute rétrécie dedans, la dernière fois ! Condamné à vider la soupière maudite dans les toilettes, Pierre va dormir tranquille. Mais voilà qu’au beau milieu de la nuit il est réveillé par une Cornebidouille en furie, bien décidée à lui infliger la pire souffrance de sa vie : lui voler son doudou !

Une nouvelle fois, on est charmé par l’histoire pleine de rebondissements et par le courage de notre petit héros !

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Juste à temps, Tomi Ungerer

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L’humanité s’est enfuie sur la Lune. Sur terre, tout est hostile, froid, rectiligne. Dans les rues désertes, Vasco suit son ombre. Elle le guide, le met en garde, et le sauve de mille et un dangers, à chaque fois juste à temps ! Fidèle comme une ombre, elle le conduit aussi à accomplir deux missions : remettre une lettre et sauver la vie de Poco l’orphelin.

Un bel album, plus profond que le précédent, qui parle de la vie sur la Terre, où plutôt de l’absence de vie. Les dessins sont épurés, en lignes droites.

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Si je me souviens bien, Hélène Le Bris

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Marthe a 60 ans, et l’esprit confus. Elle le sait, se défend, s’organise pour mieux résister à Al – c’est ainsi qu’elle nomme le fauteur de ses troubles : son Alzheimer précoce. Pour retenir ses souvenirs récents, elle les note dans un cahier. Son passé lui échappe : elle ne sait plus pourquoi elle a déménagé, ni ce qu’est devenu le compagnon de sa vie. Le cahier restitue ses efforts pour comprendre, ses doutes, ses émotions qui mêlent frustration, culpabilité et désir de rattraper le temps perdu.
Un indice découvert au hasard dans une revue bouscule son quotidien : elle croit retrouver la piste de son mari disparu… Elle s’improvise alors détective et mène l’enquête à l’insu de ses proches, sa voisine cinéphile et son neveu adoré.

Mon avis :

Marthe, c’est le type de personnage auquel on peut facilement s’identifier. Peut-être est-ce à cause du « je » narrateur, de la fluidité de l’écriture ou de la rapidité avec laquelle on s’y attache. Certainement un mélange des trois. Marthe nous émeut aussi, tout comme elle peut nous faire rire ou nous inquiéter. C’est une battante. La préoccupation principale de Marthe, c’est retrouver la trace de Adrien, son mari. Pour le faire, elle s’improvisera détective.

Heureusement, elle peut toujours compter sur Vincent, son neveu, l’un des seuls à la comprendre. C’est lui qui lui a donné l’idée de noter tout ce qui lui arrive dans un carnet, afin de ne plus oublier.

Un joli texte sur la question de la mémoire et de l’oubli.

 

[Dès 7 ans] La famille trop d’filles : Les grands-parents se marient

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Grand-Mère Léo et Grand-Père Mimi ont décidé de se remarier ! Mimi se contenterait bien d’une cérémonie sobre, simplement entouré de sa famille, mais Léo n’est pas de cet avis : son sixième mariage sera le plus grandiose !
Les enfants sont mis à contribution et avancent leurs idées, seulement… un à un, tous les plans tombent à l’eau. Le mariage pourra-t-il avoir lieu ?

Mon avis :

Quelle chouette histoire ! Mimi et Léo ont décidé de se remarier. Si les nombreux petits enfants sont ravis, rien ne se passe finalement comme prévu !

Une nouvelle fois, l’histoire est drôle et pleine de rebondissements. Les illustrations, hautes en couleur, apportent du peps à l’ensemble (bravo Clotka ! ). En filigrane se pose la question du mariage, et de son intérêt, mais rappelle aussi que les cérémonies les plus coûteuses ne sont pas forcément les meilleures !

Un livre paru aux éditions Nathan !

[Jeunesse] Barjoland, Jean-Luc Luciani

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L’univers de Damien bascule le jour où il apprend, d’une part, que les Américains ont élu Donald Trump à la tête des États-Unis et, d’autre part, que sa mère envisage de refaire sa vie avec un psy qui anime une émission de radio destinée aux adolescents.

Entouré de ses amis proches, des lycéens connectés en permanence, il va tout faire pour tenter de discréditer le psy aux yeux de sa mère… jusqu’à commettre l’acte de trop et frôler la folie à son tour.

Mon avis :

Voici un roman qui se déroule en 13 actes, du 18 novembre 2016 au 31 décembre de cette même année.

Damien vit avec sa mère. Son père est décédé un an plus tôt. Depuis quelques temps, sa mère fréquente un homme, Colvert. C’est un psychologue pour adolescent, très connu pour son émission Ados rebelles, des problèmes à l’appel : comme si Damien avait besoin de ça ! Entre les deux, le courant ne passe pas. Damien multiplie les provocations, plus ou moins graves, tandis que Colvert reste calme, en apparence. La mère, quant à elle, navigue à vue.

De son côté, le professeur Gallois est perplexe. L’élection de Trump, c’est le début de quelque chose. Ou la fin. Il se demande comment il va pouvoir parler de ce coup de massue à ses élèves, certainement avides d’en discuter. Mais il déchante vite : ses élèves s’en moquent complètement. Ils ne s’intéressent qu’aux notes et vont en faire la risée des réseaux sociaux. Quant au proviseur – il travaille dans un établissement privé –  il ne voit pas ses discours d’un bon œil.

D’un côté, la colère d’un adolescent. De l’autre, celle d’un adulte. Dans les deux cas, ils veulent ouvrir les yeux à leur entourage, plus ou moins proche, mais ils font face à l’indifférence. Alors ils continuent, sans savoir jusqu’où ils peuvent aller… Les limites sont fluctuantes, la folie tantôt s’exprime, tantôt reste sous-jacente.

La folie, c’est bien l’idée que l’on retrouve sur cette couverture, comme dans le titre d’ailleurs. Dans les deux cas, la folie est la conséquence de l’indifférence ou d’une colère qui ne trouve pas d’apaisement. Le monde, pour eux, ne tourne plus rond. Un monde de barjos. Barjoland. Pourtant Damien, comme Gallois, sont à l’origine comme n’importe quel autre adolescent ou n’importe quel  autre adulte. Ainsi, la folie peut toucher tout le monde. D’ailleurs elle s’immisce aussi, dans une moindre mesure, dans les comportements d’autres personnages (comme Colvert avec sa manie que tout soit bien rangé).

Un roman fort publié aux éditions Le Muscadier, collection Rester Vivant ! 

D’autres romans de l’auteur :

[Jeunesse / ado] Station sous-paradis, Jean-Luc Luciani

 

 

 

[Album / ado] Je suis Camille, Jean-Loup Felicioli

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Cette rentrée est très importante pour Camille. Rejetée par ses anciens camarades d’école qui n’acceptaient pas sa différence, elle espère se faire de nouveaux amis. Heureusement, elle devient rapidement copine avec Zoé, une fille débordant d’énergie. Mais Camille hésite à lui confier son secret…

Mon avis :

Camille vient de rentrer en France avec sa mère et sa petite soeur, Lila. Son père les rejoindra plus tard, il doit rester encore un peu à Los Angeles. La jeune fille espère plus que tout une chose : une nouvelle vie.

Camille rentre en sixième. La veille de la rentrée, elle fait un cauchemar, toujours le même : elle est entourée d’une petite foule qui se moque d’elle.

Elle est accompagnée par sa mère et sa petite sœur pour ce premier jour. En classe, Camille se fait rapidement une amie : Zoé. Rapidement, elles deviennent très complices, et vont même monter un groupe de rock ! A la piscine, Camille se contente de regarder ses amis jouer dans l’eau : ils ont décidé de dire qu’elle est allergique au chlore… En réalité, elle ne veut pas se mettre en maillot de bain : elle n’est pas née dans le bon corps.

Car Camille est une jeune fille, née dans un corps de garçon. Ce secret, elle va finir par l’avouer à Zoé, qui le prend très bien. Or, un jour, alors que les deux filles se disputent à cause d’un garçon, Camille n’a qu’une crainte : que Zoé dévoile tout ce qu’elle sait…

C’est un roman touchant, qui met des mots sur un sujet dont on parle encore peu : la transidentité. Toutefois, le sujet ici est survolé – certainement parce que la question de l’identité ne se pose pas pour Camille, elle est sûre d’elle. Le récit est surtout axé sur le bien-être de Camille et la recherche d’une ou de plusieurs amis, ce qu’elle n’avait plus quand elle vivait encore à Los Angeles, ainsi que la tolérance.

Mention spéciale pour les illustrations : j’adore les expressions faciales des personnages !

Je suis Camille est paru aux éditions Syros !