[Jeunesse – ado ] Le vol d’Icare, Christine Deroin et Angélique Excoiffier

Valentin a dix ans quand il arrive dans sa nouvelle école. Sur un mur de sa classe est affichée une reproduction du collage de Matisse « Icare ». Valentin fera comme Icare, il volera. Valentin fera mieux qu’Icare, il volera loin, très loin. Il en est certain.

Enfin, pas toujours. Parfois, il est aussi certain d’être le plus nul des garçons.

Mon avis :

C’est certainement l’un des romans de la collection « saison psy » qui m’apprend le plus de choses. Je n’ai jamais été confrontée en tant qu’enseignante à un élève bipolaire, ni dans mon entourage personnel proche et j’ai particulièrement apprécié la façon dont le trouble est présenté ici.

Valentin a des crises de colère assez surprenantes. Il en sort complètement vidé, épuisé. Il n’arrive pas à se contrôler, c’est plus fort que lui. A côté, il y a des moments pendant lesquels il se pense invincible, comme quand il est persuadé qu’il pourra voler.

Nous voyons aussi la façon dont est vu Valentin par son entourage scolaire, qui ne parvient pas forcément à le comprendre. Si au début ils amusaient les autres, ils ont commencé à s’en éloigner, et même à en avoir peur. Ses parents sont très aimants, mais on sent aussi qu’ils sont dépassés.

Comme toujours dans ces livres, des « moments psys » s’intercalent entre les chapitres pour expliquer les réactions du personnage principal et nous donner plus d’informations sur le trouble en question (explication de la bipolarité chez l’enfant, les difficultés dans la vie sociale, les comportements à risque…). Ces conseils sont toujours aussi précieux et très éclairants (dans celui-ci, ils sont rédigés par Angélique Excoiffier)

A retrouver sur le site de la maison d’édition Le Muscadier!

D’autres romans de la collection « Saison psy » :

Sur le fil (trouble bordeline)

(Dé)connexions

Caméléon (trouble Asperger)

[Ado ] La falaise, Ghislaine Roman

Présentation de l’éditeur :

« Je vois exactement la scène au ralenti.
Mon père ouvre son journal et change de tête.
Ma mère écarquille les yeux, façon de lui demander ce qui se passe.
Mon père froisse les feuilles,
les laisse tomber sur le carrelage et dit : “Ben zut alors !”
À ce moment-là, je ne me doute de rien. »

Charlotte, quinze ans, apprend que sa mère a été abusée quand elle était enfant. Au moment où son amour pour Pablo éveille son désir, elle va devoir faire face à la vague qui balaie sa famille. Elle découvrira l’abjection dont les adultes sont capables : certains savaient et n’ont rien dit. Entre rage et tendresse, Charlotte va devoir trouver son chemin.

Mon avis :

J’étais très tentée par ce livre, et je ne suis pas déçue. Le thème est important et même encore assez tabou malgré les voix qui s’élèvent de plus en plus pour qu’ils soient reconnus et condamnés : les abus sexuels.

Dans cette famille, c’est la découverte d’un article de journal qui finit par libérer la parole. La maman de Charlotte fait partie des victimes d’abus sexuel de son ancien professeur de musique. C’est un choc pour la jeune fille, dont la vie bascule du jour au lendemain. Comment ne pas être totalement déboussolée et choquée quand on découvre ce qu’a subi la personne qui nous a mise au monde, cette personne qu’on aime tant ?

Charlotte voudrait que sa mère parle, mais cette dernière n’est pas encore prête. Tout ça, c’était enfoui. Elle culpabilise, il lui faut du temps pour accepter de ressortir cette souffrance et cette humiliation profondément enfouies. Du côté de la jeune fille, cette annonce arrive à un moment délicat : celui des premiers émois amoureux. Elle est de plus en plus proche de Pablo, elle le désire. Ce dernier va découvrir un secret qui ronge sa mère, avec laquelle il vit seul. Cela explique bien des moments difficiles de leur vie et le poussera à s’éloigner un peu de la narratrice.

Le point fort de cette histoire, c’est le réalisme. C’est malheureusement un récit dans lequel des adolescent(e)s et les parents pourront se retrouver. Les abus sexuels sont plus nombreux qu’on l’imagine, trop nombreux. C’est un fléau dont on doit parler, dont on doit se libérer, autant que cela soit possible. Ici, la victime finit par réagir, et je trouve que c’est essentiel en littérature jeunesse de montrer qu’on peut, et même qu’on doit le faire. Au bord de la falaise on peut reculer, malgré les rochers qui peuvent nous faire tomber.

Pour autant, rassurez-vous : si les mots sont très justement choisis, il n’y a pas de passages difficiles à lire, trop explicites. Le style est vif et entrainant, on lit l’histoire rapidement. Il n’y a pas de pathos non plus, d’ailleurs on ne sombre jamais dedans dans la collection Rester Vivant. Mais on écrit, on dénonce, on montre les voix/es possibles. Et, dans un monde chamboulé comme le notre, c’est absolument nécessaire puisque fermer les yeux sur les faits de société ne les fait pas disparaitre.

A retrouver sur le site de la maison d’édition, Le Muscadier !

[Littérature jeunesse – ado] Les dernières reines, Christophe Léon et Patricia Vigier

Le réchauffement climatique atteint des sommets dans cette zone équatoriale de l’Afrique où la forêt primaire n’est plus que résiduelle. L’agriculture intensive a investi toutes les terres disponibles et mobilise les dernières innovations technologiques – jusqu’à la pollinisation… Mais quand la fille du magnat de l’agroalimentaire achète sur le marché noir un mystérieux petit pot jaune à un séduisant africtiviste, un grain de sable s’immisce dans les rouages de la multinationale.

La catastrophe écologique qui se déclare risque de faire basculer de nombreuses vies, en direct sur les réseaux sociaux.

Mon avis :

Encore un roman de Christophe Léon que j’ai beaucoup aimé, mais la particularité de ce texte est qu’il a été écrit avec Patricia Vigier, que je découvre.

Nous sommes en Afrique, en 2049, où règne la multinationale Pionsanto, dirigée par Donald Prunt, un homme qui ne brille pas par son empathie et son altruisme… Il a une fille, Sunsee, qui a grandi dans la richesse et loin des informations réelles. Un jour, cette dernière échappe à la vigilance de son garde du corps et rencontre un garçon qui lui vend un pot de miel. Ravie de sa découverte, elle la montre avec joie à sa mère qui déchante et appelle aussitôt son mari, et pour cause : les abeilles sont interdites… Donald Prunt va tout faire pour découvrir la provenance de cet or jaune, tandis que Sunsee va ouvrir les yeux sur le monde tel qu’il est réellement. Elle sera sidérée par le nombre de personnes qui meurent à cause des produits que fabrique l’entreprise de son père, et se rangera du côté des opposants.

Ce roman est terrifiant : ce n’est pas un film d’horreur, loin de là, mais il est criant de réalisme et on ne peut s’empêcher de penser que les dérives actuelles pourraient nous emmener vers un tel destin. Après tout, sommes-nous loin de ce dirigeant avide de pouvoir ? Qui ne pense qu’en terme d’argent, de bénéfices ? Non. Alors, science fiction ou simple récit avant-gardiste ? Je poserais bien la question à des élèves de troisième, ou en lycée !

A retrouver sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !

D’autres romans de Christophe Léon :

La décision

Pas bête(s) !

Argentina, Argentina

Fani

Hoax

Les mangues resteront vertes

[Docu / fiction] »[Dé]connexions » et « Caméléon », Christine Deroin.

Aujourd’hui je vous présente deux livres parus aux éditions le Muscadier, dans la collection « Saison psy », dirigée par Christine Deroin.

Le premier, (Dé)connexions, s’intéresse à l’addiction aux écrans.

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Manon, Clément et Enzo sont trois adolescents. Manon veut devenir créatrice de jeu et piaffe d’impatience. Enzo est accro aux jeux en réseau et aux jeux d’énigmes, et son mal-être le pousse à s’identifier à ses avatars. Clément vient de perdre le chien de son enfance et ne trouve d’oreilles compatissantes que parmi les adeptes des réseaux sociaux.

Trois expériences différentes qui démontrent la complexité et la diversité de ce qu’on appelle communément l’addiction aux écrans.

L’addiction aux écrans n’est pas une nouveauté. Sa dangerosité a déjà été démontrée plus d’une fois mais les écrans continuent à prendre de plus en plus de place, plus encore pendant cette période de confinement pendant laquelle les enfants / adolescents sont chez eux. Récemment, j’ai lu que les ventes de jeux vidéos sont en pleine expansion depuis un mois…

Il faut dire qu’ils ont tout pour attirer.  Face à l’écran, on oublie un peu le monde qui nous entoure, on se crée une nouvelle famille virtuelle qui nous apparait rapidement comme essentielle, on se sent moins seul. Le temps passe à toute vitesse, tellement que les nuits raccourcissent, ce qui a des conséquences sur la vie quotidienne et la santé (fatigue, mauvaise alimentation, irritabilité, etc). On a aussi tendance à faire facilement confiance à la personne avec laquelle on discute, alors qu’on ne la connait pas… et qu’elle peut nous faire croire ce qu’elle veut. Le livre illustre très bien ces dangers.

Notons que, contrairement à ce qu’on croit, l’addiction aux jeux vidéos ne concerne pas que les garçons, comme le prouve la présence de Manon.


Le second, Caméléon, traite du trouble Asperger.

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Alice est une adolescente que tout le monde a toujours qualifiée de haut-potentiel sans reconnaître la profondeur de son malaise et son véritable trouble Asperger. Un déménagement et un changement de collège vont la déstabiliser et faire jaillir sa personnalité d’ovni (« objet vivant non intégré »), comme l’appelle sa sœur.

Son admiration pour Fanny, la star de la classe, et sa volonté de lui ressembler en tout point pour être aimée, vont faire exploser ses repères et la mettre en danger.

Le trouble Asperger chez les filles est rarement diagnostiqué dans l’enfance. Le déceler tôt permettrait d’aider les adolescentes à s’épanouir, et aiderait leur entourage à l’accepter.

J’ai adoré lire ce livre et découvrir le cheminement d’Alice. Cette dernière a dû mal à comprendre les codes de la vie en société et s’intègre difficilement. Les ados s’agacent de la voir s’imposer si maladroitement et les adultes aimeraient qu’elle fasse plus d’efforts… comme si c’était sa faute ! La souffrance de l’adolescente est réelle.

 


 

Ces livres sont vraiment des mines d’or indispensables pour comprendre les problèmes et les enjeux de notre société. Les histoires sont vraisemblables, les analyses pertinentes et les aides réelles. Ils peuvent convenir à toute la famille : les adolescents y trouveront des reflets de leurs vies, sans avoir le sentiment désagréable d’être jugés, et les parents des explications grâce aux interventions des spécialistes.

« La collection Saison psy traite de problématiques liées au quotidien et aux questionnements des adolescent·e·s. Les aspects psy et bien-être ne sont jamais abordés l’un sans l’autre, de telle manière que les réponses données au fil des pages permettent d’alléger voire de dissiper totalement le désarroi des lecteurs et des lectrices face à certaines situations compliquées de la vie.

Chaque livre propose une double approche de la thématique : sous forme de fiction, d’une part, et sous forme documentaire, d’autre part. Tous les titres de la collection sont découpés en épisodes – constitués chacun d’un chapitre du récit et d’une analyse psychologique – qui forment un ensemble cohérent, comme une saison complète d’une série TV dans laquelle les personnages auraient le droit à une séance psy à la fin de chaque épisode pour mieux décortiquer leurs actions et leurs comportements.

Au fil des saisons, chacun·e trouvera des réponses pour mieux aborder les maux qui jalonnent l’existence d’un·e ado d’aujourd’hui.. »

[Jeunesse ] Maman les p’tits bateaux, Claire Mazard

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Marie-Bénédicte a 12 ans. Pour son anniversaire, ses parents lui offrent un ordinateur. À cet ordinateur, elle va confier son terrible secret : depuis cinq mois, tous les mercredis après-midi, son oncle Laurent – le jeune frère de sa mère avec qui elle a passé de si belles vacances lorsqu’elle était enfant – abuse d’elle sexuellement.

Elle écrit son mal-être, sa souffrance, son sentiment de culpabilité, son découragement devant son entourage qui ne peut ou ne veut rien voir. Mais comment briser le silence ?

Mon avis :

Vous connaissez peut-être déjà ce livre puisqu’il est paru une première fois aux éditions Casterman, en 2000. C’est une très bonne chose car sans cette réédition je serais passée à côté, ce qui aurait été vraiment dommage.

Marie-Bénédicte est régulièrement violée par son oncle. Un oncle qu’elle idolâtrait plus jeune et qui a commencé à poser un regard différent sur elle quand ses formes sont apparues. Elle a essayé d’être moins belle, elle a même rasé ses cheveux qu’il trouvait si longs et si doux… En vain. Cela lui aura valu les cris de sa mère et une convocation au bureau de la CPE, mais aucun effet répulsif sur l’oncle.

La jeune adolescente n’ose pas en parler, alors elle l’écrit, sur le nouvel ordinateur qu’on vient de lui offrir et avec lequel elle ne sait pas quoi faire un premier temps. Pourquoi ne rien dire ? Tout d’abord parce qu’il lui interdit. Puis, parce qu’elle n’ose plus. Dans la famille, tout le monde l’aime, l’oncle Laurent. Mais ses appels à l’aide finiront par être entendus.

C’est un livre au thème dur, puisqu’il parle d’inceste mais qui est très bien écrit. Pas de détails sordides, rien de tout ça, rassurez-vous, ce qui en fait une lecture tout à fait adaptée aux adolescents.

Autre roman de l’autrice chroniqué sur le blog :

[Jeunesse / ado] Jours de soleil, Claire Mazard

 

[Jeunesse] Barjoland, Jean-Luc Luciani

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L’univers de Damien bascule le jour où il apprend, d’une part, que les Américains ont élu Donald Trump à la tête des États-Unis et, d’autre part, que sa mère envisage de refaire sa vie avec un psy qui anime une émission de radio destinée aux adolescents.

Entouré de ses amis proches, des lycéens connectés en permanence, il va tout faire pour tenter de discréditer le psy aux yeux de sa mère… jusqu’à commettre l’acte de trop et frôler la folie à son tour.

Mon avis :

Voici un roman qui se déroule en 13 actes, du 18 novembre 2016 au 31 décembre de cette même année.

Damien vit avec sa mère. Son père est décédé un an plus tôt. Depuis quelques temps, sa mère fréquente un homme, Colvert. C’est un psychologue pour adolescent, très connu pour son émission Ados rebelles, des problèmes à l’appel : comme si Damien avait besoin de ça ! Entre les deux, le courant ne passe pas. Damien multiplie les provocations, plus ou moins graves, tandis que Colvert reste calme, en apparence. La mère, quant à elle, navigue à vue.

De son côté, le professeur Gallois est perplexe. L’élection de Trump, c’est le début de quelque chose. Ou la fin. Il se demande comment il va pouvoir parler de ce coup de massue à ses élèves, certainement avides d’en discuter. Mais il déchante vite : ses élèves s’en moquent complètement. Ils ne s’intéressent qu’aux notes et vont en faire la risée des réseaux sociaux. Quant au proviseur – il travaille dans un établissement privé –  il ne voit pas ses discours d’un bon œil.

D’un côté, la colère d’un adolescent. De l’autre, celle d’un adulte. Dans les deux cas, ils veulent ouvrir les yeux à leur entourage, plus ou moins proche, mais ils font face à l’indifférence. Alors ils continuent, sans savoir jusqu’où ils peuvent aller… Les limites sont fluctuantes, la folie tantôt s’exprime, tantôt reste sous-jacente.

La folie, c’est bien l’idée que l’on retrouve sur cette couverture, comme dans le titre d’ailleurs. Dans les deux cas, la folie est la conséquence de l’indifférence ou d’une colère qui ne trouve pas d’apaisement. Le monde, pour eux, ne tourne plus rond. Un monde de barjos. Barjoland. Pourtant Damien, comme Gallois, sont à l’origine comme n’importe quel autre adolescent ou n’importe quel  autre adulte. Ainsi, la folie peut toucher tout le monde. D’ailleurs elle s’immisce aussi, dans une moindre mesure, dans les comportements d’autres personnages (comme Colvert avec sa manie que tout soit bien rangé).

Un roman fort publié aux éditions Le Muscadier, collection Rester Vivant ! 

D’autres romans de l’auteur :

[Jeunesse / ado] Station sous-paradis, Jean-Luc Luciani

 

 

 

[Docu/fiction] Anomalie : au secours ma mère boit ! Christine Deroin

Les éditions Le Muscadier lance une nouvelle collection « Saison Psy », dirigée par Christine Deroin. 

« La collection Saison psy traite de problématiques liées au quotidien et aux questionnements des adolescent·e·s. Les aspects psy et bien-être ne sont jamais abordés l’un sans l’autre, de telle manière que les réponses données au fil des pages permettent d’alléger voire de dissiper totalement le désarroi des lecteurs et des lectrices face à certaines situations compliquées de la vie.

Chaque livre propose une double approche de la thématique : sous forme de fiction, d’une part, et sous forme documentaire, d’autre part. Tous les titres de la collection sont découpés en épisodes – constitués chacun d’un chapitre du récit et d’une analyse psychologique – qui forment un ensemble cohérent, comme une saison complète d’une série TV dans laquelle les personnages auraient le droit à une séance psy à la fin de chaque épisode pour mieux décortiquer leurs actions et leurs comportements.

Au fil des saisons, chacun·e trouvera des réponses pour mieux aborder les maux qui jalonnent l’existence d’un·e ado d’aujourd’hui.. »

Je vous propose de découvrir cette nouvelle collection avec le livre « Anomalie », qui traite de l’alcoolisme chez la femme.

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Présentation :

Julie, 14 ans, est une collégienne sans histoire. Mais sa petite vie tranquille prend un tournant inattendu lorsqu’elle se rend compte que sa mère est alcoolique. Pour mieux analyser et comprendre la situation, elle va avoir besoin d’aide…

Construite comme une série, cette fiction déroule une succession d’épisodes, chacun ponctué par l’intervention d’une psychiatre spécialisée, qui permettent de rompre le cou aux idées reçues sur l’addiction à l’alcool.

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce premier opus, décliné en épisodes qui retracent le parcours d’une femme qui tombe dans l’alcoolisme progressivement et qui va, aidée par sa famille et des professionnels, essayer de s’en sortir.

Julie, sa fille, est la première à se rendre compte que quelque chose cloche : sa mère a le regard vitreux, elle n’a pas un comportement habituel. C’est en fouillant dans la maison, sans vraiment savoir quoi chercher, qu’elle va comprendre. En effet, elle trouve une bouteille d’alcool dans le placard des toilettes. Un choc pour l’adolescente qui ne sait ni quoi en penser, ni quoi faire, qui va osciller entre la honte et l’envie de l’aider.

Chaque épisode est suivi du « mot de la psy ». Ainsi, les différents épisodes (et donc les différentes étapes) sont décryptées et analysées. On apprend beaucoup de choses, notamment que les enfants se rendent souvent compte avant les adultes que quelque chose cloche…

A la fin, on trouve en annexe une liste d’associations joignables pour parler du sujet.

En bilan : cette collection devrait rapidement s’imposer dans les librairies. Par le biais d’une histoire intéressante à suivre, et réelle, elle nous aide à comprendre les mécanismes d’un fait de société, en l’occurrence l’alcoolisme chez la femme. L’adolescent peut y trouver des réponses à ses interrogations. En outre, s’il est concerné, il y a ce petit côté rassurant qui lui souffle « tu n’es pas seul, tes réactions sont normales ».

 

[Jeunesse] Le silence du serpent blanc, Arnaud Tiercelin

 

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Depuis trois ans, dans mon pays, on a un roi. Et on ne parle plus. On ne chante plus. On n’a plus le droit. On murmure à peine quelques mots. Même les oiseaux se taisent. Depuis trois ans, la vie est si triste ici. Et puis, est arrivée Pamina. C’est une nouvelle dans ma classe. Elle est belle et, avec elle, je me sens pousser des ailes. Le silence a trop duré. Je veux combattre notre roi.

Mon avis :

Gros coup de cœur pour ce roman que j’ai dévoré hier soir.

Thibault, à l’instar des autres habitants de son pays, doit vivre dans le silence : la musique est interdite, les rires aussi, et même la parole est modérée : attention à ne pas dépasser le nombre de mots accordés par jour ! Dans chaque maison (même dans les établissements publics et privés) une caméra veille au bon respect des règles. Si un délit est constaté, la caméra vire au rouge, s’affole, et les militaires débarquent.

Thibault n’aime pas cette loi à laquelle tout le monde semble obéir sans oser la remettre en cause . Et qui est ce roi qui vole toutes les libertés ? Et où est parti son père, qui n’est pas rentré depuis plusieurs semaines ?

Mais, un jour, Pamina arrive dans la classe de Thibault. La jolie Pamina, qui se déclare « reine du bruit », qui semble avoir le droit de ne pas respecter les mêmes règles que les autres enfants, et qui intriguera très vite notre narrateur… Serait-elle porteuse d’espoirs ?

Ce texte est très bien construit. On s’interroge tout au long sur Pamina : qui est-elle ? Existe-t-elle vraiment ? Est-elle un être réel ou fantastique ? Bien sûr, on s’interroge aussi sur l’absence du père, qu’on imagine être emprisonné quelque part pour ne pas avoir obéi… Autre interrogation : pourquoi céder si facilement à cette loi qui impose le silence ?

Autre point fort de ce roman : la couverture. Je la trouve magnifique. Elle me fait penser aux univers un peu loufoques de Tim Burton, et elle sied très bien au texte.

Enfin, la musique a une place importante dans ce roman, puisqu’elle est synonyme de liberté et de délivrance. Si j’ai adoré l’histoire, j’ai trouvé la fin magistrale, jusqu’au dernier mot.

Avec Le silence du serpent blanc, Arnaud Tiercelin signe aux éditions Le Muscadier, dans la collection Rester Vivant un excellent roman, aux allures de conte mi-loufoque mi-philosophique.

 

Jeunesse / YA] Juliette et Roméo, Yves-Marie Clément

 

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Guyane 1916. Juliette, 16 ans, est fiancée à un homme de quinze ans son aîné qu’elle n’aime pas. Roméo est un bagnard de 22 ans qui cherche à retrouver la jeune métisse dont il s’est épris. Juliette et Roméo ne se connaissent pas, tout les sépare. Pourtant, le soir de la fête pour annoncer le mariage de l’adolescente, un seul regard suffit à faire naître les sentiments entre les deux jeunes gens… Dès lors, ils n’auront de cesse que de se retrouver. Leur amour parviendra-t-il à les réunir ?

Yves-Marie Clément nous livre ici une réécriture détonnante du Roméo et Juliette de Shakespeare, dans un décor au délicieux goût d’exotisme.

Mon avis :

Tout le monde connait le roman de Shakespeare, Roméo et Juliette, ou tout au moins l’histoire d’amour tragique qui aura uni ces deux amants qui ont eu le malheur de naitre dans deux familles ennemies.

Se frotter à ce classique pour une adaptation est risqué : l’histoire est déjà tellement belle, puissante, elle transmet  un message fort… Mais, cela n’a pas effrayé Yves-Marie Clément, auteur jeunesse connu et reconnu, qui s’est même payé le luxe de transposer l’histoire en Guyane, du côté du bagne, sous fond de premier guerre mondiale.

Et alors ? Réussite ou échec ?

Réussite, ma chère / mon cher !

Entre les deux personnages, c’est tout de suite le coup de foudre. Pourtant, à première vue, ils n’ont pas grand chose en commun : Juliette est fiancée à un officier, Rodolphe, parti à la guerre mais, surtout, c’est la fille du commandant du bagne, tandis que Roméo en est l’un des prisonniers…

Rapidement, ils n’auront qu’une obsession : se retrouver pour vivre leur amour…

L’histoire est aussi écrite en actes, et on attend le dénouement avec impatience, avec une question, tout au long des pages, à laquelle on essaie de répondre : leur destin sera-t-il aussi tragique que celui des personnages originels ?

Un roman qui pourrait être une bonne lecture cursive en 4ème ou en 3ème !

A découvrir aux éditions Le Muscadier !

 

 

 

 

 

 

D’autres romans de l’auteur :

[Jeunesse] Le réveil de Zagapoï, Yves-Marie Clément

[Jeunesse]La peau noire des anges, Yves-Marie Clément

[Jeunesse] Moins que rien, Yves-Marie Clément

[Jeunesse / YA] Le prix de chaque jour, Mireille Disdero

 

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Laurie, 16 ans, rentre de vacances avec sa mère. Pendant le trajet, elles ont un accident. Le choc est violent, le résultat aussi : l’adolescente est transférée en urgence à l’hôpital Nord de Marseille. Là, un autre choc l’attend : « Face au miroir… je me suis observée.… Tout semblait normal, le nez, les yeux, un bandage léger.… Mais quand j’’ai souri à mon reflet, avant de retourner dans la chambre, il m’’a renvoyé la moitié de moi-même seulement… qui souriait. »

Laurie va-t-elle se laisser submerger ou, au contraire, se battre pour guérir et sourire à nouveau en entier ? Son amie Claudia et son copain Fred, amoureux d’elle depuis l’’enfance, ainsi qu’’une vieille dame seule au monde, vont l’aider dans son combat, chacun à sa façon.

Mon avis :

Comment réagirions-nous en réalisant qu’une partie de notre visage est devenue immobile ? Que notre sourire n’est qu’une moitié de lèvres qui se hissent ? Comment se reconstruire ? D’ailleurs, le veut-on vraiment ? Voici une série de questions auxquelles Laurie va devoir répondre, alors qu’elle s’en serait bien passée.

Laurie est en vacances avec sa mère. Le mauvais temps étant de la partie, elles décident de rentrer plus tôt que prévu : une bonne nouvelle pour Laurie, puisqu’elle pourra ainsi revoir un jeune garçon qui l’a prévenue : il ne l’attendra pas éternellement.

Emmenée aux urgences, elle ne doit pas seulement faire face à ce défigurement suite à l’opération : sa mère a été transférée dans un autre hôpital. Heureusement, elle a du soutien autour d’elle : le personnel de l’hôpital, mais aussi Claudia et Fred, qui organisent même pour elle des fugues nocturnes, et une autre patiente

Un jour, on lui apprend que la partie fixe de son visage risque de s’affaisser, puisqu’elle n’est plus musclée. S’offre alors à elle un choix : accepter la chirurgie esthétique ou rester dans cet état, en espérant secrètement que les muscles de son visage finissent par se réveiller.

Dans sa chambre d’hôpital, l’adolescente aura le temps de réfléchir à sa vie et à ses choix.

Un beau roman sur la reconstruction.

Une publication parue au Muscadier, collection Rester Vivant !

Autre roman chroniqué de l’autrice :

[Jeunesse / ado] Orient extrême, Mireille Disdero