[Jeunesse] Barjoland, Jean-Luc Luciani

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L’univers de Damien bascule le jour où il apprend, d’une part, que les Américains ont élu Donald Trump à la tête des États-Unis et, d’autre part, que sa mère envisage de refaire sa vie avec un psy qui anime une émission de radio destinée aux adolescents.

Entouré de ses amis proches, des lycéens connectés en permanence, il va tout faire pour tenter de discréditer le psy aux yeux de sa mère… jusqu’à commettre l’acte de trop et frôler la folie à son tour.

Mon avis :

Voici un roman qui se déroule en 13 actes, du 18 novembre 2016 au 31 décembre de cette même année.

Damien vit avec sa mère. Son père est décédé un an plus tôt. Depuis quelques temps, sa mère fréquente un homme, Colvert. C’est un psychologue pour adolescent, très connu pour son émission Ados rebelles, des problèmes à l’appel : comme si Damien avait besoin de ça ! Entre les deux, le courant ne passe pas. Damien multiplie les provocations, plus ou moins graves, tandis que Colvert reste calme, en apparence. La mère, quant à elle, navigue à vue.

De son côté, le professeur Gallois est perplexe. L’élection de Trump, c’est le début de quelque chose. Ou la fin. Il se demande comment il va pouvoir parler de ce coup de massue à ses élèves, certainement avides d’en discuter. Mais il déchante vite : ses élèves s’en moquent complètement. Ils ne s’intéressent qu’aux notes et vont en faire la risée des réseaux sociaux. Quant au proviseur – il travaille dans un établissement privé –  il ne voit pas ses discours d’un bon œil.

D’un côté, la colère d’un adolescent. De l’autre, celle d’un adulte. Dans les deux cas, ils veulent ouvrir les yeux à leur entourage, plus ou moins proche, mais ils font face à l’indifférence. Alors ils continuent, sans savoir jusqu’où ils peuvent aller… Les limites sont fluctuantes, la folie tantôt s’exprime, tantôt reste sous-jacente.

La folie, c’est bien l’idée que l’on retrouve sur cette couverture, comme dans le titre d’ailleurs. Dans les deux cas, la folie est la conséquence de l’indifférence ou d’une colère qui ne trouve pas d’apaisement. Le monde, pour eux, ne tourne plus rond. Un monde de barjos. Barjoland. Pourtant Damien, comme Gallois, sont à l’origine comme n’importe quel autre adolescent ou n’importe quel  autre adulte. Ainsi, la folie peut toucher tout le monde. D’ailleurs elle s’immisce aussi, dans une moindre mesure, dans les comportements d’autres personnages (comme Colvert avec sa manie que tout soit bien rangé).

Un roman fort publié aux éditions Le Muscadier, collection Rester Vivant ! 

D’autres romans de l’auteur :

[Jeunesse / ado] Station sous-paradis, Jean-Luc Luciani

 

 

 

[Jeunesse / ado] Station sous-paradis, Jean-Luc Luciani

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Présentation :

Après avoir racheté une station-service moribonde, Gorki y végète en prenant le temps de vivre, sous le regard critique de Gus, un enseignant en dépression.

Mais bientôt, de nouveaux venus vont perturber la tranquillité de la petite commune… Leur présence dans ce coin jusqu’à présent bien tranquille serait-elle liée à la construction de ce terrain de golf que le maire de la ville tient absolument à installer… en dépit de tout bon sens écologique ?

Mon avis :

Voici un livre que j’ai dévoré en deux soirées. Certes il ne fait pas beaucoup de pages ( un peu plus de 100), mais le thème n’est pas très courant en littérature jeunesse, et l’histoire très plaisante à lire.

Ce sont les vacances. Max et Eddy, deux frères jumeaux, végètent sur leur canapé, au grand désespoir de leur amie Miranda, en quête d’actions. Et ça tombe bien : après deux jours d’absence, Miranda contacte les jumeaux et leur demande de la rejoindre, en se munissant de leur matériel d’escalade.

Gus, ancien enseignant en congé longue maladie et soigné pour dépression nerveuse, passe ses journées à la station service Sous-Paradis, rachetée par Gorki. Ce dernier n’a aucune envie de se faire de l’argent, il a racheté les locaux pour une somme modique et continue à distribuer de l’essence, en attendant de trouver ce qu’il pourrait faire du lieu.

Alexandre a remporté un appel d’offre lancé par la mairie, contrat obtenu après avoir tiré ses tarifs vers le bas, pris à la gorge par ses besoins financiers : il doit déboiser vingt-cinq hectares de forêt d’ici la fin de l’année. Heureusement son fils, Stéphane, sera là pour l’aider.

Mais rien ne se passera comme prévu.

Quand Alexandre se rend sur le terrain, le panneau « Zone à déboiser » est devenu « Zone à défendre » : des activistes occupent le terrain, certains sont harnachés aux arbres. C’est là qu’on retrouvera Miranda, Max et Eddy. C’est non loin de là que se trouve la station de Gorki, une station qui deviendra un lieu de rassemblement pour les activistes.

Mais les élus ne comptent pas se laisser faire : un golf doit y être construit. Ils demandent au préfet de faire intervenir les forces de l’ordre, avec ordre de dégager les manifestants. Et du sang coulera.

Ce roman est dédié en souvenir à Rémi Fraisse, dont le nom est malheureusement connu de tous. Le texte est d’actualité (les endroits où l’homme n’a rien construit sont de moins en moins nombreux), les thèmes multiples : l’écologie et l’environnement, la lutte, la solidarité, la violence… Le texte est facile à lire et à comprendre, ce qui le rend parfaitement adapté aux adolescents, mais je le trouve aussi très intéressant pour les adultes, comme la plupart des livres qui paraissent dans la collection « Rester Vivant » du Muscadier. Bref, foncez !

La collection « Rester Vivant », qu’est-ce que c’est ?

La collection Rester vivant est constituée de nouvelles et de romans qui parlent du monde d’aujourd’hui, en abordant sans détour les questions écologiques, sociales et éthiques qui émergent au sein de la société dans laquelle nous évoluons. Elle s’adresse en priorité aux pré-ados, aux ados… et plus généralement à tous les lecteurs qui résistent encore à l’asservissement des esprits, quel que soit leur âge. Ces livres ont pour ambition, en plus d’attiser l’imaginaire du lecteur, d’éveiller son sens critique et de poser un regard incisif sur nos comportements individuels et collectifs.

Retrouver Station sous-paradis sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !