[Jeunesse / ado] A la belle étoile, Eric Sanvoisin

Les voilà ! Les nouveaux romans de la collection « Rester Vivant » aux éditions Le Muscadier sont sortis ! Quatre petits romans, tous prometteurs, dont je vous parlerai ici.
A-la-belle-etoile

Quatrième de couverture :

Yaëlle a un grand frère handicapé, Pierrot. Un matin, elle lui propose de l’accompagner à l’école. Pierrot est ravi : ça fait tellement longtemps qu’il rêve d’aller à l’école des gens normaux. Mais quand on se moque de lui, il perd tous ses moyens. Alors, il fugue et s’égare dans la ville, où il rencontre la Dame, qui vit dans la rue et dans un château en carton.

Mon avis :

Voici un livre aussitôt reçu, aussitôt lu ! Il faut dire qu’il est court (80 pages), mais l’histoire est aussi très prenante.

Première chose que j’ai appréciée : la narration. Nous n’avons pas seulement accès au point de vue de Yaëlle, nous suivons des événements (la fuite du petit garçon, la rencontre avec Justine, qui est SDF…) à travers le regard des personnes concernées, une pluralité de regards qui donne une force au texte.

Ensuite, j’ai aimé suivre le cheminement des pensées de Pierrot, cet ado de dix-huit ans qui doit rester chez lui, faute d’avoir une place dans un établissement adapté.

La phrase que j’ai préférée le concernant est certainement celle-ci :

« Maintenant, je suis majeur… ça doit être une maladie horrible parce que depuis que je suis majeur, je reste seul toute la journée. »

Pour lui, il n’est pas handicapé, puisqu’il n’a pas de fauteuil, il est simplement différent. Il n’aime pas qu’on se moque de lui, ça le rend boudeur et malheureux, il ne comprend pas le second degré, il aime qu’on soit autour de lui, supportant difficilement la solitude et, surtout, il est terriblement attachant. On regretterait presque que le livre ne soit pas plus long, on ne veut pas abandonner Pierrot si vite.

Mais, j’ai bien écrit « presque » car si ce livre est court, ce n’est pas un mal. Le lecteur peut laisser libre cours à son imagination, et se créer en parallèle sa propre histoire. On ne sait pas pourquoi la Dame, Justine, se retrouve sans domicile fixe, alors qu’on apprend qu’elle était avant institutrice, si c’est vraiment un choix, comme le pense la mère des deux enfants ou si c’est un enchainement de mésaventures. On sait seulement, en plus des informations sur son ancien métier, qu’elle a perdu ses proches et on comprend qu’elle ne doit plus avoir grand monde autour d’elle. Autre point positif de ce court récit  : les petits lecteurs ne seront pas rebutés par le nombre de pages. Le roman va à l’essentiel et l’histoire peut intéresser n’importe quel élève.

En résumé, c’est un très chouette roman que nous offre Eric Sanvoisin. Les thèmes abordés (le handicap, le regard de l’autre mais aussi celui qu’on porte sur soi, le fait de vivre dans la rue) sont très intéressants et sont d’excellents points de départ pour aborder ces sujets de société.

Petite suggestion à l’auteur : on pourrait peut-être retrouver Pierrot dans un autre roman ? 🙂

Autres romans de la collection :

Phobie, Fanny Vandermeersch

[Jeunesse/ YA] Emma, Tess Corsac

[Jeunesse] Faits d’hiver, Cathy Ribeiro

[Jeunesse/ ado] Trouver les mots, Gilles Abier

 

 

[Jeunesse] Le garçon qui parlait avec les mains, Sandrine Beau et Gwenaëlle Doumont

sans-titre

Un nouvel élève est arrivé dans la classe de Victoria ce matin. Surprise : il est espagnol ! Autre surprise : il ne parle pas car il est sourd. Enfin si, il parle, mais la langue des signes. Il s’appelle Manolo et a de très beaux yeux. Victoria n’a qu’une envie : faire sa connaissance.

Mon avis :

Manolo est un petit garçon espagnol. Il arrive dans la classe de Victoria un beau jour et, quand cette dernière croise son regard, elle tombe aussitôt amoureuse. Or, Manolo n’est pas un petit garçon comme les autres : il est sourd ! La maitresse signe pour lui parler. Si pour Victoria cette différence n’est pas vraiment importante (ils s’en accommodent très bien), il en va autrement pour certains enfants de l’école, et même des parents. D’ailleurs, une pétition  circule pour demander à ce que le petit garçon soit placé ailleurs ! Mais, grâce à un exposé, les deux enfants vont réussir à faire comprendre que Manolo est un petit garçon comme les autres !

Voici un très beau et bon roman, puisqu’il parle d’un sujet fort (l’acceptation de la différence ), avec des mots et une histoire simples. Les très jolies illustrations de Gwenaëlle Doumont apportent de l’humour mais aussi de l’intensité aux mots de l’auteure.

Bref, une nouvelle fois, j’ai adoré !

D’autres romans de l’auteure :

[Les petits] Pic pic pic Le moustique, Sandrine Beau et Loïc Méhée

[Jeunesse – premiers romans] Classe verte, copains et beurre salé, Sandrine Beau et Marie Caudry

[Jeunesse] Traquées, Sandrine Beau

[Jeunesse] La porte de la salle de bain, Sandrine Beau

[Jeunesse] Mon grand frère tombé du ciel, Sandrine Beau

Autre roman illustré par Gwenaëlle Doumont :

[Album jeunesse] J’aime pas être belle, Stéphanie Richard et Gwenaëlle Doumont

[Jeunesse – Sainte Beuve 2018] Ma mère, le crabe et moi, Anne Percin

CVT_Ma-Mere-le-Crabe-et-Moi_6516.jpeg

J’aurais préféré que ma mère me dise : « Tu sais, je crève de trouille et je ne peux rien te promettre. » Ou bien qu’elle pleure franchement, à gros bouillons. Oui, qu’elle pleure !
Au lieu d’afficher ce sourire de façade. Le sourire « tout-va-bien-je-gère ». J’aurais voulu qu’elle crie, qu’elle hurle, qu’elle se roule par terre en tapant des pieds,
qu’elle fasse un truc pas calculé du tout, un truc qu’on ne voit pas dans les séries françaises à la télé, un truc pas bien élevé, pas conseillé par le guide J’élève mon ado toute seule, au chapitre « Comment lui annoncer votre cancer ?  »

Entre rires et larmes, Tania nous raconte six mois de complicité avec sa mère malade, mais aussi les nouveaux défis qu’elle s’est lancés : devenir championne de cross… et tomber amoureuse.

Mon avis :

Vous avez peut-être déjà entendu parler de ce roman, et c’est une très bonne chose qu’il soit présent dans la sélection Sainte-Beuve. Le cancer, quand on est adolescent, c’est quelque chose de très abstrait, comme la maladie en général et plus encore la mort.

Tania se moque de sa mère au début du roman. Cette dernière donne sur son blog l’image d’une femme heureuse, excellente cuisinière, avec une famille parfaite. Sauf qu’en réalité son mari l’a quittée, ses talents de cuisinière sont encore à démontrer, et elle vit seule avec sa fille. Pourquoi alors se plait-elle à présenter une autre vie ? Tania ne le comprend pas. Elle aussi, elle a un blog, mais il n’a rien à voir avec celui de sa mère. Elle y poste des photos de loup-garou, de vampires et d’autres créatures, et des poèmes tristes.

Un soir, alors que sa mère rentre anormalement tard, Tania décide d’aller lire l’historique de l’ordinateur : elle avait vu peu de temps avant que sa mère était restée longuement sur internet, mais pas sur son blog. Et là, elle comprend aussitôt : sa mère a un cancer, un cancer du sein.

A partir de ce moment, Tania voit les choses différemment. Elle se pose des questions sur le corps de sa mère, sur le sien, sur les causes de la venue d’un cancer dans l’un des seins de sa mère. Une situation injuste. Sa mère devra se faire retirer le sein et suivre une chimiothérapie. Si au début cette dernière semble tenir le coup, rapidement son état se dégradera (fatigue, perte des cheveux, etc…). Tout ça mettra Tania dans un état d’angoisse important. Elle trouvera une solution plutôt étonnante et intelligente pour faire de sa souffrance une force.

Anne Percin réussit avec brio à se coller dans la peau d’une  adolescente (franc-parler et langage familier) et à retranscrire ses émotions (peur, incompréhension, mais aussi l’amour qu’elle porte à sa mère). Tout ne se résume pas au cancer, on suit aussi la vie de Tania, notamment au collège, son rapport avec les autres (les garçons, ses amies) mais aussi les relations avec son père et sa nouvelle compagne. Le ton reste positif et plein d’espoir, aucune dramatisation.

Le roman d’Anne Percin est partenaire de la campagne officielle de sensibilisation de l’Association «Le Cancer du Sein, Parlons-en !». Cette opération a lieu tous les ans en octobre, son symbole officiel est le ruban rose (information sur le dépistage précoce, soutien de la recherche contre le cancer du sein). http://www.cancerdusein.org/

Retrouver le roman sur le site de la maison d’édition Le Rouergue !

Pour en savoir plus sur le prix Sainte-Beuve, c’est là !

[Jeunesse/YA] Dis-moi si tu souris,Eric Lindstrom

index

« Je suis Parker, j’ai 16 ans et je suis aveugle. »

« Bon j’y vois rien, mais remettez-vous : je suis pareille que vous, juste plus intelligente. D’ailleurs j’ai établi Les Règles :
– Ne me touchez pas sans me prévenir ;
– Ne me traitez pas comme si j’étais idiote ;
– Ne me parlez pas super fort (je ne suis pas sourde) ;
– Et ne cherchez JAMAIS à me duper.
Depuis la trahison de Scott, mon meilleur pote et petit ami, j’en ai même rajouté une dernière. Alors, quand il débarque à nouveau dans ma vie, tout est chamboulé. Parce que la dernière règle est claire : Il n’y a AUCUNE seconde chance. La trahison est impardonnable. »

Mon avis :

Je ne vais pas vous faire attendre : ce livre est un gros coup de cœur !

Parker est une adolescente comme les autres, à un détail toutefois, qui a son importance : elle est aveugle. Elle se déplace à l’aide d’une canne pour éviter les obstacles, mais elle se fie aussi à sa connaissance des terrains et lieux sur lesquels elle évolue. Si j’emploie le mot « terrain », le choix n’est pas anodin car tous les matins Parker s’élance sur la piste d’athlétisme, qu’elle rejoint en courant, seule. Plutôt bluffant, non ?

Son goût pour la course à pied, un goût qui est presque devenu un besoin, elle le doit à son père, mort il y a presque un an. Comble de la douleur, sa mère est déjà morte, il y a de nombreuses années, lors d’un accident de voiture dans lequel Parker a laissé sa vue. C’est sa tante qui y est venue avec sa famille (un petit garçon avec lequel Parker s’entend bien et une adolescente avec laquelle les relations sont plus compliquées) à s’installer dans la maison de Parker, afin qu’elle ne soit pas obligée de subir en plus un déménagement.

Question scolarité, elle a une nouvelle élève présente pour l’aider, Molly. Mais, il y a surtout Scott, suite à la fermeture d’un autre établissement scolaire. Scott, le seul qui a osé la trahir.

Attention, lecture addictive ! Ce livre est une petite pépite. Les thèmes traités sont intéressants : le handicap, le dépassement de soi, la confiance, la trahison, le deuil ( encore, oui !), l’amitié, la reconstruction. Les personnages sont soigneusement dessinés et sont tous assez attachants. Parker m’a fait sourire, rire, pleurer. Si le livre est long, l’histoire est suffisamment prenante pour accrocher son lecteur, même s’il est question d’un collégien (je dirai à partir de la 4ème), plus encore d’un lycée. C’est un roman qui plaira aussi aux plus grands, l’histoire est vraiment intéressante.

Bref, il FAUT le lire !

Retrouvez Dis-moi si tu souris sur le site des éditions Nathan !

Une petite chose sans importance, Catherine Fradier

Une petite chose sans importance

Présentation de l’éditeur :

Le premier roman jeunesse de Catherine Fradier pour les ados ! Tout son art du suspense, une intrigue qui happe et bouleverse en éveillant la conscience. « Rien de nouveau dans ma tête, Asperger est toujours là. Je suis différent et je le resterai. Il faut que je continue à apprendre à vivre avec, il n’y a pas d’autre solution. » Sacha, qui souffre du syndrome d’Asperger, a été retiré du système scolaire par sa mère à la suite d’un harcèlement qui a mal tourné à l’école. Médecin, elle s’est depuis tournée vers l’humanitaire et emmène son fils lors de ses missions à travers le monde. Une petite chose sans importance est la traduction du mot swahili kadogo qui signifie enfant soldat. C’est, racontée par Sacha, l’histoire de Destinée, une enfant soldat congolaise d’une quinzaine d’années, qu’il a connue lors de l’une des missions de l’ONG dont sa mère est membre.

Mon avis :

J’ai reçu ce livre il y a trois jours, et il est déjà lu, dévoré, terminé.

Sacha est un enfant qui souffre du syndrome d’Asperger (une sorte d’autisme sans déficience intellectuelle, ni retard de langage). Il ne va plus à l’école et suit sa mère, médecin, qui travaille dans l’humanitaire.  Il adore les chiffres, aime compter, pi, et déteste tout ce qui est marron.

Alors qu’il se trouve en République démocratique du Congo, il fait la connaissance de Destinée, qui va devenir son amie. C’était une enfant soldat, comme beaucoup d’autres présents dans le camp. Toutefois, Destinée a un autre but que celui de ne plus être enfant soldat : retrouver son bébé, nommé Espoir,  qui est resté avec les ennemis, et retourner vivre avec l’enfant auprès de sa mère. Dans sa fuite du camp, elle emmènera Sacha, sans le vouloir.

C’est un roman jeunesse, destiné aux adolescents. L’histoire est racontée par Sacha qui décrit ce qu’est Asperger : je trouve que c’est une belle façon de présenter le syndrome aux ados. Néanmoins, c’est un livre qui peut tout à fait plaire aux adultes : certaines choses sont un peu plus difficiles à comprendre.

J’ai beaucoup aimé cette histoire. Les thèmes (les enfants soldats, le travail des enfants, Asperger) sont des thèmes qu’on trouve peu dans la littérature jeunesse.

Destinée et Sacha sont deux personnages attachants, avec des caractères forts. Ce qui tombe bien car Une petite chose sans importance est le premier opus de la série Chroniques lunaires d’un garçon bizarre. Je peux d’ores et déjà vous dire qu’il me tarde de retrouver Sacha !

Ce livre est paru le 3 mars 2016, aux éditions Au Diable Vauvert.

 

 

 

Kmille fait son blog, Cécile le Floch

Kmille fait son blog par Le Floch

Quatrième de couverture :

M : Super bien, ton blog ! Kmille : J’y croyais plus et voilà ! Vous m’avez écrit ! Vous êtes trois maintenant, c’est génial ! Bon, vous ne vous foulez pas question commentaires, mais comparé au mutisme des visiteurs précédents, vous êtes en progrès ! Je constate que vous avez choisi l’anonymat avec des pseudos énigmatiques à souhait. Pas de problème, ça me va.

Mon avis :

C’est un livre que j’ai emprunté au CDI de mon collège (non, non, je n’y suis pas encore élève, mais prof je le rappelle 😉 ).

Pourquoi lui ? Le titre m’a plu, le thème aussi : les blogs. La couverture aussi m’a attirée, je la trouve très originale, et l’éditeur : Rageot.

J’ai été très étonnée en lisant le livre de découvrir que les thèmes ne seraient pas uniquement l’univers d’internet, ou l’amitié mais le handicap : notre personnage principal, Camille, est en fauteuil depuis que ses parents ont eu un accident de la route. Son fauteuil, elle l’appelle Milo. C’est devenu une partie d’elle-même.

Camille a eu l’accident pendant les vacances, avant son entrée en 5ème pour la deuxième fois (elle a été contrainte de redoubler). C’est donc sans ses ami(e)s et avec Milo qu’elle va devoir affronter cette nouvelle année scolaire. Une chance sa meilleure amie, Ania, a aussi redoublé …

Son blog lui sert de journal intime, elle y écrit tout ce qu’elle ressent et y raconte ses journées. On découvre les injustices qu’elle doit subir, comme ces cours dans lesquels elle ne peut pas assister parce qu’ils sont à l’étage et qu’elle refuse qu’on la porte pour l’y emmener, le camion de livraison qui prend la place pour les handicapés et qui oblige son chauffeur à se garer plus loin, une rampe d’accès au CDI mais en bois, qui la fait patiner de nombreuses minutes quand il pleut.

Elle va faire des rencontres touchantes, qui lui apporteront beaucoup comme Florian ou Kévin. Elle aura aussi de belles démonstrations d’amitié et de soutien.

J’ai aimé ce livre, destiné aux adolescents. L’histoire de Camille est touchante, ce n’est pas un livre triste, Camille est forte et entourée. Le ton est simple, la lecture facile.

Je recommande !

Handicap … Le défi d’être Miss

Handicap_Couv

Présentation de l’éditeur :

L’histoire de Laura, jeune mannequin victime d’un accident de voiture qui la laisse paraplégique, est une histoire de vie, de glamour, de larmes et de séduction. Et cela fait un bien fou !
Après son accident, Laura devient Laurana, une jeune femme courageuse dans l’acceptation de son handicap, pleine d’humour et de charme. Son nouveau combat : se battre pour changer les mentalités sur le handicap.
De ses débuts dans le mannequinat à la terrible nuit de l’accident, l’hôpital, la rééducation, l’insensibilité du conducteur responsable, le procès, sa médiatisation, ce témoignage hors du commun permet de suivre et de partager pas à pas le combat de cette magnifique jeune fille pour faire tomber les préjugés sur les handicapés.
Elle nous dévoile également l’envers du décor d’un concours de miss.
Laura est, entre autres, la première candidate en fauteuil à une élection de beauté pour valides et revendique l’égalité et la mixité entre les valides et les non-valides. Elle se bat contre l’exclusion de la différence.
On vous le dit : c’est une Miss extraordinaire qui se livre ici !

Mon avis :

Ce n’est pas un roman que je vous présente cette fois-ci, mais un témoignage plutôt touchant de Laura, une jeune femme, mannequin, devenue paraplégique suite à un accident de voiture. Ce n’est pas elle qui écrit mais Cindy, sa sœur. Si je craignais une histoire plombante qui tombe dans le pathos ou le simple voyeurisme, ce n’est pas absolument pas le cas.

J’ai été agacée les premières pages, à cause d’une overdose de signes de ponctuation (rien que huit points d’exclamation en deux pages au début du premier chapitre), et quelques répétitions aussi. Mais, rapidement, tout ça a disparu, et j’ai été complètement absorbée par l’histoire.

Laura nous est donc présentée par sa sœur, mais, elle veut garder un point de vue objectif, autant que possible :

« Si je l’écris, c’est que cet accident, j’avais besoin de le digérer : Laura était là dans toutes mes pensées. Écrire seulement sur son accident m’aurait soulagée, aurait apaisé mes peines, libéré mes colères et même mon esprit; s’apitoyer sur son sort, ce n’est absolument pas elle. Décrire sa paraplégie n’aurait consisté qu’en une fade imitation de ceux qui, paraplégiques, écrivent leurs propres ressentis … Je devais écrire ce que je voyais, ce qui me coupait le souffle … »

Elle nous raconte l’accident, les conséquences, mais aussi la volonté rapidement marquée par sa sœur de vouloir s’en sortir et de ne pas être juste un corps dans un fauteuil. Elle décidera même de participer, après avoir été poussée par son entourage, à l’élection de la Reine du Muguet, élection à laquelle elle avait déjà participé pour s’amuser, avant l’accident. L’auteure nous raconte les difficultés que sa sœur a rencontrées, comme le choix de la robe ou encore des chaussures. Et puis, le regard des autres, ce qui se dit, ce qui se murmure, ce qui se lit. Et le procès, celui du chauffeur de la voiture, qui roulait bien trop vite et qui semble être victime d’amnésie ce jour-là. Lui n’a rien. Seule Laura sera touchée véritablement, Laura, cette seule jeune femme qui ce soir-là avait attaché sa ceinture de sécurité, qui ne devait pas être dans cette voiture avec les cinq autres jeunes, qui portait Julie sur ses genoux après avoir changé de place. Et comment ne pas penser : si je n’avais pas changé de place, si j’étais allée dans une autre voiture, si … Mais, les « si » ne font pas avancer l’histoire et ça, les deux sœurs l’ont bien compris. Alors Laura va de l’avant, ne reste pas enfermée chez elle, a des projets.Elle doit se reconstruire, autrement.

Malgré des moments à vide (comment pourrait-il en être autrement ? ) je la trouve d’une force assez incroyable, voire admirable. Parce qu’être en fauteuil, ce n’est pas cessé de vivre, qu’on ne se fond pas dans l’objet, que ces roues sont là pour soutenir un corps, et c’est corps qui est important. Mais encore faut-il ne pas l’oublier, le rappeler.

Et il y a Cindy, Cindy qui était enceinte de six mois au moment de l’accident de sa soeur. Elle écrivait ce qu’elle ressentait alors, ce qu’il se passait : elle avait donc de la matière quand sa soeur lui a demandé d’écrire un livre sur son histoire !

Livre témoignage, livre d’espoirs, c’est aussi un livre d’amour. On ressent les émotions, on a l’impression de vivre les choses en même temps que les deux sœurs. On est touché, agacé, amusé par le caractère de Laura.

Merci pour ce précieux témoignage.

Vous pouvez soutenir Laura sur la page facebook et retrouver le livre sur le site des éditions la boîte à pandore !