Zou, Anne-Véronique Herter

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Présentation :

Ce n’est pas seulement la maison de vacances appartenant à sa famille depuis plusieurs générations que Chance doit quitter, mais aussi tous les fantômes qui l’habitent, ceux de son imagination, ceux de son passé, ceux des histoires que lui racontait son père.
Avec la perte de cette immense demeure, nichée dans un grand jardin séparé de la mer par un petit muret en pierre, lieu d’introspection privilégié de tous pour observer le bleu à l’infini, Chance perd également ses repères et se pose des questions quant à son identité. Est-elle vraiment, comme l’a toujours dit sa grand-mère, la réincarnation de son frère qu’elle n’a pas connu ?
« Zou ! », c’est le signal d’un nouveau départ, d’un renouveau qui s’impose comme une nécessité, un impératif de survie. « Zou ! », si simple à écrire, si court à prononcer et pourtant si difficile à accepter.


Mon avis :

J’aime découvrir un premier roman, la fraîcheur d’une nouvelle plume. J’aime moins quand je n’aime pas cette première rencontre : il n’y a pas encore d’autres livres  à lire rapidement pour rattraper mon impression, et une fois le second sorti (s’il y en a un), je n’ai aucune envie de le lire. Mais il y a aussi des livres qu’on dévore, qui nous font penser que la littérature n’est pas qu’une éternelle répétition, qu’il y a des choses nouvelles que ce soit dans la façon de traiter un sujet ou dans le style est ça, c’est vraiment un régal. C’est d’ailleurs le cas de « Zou », un délice littéraire.

J’ai lu ce livre il y a quelques semaines déjà, roman que j’ai reçu dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire de Price Minister (oui, je suis très en retard), et je n’ai pas pu écrire la chronique dans la foulée (vous savez pourquoi) ce qui n’est pas évident pour retranscrire tout ce que j’ai pu ressentir. Pourquoi ce livre ? Une quatrième de couverture qui m’a interpellée mais aussi (et c’est un gage de qualité pour moi) il était recommandé par Stephie de Mille et une frasques, et je me souviens que sa chronique sur ce livre m’avait particulièrement convaincue.

La maison dans laquelle Chance a vécu va être vendue. Elle décide de se mettre à l’écriture, ce qui lui permet de faire revivre son passé mais aussi de se poser des questions sur son identité et sur sa place dans sa famille face à l’ombre de son frère, décédé avant qu’elle ne puisse le connaitre. C’est aussi l’occasion de faire un bilan pour elle et de poser les bases solides pour un nouveau départ et aller de l’avant.

L’écriture de Anne-Véronique Herter est très prenante, c’est une lecture tout en douceur. L’un des points forts de ce livre est de réussir à surprendre le lecteur par l’alternance des narrateurs, qui ne sont pas toujours des personnes. Ainsi, on peut suivre le point du vue de l’ordinateur face auquel Chance écrit, mais aussi le petit muret de pierre ou la maison. Cela peut sembler étrange (d’ailleurs, ça l’est !), mais l’écriture tout en finesse de l’auteur rend l’ensemble terriblement addictif. C’est un premier livre dans lequel on trouve déjà tant de qualités que je ne peux qu’espérer un second roman. Et, pour ne rien gâcher, l’auteur est plutôt sympathique et facilement accessible, notamment via les réseaux sociaux.

Bref, un livre que je recommande chaudement !