[Jeunesse/ado] Je les entends nous suivre, Florence Cadier

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Quand Léo rencontre Léonore à son cours de boxe, c’est le coup de foudre. Le jour de ses 15 ans, il décide de l’embrasser.

Mais à cette même soirée, il y a Robin, visage fin, yeux d’or. Un Robin envoûtant. Léo se laisse aller entre ses bras. Pourquoi a-t-il succombé, lui qui, une heure auparavant, n’avait d’yeux que pour Léonore ? Comment vivre la relation avec un garçon quand on a peur du regard de sa famille, de ses amis ? Comment accepter cet amour plus fort que tout ? Faut-il le cacher ou le vivre au grand jour ?

Jusqu’au jour où, lors d’un bal de village, Robin et Léo se font agresser par des jeunes à cause de leur liaison…

Il est temps alors de mettre des mots sur cette relation.

Mon avis :

Le texte commence par un court chapitre de deux pages. Deux garçons courent, insultés par d’autres personnes (« salopes », « pédales »). Ils ont peur et ont malheureusement raison : quelques secondes plus tard, ils se font tabasser.

Puis, le texte revient un an plus tôt. Léo, le narrateur, va organiser une fête chez lui pour ses quinze ans. Il sait que ce sera le bon moment pour embrasser Léonore, une amie avec laquelle il boxe, et surtout dont il s’est entiché. La soirée se passe bien, tout le monde s’amuse, l’alcool est présent malgré l’interdiction des parents. Léo parvient enfin à poser ses lèvres sur celles de la jeune fille… jusqu’à ce qu’on l’appelle. Robin, que Léo rencontre pour la première fois, fait un malaise à cause de l’alcool. Léo décide de l’emmener dans sa chambre et renvoie tout le monde chez lui. Puis, tout s’est enchainé, comme si c’était une suite logique : Léo s’est allongé à côté de Robin et les deux garçons se sont embrassés.

« Je fonds. Que m’arrive-t-il ? Jamais encore je n’ai éprouvé aussi fort ce sentiment. Même avec Léonore. C’est donc ça un coup de foudre ? »

Des mois plus tard, Léo et Robin sont toujours ensemble. Si Robin n’a pas peur d’afficher son homosexualité face à ses amis, Léo est mal à l’aise. Le regard des autres le gêne, il ne se sent pas suffisamment fort pour l’affronter. Un décalage se creuse entre les deux garçons. Un jour, alors que Robin a invité Léo chez lui (il l’a présenté comme étant un ami), ce dernier est reparti rapidement quand Robin s’est montré plus entreprenant dans sa chambre : il craignait que quelqu’un entre dans la pièce. Première cassure. Alors, l’histoire entre Robin et Léo va-t-elle survivre à l’attaque dont ils ont été victimes ?

Voici un très bon livre que j’ai dévoré. On sait dès le début du roman que la relation entre Léo et Robin ne sera pas un long fleuve tranquille, simplement parce qu’ils s’aiment et qu’ils sont du même sexe. Nous découvrons ce qui s’est passé avant ce passage à tabac mais aussi après, comment Léo va guérir de ses blessures, physiques et morales (essayer en tout cas).

C’est un roman qui parle de l’homophobie, mais pas seulement. Florence Cadier nous esquisse les contours d’une histoire d’amour, le coup de foudre qui unit deux personnes qui s’aiment profondément et qui se sont trouvés comme si leur histoire était une évidence. L’accent est aussi mis sur le regard des autres : Léonore vivra mal la découverte, ainsi que Lucas, le meilleur ami de Léo, comme si le fait d’aimer un garçon changeait quelque chose à la personnalité de son ami… La réaction des parents de Léo était intéressante à lire aussi.

En résumé : un très bon roman qui parle de l’amour, de l’homosexualité, et du regard des autres.

Le livre est paru aux éditions Le Muscadier, collection Rester Vivant !

Première page à lire ici !

 

 

 

 

 

 

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[Jeunesse] Qui suis-je ? Thomas Gornet

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Présentation de l’éditeur : Qui est donc Vincent ? Il ne le sait pas lui-même. Comme tant d’autres ados, il a du mal à trouver sa place parmi les autres collégiens et à comprendre ses émotions. Notamment quand débarque un nouveau, Cédric, un sportif, lui. Il va lui falloir une année de 3e pour prendre conscience de son homosexualité. Ce bref roman touche par sa profondeur, son humour, sa finesse, en évitant tous les clichés. Nouvelle version d’un roman paru en 2006 à L’Ecole des Loisirs. Adapté au théâtre en 2018, nombreuses représentations en milieu scolaire.

Mon avis : Voici un très bon roman qui traite du sentiment amoureux, et plus précisément de la découverte de son homosexualité. Vincent se sent vite attiré par Cédric, un nouveau qui débarque dans son établissement, sans comprendre vraiment pourquoi. Ce dernier, bon en sport, devient rapidement amis avec les autres sportifs, avec lesquels Vincent ne s’entend pas. Le jeune homme pendant les cours de récréation partage une marche d’escalier avec  Myriam et Aziz, ses meilleurs amis, jusqu’à ce que ce dernier décide de s’éloigner, et il ne sera pas le seul…

Le sujet est très bien mené avec une narration à la première personne qui donne encore plus de force au texte. Le thème de l’homosexualité, encore trop peu abordé en littérature jeunesse, est esquissé en toute simplicité, aidé par une écriture fluide. Un bon texte. 

Aux éditions Le Rouergue Jeunesse.

Je ne peux résister à l’envie de vous mettre un lien vers la vidéo du teaser : 

 

 

 

[Jeunesse BD] Rouge Tagada, Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

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Elle était dans ma classe. Quatrième D. D comme déconne, délire, débile, dévergondé, début, douleur, douceur aussi. Il y avait tout ça, chez nous.
Des pimbêches qui riaient trop fort, des timides, des bébés sages, des filles toutes fières de se comporter en femmes et des garçons qui ne savaient plus comment fonctionnaient leurs mains ni leurs pieds.
Il y avait aussi les Jade et les Benjamin, les bons copains toujours là en cas de coup de blues à la récré, toujours prêts à refaire le monde et jouer aux cancres au lieu d’aller en perm.
Mais il n’y avait qu’une Layla.

Mon avis :

J’avais beaucoup aimé Invisible écrit par la même auteure, Charlotte Bousquet, et aussi illustré par Stéphanie Rubini. Ces deux BD appartiennent à la même collection : « les graphiques ».

Alors qu’Invisible abordait le thème du suicide, ici c’est celui de la naissance d’un amour entre deux filles qui est à l’honneur. Alex est rapidement intriguée par Layla, une nouvelle qui se retrouvera dans sa classe. Les premiers temps, elle n’osera pas l’aborder, jusqu’à ce que Layla fasse le premier pas, pour une broutille. Les deux amies ne se quitteront plus.

L’histoire se déroule en trois parties, dans lesquelles les émotions sont très présentes : joie, amour mais aussi tristesse et désarroi. Le texte est court mais il n’était pas nécessaire qu’il soit plus long pour que le message, fort, soit passé. Les illustrations miment parfaitement les états d’âmes d’Alex et enrichissent l’ensemble (d’ailleurs, j’adore cette illustratrice).

La naissance du sentiment amoureux est très bien traitée. Si elle concerne un amour homosexuel,  l’accent n’est pas mis sur ce point mais sur l’absence de réciprocité.

Une très belle BD à découvrir et à faire découvrir !

Noukette et Jérôme l’ont aussi apprécié, c’est d’ailleurs eux qui m’ont donné envie de découvrir la collection ! Retrouvez aussi l’avis de Blandine !

Une BD publiée aux éditions Gulfstream !

 

[Jeunesse] Quand les poissons rouges auront des dents, Marie Colot

La semaine consacrée à Marie Colot touche à son terme. J’espère que l’un de ses titres (ou deux, voire trois ou tous !) vous aura conquis ! Je ne reviens pas sur son roman Dans de beaux draps que j’ai déjà chroniqué il y a quelques semaines (son seul livre dans la collection « tertio »), je vous présente aujourd’hui un livre destiné à un public plus jeune que les précédents (à partir de sept ans) Quand les poissons rouges auront des dents, paru dans la collection Primo l’année dernière. Et c’est encore un coup de cœur !

Quand les poissons rouges auront des dents par Colot

Présentation :

Il y a Auguste qui mémorise l’annuaire téléphonique. Il y a Lima qui garde toujours le silence. Il y a Robert Bouchard, le Playmobil. Il y a madame Louise, la maitresse aux grosses lunettes qui les surveille pendant les récréations parce que le poisson Frigolite s’est retrouvé dans la cuvette des toilettes. Et il y a un pays lointain, très lointain. Mais, avec des trottinettes et un peu d’audace, il est peut-être plus proche qu’on croit. Une escapade riche en rebondissements qui confirme que les enfants n’ont pas une cervelle de poisson !

Mon avis :

Auguste est un petit garçon atypique : il aime mémoriser l’annuaire téléphonique, notamment lors de ses fréquentes punition à l’école, a toute une collection de Playmobil – ses amis –  avec lesquels il s’amuse régulièrement. Pour avoir jeté le poisson rouge dans les toilettes, il est puni pendant les récréations et doit rester dans la classe, où se trouve aussi Lima, une jeune fille étrangère arrivée récemment en France. Elle intrigue Auguste par son silence et l’émeut par sa tristesse. Il finira par réussir à entamer une conversation, et prendra une décision : il va aider Lima à retourner auprès de ses parents !

Un court roman drôle, très bien illustré par Philippe de Kemmeter, qui soulève des thèmes importants comme l’homosexualité (Auguste vit avec ses deux papas – il pense d’ailleurs que c’est à cause de ça que sa maitresse ne l’aime pas – mais voit souvent Marjorie, sa mère biologique ), la guerre ou encore l’immigration. Le style est léger, la plume bourrée d’humour et de candeur enfantine. Un gros coup de cœur pour ce livre qui est à mettre dans toutes les petites mains !