[jeunesse] Ma vie de bolosse, Dominique Souton

Le collège se divise en classes.
1) Tout en haut, les populaires, qui dirigent leur petit monde.
2) Au milieu, les normaux, la grande masse des collégiens, des gens sympas qui ne la ramènent pas trop.
3) Et en bas, les bolosses, ou encore les invisibles, qu’on n’entend jamais et qui servent de souffre-douleur.

Chez nous, à Nicolas-Hulot, il y a 365 élèves. Sauf quelques populaires, les autres sont tous normaux, je suis à peu près le seul bolosse.

Mon avis :

Voici un livre plutôt sympathique, qui se lit rapidement. Se sentir à l’écart des autres, dans un établissement scolaire, n’est pas une chose rare. Pour Felix, c’est une habitude : il se définit lui même comme étant un bolosse, soit un gros nul. Il se rend à l’école avec un sac à roulettes, porte des vêtements pas terribles, ne sait pas aligner correctement deux phrases qui ont un sens.

Le thème est intéressant. L’élève qui a du mal à trouver sa place au milieu des autres, qui est un peu rejeté, laissé de côté, c’est un sujet vraiment important et que j’apprécie. J’ai aimé la narration qui suit un peu le langage des adolescents, on ressent bien l’attitude du gamin parfois complètement blasé, mais j’ai eu du mal avec certaines touches d’humour que je ne trouvais pas forcément drôles (on va dire que c’est dû à mon grand âge !) et la répétition de « tête d’émoticône » pour décrire les émotions sur le visage m’a vraiment agacée. La fin aussi me laisse sur ma faim : le changement d’attitude de Jésus est peu crédible, et les parents de Felix plutôt étranges dans leur comportement (concernant la soirée notamment, comprendra qui a lu / lira).

A retrouver sur le site de l’école des loisirs, collection Medium !

Publicités

[Jeunesse – Sainte-Beuve 2018] Aussi loin que possible, Eric Pessan

Antoine et Tony n’ont rien prémédité, rien comploté. Ce matin-là, ils ont fait la course sur le chemin du collège. Comme ça, pour s’amuser, pour savoir qui des deux courait le plus vite. Mais au bout du parking, ils n’ont pas ralenti, ni rebroussé chemin, ils ont continué à petites foulées, sans se concerter. La cité s’est éloignée et ils ont envoyé balader leurs soucis et leurs sombres pensées. Pour Tony, la hantise de se faire expulser vers l’Ukraine et d’avoir à quitter la France.
Pour Antoine, la peur de prendre une nouvelle dérouillée parce que son père a envie de passer ses nerfs sur lui. Depuis ce matin où tout a basculé, ils courent côte à côte, en équipe.
Ils se sentent capables de courir pendant des jours, tant qu’il leur restera une once de force. Fatigués mais terriblement vivants.

Mon avis :

Voici un autre roman de la sélection 2018 du prix Sainte-Beuve, roman qui a déjà reçu le prix NRP de la littérature jeunesse 2015-2016.

Anthony et Tony courent. C’est venu comme ça, un beau matin, après qu’ils aient posé leur sac de cours dans un coin. Ils sont tous les deux en quatrième, plutôt bons élèves, pas vraiment perturbateurs, parfois en retard. L’un s’est mis à courir, l’autre a suivi, d’abord à une vitesse de sprint avant de ralentir à une allure plus raisonnable pour durer. Ils ne parlent pas, ou peu. Les mots sont inutiles pour le moment, ils viennent en temps voulu, avec parcimonie souvent. Ils sentent l’un comme l’autre qu’ils ont besoin de courir. Mais pourquoi ? Envie de se défouler ? Envie de fuir ? Fuir quoi ?

Anthony est battu par son père. Les parents de Tony, sans-papiers, ont reçu l’obligation de quitter le territoire français dans un mois : ils doivent retourner en Ukraine, un pays que le jeune homme ne connait pas. L’un est en colère, l’autre en proie à la tristesse. L’inverse est vrai aussi.

Anthony est le narrateur. Il revient sur leur trajet, leurs arrêts, leurs rencontres, mais c’est aussi lui qui nous révèle ses pensées. Ces dernières ne sont pas linéaires et varient en fonction du rythme de la course. Ils courent d’abord une heure, puis deux, puis plusieurs jours, volant ce qu’il faut pour qu’ils puissent se nourrir, trouvant abri la nuit dans un maison abandonnée ou dans un endroit déserté. Ils ont froid, chaud, des ampoules aux pieds, le corps douloureux mais la tête de plus en plus légère. Et cette douce sensation de liberté, de pouvoir s’échapper…

Un livre surprenant, d’une belle profondeur malgré un sujet qui semble à la base léger. J’ai aimé le rythme de narration parfois mimétique de la foulée des deux adolescents. J’ai remarqué que j’accélérais ma lecture quand, au début, ils étaient proches du sprint, et que j’ai ralenti quand ils en ont fait tout autant.

Autres romans sélectionnés pour le prix Sainte-Beuve :

[Jeunesse – Sainte Beuve 2018] Ma mère, le crabe et moi, Anne Percin

[Jeunesse – Sainte-Beuve] Et mes yeux se sont fermés, Patrick Bard

 

 

 

[Jeunesse]Un monde sauvage, Xavier-Laurent Petit

51DeiC9kcaL._SX195_.jpg

Présentation :

Quelques empreintes de pattes dans la neige, une carcasse de daim abandonnée un peu plus loin… et Felitsa avait compris en un éclair à qui elle avait affaire. C’était bel et bien une tigresse que sa mère et elle venaient de repérer. Et à y regarder de plus près, une tigresse qui attendait des petits. En dépit de la fatigue et de la température glaciale, Felitsa ne regrettait plus d’avoir accompagné sa mère dans sa tournée d’inspection. Alissa était garde forestière au bout du bout de la taïga russe, une zone de trafic intense avec la Chine voisine et un beau terrain de chasse pour les braconniers. De l’autre côté de la frontière, la dépouille d’un tigre de Sibérie valait des dizaines de milliers de dollars. Si Felitsa et sa mère avaient repéré la tigresse, les braconniers n’allaient pas tarder à faire de même. Il fallait trouver le moyen de sauver sa peau…

Mon avis :

Troisième livre de la sélection Ruralivres, et encore une très belle histoire. Alissa n’est pas une maman comme les autres. Garde-forestière, elle est passionnée par les animaux, notamment les tigres qu’elle veut préserver des braconniers. Alors quand elle tombe sur une tigresse enceinte, elle fera tout pour la retrouver et la protéger. Felitsa, collégienne, va accompagner sa mère lors de la découverte de la tigresse. Toutes les deux savent que la vie de la maman et des petits est en danger. Par ailleurs, les choses vont changer pour Felitsa. A la rentrée, elle devra quitter son village et se rendre à 100 km de son village pour se rendre au lycée. Et, évidemment, la transition réservera son lot d’angoisses et de changements !

La description est précise, si bien qu’on arrive rapidement à imaginer le lieu et à se sentir proche des personnages. Les personnages sont attachants (avec une préférence pour Alissa et le professeur, une ancienne détenue des camps de travaux forcés de la steppe orientale), l’histoire touchante et originale. Bref, ce sera encore un bon moment de lecture !

 

 

 

[Jeunesse] Gabbin, Aurélien Loncke

gabbin

Présentation :

Gabbin a tout vu ! Juché sur le toit, il a suivi le déroulement de la scène à travers une lucarne : le couple se chamailler, l’homme tirer un revolver de son pardessus, viser, et PAN! PAN!, deux éclairs blancs toucher la femme qui est tombée en arrière, aussi raide qu’un bout de bois mort. Un meurtre !
En direct ! Lorsque l’assassin a levé les yeux vers Gabbin, éclairé par un rayon de lune, le garçon a compris que sa vie ne tenait plus qu’à un fil. Si ce sale individu l’attrapait, il allait y passer : trois balles dans la caboche et c’en serait terminé. Il fallait fuir, se cacher. Même si sa vie ne valait pas grand-chose, Gabbin, le monte-en-l’air, le ousititi des toits, allait défendre chèrement sa peau…

Mon avis :

Gabbin est le deuxième livre que je lis de la sélection 2017 de Ruralivres (je vous ai parlé il y a peu du très bon roman « L’Apache aux yeux bleus », publié chez Flammarion, de Christel Mouchard).

Et voici un second livre qui devrait ravir mes petits lecteurs. Gabbin est un voleur. Il saute, virevolte de toit en toit dans les rues parisiennes, à la recherche d’une fenêtre mal fermée ou facile à ouvrir, sans chien qui l’attendrait de l’autre côté, mais seulement quelques pièces ou objets intéressants. Mais, voir ce qui se passe par les fenêtres n’est pas toujours une bonne idée. Gabbin s’en rendra compte le jour où il assistera, involontairement, au meurtre d’une femme. L’assassin a repéré Gabbin, et de toute évidence, il fera tout ce qu’il peut pour l’empêcher de parler ! Mais Gabbin tient à sa vie, et il mettra toute son habileté en pratique pour fuir et garder la vie sauve, que ce soit à pied, à bicyclette ou même dans un fiacre !

Gabbin est un personnage attachant. Il vole pour vivre, il est fort, courageux, téméraire et rusé. L’histoire est touchante, prenante (on ne s’ennuie pas) mais aussi drôle notamment quand Gabbin rencontrera son ami Birvoul.

Un roman à découvrir, à partir de 9 ans !

Plus d’informations sur le site de l’école des loisirs !