[Jeunesse / ado] Silence radio, Alice Oseman

Silence radio  par Oseman

Je suis Frances, Frances la sérieuse, la solitaire, la discrète. Je passe mon temps à étudier. J’ai un seul objectif : entrer à Cambridge après le bac. Je suis Frances, la vraie Frances. Je suis fascinée par le mystérieux Silence Radio et sa chaîne Youtube Universe City. J’aime rire et j’aime dessiner.

Et puis je rencontre Aled. Avec lui, je peux enfin être moi. Avec lui, je vais enfin avoir le courage de trouver ce qui compte vraiment pour moi.

Mon avis :

Frances ne connaissait pas Aled, pourtant elle était pendant un temps inséparable de sa sœur avec laquelle une amitié s’était doucement tissée, avant que cela passe à l’étape supérieur. Or, depuis, cette dernière est partie sans explications et sans donner de nouvelles.

Les deux adolescents vont faire connaissance par le biais d’une série radiophonique, Silence Radio, créée par Aled. Sans connaitre Frances, il lui demandera de créer des décors pour sa série. Rapidement, ils découvriront qui ils sont et ne se quitteront plus. Les fans de la série seront de plus en plus nombreux et voudront savoir qui se cache derrière les pseudos qu’utilisent les deux ados. Or, Aled est formel : leur identité doit à tout prix rester secrète. Mais pourquoi est-ce si important pour lui ? Quels sont les secrets qu’Aled cherche à cacher ?

Encore un roman que j’ai lu rapidement. J’ai beaucoup aimé suivre l’histoire de Frances et Aled, les voir évoluer pour devenir qui ils sont vraiment. Seulement, ce n’est pas toujours facile, surtout quand ceux qui sont autour de nous exercent une influence négative.

Différentes problématiques sont abordées comme la question de l’identité,  la sexualité, la recherche de soi, la place dans la société ou encore les relations familiales, ce qui rend le texte très riche.

Un roman qui a su me surprendre et m’émouvoir.

Argoun, Marie Garnier

De la grande Russie aux typiques rues de Nancy, un homme sans visage et une passion sans avenir. Un homme prêt à tout est-il prêt à l’inimaginable ? Édouard ne peut plus être « l’ami », « le confident », cet homme gentil et sécurisant sur l’épaule duquel Julie aime à poser sa tête et se sentir rassurée. Bien sûr, ils partagent plus que cela. Bien sûr, elle l’aime tendrement… mais cela ne suffit pas. Pour ce grand amour, il a de grands projets. Il fait alors un pari fou. Partir. Dans ce départ, dans cette fuite plutôt, il joue tout. Son avenir, son amour, son estime de soi. Mais la France a cette sécurité que la Russie ignore et il va le découvrir à ses dépens. Dans les geôles tchétchènes, il découvre la véritable douleur, et perd à jamais son identité. Un seul mot le garde en vie. Julie. Julie encore et toujours. Si leur amour est fou, il est fort surtout. Et il survivra. Il doit survivre.

Mon avis :

C’est le premier roman que je lis de l’auteure, la dernière fois j’avais chroniqué un album jeunesse pour lequel j’avais eu un petit coup de cœur : Le papillon à roulettes.

Avec Argoun, Marie Garnier nous prouve qu’elle a plus d’une plume dans son sac, et ce n’est pas désagréable. J’ai trouvé l’histoire originale : cette idée de visage qui change, de personnage qui cherche à retrouver des personnes qu’il a connues, dont une qu’il a aimée, mais qui ne peuvent le reconnaitre. J’ai aimé suivre ce lien qui lie encore Edouard à Julie, malgré les silences. J’ai eu mal pour lui quand il s’est retrouvé en Russie, aux mains de Tchétchènes. La fin m’a aussi laissé sur ma faim, à cause de la proposition que fait Edouard à Bernd (ce qui ont lu comprendront, les autres liront, je ne veux pas dévoiler trop de choses) : j’ai hâte de lire la suite !

Nous étions une histoire, Olivia Elkaim

Présentation du livre :
« Nous sommes une famille ordinaire, une famille sans histoire. »
Quand Anita accouche d’un petit garçon, toute sa famille se réjouit. Pas elle. Angoisses, nuits sans sommeil, hallucinations… Le présent se dérobe, le passé refait surface. D’où vient un tel désarroi ? Anita quitte son mari et son bébé pour fuir vers Marseille, ville qui fut le théâtre d’un psychodrame familial. Elle tente de comprendre comment, entre sa mère, l’omniprésente et égocentrique Rosie, et sa grand-mère, Odette, séductrice et alcoolique, elle peut trouver sa place.
Être une femme et une mère. Aimer les siens et les détester. Se souvenir et oublier. Percer les secrets qui font notre identité.
Dans ce roman sensible et violent, tendre comme un chagrin d’enfant, Olivia Elkaim dresse le portrait de trois femmes au bord de la crise de nerfs.


Mon avis :

C’est le premier livre que je lis de cette auteure, qui n’en est pourtant pas à son coup d’essai puisqu’il s’agit de son troisième livre. Si ses deux premiers livres sont aussi touchants et poignants que ce troisième opus, autant vous dire que je cours en librairie …
Alors oui, les thèmes de la transmission de génération en génération ou de la recherche de l’identité ne sont pas des thèmes novateurs, moins fréquents toutefois sont les romans qui traitent d’une façon aussi brute de la difficulté d’être mère.
Ce livre est une petite merveille. Je l’ai dévoré le temps d’une insomnie : d’ailleurs, comment retrouver le sommeil une fois qu’on a commencé à le lire ? On est complètement aspiré et captivé par l’histoire, j’étais prise par les sentiments parfois contradictoires de ces personnages, surtout d’Anita qui semble n’avoir d’autres choix que de subir ce qui lui arrive. Elle est une étrangère face à ce bébé, elle ne parvient pas à l’aimer, dès le début elle ne ressent rien pour lui, rien de cet amour inné dont seraient pourvues les mères dès les premiers instants de la maternité mais aussi de la grossesse, allant jusqu’à lui trouver un prénom qu’elle jugera par la suite ridicule, Orson. Et comment exprimer cela sans ressembler à un monstre égoïste et incapable de ressentir de l’amour ? Évidemment, cette difficulté voire impossibilité à être mère trouve ses sources dans l’histoire familiale d’Anita, c’est ainsi qu’on suit aussi des fragments de l’histoire de sa mère, Rosie, mais aussi de sa grand-mère qu’elle a beaucoup aimée : Odette.
J’ai aimé ce livre plus que je l’aurais pensé. C’est un roman intense, qui marque, dont je me souviendrai longtemps. J’en recommande chaudement la lecture.
Livre publié aux éditions Stock !

Zou, Anne-Véronique Herter

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Présentation :

Ce n’est pas seulement la maison de vacances appartenant à sa famille depuis plusieurs générations que Chance doit quitter, mais aussi tous les fantômes qui l’habitent, ceux de son imagination, ceux de son passé, ceux des histoires que lui racontait son père.
Avec la perte de cette immense demeure, nichée dans un grand jardin séparé de la mer par un petit muret en pierre, lieu d’introspection privilégié de tous pour observer le bleu à l’infini, Chance perd également ses repères et se pose des questions quant à son identité. Est-elle vraiment, comme l’a toujours dit sa grand-mère, la réincarnation de son frère qu’elle n’a pas connu ?
« Zou ! », c’est le signal d’un nouveau départ, d’un renouveau qui s’impose comme une nécessité, un impératif de survie. « Zou ! », si simple à écrire, si court à prononcer et pourtant si difficile à accepter.


Mon avis :

J’aime découvrir un premier roman, la fraîcheur d’une nouvelle plume. J’aime moins quand je n’aime pas cette première rencontre : il n’y a pas encore d’autres livres  à lire rapidement pour rattraper mon impression, et une fois le second sorti (s’il y en a un), je n’ai aucune envie de le lire. Mais il y a aussi des livres qu’on dévore, qui nous font penser que la littérature n’est pas qu’une éternelle répétition, qu’il y a des choses nouvelles que ce soit dans la façon de traiter un sujet ou dans le style est ça, c’est vraiment un régal. C’est d’ailleurs le cas de « Zou », un délice littéraire.

J’ai lu ce livre il y a quelques semaines déjà, roman que j’ai reçu dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire de Price Minister (oui, je suis très en retard), et je n’ai pas pu écrire la chronique dans la foulée (vous savez pourquoi) ce qui n’est pas évident pour retranscrire tout ce que j’ai pu ressentir. Pourquoi ce livre ? Une quatrième de couverture qui m’a interpellée mais aussi (et c’est un gage de qualité pour moi) il était recommandé par Stephie de Mille et une frasques, et je me souviens que sa chronique sur ce livre m’avait particulièrement convaincue.

La maison dans laquelle Chance a vécu va être vendue. Elle décide de se mettre à l’écriture, ce qui lui permet de faire revivre son passé mais aussi de se poser des questions sur son identité et sur sa place dans sa famille face à l’ombre de son frère, décédé avant qu’elle ne puisse le connaitre. C’est aussi l’occasion de faire un bilan pour elle et de poser les bases solides pour un nouveau départ et aller de l’avant.

L’écriture de Anne-Véronique Herter est très prenante, c’est une lecture tout en douceur. L’un des points forts de ce livre est de réussir à surprendre le lecteur par l’alternance des narrateurs, qui ne sont pas toujours des personnes. Ainsi, on peut suivre le point du vue de l’ordinateur face auquel Chance écrit, mais aussi le petit muret de pierre ou la maison. Cela peut sembler étrange (d’ailleurs, ça l’est !), mais l’écriture tout en finesse de l’auteur rend l’ensemble terriblement addictif. C’est un premier livre dans lequel on trouve déjà tant de qualités que je ne peux qu’espérer un second roman. Et, pour ne rien gâcher, l’auteur est plutôt sympathique et facilement accessible, notamment via les réseaux sociaux.

Bref, un livre que je recommande chaudement !