[Jeunesse / YA] L’aigle noir, Hervé Mestron

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Sur la côte normande, à Ouistreham. Pendant l’année, avant l’arrivée des touristes, les jeunes s’ennuient. Billie, une adolescente à la voix sublime, est minée par un secret inavouable, et vit de plus en plus repliée sur elle-même. Hartman, le nouveau professeur de musique, ex-jazzman au passé mystérieux, tombe amoureux de la voix de Billie. Cherchant à se rapprocher de la jeune fille pour l’aider, il va bientôt comprendre qu’il n’est pas le bienvenu dans ce collège.

Mon avis :

Voici un texte qui se lit d’une traite. Hartman se retrouve seul suite à un drame. Professeur de musique, il demande sa mutation et obtient un poste à Ouistreham. L’accueil qu’il y reçoit est plus froid que prévu. Ses collègues ne semblent pas emballés par ses idées et seule une femme, visiblement en mal d’amour, ne s’intéresse à lui.

Billie a une voix magnifique, troublante. Mais, surtout, elle cache un secret. Quelque chose que personne ne connaît, pas même sa meilleure amie. Elle vit dans une maison luxueuse avec sa mère et son nouveau chéri. Une maison dans laquelle elle ne manque de rien. Et pourtant…

Deux personnes qui sont faites pour se rencontrer, liées par la beauté de la musique. Malheureusement, le destin n’est pas d’accord pour leur facilité la tâche. Les actes malveillants arriveront rapidement. La rumeur court aussi. Une rumeur qui dévaste tout, qui ne part pourtant que d’un grain de sable imaginaire.

Un roman percutant.

Retrouvez L’aigle noir sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !

D’autres romans de la maison d’édition :

[Jeunesse] Le réveil de Zagapoï, Yves-Marie Clément

[Jeunesse] Pas bête(s), Christophe Léon.

[roman jeunesse / ado] Cathy Ytak, Les mains dans la terre

 

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[Jeunesse] Le réveil de Zagapoï, Yves-Marie Clément

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Au cœur de la forêt amazonienne, en Guyane, une mission scientifique destinée à éradiquer les moustiques tourne mal. Le GENIBE, puissant insecticide, entraîne des mutations dans la nature et le réveil de Zagapoï – l’Esprit de la jungle. L’expédition se transforme alors en cauchemar. Les membres de l’équipe scientifique échapperont ils au pire ?

Mon avis :

J’aime beaucoup l’écriture d’Yves-Marie Clément. Il arrive toujours à m’embarquer dans son univers et une fois que j’ai commencé son livre, je ne peux plus m’arrêter.

Le réveil de Zagapoï se présente comme une fable écologique. Le roman alterne entre le regard des habitants, les animaux de la forêt, qui vivent légitimement au sein de celle-ci depuis des siècles et celui des Autres, les hommes. En sus, il y a Salomon, le gardien, un homme qui vit dans la forêt. Il ne voit pas d’un bon œil l’expérimentation et refuse de quitter les lieux : il veut voir les résultats de ses propres yeux. Contrairement aux scientifiques, il n’accepte pas de prendre des médicaments ou des sprays contre les moustiques, assurant qu’ils ne l’aiment pas et ne le piquent pas.

Adriana, dont nous lisons le journal de bord, est recrutée avec d’autres scientifiques pour tester un très puissant insecticide, le GENIBE, au beau milieu de la forêt amazonienne. Ce produit aurait reçu de très bon résultat lors des essais en laboratoire, et les moustiques sont responsables de tellement de maladies qu’il semble important de trouver un insecticide qui soit efficace et auquel les insectes ne se sont pas habitués. Evidemment, commercialiser un tel produit engendrerait aussi (surtout ? ) une belle rentrée d’argent…  Quand certains scientifiques comme Benjamin font part de leur réserve, le professeur Todorov, responsable de l’expérience, est formel : il n’y a aucun risque. Tous les documents concernant la composition du GENIBE et les résultats complets des essais en laboratoire leur seront transmis. Un professeur pourtant qui se garde bien de rester sur place auprès de l’équipe scientifique…

Evidemment, les choses ne se passent pas très bien. Si le produit semble avoir un bon effet sur les moustiques, il touche aussi durement la faune et la flore locales. Les scientifiques ont réveillé Zagapoï, l’esprit de la forêt. La nature est bien décidée à ne pas se laisser faire.

J’aime beaucoup ce roman. Si le début est réaliste, progressivement l’expérience prend une dimension fantastique qui sert à la perfection le sujet. Si nous savons tous que les moustiques sont responsables de maladies graves et pullulent dans certaines régions du monde, qu’ils peuvent être de plus en plus résistants aux produits chimiques utilisés (pas forcément à bon escient) il apparaît clairement ici que le but de la commercialisation de ce produit n’est pas humaniste, mais purement financière. Les scientifiques qui ont accepté l’expérience – grassement payée – sème les prémices d’une destruction face à laquelle ils ne pourront plus reculer. Un texte qui sonne comme un avertissement.

Un très bon roman à retrouver aux éditions Le Muscadier !

Autres romans de l’auteur ou de la collection :

[Jeunesse]La peau noire des anges, Yves-Marie Clément

[Jeunesse] Pas bête(s), Christophe Léon.

[Jeunesse/ ado] Trouver les mots, Gilles Abier

[Jeunesse] Faits d’hiver, Cathy Ribeiro

 

[Jeunesse] Pas bête(s), Christophe Léon.

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Une poule pondeuse et frondeuse. Les pensionnaires étranges d’un zoo extraordinaire. Un mouton mégalomane. Un père et son fils en guerre contre les blattes. Un jeune cadre dynamique jouant les toreros. Les animaux curieux d’une ferme pédagogique ultramoderne. Un chien retraité pas mordu de téléréalité. Voilà les rencontres étranges que vous ferez dans ce livre.

Sept fables contemporaines dont les héros, qu’ils aient deux, quatre ou six pattes, n’agissent pas exactement comme l’on pourrait s’y attendre. Un savant mélange de raison et de folie, de causticité et de gravité, pour saliver de plaisir et se gratter la tête.

Mon avis :

Pas bête(s) ! regroupe sept nouvelles publiées dans les recueils Pense bêtes et Bêtes de pensée, qui étaient déjà parus au Muscadier.

Si les textes ne m’étaient pas tous inconnus, j’ai pris beaucoup de plaisir à en relire certains et à en découvrir d’autres. Les animaux sont au centre des nouvelles, mais pas pour des descriptions idylliques. L’auteur dénonce,  sur un ton caustique non dénué d’humour, les élevages actuelles qui ne sont pas conçus pour le bien-être des animaux, mais qui ne sont pensés qu’en terme de rentabilité. On ne peut s’empêcher de sourire à certains passages et de se désoler à la lecture d’autres.

Le point fort de Christophe Léon, c’est sa capacité à dénoncer quelque chose, sans être moralisateur. Ici, ce sont des constats accablants pour la plupart qui sont contés par les animaux. J’aime beaucoup l’idée que ce soit eux les narrateurs. Le lecteur est amené à se poser des questions sur les habitudes prises par certains agriculteurs mais aussi sur sa propre consommation.

En bref : un recueil savoureux et caustique, qui trouve parfaitement sa place dans la collection « Rester Vivant« .

D’autres romans de l’auteur :

[Jeunesse] Argentina, Argentina, Christophe Léon

[Jeunesse / YA] Fani, Christophe Léon[Jeunesse / JA]

Hoax, Christophe Léon

D’autres textes de la collection « Rester Vivant » :

[Jeunesse / ado] Station sous-paradis, Jean-Luc Luciani

[Jeunesse/ ado] Trouver les mots, Gilles Abier

[Jeunesse]La peau noire des anges, Yves-Marie Clément

 

 

[Jeunesse – ados] Le 9ème continent, Dominique Corazza

Couverture du livre "Le 9e continent" - Dominique Corazza - ISBN 9791090685956

Présentation :

Êtes-vous déjà entré dans une de ces serres en plastique qui couvrent nos campagnes ? Attention : danger ! Avez-vous déjà vu des maisons de vacances gardées par de vrais nains de jardin en chair et en os ? Non, vous êtes sûrs ? Méfiez-vous des visites organisées dans des villages idylliques où l’on reconstitue la vie d’autrefois : elles peuvent virer au cauchemar. Et si, au printemps, vous n’entendez plus le coucou chanter, ne vous étonnez pas, ça devait arriver…

Quatre histoires qui donnent à voir un visage inquiétant de cette nouvelle ruralité qui bouleverse profondément nos paysages et nos vies.

Mon avis :

Je découvre la plume de Dominique Corazza avec ce roman, et quel plaisir ! Pour l’amatrice de nouvelles que je suis, c’est un sans-faute.

Chaque nouvelle a un but précis : éveiller la conscience du lecteur sur des incohérences ou des problèmes qui rongent le milieu rural. Ainsi, on retrouve des tonnes de plastique là où on devrait trouver des cultures de fraises à même le sol, les bruits qui nous assomment là où il ne devrait y avoir que de la tranquillité, les préjugés désolants d’une femme qui a une vision archaïque et désespérante de la campagne.

Quatre textes qui nous rappellent l’importance de préserver nos campagnes, les cultures, son calme, son authenticité, sans pour autant laisser de côté une certaine modernité. Quatre textes grinçants qui ne manqueront pas de faire sourire leurs lecteurs (ma préférée est celle avec « Prof » et ses autres amis les nains). Quatre textes à l’écriture parfaitement maitrisée et agréable à lire, teintée d’humour et de dérision.

A découvrir !

Retrouver le 9ème continent sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !

[Jeunesse] Faits d’hiver, Cathy Ribeiro

ebook Faits d’hiver - Un roman intergénérationnel de Cathy Ribeiro ...

« Si on avait su, on lui aurait parlé au vieux. On lui aurait dit que pour nous aussi, c’était dur. On était là, on savait pas et on n’a rien pu faire… Pour sûr qu’on s’est ratés. De peu, mais on s’est drôlement ratés… »

Parce que les vieux d’aujourd’hui oublient trop souvent qu’ils ont été jeunes hier… et parce que les jeunes d’aujourd’hui ne réalisent pas qu’ils seront vieux demain…

Et s’il suffisait de quelques mots ? d’un sourire ou d’un geste pour tout changer ?

Mon avis :

En voilà un texte touchant et d’actualité ! Ici, deux voix se mêlent : celle d’Élie à la troisième personne, un vieil homme qui vit seul depuis la mort de sa femme Marcella mais aussi celle d’un jeune homme, qui utilise la première personne, venu voler les buches de bois d’Élie avec son frère, Tony.

Ce n’est pas la première fois que le jeune homme vole le bois du vieillard. Il ne le supporte plus. Cette nuit, il a préparé son arme, il est prêt. Si les autorités ne veulent pas lui rendre justice, il le fera lui-même. Ce soir, il les a entendus arriver. Il ne doit pas agir trop tôt : il faut des preuves. En attendant, il boit. Et il repense à Marcella.

L’autre voix est donc celle du voleur. L’utilisation du « je » nous rend plus proche de cet homme. Alors qu’il prend le bois, on découvre sa vie. Les souffrances qu’il endure depuis quelques temps, ses frères qu’il a voulu éloigner d’un homme trop violent tout comme sa mère qui ne fait que pleurer, le regard des autres. Le bois, il le veut pour sa mère qui a toujours froid.

Selon Élie, « Il n’y a que comme ça qu’on va prendre le problème au sérieux. Qu’on va enfin s’intéresser aux gens. Bien sûr, il y en a qui ne comprendront pas. Pour les uns, il y aura le pauvre homme qui n’en peut plus de supporter l’outrage, et le voleur puni: bien fait pour lui ! Pour d’autres, il y aura le drôle dans le besoin, victime d’un vieil avaricieux revanchard : tant pis pour lui » ! Un texte qui fait écho.

Cette double narration est très intéressante et enrichissante. Les deux voix sont touchantes : l’un s’accroche aux souvenirs de sa femme dont il peine à faire le deuil, l’autre se démène pour essayer d’offrir une vie correcte à sa famille. Deux hommes pleins d’amour, de souffrance aussi. La fin du texte est saisissante : j’ai adoré.

Un texte touchant, plein d’humanité, à découvrir et à faire lire aux jeunes comme aux plus grands !

Stéphie a aussi aimé ce roman.

Retrouvez Faits d’hiver sur le site de la maison d’édition le Muscadier !

D’autres romans de la collection Rester Vivant :

Phobie, Fanny Vandermeersch

Trouver les mots, Gilles Abier

Cathy Ytak, Les mains dans la terre

La peau noire des anges, Yves-Marie Clément

Station sous-paradis, Jean-Luc Luciani

 

[Jeunesse/ ado] Trouver les mots, Gilles Abier

Les parents de Gabriel, 16 ans, attendent que leur fils s’explique sur le coup de fil qu’il a reçu la veille. Hier après-midi, son cousin l’a appelé durant douze minutes et vingt-trois secondes…

Mais que dire quand on n’a pas su soi-même trouver les mots pour éviter le pire ?

Mon avis :

J’adore les romans de Gilles Abier. Il a cette capacité de nous emporter dans son histoire, peu importe le sujet. D’ailleurs les romans de l’auteur ne se lisent pas : ils se dévorent.

Trouver les mots est un coup de cœur. Gabriel, le personnage principal, n’est pas quelqu’un de très expansif. Il ne sait pas toujours quoi dire, trouver les bons mots, ceux qui font réfléchir, peut-être même changer d’avis. Alors quand on lui demande le contenu de sa dernière conversation avec son cousin, Julien, c’est compliqué. Mais on sent la culpabilité qui l’envahit : pourquoi ?

« Trouver les mots. Les mots justes. Ceux qui rassurent, ceux qui réconfortent, ceux qui sauvent. Je ne sais pas. »

Les mots ne viennent pas alors Gabriel nous parle de son cousin. Leur relation qui se distendait un peu, Julien jalousant les relations amoureuses de Gabriel, la passion aussi de Julien pour son ordinateur, son talent même pour les bricoler. De fil en aiguille le portrait de Julien nous est dressé. Ce sont ces phrases, anodines en apparence, qui m’ont le plus marquée :

« Mon cousin va jusqu’au bout.

Toujours.

C’est un acharné.

Il ne vit jamais les choses à moitié. »

A ce moment-là, j’ai compris la fin. Cette fin si bien écrite, prenante, troublante, que je vous invite à découvrir.

Le rythme mime parfaitement les pensées et les angoisses du narrateur.

Un énorme coup de cœur qui devrait faire couler beaucoup d’encre !

Retrouvez Trouver les mots sur le site de la maison d’édition Le Muscadier.

Cathy Ytak, Les mains dans la terre

Jours de soleil, Claire Mazard

Orient extrême, Mireille Disdero

Traits d’union, Cécile Chartre

 

[Jeunesse / ado] Jours de soleil, Claire Mazard

Jours de soleil par Mazard

Présentation :

Sénégal, Tunisie, Côte d’Ivoire, Maroc, île du bout du monde… Après ses Jours de neige, parus en mars 2016, Claire Mazard promène cette fois-ci ses lecteurs par jours de soleil dans les pays chauds. Par petites touches colorées et acidulées, elle observe, constate, dénonce. Cinq nouvelles inspirées de faits réels qui surprennent, interrogent… et inquiètent même un peu parfois !

Au sommaire : Jean-Paul dit “Pape” • Le vieux Tunisien • Partout dans le monde • Irénée • Le pizzaïolo

Mon avis :

Jours de soleil est le troisième livre paru en même temps que Phobie. Comme Orient extrême de Mireille Disdero, ce livre est un recueil de cinq nouvelles.

La première nouvelle Jean-Paul dit « Pape » nous raconte le voyage d’Audrey et Mathias pour le Sénégal. Hors de question pour eux de visiter le pays comme de simples touristes, ils « tenaient à côtoyer les indigènes ». Ils passent leur séjour dans une maison près du village, prêtée par une de leurs amie. C’est cette même amie qui leur a proposé l’aide de Pape, un sénégalais, pour la visite du pays. Tout se déroule comme ils l’avaient souhaité : loin des touristes, loin des « blancs », une visite qu’ils pensent différentes de celles de leurs compatriotes… mais est-ce vraiment le cas ?

Le vieux tunisien nous emmène à Hammamet, auprès de Marie et Sophie dans un grand hôtel, pour le voyage annuel, rituel instauré depuis le décès de Jean, le mari de Marie. Sur la plage Djamel, un vieux tunisien, ratisse le sable. Tous les matins, elles le voient, s’abaisser pour ramasser les déchets que les touristes jettent, parfois même aux pieds du vieil homme. Pour Sophie, il n’est qu’un « homme a l’attitude servile », qui agit « comme au temps de la colonisation », mais pas pour Marie…

Je détaillerai moins les suivantes pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture, mais les nouvelles sont tout aussi bien écrites, et appellent au voyage, tout en glissant quelques mots sur certains comportements que nous devrions revoir. « Partout dans le monde » est particulièrement saisissante, Irénée nous emmène dans le quotidien de trois frères à Abidjan qui ont pour point commun la lecture et l’écriture, tandis que Le pizzaïolo nous narre un moment de vie entre Yanis et Rose-Marie, le premier devant annoncer une très bonne nouvelle à la seconde.

Claire Mazard prouve, une fois de plus, qu’elle excelle dans l’art de la nouvelle. Un plaisir à lire.

Retrouvez Jours de soleil sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !