Antichute, Julien Dufresne-Lamy

« Vous êtes atteint d’une alopécie androgénétique.
— Pardon ?
— Vous êtes atteint d’une calvitie, comme on dit. »

Les mots du dermatologue sonnent comme une condamnation. Julien a vingt-deux ans, son crâne se dégarnit et ce n’est que le début. Le début de la chute.
Dix ans et pas mal de cheveux perdus plus tard, il se décide à partir pour Istanbul, capitale en vogue de l’implant capillaire. Relatant avec humour son périple depuis la clinique turque où se croisent stars du foot et anonymes de tous pays jusqu’à sa renaissance un an plus tard, l’auteur se livre à une réflexion sur l’impact de l’alopécie sur l’estime de soi et la vie sociale.
Un récit intime et moderne sur la symbolique du cheveu et ce qu’il dit de nous.

Mon avis :

J’ai découvert l’auteur avec « Deux cigarettes dans le noir« , qui était arrivé par surprise dans ma boite aux lettres, en 2017. Dans ce nouveau roman, je retrouve cette écriture qui me plait, et ces petites phrases qui me font parfois froncer les sourcils…

Cette fois-ci, c’est grâce à une publication sur les réseaux sociaux que j’ai appris la sortie de Antichute. Deux choses m’ont intriguée : la maison d’édition, Flammarion, alors qu’il était pour moi associé – en littérature adulte – à Belfond, et le titre Antichute. Un livre qui parle de chute de cheveux… Etrange, non ? Oui, mais pas que.

Ce livre m’a émue. Cet homme qui perd ses cheveux, qui n’accepte pas ce fait au point que cette alopécie devient une réelle souffrance, n’est pas un narrateur fictif, c’est l’auteur. Dans ce texte, nous entrons donc dans l’intimité de Julien Dufresne-Lamy, sans savoir vraiment jusqu’à quel point, la frontière entre fiction et réalité étant souvent poreuse. D’ailleurs, on retrouve cette idée dans le roman :

« (…) je découvre l’écriture, la vraie. J’apprends le champ des possibles, la permission des mots, la toute-puissance des silences, et cela n’a rien à voir avec les articles que je rédige pour le journal ou pour mon site dédié aux séries. J’écris autrement. Une fiction mêlée de réel, du faux dans le vrai, de charges et de décharges d’une histoire qui s’est vraiment passée, avec ce qu’il faut de distance pour que le texte devienne roman. » (page 48).

Le texte nous raconte la découverte sidérante des premiers cheveux qui tombent, ce qu’il fait pour la cacher, les traitements qu’il prend, les heures qu’il passe à chercher les causes et les remèdes et le choix ultime et mûrement réfléchi : le départ pour Istanbul, capitale de l’implant capillaire. A cela s’ajoute l’évolution psychologique (avec une analyse sur la symbolique du cheveu) mais aussi les conséquences sur son quotidien (il n’ose pas sortir de chez lui quand il y a trop de vent, ne veut pas se baigner… ). Le tout avec une dose d’humour.

Ce texte nous montre l’importance que peut prendre le paraitre pour l’être. Les cheveux renvoient souvent à l’idée de la séduction, mais aussi de la force, à la féminité ou à la virilité. Ce n’est pas un simple fait, c’est le début d’une réflexion et d’un changement dans le quotidien. Pour l’auteur, le cheveu est vraiment important. Il refuse de s’imaginer chauve. Perdre ses cheveux, ça dépasse le simple fait du quotidien qui est au cœur d’un enjeu social et intime.

Ainsi, si le thème peut paraitre commun, Julien Defresne-Lamy arrive à rendre le sujet captivant. Pourquoi ? Il vous répondra lui-même :

« La calvitie n’est pas originale. Elle est triviale, à peine qualifiable, habituelle, répandue comme une de ces petites difformités que l’on regarde sans frémir, un gros nez, un grain de beauté, un monosourcil. Mais la calvitie devient passionnante quand elle remue l’intime. Quand elle bouleverse l’homme qui y est confronté et qu’elle le transforme en un prodigieux mutant, un étranger à lui-même. » page 82. C’est tout à fait ça.

Un roman publié aux éditions Flammarion, et pour feuilleter quelques pages, c’est là : Antichute (cantook.net)

Caractéristiques du livre :

  • 256 pages – 137 x 209 mm
  • Broché
  • EAN : 9782081516045
  • ISBN : 9782081516045

[Jeunesse] La légende des quatre, Cassandra O’Donnell

CVT_La-legende-des-4-tome-1--le-clan-des-loups_4489

Ils sont quatre, héritiers de leurs clans. Ils doivent s’unir pour survivre. Loup, tigre, serpent, aigle : quatre clans ennemis. Les Yokaïs, créatures tantôt humaines, tantôt animales, vivent dans une harmonie fragile. Maya, l’héritière du clan des loups, et Bregan, du clan des tigres, sont les garants de la paix. Mais pourront-ils résister à leurs instincts profonds pour sauver leurs tribus ?

Mon avis :

La sortie d’un roman de Cassandra O’donnell est toujours un grand moment. Je l’ai découverte avec la série Malenfer que j’ai dévorée, avant d’en faire autant avec Sombreterre. J’ai aussi, dans un autre genre, adoré Les aventures improbables de Julie Dumont. En plus, pour ne rien gâcher, l’auteure est absolument adorable, et très abordable : ses abonnés sur les réseaux sociaux vous le confirmeront !

Ici, nous nous invitons dans le monde des Yokaïs, des êtres qui ont un aspect animal et un autre aspect humain. Ils choisissent la forme sous laquelle ils veulent apparaître, alternant l’un et l’autre selon les besoins.

Quatre clans existent : les Lupaïs, les Taïgans, les Rapaïs et les Serpaïs, respectivement des loups, des tigres, des aigles et des serpents. Tous ont leur point forts et leurs points faibles, et leurs rapports ne sont pas vraiment amicaux. Ils restent chacun sur leur territoire, et s’ils se rencontrent en terrain neutre, comme à l’école, ils ont interdiction de se parler. A côté vivent les hommes. On comprend que quelques temps plus tôt ces derniers ont été en partie tués, punis pour avoir saccagé les ressources de la terre.

Si les relations sont inexistantes entre les adultes des différentes tribus, il en est autrement pour les héritiers de ces quatre clans… et si la paix règne, les morts d’un Lupaï et d’un Taïgan pourraient bien bouleverser ce fragile équilibre.

Un univers séduisant et riche, pleins de promesses,  qui donne envie à ses lecteurs de savoir la suite !

A découvrir aux éditions Flammarion.

D’autres romans de l’auteure :

Sombreterre, tome 1, Cassandra O’ Donnell

Malenfer tome 3, Cassandra O’Donnell

[Jeunesse] L’Apache aux yeux bleus, Christel Mouchard

14330119_769449499862187_2982689374049580705_n.jpg

Présentation :

Herman a 11 ans quand il est enlevé par des Apaches. D’abord traité en esclave, il se montre fort et courageux et gagne le respect de ses nouveaux frères. Dans l’immensité des plaines du Texas, très vite, il devient l’un d’eux, un Apache valeureux qui n’a peur de rien et qui protège sa tribu. Son nom est désormais En Da, le «garçon blanc».

Mon avis :

L’Apache aux yeux bleus est le premier livre que je vous présente de la sélection 2017 de Ruralivre, et quelle bonne lecture ! On suit l’aventure d’Herman, un petit garçon enlevé par des apaches et qui sera, après des épreuves, offert à la femme du chef, qui ne peut avoir d’enfants.  Il finira par s’attacher à cette nouvelle famille, à comprendre son fonctionnement, ses us et coutumes, et à se faire accepter de tous, ou presque. Il deviendra aussi un grand guerrier, le récit étant presque initiatique.

Il faut savoir que cette histoire est vraie. Herman est une jeune américain qui a effectivement était emmené puis élevé par les Apaches, quand il a eu onze ans. Pendant la guerre de territoires contre les « Visages pâles », Herman est reconnu par des soldats (il est reconnu aussi dans le livre, par des soldats aussi). De retour au camp indien, ses parents adoptifs sont morts. Il finira par retourner dans sa première famille, avec laquelle il retrouvera ses souvenirs.

C’est un livre qui devrait vraiment plaire à mes élèves, et à tous les amateurs de récit d’aventure. L’histoire est bien écrite, prenante, on se lie rapidement avec Herman. Par ailleurs, cette lecture permet d’apprendre un moment de l’Histoire, au XIXème siècle (la guerre de territoires).

Bref, un très bon roman d’aventure, à découvrir !

 

Retrouvez-le sur le site de la maison d’édition Flammarion.

Sombreterre, tome 1, Cassandra O’ Donnell

51+CsUEqfTL._SX360_BO1,204,203,200_

Orphelin, Victor n’est pas un garçon comme les autres. Il parle avec les fantômes et voit des choses que personne d’autre ne perçoit. Quand la jolie et captivante Alina fait irruption dans sa classe avec son horrible monstre invisible sur son épaule, le monde de Victor est bouleversé. Qui est-elle ? D’où lui viennent ses étranges et terribles pouvoirs ? Et surtout, pourquoi a-t-il l’impression de la connaître et qu’un lien ancien et magique les relie l’un à l’autre ?

Mon avis :

J’avais déjà dévoré la trilogie Malenfer de Cassandra, j’en ai fait tout autant avec ce premier tome.

Victor vit dans une famille d’accueil. Il est discret, solitaire, attachant. Il est différent des autres, mais ne sait pas encore à quel point. Il n’a qu’un ami, Lucas, qui n’accorde pas d’importance aux bizarreries de Victor (il voit tout de même des fantômes !).

Puis Alina arrive dans leur classe, avec un étrange compagnon que seul Victor peut voir. Aussitôt elle se dirige vers les deux garçons, s’assiéra à côté d’eux et ne quittera plus Victor.  D’ailleurs, elle semble encore plus étrange que lui ! Pourquoi vient-elle le voir ? Pourquoi, alors qu’il cherche plutôt la solitude, ressent-il tout de suite un lien qui les unit ?

Aucune longueur dans ce livre, qui plaira autant aux gamins d’onze ans (même à ceux qui n’aiment pas beaucoup lire) qu’aux grands de quarante ans (non, non ce n’est pas mon âge :p). Je peux même vous confier que depuis que le livre est arrivé au CDI, mes élèves se ruent auprès de la documentaliste pour pouvoir le lire : on a frôlé l’émeute !

Bref, à découvrir !

NB : je suis toujours aussi fan des illustrations de Jérémie Fleury !

 

 

Arithmétique de la chair, Macha Méril

Arithmétique de la chair

 

Bettina n’est pas une femme comme les autres. Expert-comptable, elle pèse 96 kilos, est passionnée par les mathématiques et vit seule, en compagnie de ses ordinateurs et de ses idoles d’Internet : les chercheurs et les savants. Un jour, elle ose se présenter à un concours de calcul mental télévisé, le gagne et sa vie bascule. Elle devient une star médiatique et rencontre l’amour. Où la conduiront ces succès et cette gloire rapides ? Que désire-t-elle vraiment ? Connaît-elle le bonheur ? Voici une fable moderne où Cendrillon gouverne son destin et se pose les grandes questions de l’existence : où allons-nous, que devenons-nous, qui sommes-nous ?

Mon avis :

Voici un petit livre, qui se lit avec plaisir. Bettina est une femme qui ne passe pas inaperçu avec ses 96 kilos. Elle ne comprend pas d’où ils viennent, personne ne semble d’ailleurs le comprendre. Bettina accepte ses kilos en trop, ce qui l’interroge, surtout, c’est de savoir ce qu’il se passe dans son corps, comment agissent ses cellules :

« Les kilos sur la balance de sa salle de bains n’obéissent, eux, à aucune règle connue d’elle. En un sens, elle accepte la nouvelle énigme, comme un problème à résoudre. Son expérience mathématique lui souffle qu’il n’existe pas de problème insoluble, pas d’équation folle, rebelle à la logique. Il suffit de poser la question convenablement, et une réponse inévitable se dégage, au prix d’une réflexion opiniâtre, assurée du succès. Les capacités surdéveloppées de l’homme depuis les derniers siècles ne laissent pas de brèche. Une solution apparaît à tout problème, à toute interrogation. Elle découvrira donc, un jour, le pourquoi du surpoids qui la touche. »

Tout doit avoir une explication scientifique, et c’est ce qu’aime Bettina. Elle adore les chiffres, elle se régale de différents calculs, éprouve un plaisir immense à trouver le chiffre juste.

Quand elle se présente au concours de calcul mental, après avoir réussi avec succès les sélections, elle s’invente une autre personnalité : elle décide de devenir Isolde, une enfant trouvée qui a été élevée dans un couvent. Vêtue d’une grande djellaba blanche, elle marque les esprits. Très vite, elle aura beaucoup de succès.

Et puis, elle rencontrera Damien, un journaliste producteur tombé sous son charme, il lui proposera d’autres émissions, ce sera le début d’une histoire d’amour, mais aussi la fin de sa prise de poids, et le début d’un amincissement spectaculaire, qui transformera la jeune femme : pour le meilleur, ou pour le pire ?

C’est le premier livre que je lis avec une telle histoire, ce qui est vraiment agréable. C’est aussi le premier roman que je lis de Macha Méril, qui n’est pourtant pas à son coup d’essai … (mieux vaut tard que jamais 😉 ). Je vous le conseille vivement : c’est touchant, drôle, bien écrit, et cette fin … j’ai adoré.

Puis, il y a toutes ces questions qui sont soulevées, indirectement, comme la place d’une personne en surpoids, le regard des autres sur elle, ou encore le milieu télévisuel.

Une très belle découverte, merci !

 

Malenfer tome 3, Cassandra O’Donnell

Malenfer, la fôret des ténèbres, Tome 3 : Les héritiers par O’Donnell

Après avoir combattu et vaincu la part sombre de Malenfer, Gabriel et Zoé doivent faire face à une nouvelle épreuve : les deux enfants découvrent le terrible secret qui entoure leur naissance. Ils vont bientôt prendre une décision qui changera à tout jamais leur destin et celui des terres magiques… Gabriel et Zoé perceront-ils enfin les mystères de la forêt magique Malenfer ?

Mon avis :

Je suis la saga Malenfer depuis le début,  j’ai encore passé un excellent moment avec Zoé, Gabriel et leurs amis, et encore une fois, j’ai dévoré ce troisième tome. Dès les premières pages, on replonge aussitôt dans l’univers créé par Cassandra O’Donnell, et, plus précisément, lors de la destruction de Malenfer.

Zoé et Gabriel grandissent, les personnages gagnent en mystère, surtout Zoé que j’ai trouvée très surprenante. Les caractères s’affirment de plus en plus aussi.

La magie est omniprésente dans ce tome, c’est aussi le moment des vérités, notamment en ce qui concerne les parents des deux jeunes enfants. Beaucoup d’interrogations demeurent toutefois, et nous laissent espérer une suite …. (Batavius ne me semble pas blanc comme neige … et j’aimerais en savoir plus encore).

En ce qui concerne l’écriture, la plume de Cassadra O’Donnell est toujours aussi agréable à lire, et adaptée à un public jeune, sans qu’il soit infantilisant. L’ensemble reste très rythmé, comme dans les deux premiers tomes, pas une page ne laisse place à la nuit.

J’ai donc adoré ce tome, c’est vraiment une saga parfaite pour les jeunes, je vais la recommander chaudement à mes élèves et à ma nouvelle documentaliste, mais aussi pour les grands enfants …  En attendant, je vais prier pour une suite … 😉

Au plaisir d’aimer, Janine Boissard

Aymar de Fortjoie, 76 ans, veuf, propriétaire d’un château aux portes de Poitiers, vient de mourir, laissant à ses filles un vrai casse-tête. Pourront-elles exaucer le voeu de leur père en conservant le château et, surtout, en continuant d’y abriter de jeunes peintres désargentés ?
Un compte en banque vide, de lourds droits de succession, un château délabré, l’affaire est mal partie. Et malgré les efforts des filles, la caisse de l’association fondée par Aymar reste désespérément vide.
Jusqu’à l’idée de génie ! Proposer aux belles et riches dames de Poitiers de poser pour les peintres, leur commander, à bon prix, leur portrait. Et ça marche ! Les inscriptions affluent, plus de problèmes de trésorerie.
Mais ce qui devait arriver arrive : dans le secret des ateliers, de brûlantes idylles se nouent. Le scandale éclate. La fermeture du château pour atteinte aux bonnes moeurs est demandée.
Cette fois, est-ce la fin ?
C’est sans compter sur des dames prêtes à tout pour défendre leurs artistes.


Mon avis :

Je suis une grande fan de Janine Boissard depuis toute petite … je l’avais quittée pendant quelques années mais j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver sa plume l’année dernière avec Belle arrière-grand-mère, j’ai eu aussi la chance de la rencontrer l’année dernière lors du salon du livre de Bondues (c’est une femme très agréable, gentille, à l’écoute et proche de ses lecteurs : si vous avez l’occasion d’aller la voir : allez-y !).

J’étais donc très enthousiaste à l’idée de lire ce nouveau livre. Ce n’est pas le livre que je préfère de l’auteur, j’ai été un peu déçue, le début de l’histoire ne m’a pas vraiment intéressée : un château qu’il faut garder, de l’argent à trouver par tous les moyens, des femmes qui se battent et des hommes bien peu impliqués (mis à part les peintres évidemment). Puis, tout à coup, une idée surgit : peindre des tableaux et les vendre. Mais, pas n’importe quel tableau : des portraits des femmes qui viennent régulièrement au château, le tout sans en parler aux maris …

On retrouve des thèmes courants chez Janine Boissard : la force et la combativité des femmes, leur courage, l’optimisme aussi, qui transpire dans tout le livre. Si j’ai trouvé la première partie longue, la suite est plus drôle, parfois cocasse, et se lit avec plus de plaisir : il ne faut pas hésiter à prolonger sa lecture parfois, même si les premières pages nous plaisent peu. L’écriture est toujours poétique, c’est une plume douce et réconfortante : Janine Boissard a cette capacité – il faut tout de même l’avouer – de nous envoûter à travers ses histoires : on est avec elle, comme si elle nous prenait par la main, une main chaleureuse, nous présente les personnages, les lieux, les intrigues. Elle nous conte l’histoire de ses personnes, son histoire. Et c’est vraiment grâce à ce talent fou que je n’ai pas décroché d’ailleurs malgré le début mitigé. La plume de Janine Boissard m’hypnotise.

Ce n’est pas pour moi le meilleur livre de l’auteur, mais il reste à découvrir et je suis ravie de l’avoir lu.

Très belle année !

Avec un peu de retard (quoi que non, on a jusqu’au 31 janvier !), je vous souhaite une très bonne année 2015 ! Avec des livres, des livres, et, pour digérer tout ça, des livres ! Une année qui commence  fort pour moi avec la naissance de ma petite puce, arrivée un peu trop tôt … Vous comprendrez mon absence sur ce blog ces derniers jours !

D’un point de vue lecture, l’année commence plutôt très bien, avec un premier livre que j’ai dévoré  : Acquanera de Valentina d’Urbano

mais comme ce livre sort le 04 février, il faudra vous armer de patience pour le découvrir …. En attendant, notez-le ! J’avais déjà beaucoup aimé Le bruit de tes pas, premier livre de l’auteur : je transfère la chronique sur ce blog bientôt.

En attendant, j’ai reçu de belles choses aussi cette semaine :

La révolte secrète - Tome II : Le prince sauvage La révole secrète - Tome III : Héritages

les tomes 2 et 3 de la série La révolte secrète de Marie Czarnecki !!!! J’avais beaucoup aimé le premier tome dont vous pouvez retrouver la chronique ici. Ils sont publiés aux éditions Baudelaire.

Et enfin, un petit dernier : Janine Boissard, Au plaisir d’aimer, qui sortira fin février !

Bref, un tas de lecture que j’ai hâte de commencer …. le plus vite possible, mais, surtout, vu les circonstances, quand je le pourrai !

Quelque chose me dit aussi que des lutins devraient à nouveau venir faire un tour dans le coin …

Adultère, Paulo Coelho

Présentation :

« Une vie sans amour vaut-elle la peine d’être vécue ? »
Linda a 31 ans et, aux yeux de tous, une vie parfaite : elle a un mari aimant, des enfants bien élevés, un métier gratifiant de journaliste et habite dans une magnifique propriété à Genève. Cependant, elle ne supporte plus de faire semblant d’être heureuse quand, en vérité, elle ne ressent rien d’autre qu’un sentiment grandissant d’apathie et d’indifférence.
Jusqu’au jour où elle retrouve un ancien petit ami. Jacob est un homme politique de premier plan et, lors d’une interview, il éveille en elle un sentiment oublié depuis longtemps : la passion.
Elle fera tout pour conquérir cet amour impossible et devra aller au plus profond d’elle-même pour enfin trouver le bonheur.

Mon avis :

J’ai été très intriguée au début par ce livre, que ce soit le titre ou la quatrième de couverture. J’ai rapidement voulu le découvrir. Linda mène une petite vie parfaite en apparence : elle a un mari qui l’aime, des enfants, un travail grâce auquel elle peut s’épanouir, ils ne manquent de rien. Et pourtant, ce n’est pas ce qu’elle ressent. Quelque part, au fond d’elle, elle se rend compte qu’il lui manque quelque chose et cette sensation de manque ne cesse de grandir. Alors qu’elle discute avec une de ses amies, un mot fait son apparition : la dépression. Mais comment ? Et pourquoi elle ? Quand elle retrouve Jacob, un homme politique important, elle se rend compte que ce qui lui manque, c’est la passion. Tout est bien trop lisse dans sa vie.

J’ai beaucoup aimé lire la première moitié de ce livre, puis, mon engouement s’est affaibli, j’ai commencé à m’ennuyer et à reprendre le livre sans motivation. Les réflexions de Linda avancent peu, j’ai l’impression que malgré les pages que je tournais, rien n’avançait réellement. En même temps, c’est cohérent avec l’histoire : se rendre compte que tout à coup, dans sa vie, quelque chose ne tourne pas rond, que quelque chose nous échappe, sentir qu’on doit se reprendre en main et choisir quelle direction suivre, ce n’est pas vraiment une réflexion qui dure cinq minutes. Mais il n’y a pas de rythme, rien pour relancer l’histoire, rien qui donne vraiment envie de la poursuivre. Quant à la fin, elle est fidèle à celle qu’on imagine de cet auteur.

Je pense que ce livre va plaire aux inconditionnel(le)s de l’auteur, on retrouve vraiment sa plume, les pointes philosophiques voire métaphysiques, son goût pour la réflexion. Il devrait plaire aussi aux femmes qui se trouvent dans la position de Linda, et je pense qu’elles ne doivent pas être si rares que ça. Peut-être l’aurais-je plus apprécié si j’avais quelques années de plus.

Ines Benaroya, Dans la remise

C’est encore la chronique d’un livre que j’ai beaucoup aimé qui migre sur le blog aujourd’hui.

Présentation du livre :
Anna se réveille en sursaut. Un bruit l’a arrachée au sommeil.
Le lendemain, elle s’approche de la remise au fond de son jardin. Sur le vieux canapé, allongé de tout son long et dans un relâchement total, un enfant dort.

Mon avis :

Anna et Bertrand vivent ensemble depuis dix ans.  Ils se sont bien trouvés : ni l’un ni l’autre ne souhaitent avoir d’enfant, préférant se consacrer pleinement à leur travail. Ils vivent dans une jolie maison, avec jardin. Dans ce dernier se trouve une remise qui tombe en ruine. Alors qu’elle dort, une nuit, Anna est réveillée en sursaut : elle croit entendre de bruit provenant de l’extérieur, de la remise. Bertrand la rassure et elle parvient à se retrouver le sommeil. Le lendemain, alors que Bertrand est parti travailler, Anna reste chez elle : elle a pris quelques jours suite à l’annonce du décès de sa mère Ava, touchée par une pneumonie foudroyante, décès qui semble peu l’émouvoir. Elle en profite pour se diriger vers la remise et y découvre un enfant endormi sur un vieux canapé. Les jours passent, Anna est occupée par l’enterrement de sa mère et ne partage à aucun moment sa découverte avec Bertrand. Chaque nuit, elle entend l’enfant retourner dans la remise, elle l’aperçoit chaque matin, en fin de journée, il n’est plus là.

Entre la disparition de cette mère pour laquelle Anna ne ressentait plus aucun amour, les souvenirs de sa grand-mère qui ressurgissent, et l’apparition de cet enfant, c’est un chamboulement qui se produit dans la vie de notre personnage, perdue dans la contradiction de ses nouveaux sentiments. Depuis quand, déjà, déteste-elle sa mère ? Pourquoi ressent-elle quelque chose à la vue de ce petit être qui se réfugie chaque nuit dans la remise alors que de toute façon, dans sa famille, on n’aime pas les enfants ?  Pourquoi ne parvient-elle pas à en parler à son mari?

C’est un livre assez bouleversant, une belle prouesse pour un premier roman. Inès Benaroya joue sur les émotions et son lecteur est conquis. Pas d’action, pas de gros retournements de situation, mais plutôt une lecture tout en finesse, où les émois du lecteur atteignent leur paroxysme en même temps que ceux de la douce Anna. Ce livre traite à la fois de la famille, des relations mère/fille, du mensonge, mais aussi des blessures que la vie peut nous infliger. J’ai ressenti, et ressens toujours beaucoup de tendresse pour Anna, que j’ai trouvée si touchante. J’ai aimé la fin du livre, et les opportunités qu’elle nous laisse.

Ce livre figure dans la liste pour le prix de la Closerie des Lilas (qui a pour vocation de promouvoir la littérature féminine, dans le jury cette année vous pouvez notamment retrouver Stéphanie Janicot, Isabelle Alonso, Brigitte Kernel ou encore Tatiana de Rosnay).