Ruralivres 2018 : La sélection !

Cette année, mon collège participe une nouvelle fois au prix Ruralivres ! Je dois dire que je suis particulièrement enthousiaste : la sélection pour cette année est une nouvelle fois géniale !

Petit rappel : comme tous les ans, il y a deux sélections, selon l’âge des ado qui y participent : les grignoteurs (celle à laquelle je participe avec ma super collègue prof doc et une classe de sixième) et celle des dévoreurs, plutôt pour le niveau 4ème.

Du côté des grignoteurs, les heureux sélectionnés sont :

Le goût sucré de la peur, d’Alexandre Chardin, aux éditions Magnard.

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Celle qui voulait conduire le train, Catherine Cuenca, aux éditions Talents Hauts

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Les mondes de l’arbre, Sophie Henrionnet, éditions Play Bac

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Les hirondelles se posent sur les fils électriques, Gaëtan Serra, éditions du Dahu

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Y a pas de héros dans ma famille, Jo Witek, éditions Actes Sud Junior

9782330072476

Les ombres de Kerohan, N.M. Zimmermann, l’école des loisirs.

9782211224338

Et du côté des dévoreurs ? On se régale aussi !

Qui décide, tous les soirs, d’allumer les étoiles ? Carine Bausière, Ravet Anceau.

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La maison des reflets, Camille Brissot, aux éditions Syros

9782748523256

Hugo de la nuit, Bertrand Santini, Grasset jeunesse

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Lumière, le voyage de Svetlana, Carole Trébor, aux éditions Rageot.

9782700250930-001-GLes valises, Sève Laurent-Fajal, éditions Gallimard

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Le collège des éplucheurs de citrouille, Laure Deslandes école des loisirs.

9782211231008

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[Jeunesse / YA] L’aigle noir, Hervé Mestron

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Sur la côte normande, à Ouistreham. Pendant l’année, avant l’arrivée des touristes, les jeunes s’ennuient. Billie, une adolescente à la voix sublime, est minée par un secret inavouable, et vit de plus en plus repliée sur elle-même. Hartman, le nouveau professeur de musique, ex-jazzman au passé mystérieux, tombe amoureux de la voix de Billie. Cherchant à se rapprocher de la jeune fille pour l’aider, il va bientôt comprendre qu’il n’est pas le bienvenu dans ce collège.

Mon avis :

Voici un texte qui se lit d’une traite. Hartman se retrouve seul suite à un drame. Professeur de musique, il demande sa mutation et obtient un poste à Ouistreham. L’accueil qu’il y reçoit est plus froid que prévu. Ses collègues ne semblent pas emballés par ses idées et seule une femme, visiblement en mal d’amour, ne s’intéresse à lui.

Billie a une voix magnifique, troublante. Mais, surtout, elle cache un secret. Quelque chose que personne ne connaît, pas même sa meilleure amie. Elle vit dans une maison luxueuse avec sa mère et son nouveau chéri. Une maison dans laquelle elle ne manque de rien. Et pourtant…

Deux personnes qui sont faites pour se rencontrer, liées par la beauté de la musique. Malheureusement, le destin n’est pas d’accord pour leur facilité la tâche. Les actes malveillants arriveront rapidement. La rumeur court aussi. Une rumeur qui dévaste tout, qui ne part pourtant que d’un grain de sable imaginaire.

Un roman percutant.

Retrouvez L’aigle noir sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !

D’autres romans de la maison d’édition :

[Jeunesse] Le réveil de Zagapoï, Yves-Marie Clément

[Jeunesse] Pas bête(s), Christophe Léon.

[roman jeunesse / ado] Cathy Ytak, Les mains dans la terre

 

[jeunesse] Ma vie de bolosse, Dominique Souton

Le collège se divise en classes.
1) Tout en haut, les populaires, qui dirigent leur petit monde.
2) Au milieu, les normaux, la grande masse des collégiens, des gens sympas qui ne la ramènent pas trop.
3) Et en bas, les bolosses, ou encore les invisibles, qu’on n’entend jamais et qui servent de souffre-douleur.

Chez nous, à Nicolas-Hulot, il y a 365 élèves. Sauf quelques populaires, les autres sont tous normaux, je suis à peu près le seul bolosse.

Mon avis :

Voici un livre plutôt sympathique, qui se lit rapidement. Se sentir à l’écart des autres, dans un établissement scolaire, n’est pas une chose rare. Pour Felix, c’est une habitude : il se définit lui même comme étant un bolosse, soit un gros nul. Il se rend à l’école avec un sac à roulettes, porte des vêtements pas terribles, ne sait pas aligner correctement deux phrases qui ont un sens.

Le thème est intéressant. L’élève qui a du mal à trouver sa place au milieu des autres, qui est un peu rejeté, laissé de côté, c’est un sujet vraiment important et que j’apprécie. J’ai aimé la narration qui suit un peu le langage des adolescents, on ressent bien l’attitude du gamin parfois complètement blasé, mais j’ai eu du mal avec certaines touches d’humour que je ne trouvais pas forcément drôles (on va dire que c’est dû à mon grand âge !) et la répétition de « tête d’émoticône » pour décrire les émotions sur le visage m’a vraiment agacée. La fin aussi me laisse sur ma faim : le changement d’attitude de Jésus est peu crédible, et les parents de Felix plutôt étranges dans leur comportement (concernant la soirée notamment, comprendra qui a lu / lira).

A retrouver sur le site de l’école des loisirs, collection Medium !

[Jeunesse] Mon frère a une tornade dans la tête [L’hyperactivité], Christine Deroin

Mon frère a une tornade dans la tête

Présentation :

Dans ce roman, le trouble abordé est l’hyperactivité. Chez le pédopsychiatre, Lucas, 13 ans, se confie : Baptiste, son petit frère de 8 ans souffre d’hyperactivité. Pour lui, Baptiste est un mélange d’homme préhistorique et de martien, un être à part. À l’école comme à la maison, il ne tient pas en place, perturbe tout le monde, n’écoute pas ce qu’on lui dit, il est étourdi, peut être violent et agressif. Et pour Lucas, ce comportement n’est pas facile à appréhender.

Mon avis :

Voici le dernier livre que je vous présente de la collection » Pas de panique, c’est la vie ». Dans ce texte, c’est l’hyperactivité qui est mise en avant, ce trouble qui semble de plus en plus répandu, et qu’on rencontre régulièrement dans les établissements scolaires.

Lucas raconte sa vie, ponctuée par le comportement de son petit frère, Baptiste, qui souffre d’hyperactivité. Lucas a du mal à comprendre les agissements de son frère, et l’attention plus importante que ses parents lui portent. Pourquoi est-il si impulsif , Pourquoi ne tient-il pas en place ? Pourquoi est-ce uniquement lui qui attire tous les regards ? Quand le mot « hyperactivité » sera prononcé, la famille commencera à y voir plus clair…

A la fin du livre, comme pour les autres romans, une interview avec un pédopsychiatre permet de répondre à quelques questions comme : qu’est-ce que l’hyperactivité ? Comment la soigner ?

Collection « Pas de panique, c’est la vie ! »

La collection « Pas de panique, c’est la vie ! » a été créée pour sensibiliser les adolescents face aux différents troubles du comportement et maladies psychiatriques dont peuvent souffrir des membres de leur famille (parents, frères, sœurs, amis proches).

[Jeunesse] Mon frère a un pétard dans la tête [Le cannabis] Christine Deroin

Mon frère a un pétard dans la tête

Présentation :

« Ah ! Tu peux être fier de toi ! Tu fais tout foirer : les cours, les amis, les frères, tu rends tes fumeurs incapables de se bouger et tu donnes l’impression que c’est ça la vraie vie, comme si tu rendais intelligent et lucide sur le monde, alors que tu bousilles la matière grise et que tu rends amorphe. En plus t’es qu’un gros paquet de fric, celui que mon frère a dépensé pour t’acheter. Tu as vu où il est en ce moment. Dans sa chambre avec ces tuyaux qui lui sortent de la gorge, ces seringues dans chaque bras et ces machines qui comptent ses systoles comme si sa vie y était accrochée… »

Agathe et Quentin se retrouvent seuls à la mort de leur grand-mère. Dans la grande maison de la défunte, les amis de Quentin viennent passer leurs soirées. L’adolescent sombre peu à peu dans l’addiction au cannabis, tandis que sa sœur, plus raisonnable, tente de se sevrer.

Mon avis :

Ce roman de la collection « Pas de panique, c’est la vie ! » traite du cannabis et de la dépendance à cette drogue qui est réelle.

Agathe et Quentin ont été abandonnés par leur mère et voient peu leur père, souvent absent. C’était avec leur grand-mère qu’ils passaient la plus grande partie de leur temps. Alors quand cette dernière meurt, ils se retrouvent quasiment seuls et sans repère.

La narration est originale puisque Agathe s’adresse à un joint, le dernier qu’elle compte rouler. Elle a décidé d’arrêter de fumer le cannabis. Elle remonte à leur première fois, un joint comme ça, avec les copains, alors qu’ils étaient – avec son frère – seuls avec des copains à la maison. Puis, il y en a eu un autre, et encore un autre… C’est qu’elle avait tellement l’impression de se sentir mieux en fumant ! Un véritable engrenage. Les effets secondaires sont aussi décrits, car la sensation illusoire de bien-être est accompagnée d’une perte de ses repères, d’un isolement, d’une chute des résultats scolaires, d’une prise de plus en plus régulière…

A la fin du livre, la psychiatre Marie-Odile Krebs explique l’engrenage dans lequel peut plonger les consommateurs, les conséquences sur la santé, mais aussi les différentes sortes de cannabis.

Collection « Pas de panique, c’est la vie ! »

La collection « Pas de panique, c’est la vie ! » a été créée pour sensibiliser les adolescents face aux différents troubles du comportement et maladies psychiatriques dont peuvent souffrir des membres de leur famille (parents, frères, sœurs, amis proches).

Des thèmes proches :

La bipolarité

La dépression des ados

La schizophrénie

L’autisme

La phobie scolaire

[Jeunesse] Mon frère, mon enfer, mon bel enfer [L’autisme], Sandrine Andrews et Christine Deroin

L’autisme, la schizophrénie, la dépression, la bipolarité… autant de mots qui font parfois peur, sur des maux inconnus et souvent mal compris. Ces thèmes sont présentés et traités avec brio dans la collection « Pas de panique, c’est la vie », aux éditions Oskar, collection que je vais vous présenter toute la semaine. Et je commence aujourd’hui avec le roman « Mon frère, mon enfer, mon bel enfer », de Sandrine Andrews et Christine Deroin, qui traite de l’autisme.

Mon frère, mon enfer, mon bel enfer - L'autisme (Illustration n° 1)

Présentation :

Garance, 14 ans, aimerait vivre comme toutes les autres adolescentes de son âge. Mais le quotidien de la famille est rythmé par Adam, son petit frère. Ce dernier, atteint d’autisme, est victime de violentes crises qui mettent bouleversent tous les membres de la famille. Une partie documentaire décrit la maladie, les comportements à risque, les symptômes et les traitements.

Mon avis :

Sous forme de journal intime, nous suivons les pensées et la vie de Garance, une collégienne qui a un frère autiste et qui lui change la vie.

« Je n’en peux plus, je ne veux plus entendre ses cris, je ne peux plus le supporter… d’abord ce sont ses cris à lui, ses pleurs, et puis ce sont les siens, les cris de ma mère et puis ceux de mon père. Mais dans quel enfer vivons-nous ? Pourquoi faut-il vivre ça ? Pourquoi sommes-nous si malheureux ? Pourquoi ne pouvons-nous pas vivre comme tout le monde ? Pourquoi faut-il qu’il crie comme ça ? Pourquoi ? Pourquoi Adam? Pourquoi tu ne réponds pas quand je te parle ? »

Ces mots qui ouvrent le roman montrent à quel point la vie peut être difficile dans la famille de Camille. Elle a dû mal à comprendre Adam, son frère autiste, comme sa famille. Et si l’agacement est là, c’est que l’amour aussi est présent. Adam, son frère, elle l’aime. Mais elle ne parvient pas à comprendre pourquoi il se comporte de façon étrange, pourquoi il crie, pourquoi il sème la zizanie dans sa famille.

En parallèle, nous suivons aussi l’histoire d’Hugo, un nouvel élève dans la classe de Garance, qui a déménagé suite au divorce de ses parents. Pas de chance pour Garance, ce dernier assiste à une crise d’Adam alors que Camille et sa mère font des courses avec lui au supermarché. Pour Garance, c’est la honte. Et pour Hugo ?

J’ai beaucoup aimé ce texte qui nous aide à comprendre ce que peut-être le quotidien avec un enfant autiste, sachant néanmoins que chaque autiste a sa propre personnalité, et que tous ne vont pas agir de la même façon. Un petit bémol sur la fin ou le père de Hugo a un côté trop « super-héros » à mon goût, mais qui permet aussi une jolie fin avec de l’optimiste.

Petit plus : à la fin l’interview d’un spécialiste nous aide à mieux comprendre ce qu’est l’autisme, une liste de sites et d’adresses utiles est aussi jointe.

Collection « Pas de panique, c’est la vie ! »

La collection « Pas de panique, c’est la vie ! » a été créée aux éditions Oskar pour sensibiliser les adolescents face aux différents troubles du comportement et maladies psychiatriques dont peuvent souffrir des membres de leur famille (parents, frères, sœurs, amis proches).

[Jeunesse – Sainte-Beuve 2018] L’anneau de Claddagh, tome 1, Béatrice Nicomède.

L'anneau de Claddagh, Tome 1 : Seamrog par Nicodème

Irlande, comté de Galway, 1846. Keira est la fille d’une cuisinière irlandaise, Arthur le fils d’un grand propriétaire anglais. Ils ne devraient pas se rencontrer, et encore moins s’aimer. Mais le destin les réunit et menace de les séparer. Sur quel avenir commun peuvent-ils compter ? Dans un pays ravagé par la famine, Keira peut s’estimer heureuse d’être employée dans une maison où l’on ne manque de rien. Et l’âme de sa grand-mère veille sur elle grâce à un anneau à la puissance mystérieuse. Saura-t-il la guider parmi les drames qui s’apprêtent à bouleverser son existence ?

Mon avis :

Voici un roman jeunesse sélectionné pour le prix Sainte-Beuve 2018, paru aux éditions Gulf Stream.

Nous plongeons rapidement au cœur de l’Irlande du XIXème siècle, alors que la famine et la maladie font rage. Un fossé se creuse entre les riches propriétaires anglais et les pauvres paysans.

Keira, fille d’une cuisinière, travaille comme femme de chambre au manoir de Ballinrobe. Elle porte toujours sur elle un anneau, héritage de sa grand-mère qu’elle n’a pas connue. Un jour, elle rencontre Arthur, le fils d’une riche famille anglaise, qui rêve de partir pour New-York. L’attirance est immédiate, malgré la différence sociale. Quand il lui propose de partir avec lui, la tentation est forte… mais cela pourra-t-il se réaliser ?

Cette histoire est très intéressante et prenante. Les premières pages s’ouvrent sur un prologue qui nous envoie en 1828 à Galway, lors de la naissance de Keira. J’ai été happée aussitôt, et j’ai tourné les pages. L’immersion est totale : on est aux côtés des paysans, on souffre de leurs maux, rien n’est minimisé (l’histoire de la famille Dunnan est terrifiante). Des histoires de jalousie et de manigances enrichissent l’ensemble.

Un très bon premier tome où se mêlent le mystère, le fantastique, la romance et la tragédie. J’ai hâte de lire le suivant !

PS : un pendentif représentant l’anneau est offert pour l’achat du premier tome !

Autres romans de la sélection Sainte-Beuve 2018 :

[Jeunesse – Sainte-Beuve 2018] Aussi loin que possible, Eric Pessan

[Jeunesse – Sainte Beuve 2018] Ma mère, le crabe et moi, Anne Percin

[Jeunesse – Sainte Beuve 2018] Et mes yeux se sont fermés, Patrick Bard