Ma réputation, Gaël Aymon

Ma réputation

Laura, 15 ans, préfère la compagnie des garçons, celle de Jimmy, Sofiane et Théo. Les mimiques travaillées, les soirées filles, c’est pas trop son truc. Mais lorsqu’elle repousse les avances de Sofiane, ses amis lui tournent le dos et Laura se retrouve isolée et vulnérable. Seule en cours, seule au self, seule dans les couloirs. Les pires ragots circulent à son sujet sur les réseaux sociaux, la rumeur enfle et l’isolement de Laura grandit. Jusqu’à sa rencontre avec Joséphine, élève solitaire et marginale comme elle, qui va l’aider à relever la tête et à dénoncer le harcèlement dont elle est victime.


Mon avis :

C’est un livre que j’ai emprunté au CDI de mon collège (il faut dire que j’ai une documentaliste vraiment super ….), j’avais envie de découvrir un autre livre publié chez Actes sud junior après avoir découvert Tout foutre en l’air d’Antoine Dole. Il est conseillé aux adolescents à partir de 14 ans.

Laura a l’habitude de traîner avec ses potes, que des garçons. Elle n’a pas l’habitude d’être avec des filles, et elle est bien comme ça. Puis, un jour, tout bascule. Au moment où elle repousse les avances de Sofiane, un de ses trois amis, une photo d’elle dérangeante est publiée sur interne : c’est le début d’un acharnement contre Laura.  Les garçons ne veulent plus lui parler, elle se retrouve seule, que ce soit dans la classe ou à l’extérieur. Elle se réfugie pendant les récréations dans les couloirs afin de ne pas montrer qu’elle est seule, et trouver un peu de calme. Dans ce couloir, elle ne sera pas seule : Joséphine y trouve refuge aussi. A la maison, ce n’est pas mieux. Ses parents sont divorcés. Sa mère est très stricte contrairement à son père chez qui elle préfère vivre. Mais, suite à une dispute avec sa nouvelle belle-mère, il la renvoie chez sa mère. Un nouveau coup dur.

Alors que les rumeurs enflent sur elle, et ne se calment pas, elle trouvera de l’aide grâce à Jospéhine et finira par trouver la force pour s’en sortir.

J’ai beaucoup aimé ce livre qui reflète bien le monde parfois cruel de l’adolescence. Laura n’a rien fait de mal et pourtant, elle voit sa réputation se salir, perd ses amis en très peu de temps. Un coup dur, très dur, pour une adolescente. La narratrice est Laura, on lit l’histoire à travers son regard et on s’attache ainsi rapidement à la jeune fille.

C’est encore un coup de cœur, et je suis en train de dévorer un autre livre de la même collection, chez Actes Sud Junior. N’hésitez pas à le faire découvrir à vos ado, ou à le lire si vous êtes plus grands 😉


L’auteur : Depuis 2010, Gaël Aymon s’est tourné vers la littérature jeunesse après une expérience de comédien, scénariste, réalisateur et producteur. Auteur de contes, d’albums et de romans, dont trois romans « ado » Ma réputation, Oublier Camille et Les Héros oubliés (Tome 1 – Aux portes de l’oubli) publiés aux éditions Actes Sud Junior. Il enseigne également le théâtre aux enfants et aux adolescents.

En extrait, je vous propose celui posté sur le site, que j’aime beaucoup :

“Alors c’est possible. Perdre ses amis en une seconde et demie et se retrouver le bolos de la classe ! Toute la journée, le même scénario : je suis allée m’asseoir au premier rang sans regarder les garçons. D’un cours à l’autre, les murmures se sont atténués. La classe s’est habituée plus vite que moi à la nouvelle donne.
Le pire a été le self, quand il a fallu chercher une table à laquelle m’asseoir, comme une mendiante qui n’a plus personne. Je me suis rappelé qu’avant, j’étais timide. Je ne parle pas facilement. C’est mes potes qui me permettaient de faire la fière. Sans eux, je me sens banale. De leur côté, les garçons avaient l’air tranquilles, comme s’ils n’avaient attendu que ça, que je les lâche. Ils blaguaient même ! Peut-être moins naturellement que d’habitude mais je n’avais pas le cœur à les regarder pour savoir. 

À croire que, tout ce temps, je les dérangeais ! J’étais la seule à penser que je faisais partie du groupe alors que je devais les empêcher de se comporter librement. Peut-être que c’est juste parce que Sofiane voulait sortir avec moi que les deux autres m’ont acceptée si longtemps. Et si je l’avais laissé faire ? Il se serait passé quoi ?”

NB : Le livre vient de remporter le livre Prix Gr’Aisne de Critique 2015! Je suis ravie pour lui !

Les Lutins Urbains, Tome 1, Renaud Marhic

Comme la chronique du tome 2 arrive, autant faire arriver ici celle du tome 1 !

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Quatrième de couverture :
On les croyait disparus à jamais,
chassés de nos contrées par la modernité.
Erreur ! On peut bien avoir construit des villes à la campagne, les lutins se sont faits urbains !
Et ils n’ont rien perdu de leurs pouvoirs
d’agaceries, tracasseries, et espiègleries…
Quel est donc cet inconnu qui s’en prend aux livreurs de pizzas, leur dérobant leur chargement sans jamais faire main-basse sur l’argent ?
Gustave Flicman, jeune policier de la Grosse Cité, croise un soir le voleur. Si ce n’est pas un lutin, ça y ressemble bien…
Mais voilà le coupable arrêté : c’était un simple SDF. Affaire réglée.
Pas pour Gustave ! Qui ne se doute pas que sa quête du Pizz’ Raptor va le mener jusqu’à l’Université d’Onirie. Là où les Lutins Urbains ont trouvé refuge. Sous la protection du mystérieux Professeur B., Docteur en Lutinologie…
Mon avis :
C’est suite à un mail me présentant le livre que j’ai voulu le découvrir, et je remercie tout d’abord les éditions P’tit Louis et l’auteur Renaud Marhic pour cet envoi.
C’est un livre plutôt destiné aux enfants, comme le titre nous le fait rapidement comprendre. Pourtant, ça ne m’a pas déplu de plonger dans cet univers merveilleux, où le monde des humains (quelque peu modifié par rapport à celui qu’on connait actuellement, notamment par l’explosion des publicités) côtoie celui de ces petits êtres, les lutins.  L’histoire se découpe en plusieurs petits chapitres, au sein desquels on peut retrouver quelques illustrations – plutôt bien faites – en noir et blanc.
Gustave Flicman, comme beaucoup d’adultes, ne croit pas en l’existence des lutins. Pourtant, il devra bien s’y résoudre, même s’il comprendra qu’il ne faut pas trop ébruiter cette idée : en effet, plus les humains se mettent à croire en l’existence des lutins, plus on risque d’en avoir …
Facétieux,  drôles, parfois grincheux, j’ai aimé suivre l’enquête de Gustave, déambuler dans ce monde de l’imaginaire. J’ai apprécié les petits « psiiiiiiiiiiit » (qui correspondent aux notes de bas de page), qui conseillent, par exemple, au jeune lecteur de se munir d’un dictionnaire : cela donne un aspect ludique). Par contre, j’ai été vite agacée par les références publicitaires, j’ai trouvé que ça alourdissait le texte et que ce n’était pas franchement toujours drôle (peut-être parce que je suis devenue trop grande pour ça ?).
C’est donc une belle histoire qui devrait plaire aux plus jeunes, mais certainement aux plus grands aussi, ceux qui ont gardé une part de leur âme d’enfant (d’ailleurs, je pense bien que les lutins existent : sinon, qui s’amuserait parfois à cacher mes affaires ? ). Je lirai avec plaisir le tome 2 pour suivre les aventures des lutins comme celle de Gustave.
N’hésitez pas à aller faire un tour du côté du blog des Lutins Urbains ou sur le site de l’éditeur 

La révolte secrète, tome 2 : Le prince sauvage, Marie Czarnecki.

Pas d’atelier d’écriture aujourd’hui, faute de temps et d’inspiration, mais la chronique de ce livre de littérature jeunesse. Le deuxième tome de « La révolte secrète », de Marie Czarnecki.

Présentation :

Magalie entame sa deuxième année à l’école de magie. Cette fois, elle est prête. Mais entre la découverte des options et le nouveau professeur de métamorphose, entre ses nouveaux amis et ses nouvelles ennemies, Magalie saura-t-elle se garder du danger ? A nouveau, des monstres rôdent près d’Albana …


Mon avis :

J’avais déjà passé un bon moment en lisant le premier tome de cette série, dont vous pouvez retrouver la chronique ici. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Magalie et son chat Nuage se rendre à Albana pour la seconde année.

Cette fois-ci, Magalie n’est pas inquiète : elle sait ce qui l’attend, ça fait un an qu’elle sait qu’elle est une sorcière et elle  hâte de retrouver ses amis (Sullivan, Agathe et Eusèbe).

Nous retrouvons l’univers d’Harry Potter (les élèves répartis en 4 filiations, la guerre entre les filiations pour gagner à la fin de l’année, l’achat des fournitures, la présence des compagnons, les courses de balais …), mais cette fois-ci l’auteure prend un peu plus de distance. On rencontre un loup-garou, on retrouve les professeurs de l’année précédente sauf le professeur Jar évidemment, et une petite amourette se trame entre Magalie et Arthur, sans que rien ne se passe vraiment (ils sont dans des filiations différentes après tout, et Eusèbe semble quelque peu jaloux) : je me demande comment cela évoluera par la suite.

J’ai un peu regretté le manque d’action, j’ai trouvé le premier livre plus rythmé, ce qui ne m’a pas pour autant empêchée de le lire très vite. Pour une ancienne fan de la sage Harry Potter, c’est vraiment sympa de retrouver un univers similaire. Et, alors que dans le premier tome l’auteure à travers son récit nous rappelait qu’il ne fallait pas se fier aux préjugés ni suivre aveuglément les autres, ici on comprend à travers le comportement de Magalie qu’il faut s’ouvrir aux autres et chercher à les connaitre, plutôt que de tomber dans des guerres stériles (même si elle se laissera parfois tenter …).

Enfin, une jolie coquille, page 79 « Magalie avala sa salive et préféra regardait droit devant elle », c’est la plus belle que j’ai trouvée (rassurez-vous, il y en a très peu, et ça a certainement été corrigé depuis 😉 )

Retrouvez toutes les informations sur le site des éditions Baudelaire !

La révolte secrète, Marie CZARNECKI

Quatrième de couverture :

Quel lien y a-t-il entre un monstre poursuivi par des sorciers et une fillette de onze ans découvrant avec surprise qu’elle est une sorcière – et par là même qu’elle doit intégrer un internat loin de chez elle ? Loin de se douter de ce qui l’attend, Magalie découvre, en compagnie de son chat Nuage, un monde nouveau ayant ses propres règles et où une révolte se prépare en secret…


L’histoire et mon avis :

Magalie apprend le jour de son anniversaire qu’elle est une sorcière, comme sa grand-mère. Son père accepte difficilement la chose, sa mère le savait déjà, mais refusait de le croire. C’est un grand bouleversement pour cette petite fille de onze ans qui doit rejoindre une nouvelle école, Albana, école réservée aux jeunes sorciers, ce qui signifie aussi pour elle quitter sa meilleure amie ainsi que ses parents (c’est un internat). Les débuts sont difficiles, elle y trouvera toutefois sa place.
C’est un livre que j’ai beaucoup aimé, bien que je ne sois pas particulièrement mordue de littérature de jeunesse. C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai replongé, surtout dans les premières pages, dans un monde digne d’Harry Potter. Les points communs sont nombreux : l’un comme l’autre découvrent qu’ils ont des pouvoirs le jour d’un de leur anniversaire, l’école est composée de quatre équipes/filiation, la filiation qui totalise le plus de points pendant l’année est gagnante, ou, même avant, dès son arrivée dans cet autre monde (non par une cheminée, mais par un puits) : direction la banque, puis l’achat des livres, d’un animal de compagnie etc. Néanmoins, la suite laisse de côté cet univers « potterien » pour ne s’intéresser qu’au sien.
J’ai beaucoup aimé Magalie, que j’ai trouvée très forte : elle fait face à cette nouvelle vie, et fait tout pour que ses parents, bien qu’ils ne soient pas dupes, ne se rendent pas compte de sa tristesse quand elle les quitte, tristesse qui diminuera au fur et à mesure de l’année. C’est une petite fille courageuse qu’on voit grandir. Elle n’ose pas non plus dire à sa grand-mère, enchantée à l’idée de savoir sa petite-fille ) Albana, qu’elle ne partage pas le même enthousiasme qu’elle.

Enfin, ce que j’ai aimé aussi c’est que Marie Czarnecki ne nous offre pas là juste une banale histoire de magie pour enfants, à travers le regard de cette petite fille de onze ans, l’auteure nous rappelle qu’il ne faut pas se fier aux préjugés, et qu’il est toujours important de chercher à se faire sa propre opinion plutôt que de suivre aveuglément celle des autres.

En résumé, un très bon livre qui n’est pas juste destiné à un jeune public : n’hésitez pas à le découvrir !

Pour la retrouver, c’est ici ! Et encore merci aux éditions Baudelaire !

Malenfer : la forêt des ténèbres, Cassandra O’Donnell

Quatrième de couverture : Malenfer, la forêt maléfique, grandit et s’approche chaque jour davantage de la maison où vivent Gabriel et sa petite sœur Zoé. Seuls depuis le départ de leurs parents, partis chercher de l’aide en terre de Gazmoria, les enfants doivent faire face aux ténèbres qui recouvrent lentement Wallandar. Mais aussi à un tout nouveau danger : ni les visions de Zoé, ni les ses pouvoirs magiques ne parviennent encore à l’identifier …

Petite précision : je pense qu’il y a une erreur sur cette quatrième de couverture, l’histoire parlant de Wallangar et non pas de Wallandar … mais c’est un détail !


Mon avis : Zoé et Gabriel sont deux enfants de dix et douze ans. Leurs parents partis, ils doivent faire face aux dangers qui planent sur Wallangar. Les arbres de la forêt de Malenfer  – les dévoreurs – se rapprochent de jour en jour, des choses étranges se passent autour du lac à côté de l’école, un petit garçon disparait, un professeur étrangement absent … et deux enfants qui vont trouver le responsable avec l’aide de trois amis : Ezéchiel, Morgane et Thomas, l’éternel râleur …

J’ai beaucoup aimé ce livre, que j’ai dévoré. Oui, il est destiné aux enfants (à partir de 9 ans), mais c’est aussi une lecture très sympathique pour les adultes. Les personnages sont attachants : il y a Zoé, la petite fille timide, réfléchie, et mise à l’écart par ses camarades parce qu’elle est différente, à l’inverse de son frère, Gabriel, bien plus téméraire, qui jouit d’un certain succès. Ils font tous les deux preuve de courage, malgré la peur, et de maturité. Gabriel est très protecteur et adorable envers sa sœur qu’il protège du mieux qu’il peut (ça m’a touchée de lire qu’il ne prenait pas de petit déjeuner afin de garder un maximum de réserves pour Zoé !). Zoé de son côté ne veut pas laisser son frère seul, et préfère partir avec lui, prête à l’aider.

On retrouve ainsi différents thèmes importants à cet âge : accepter les autres en dépit de leurs différences, la solidarité, le courage, ne pas se fier aux apparences …

Enfin, je pense que c’est un livre qui doit beaucoup plaire aux enfants : ce sont des enfants comme tout le monde, à quelques touches magiques près. Ils partagent les mêmes soucis que n’importe lequel d’entre eux à l’école et quel enfant n’aimerait pas s’imaginer partir dans de folles aventures ou disposer de pouvoirs magiques ? Le texte est d’ailleurs facile à comprendre. En tout cas moi, du haut de mes 28 ans (oui, oui, je l’avoue !) : j’attends la suite !

Les illustrations sont de Jérémie Fleury : je les ai énormément aimées, je trouve qu’elles conviennent parfaitement au texte. Elles nous aident à nous plonger dans l’univers créé par notre auteure.

En résumé, une saga qui mêle suspens, magie et mystère, à consommer sans modération, de 8 à 88 ans !


Quelques mots sur l’auteur : Originaire de Lille, Cassandra O’Donnell vit depuis plusieurs années en Normandie. Elle est fan de Tolkien, Ilona Andrews et de Laurell K. Hamilton. Réalisatrice de documentaires et de reportages, elle décide de prendre son pseudonyme actuel pour créer la saga Rebecca Kean en 2011, publiée avec succès chez J’ai lu, dans la collection « Darklight ».