[Jeunesse] 20, allée de la Danse, La Sylphide et Le Lac des cygnes.

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La série 20 allée de la danse (en partenariat avec l’Opéra de Paris) continue de s’étoffer, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.

L’envol d’une discrète :

20, allée de la danse : L'envol d'une discrète

Cette fois-ci, on retrouve les péripéties de Sofia, la jeune danseuse Italienne.

Loin de l’Italie, son pays natal, Sofia n’a pas tous les jours le moral. Elle est fière d’avoir intégré l’École de Danse de l’Opéra de Paris, institution qui la faisait rêver depuis longtemps, mais le quotidien n’y est pas toujours facile. Elle est timide, très naïve et le français n’est pas sa langue maternelle, ce qui complique les choses en cours, mais aussi avec ses camarades de sixième division… Elle a l’impression d’être en permanence la cinquième roue du carrosse. La petite danseuse finira-t-elle par trouver sa place et prendre confiance en elle ?

Petit rat malgré tout :

Ce nouveau tome nous parle de l’histoire de Bilal.

Bilal a un parcours hors du commun : issu d’un milieu peu tourné vers la culture, rien ne le destinait à la danse. Externe, il vit un peu en marge de ses amis, gardant une certaine part de mystère sous ses dehors bravaches et rigolos. Harcelé par ses anciens copains à l’extérieur, il garde tout pour lui et ne raconte même pas à son meilleur ami Colas que son père méprise son choix. Ses amis pourront-ils l’aider à faire face à l’hostilité des autres ? Réussira-t-il à convaincre son père que la danse est un métier ?

Dans ces deux livres, d’autres thèmes que la danse sont mis en avant (l’amitié, l’intégration, le regard des autres, etc…) ce qui est très bien pour les enfants et évitent toute lassitude.

Enfin, deux livres racontent l’histoire de deux ballets célèbres : Le Lac des Cygnes et La Sylphide (que je ne connaissais pas). Les histoires sont très bien racontées et tiennent en haleine le lecteur.

De quoi ravir les amateurs de danse, et ceux qui aiment lire, tout simplement !

Perdu, le jour où nous n’avons pas dansé, Caroline Deyns

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Elle révolutionna la danse, connut un succès mondial, électrisa les audiences, inspira les plus célèbres artistes qui tentèrent de capter son éclat singulier.

Mais comment imaginer une telle gloire attendait Isadora Duncan, née en 1877 à San Francisco dans une famille de quatre enfants, abandonnée par le père ruiné, élevée par un mère bohème et pianiste ?. Après des années de faim et de misère à travers les Etats-Unis, Isadora, 22 ans, persuade les siens de la suivre en Europe : à Londres puis à Paris où, en deux années, elle obtient la renommée à laquelle elle se savait destinée. Avec grâce et détermination, elle bouleverse tous les codes de son art, s’affranchit de la danse de ballet, redonne sa place à l’harmonie du geste et à la beauté du corps. Un corps qu’elle offre à tous les regards, quasi nu sous les tuniques et voiles légers.

D’une écriture fiévreuse, le roman de Caroline Deyns raconte le destin hors norme d’Isadora : sa force de caractère, ses amours – nombreuses et mouvementées –, ses enfants, ses triomphes, les écoles qu’elle fonda, son engagement aux côtés de la révolution bolchévique, ses années d’errance, sa mort tragique à Nice qui stupéfia le monde entier…

L’histoire d’une énergie, d’une femme fascinante pour qui la vie n’était qu’une danse. Qu’elle exécuta magistralement, libre et entière.

Mon avis :

Perdu, le jour où nous avons dansé est le second livre de Caroline Deyns. Je vous avais déjà parlé de son premier livre : Tour de plume. Ici, l’auteure nous propose de découvrir la vie d’Isadora Duncan, une célèbre danseuse, au caractère bien affirmé.

Isadora danse depuis son plus jeune âge, elle est encouragée par sa famille qui la suit dans ses déplacements (Londres, Paris). Elle commence par de petites représentations, espérant un réel succès qui finira par venir. C’est une femme insaisissable, rêveuse, passionnée. Elle choque parfois par la légèreté de ses tenues (des voiles), révolutionnera la danse. Sa vie n’aura pas été un long fleuve tranquille et elle devra passer par des étapes très douloureuses (notamment la mort de ses enfants).

L’écriture de Caroline Deyns est fluide, agréable à lire. J’ai appris beaucoup de choses sur la vie de cette danseuse, et je pense que le livre plaira aussi à celles et à ceux – plus cultivés que moi – qui connaissent déjà l’histoire de la danseuse aux pieds nus.

Ce livre est sorti il y a quelques semaines aux éditions Philippe Rey !

Atelier d’écriture #6 : Mauvais sexe.

Voici ma 6ème participation à l’atelier d’écriture de Leilouna. C’est une photo de Marion cette fois-ci qui nous est proposée. Vous pouvez retrouver mes anciennes participations sous la rubrique « mes écrits ».

Une petite différence cette semaine la contrainte est double : il nous est proposé de partir d’une photo, mais aussi d’un thème : le sexisme.

©Marion Pluss

Mauvais sexe.

J’ai toujours pensé que je n’étais pas née avec le bon sexe. Une erreur à la naissance. Les jeux de mes congénères ne me plaisaient pas déjà toute petite, j’aspirais à autre chose. Plus d’une fois, j’ai essayé de rejoindre le camp « ennemi », puisque c’est ainsi qu’il était déjà perçu (les filles d’un côté, les garçons de l’autre, chaque ensemble bien cloisonné dans son univers), mais on m’a rapidement rejetée. Des deux côtés. Parce que je n’étais pas comme eux dans l’un, parce que j’avais essayé de pactiser avec l’ennemi dans  l’autre. La théorie des genres n’a pas fini de faire parler d’elle.

Longtemps, j’ai cru que je pourrais m’y faire, que j’allais réussir à vivre harmonieusement dans l’univers qui m’était destiné, le seul qu’on m’offrait. Foutaise. Ce qui importe, c’est qu’on rentre dans le moule, qu’on soit conforme, et si on ne l’est pas, qu’on ait au moins la décence de le faire croire. Et surtout, que j’arrête « de les faire chier avec mes lubies fantasques ».

Mais je ne pouvais pas. Non, non, ce n’étaient pas des lubies. Oui, je me cherchais. Oui, j’avais enfin trouvé la chose qui me plaisait, LA chose qui donnait un sens à ma vie : je voulais danser. Non pas gesticuler en boite le samedi soir, mais danser, m’envoler, ressembler à ces formes fines, harmonieuses, et parfois presque désarticulées qui scintillent sur les scènes. Une telle délicatesse. La danse. Ma vie. L’opéra de Paris : je me devais d’arriver au moins jusqu’à ce moment de gloire avant de mourir.

Mais je n’étais née avec le bon sexe. Les hommes, parait-il ne dansent pas, sauf les « tantouses », les « sales PD ». Mon père me l’a assez répété. Mes « copains » aussi. Mais pourquoi parce que je suis un homme on me refuse cette chance ? Il y a, après tout, tant de grands danseurs. Pourquoi pas moi ? Mais ils devaient avoir raison. Ils étaient ma famille après tout, mes amis, ils ne pouvaient que me vouloir du bien. Ce sont les femmes qui dansent.

Et c’est bien ce que je vois dans ce miroir. Ma perruque blonde bien posée, le maquillage est parfait. On m’attend. J’ai l’impression d’être enfin celle que j’aurais dû être. La salle est pleine. Ce n’est pas l’opéra, mais c’est toujours Paris. Au revoir, Paul. Ici, je suis Héléna. Je suis moi. Je suis transformiste.