[Docu / fiction] »[Dé]connexions » et « Caméléon », Christine Deroin.

Aujourd’hui je vous présente deux livres parus aux éditions le Muscadier, dans la collection « Saison psy », dirigée par Christine Deroin.

Le premier, (Dé)connexions, s’intéresse à l’addiction aux écrans.

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Manon, Clément et Enzo sont trois adolescents. Manon veut devenir créatrice de jeu et piaffe d’impatience. Enzo est accro aux jeux en réseau et aux jeux d’énigmes, et son mal-être le pousse à s’identifier à ses avatars. Clément vient de perdre le chien de son enfance et ne trouve d’oreilles compatissantes que parmi les adeptes des réseaux sociaux.

Trois expériences différentes qui démontrent la complexité et la diversité de ce qu’on appelle communément l’addiction aux écrans.

L’addiction aux écrans n’est pas une nouveauté. Sa dangerosité a déjà été démontrée plus d’une fois mais les écrans continuent à prendre de plus en plus de place, plus encore pendant cette période de confinement pendant laquelle les enfants / adolescents sont chez eux. Récemment, j’ai lu que les ventes de jeux vidéos sont en pleine expansion depuis un mois…

Il faut dire qu’ils ont tout pour attirer.  Face à l’écran, on oublie un peu le monde qui nous entoure, on se crée une nouvelle famille virtuelle qui nous apparait rapidement comme essentielle, on se sent moins seul. Le temps passe à toute vitesse, tellement que les nuits raccourcissent, ce qui a des conséquences sur la vie quotidienne et la santé (fatigue, mauvaise alimentation, irritabilité, etc). On a aussi tendance à faire facilement confiance à la personne avec laquelle on discute, alors qu’on ne la connait pas… et qu’elle peut nous faire croire ce qu’elle veut. Le livre illustre très bien ces dangers.

Notons que, contrairement à ce qu’on croit, l’addiction aux jeux vidéos ne concerne pas que les garçons, comme le prouve la présence de Manon.


Le second, Caméléon, traite du trouble Asperger.

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Alice est une adolescente que tout le monde a toujours qualifiée de haut-potentiel sans reconnaître la profondeur de son malaise et son véritable trouble Asperger. Un déménagement et un changement de collège vont la déstabiliser et faire jaillir sa personnalité d’ovni (« objet vivant non intégré »), comme l’appelle sa sœur.

Son admiration pour Fanny, la star de la classe, et sa volonté de lui ressembler en tout point pour être aimée, vont faire exploser ses repères et la mettre en danger.

Le trouble Asperger chez les filles est rarement diagnostiqué dans l’enfance. Le déceler tôt permettrait d’aider les adolescentes à s’épanouir, et aiderait leur entourage à l’accepter.

J’ai adoré lire ce livre et découvrir le cheminement d’Alice. Cette dernière a dû mal à comprendre les codes de la vie en société et s’intègre difficilement. Les ados s’agacent de la voir s’imposer si maladroitement et les adultes aimeraient qu’elle fasse plus d’efforts… comme si c’était sa faute ! La souffrance de l’adolescente est réelle.

 


 

Ces livres sont vraiment des mines d’or indispensables pour comprendre les problèmes et les enjeux de notre société. Les histoires sont vraisemblables, les analyses pertinentes et les aides réelles. Ils peuvent convenir à toute la famille : les adolescents y trouveront des reflets de leurs vies, sans avoir le sentiment désagréable d’être jugés, et les parents des explications grâce aux interventions des spécialistes.

« La collection Saison psy traite de problématiques liées au quotidien et aux questionnements des adolescent·e·s. Les aspects psy et bien-être ne sont jamais abordés l’un sans l’autre, de telle manière que les réponses données au fil des pages permettent d’alléger voire de dissiper totalement le désarroi des lecteurs et des lectrices face à certaines situations compliquées de la vie.

Chaque livre propose une double approche de la thématique : sous forme de fiction, d’une part, et sous forme documentaire, d’autre part. Tous les titres de la collection sont découpés en épisodes – constitués chacun d’un chapitre du récit et d’une analyse psychologique – qui forment un ensemble cohérent, comme une saison complète d’une série TV dans laquelle les personnages auraient le droit à une séance psy à la fin de chaque épisode pour mieux décortiquer leurs actions et leurs comportements.

Au fil des saisons, chacun·e trouvera des réponses pour mieux aborder les maux qui jalonnent l’existence d’un·e ado d’aujourd’hui.. »

Une petite chose sans importance, Catherine Fradier

Une petite chose sans importance

Présentation de l’éditeur :

Le premier roman jeunesse de Catherine Fradier pour les ados ! Tout son art du suspense, une intrigue qui happe et bouleverse en éveillant la conscience. « Rien de nouveau dans ma tête, Asperger est toujours là. Je suis différent et je le resterai. Il faut que je continue à apprendre à vivre avec, il n’y a pas d’autre solution. » Sacha, qui souffre du syndrome d’Asperger, a été retiré du système scolaire par sa mère à la suite d’un harcèlement qui a mal tourné à l’école. Médecin, elle s’est depuis tournée vers l’humanitaire et emmène son fils lors de ses missions à travers le monde. Une petite chose sans importance est la traduction du mot swahili kadogo qui signifie enfant soldat. C’est, racontée par Sacha, l’histoire de Destinée, une enfant soldat congolaise d’une quinzaine d’années, qu’il a connue lors de l’une des missions de l’ONG dont sa mère est membre.

Mon avis :

J’ai reçu ce livre il y a trois jours, et il est déjà lu, dévoré, terminé.

Sacha est un enfant qui souffre du syndrome d’Asperger (une sorte d’autisme sans déficience intellectuelle, ni retard de langage). Il ne va plus à l’école et suit sa mère, médecin, qui travaille dans l’humanitaire.  Il adore les chiffres, aime compter, pi, et déteste tout ce qui est marron.

Alors qu’il se trouve en République démocratique du Congo, il fait la connaissance de Destinée, qui va devenir son amie. C’était une enfant soldat, comme beaucoup d’autres présents dans le camp. Toutefois, Destinée a un autre but que celui de ne plus être enfant soldat : retrouver son bébé, nommé Espoir,  qui est resté avec les ennemis, et retourner vivre avec l’enfant auprès de sa mère. Dans sa fuite du camp, elle emmènera Sacha, sans le vouloir.

C’est un roman jeunesse, destiné aux adolescents. L’histoire est racontée par Sacha qui décrit ce qu’est Asperger : je trouve que c’est une belle façon de présenter le syndrome aux ados. Néanmoins, c’est un livre qui peut tout à fait plaire aux adultes : certaines choses sont un peu plus difficiles à comprendre.

J’ai beaucoup aimé cette histoire. Les thèmes (les enfants soldats, le travail des enfants, Asperger) sont des thèmes qu’on trouve peu dans la littérature jeunesse.

Destinée et Sacha sont deux personnages attachants, avec des caractères forts. Ce qui tombe bien car Une petite chose sans importance est le premier opus de la série Chroniques lunaires d’un garçon bizarre. Je peux d’ores et déjà vous dire qu’il me tarde de retrouver Sacha !

Ce livre est paru le 3 mars 2016, aux éditions Au Diable Vauvert.