Une phrase, un texte ! #1

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Bonjour !

Comme annoncé sur les autres réseaux sociaux, je lance sur le blog un atelier d’écriture, dont le but est d’écrire un texte à partir d’une phrase, tirée d’un livre plus ou moins connu.

Je vous propose pour cette première semaine cette phrase, tiré de Pardonnable, impardonnable de Valérie Tong Cuong. Ce sont les premières phrases du prologue :

« Elle se retourne, sourit, inspire avec lenteur pour souligner l’importance de l’entreprise. Se remet en position, tête inclinée. Prête à partir.

Et puis non. « 

Pas besoin de connaître le livre, puisque vous allez inventer votre propre histoire ….  Les textes seront publiés le dimanche matin, à 9h, environ ! La nouvelle citation sera publiée chaque lundi, si on continue.

Vous voulez participer ? Quelques consignes :

  • Faire un lien vers le blog dans votre article.
  • Précisez qui est l’auteur de la citation.
  • Ne publiez vos textes que dimanche matin, pas avant !
  • Donnez-moi le lien de votre article sous cet article, et le titre de votre texte.
  • Si vous n’avez pas de blog, envoyez-moi votre texte par mail (lesbilletsdefanny[at]gmail.com)

Et n’hésitez pas à partager l’article, plus on est de fous, plus on lit !

 

 

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan

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Présentation : « La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire.
La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence.
Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. »

Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

Mon avis :

Rien ne s’oppose à la nuit est sorti en 2011, il a été récompensé de nombreuses fois (prix du roman Fnac, prix Renaudot des lycées, prix France Télévisions 2011 et le Grand Prix « roman » des lectrices de Elles en 212). Je souhaitais le lire depuis quelques temps, et j’ai cédé quand j’ai vu qu’il m’attendait, bien sagement, à la bibliothèque de mon village.

Le livre se découpe en trois parties, Delphine de Vigan nous présente tout d’abord l’enfance de Lucile, sa mère, une enfance marquée par les épreuves, aux côtés de ses frères et sœurs. Puis, la vie de Lucile adulte, qui commence à peu près à la naissance de Delphine. Et, enfin, la dernière partie nous raconte la fin de la vie de Lucile, aux côtés de ses deux filles, Manon et Delphine, et de ses frères et sœurs qui sont encore là. Parmi ces chapitres, l’auteure en insère d’autres dans lesquels elle présente ses recherches et explique la difficulté de son entreprise, ainsi que les réactions de certains membres de sa famille.

C’est un livre touchant, doublement : l’auteure m’a émue quand elle explique le besoin qu’elle ressent d’écrire ce livre, pour ne pas expliquer (le peut-elle ? ) mais au moins pour essayer d’y voir plus clair, surtout en ce qui concerne le suicide de sa mère, ses réveils en sursauts, ses démarches auprès des membres de sa famille. Puis, la présentation des nombreux drames qu’a connus la famille, l’amour sans borne de sa grand-mère envers ses enfants, mais surtout envers son mari, laissant de côté ses aventures régulières, refusant de croire aux reproches d’incestes.

Lucile est un personne atypique, on croirait d’ailleurs plutôt qu’il s’agit d’un personnage. D’emblée, en sent une personne fragile, un peu différente du reste de sa famille, sur laquelle son père porte un regard particulier. Elle sera diagnostiquée bipolaire, certains scènes racontant ses moments de folie sont absolument subjuguants ( pour celles et ceux qui l’ont déjà lu, j’ai l’image de Lucile, recouverte de peinture blanche, quand elle se retrouve seule avec Manon, aiguilles en main, vers sa fille …. ).

C’est une histoire bouleversante, touchante. Un coup de cœur. Je pense qu’il fera partie de ces livres que je n’oublierai pas.

 

 

[Rentrée littéraire 2013] Le soleil à mes pieds, Delphine Bertholon

Quatrième de couverture :
Deux sœurs, au cœur du printemps parisien. La petite, fragile et ravissante, se protège du monde dans le cocon de sa chambre de bonne. La grande, elle, s’agite dans la ville. Nymphomane, tyrannique et machiavélique, elle tient sa cadette sous emprise. Liées par un terrible passé, elles se démènent pour tenter d’exister, chacune à sa façon.
Si le sort semblait avoir scellé leur destin, les rencontres parfois peuvent rebattre les cartes…

Le Soleil à mes pieds est, avant tout, l’histoire d’une résurrection.


Mon avis :
Parfois, on reste totalement hermétique à un livre. On le lit, les pages se tournent, on peut même venir à se demander pourquoi on est entrain de le lire. C’est malheureusement ce qui m’est arrivé avec ce livre de Delphine Bertholon.
Quitte à m’attirer les foudres, je n’ai pas aimé ce livre (en même temps je ne vais pas écrire le contraire pour faire plaisir, qu’un livre ne soit pas apprécié par quelques lecteurs, je pense que c’est juste normal). Je sais qu’il a beaucoup plu dans l’ensemble – je ne sais pas pourquoi, quoique, c’est certainement une question de sensibilité –  mais sa lecture a été pour moi du temps perdu. Attention, la suite dévoile beaucoup de choses. A ne pas lire si vous ne l’avez pas encore lu et souhaitez le faire !
Ce livre présente deux sœurs, aux caractères et aux vies très opposés : l’une « la grande » vêtue de noir, petite et dodue, son appartement est un amoncellement de tout ce qu’elle peut trouver dehors (que ce soit dans les poubelles ou en rackettant les sans-abri). La « petite » qui vit dans une chambre de bonne impeccablement rangée, sans travail fixe. La première, qui a un comportement presque tyrannique, va constamment chez la seconde, qui l’apprécie peu. De temps en temps de retour en arrière nous en apprennent plus sur l’histoire qu’elles ont vécue : leur mère est morte quand elles étaient jeunes, elles ont connu le foyer.
La description des personnages est assez caricaturale : chacune complètement dans son monde, l’une qui voue un culte au macabre, qui incarne le mal, et l’autre qui vit dans la blancheur et la pureté, qui incarne le bien. La seconde est plutôt renfermée, et ce n’est qu’une fois que sa sœur est retrouvée morte qu’elle semblerait enfin pouvoir vivre, d’où la phrase à la fin de la quatrième de couverture : « Le Soleil à mes pieds est, avant tout, l’histoire d’une résurrection. » Mouais. Sauf que cette « résurrection », je ne la trouve pas. Bon, il est vrai que quand elle commence à ne plus avoir de nouvelles de sa sœur, la « petite » se laisse aller à … acheter une nouvelle paire de chaussures dorées, comme l’étaient celles de sa mère. Et là, oui, elle change : elle décide de se colorer les cheveux, de la même couleur que ses chaussures, et devient loquace à son habituel café … Le miracle des talons ? Une nouvelle version de Cendrillon ? J’ai surtout trouvé ça superficiel, sans profondeur et plutôt sans intérêt dans l’ensemble. Mais j’ai sûrement loupé quelque chose.
L’écriture n’est pas désagréable, on suit doucement les lignes. L’auteur nous donne ça et là des indices concernant le passé des deux sœurs, pour mieux comprendre leur présent,  mais comme je n’ai pas été prise par l’histoire, ça ne m’intéressait pas.
Bref, je ne vous déconseillerai pas ce livre, puisqu’il plait à beaucoup, mais ne le conseillerai pas non plus, évidemment.