[Dès 10 ans / bilingue] Mimi l’inventrice, Marine Cabidoche, Keren Eisenzweig

Mimi et son père, un inventeur français sans le sou, vivent dans un village aux États-Unis au tournant du siècle. Mimi rêve de devenir une grande inventrice, elle aussi, et en attendant, elle passe tout son temps à fabriquer toutes sortes de petits engins. Mais l’argent manque, même si Mimi, qui s’occupe de leur petit ménage, fait de son mieux pour cacher leurs difficultés à son père. Puis, un jour, leurs problèmes semblent résolus : le père de Mimi a inventé une machine tellement incroyable qu’une firme d’investisseurs a décidé de l’acheter. Mais tout à coup survient un drame : l’atelier de son père est incendié et l’invention… volée ! En enquêtant sur ce vol, Mimi découvre peu à peu les secrets que cache son village à l’air si paisible… Qui donc aurait pu voler l’invention de son père… et, surtout, pourquoi ?

Mon avis :

C’est le premier livre que je lis des éditions Chattycat, et je suis séduite.

Ce roman a deux intérêts :

  • une histoire prenante, pleine de péripéties, avec des personnages attachants
  • C’est un roman en deux langues : principalement en français, mais régulièrement le français laisse place à l’anglais.

L’histoire :

Mimi vit seule avec son père, un inventeur. Ce dernier est un peu dans sa bulle et c’est Mimi qui gère le quotidien, y compris les dépenses. Malheureusement, l’argent vient à manquer.

Un jour, le père de Mimi est fou de joie : il a inventé une machine tellement extraordinaire qu’une firme d’investisseurs a décidé de l’acheter. Finis les problèmes d’argent ! Il n’y a qu’une petite ombre au tableau : avant de présenter sa machine aux investisseurs, il lui manque une petite pièce. Mimi s’en occupe et se rend chez le marchand. Pas de chance pour elle ce dernier est fermé et refuse d’ouvrir à la jeune fille, même quand elle lui explique la raison de sa venue… Elle croise alors le fils d’un autre inventeur. Il lui propose de venir chez lui récupérer la pièce en question : son père en a plusieurs. Elle se méfie (leurs pères ne sont pas en bon terme), mais finit par accepter. Malheureusement, quand elle rentre chez elle, une catastrophe s’est produite : l’atelier de son père a pris feu et son invention a été volée. Mimi décide alors de ne pas se laisser abattre et de tout faire pour découvrir ce qui s’est passé !

La double langue :

L’histoire peut se lire à partir de dix ans. Les passages en anglais sont faciles à comprendre, même si tous les mots ne sont pas connus des enfants. Pourquoi ? Parce que le contexte est suffisant. Ainsi l’enfant enrichit son vocabulaire sans s’en rendre compte, et le passage d’une langue à l’autre se fait de plus en plus facilement.

Il sera parfait sous le sapin !

[Ado] Vendredi dans la peau de ma prof, Nadia Coste et Silène Edgar

Une prof ultra pénible ? Une fille à tendance rebelle ? Et si elles étaient bien plus que ça ? Vendredi, premier cours de la matinée, ambiance électrique, l’impossible se produit : Hana, élève en 4e, se retrouve dans le corps de Mme Morvant, la prof de français rigide qui persécute son amie Marie-Charlotte. Ce vendredi est un jour crucial pour elles deux : Hana doit soutenir au conseil de classe son amie qui est en passe de redoubler.
Mme Morvant doit passer un entretien avec le proviseur pour le convaincre de lui donner un poste l’année prochaine !

Mon avis :

Hana, élève de 5ème et Mme Morvant, prof de français, vont échanger leur corps… quelle horreur ! Et si elles restaient ainsi ?

Hana est une excellente élève. Sa meilleure amie, Marie-Charlotte dit MC, a une moyenne catastrophique et risque de se faire exclure après le conseil de classe. Hana, déléguée, compte bien tout faire pour aider son amie ! Mais comment agir maintenant qu’elle a intégré le corps d’une prof ? Mme Morvant, de son côté, va découvrir un autre aspect de Marie-Christine. Elle n’est pas que cette ado désintéressée au look rebelle… loin de là. Et si c’était pour sauver Marie-Charlotte qu’élève et enseignante avaient changé de corps ?

C’est un roman dont l’idée principale est frappante ! En tant qu’enseignante, je ne suis pas certaine de me réjouir à l’idée de me retrouver dans le corps d’une de mes élèves, aussi gentille soit-elle ! Et j’imagine qu’à l’inverse mes élèves n’en auraient pas envie non plus…

Le récit est plutôt prenant et bien construit. J’ai été un peu sceptique au début à cause de certaines libertés prises avec l’univers des établissements scolaires (notamment l’idée qu’on peut encore redoubler dans un cursus classique parce qu’on a des mauvaises notes), mais rapidement j’ai été conquise par le mélange des tons, entre crainte et humour (si vous l’avez lu, j’ai bien ri quand on évoque la souplesse qui n’est plus la même !). N’hésitez pas !

A retrouver sur le site des éditions Syros !

[Ado] Raphaël, un mal d’amour, Florence Cadier

Dans le petit village de Sainte-Laure où tout le monde se connaît, Raphaël fait tout pour être détesté. Méchant, arrogant, parfois cruel : voilà l’image qu’il renvoie et la réputation qu’il possède. Louis et Lili, ses deux complices et amis, ne parviennent jamais à le raisonner et les sales tours s’enchaînent, poussant les habitants à bout.

Mais, un jour, la blague vire au drame.

Jusqu’à quel point Raphaël peut-il manipuler ses amis ? Pourquoi semble-t-il prêt à tout pour obtenir l’attention de ses parents ? Quel est le secret qui pèse sur la vie de sa famille et qui l’empêche d’aller de l’avant ?

Mon avis :

Les chapitres alternent entre le point de vue de Raphaël et celui de Lili.

Raphaël est un gars un peu solitaire. A la maison, il ne passe pas beaucoup de temps en famille. Sa mère est peu présente, elle vit quasiment cloitrée dans sa chambre à cause d’un drame arrivé quatorze ans plus tôt et qu’on devine, même s’il n’est révélé qu’à la fin. Quant à son père, il travaille beaucoup. L’ado est gardé par Marie, la gouvernante « une vieille dame qui trottine comme une souris et n’entend pas grand-chose. »

Alors, pour se faire remarquer, il décide d’attirer les regards sur lui, mais pas de la meilleure façon : en faisant des bêtises. Or, ça ne fonctionne pas suffisamment à son goût. Alors, il va aller encore un peu plus loin… jusqu’au drame.

Raphaël, c’est le type d’adolescent sans limites, sans repères. Il manipule avec facilité les autres, sans états d’âme, même avec ses deux « amis », Lili et Louis. Il profite notamment des sentiments qu’éprouve Lili envers lui pour obtenir d’elle ce qu’il veut. Finalement, c’est un peu le genre de gamin qu’on n’aimerait pas voir trainer avec nos enfants… on trouve d’ailleurs cette phrase dans le roman, prononcée par des parents à des enfants qui se comportent mal « Tu vas finir comme l’autre Raphaël, une racaille de plus ». Je trouve cette phrase terrible. Je ne peux pas m’empêcher de me poser des questions concernant Raphaël : il est responsable de ses actes, c’est évident. Mais est-il coupable de tout ?

L’épilogue, écrit du point de vue de Lili, nous donne des nouvelles des personnages des années plus tard et apporte un peu de lumière à cette histoire sombre.

Je conseille ce roman qui met en avant les dangers de la manipulation et nous interroge sur les responsabilités de chacun.

Un roman à retrouver aux éditions Le Muscadier !

Du côté des adolescents : « Délivrance » de Laurence Melin-Lecoq et « Super-héros origines » épisode 1 de Maxime Gillio.

Si je lis encore, j’ai un peu de mal en ce moment à me motiver pour écrire les chroniques ici. Ce n’est pas la première fois, je sais qu’il y a des périodes comme ça… même si cela ne m’empêche pas de partager mes coups de cœur avec mon entourage !

Comme j’ai un peu de retard en littérature jeunesse, je change mon format habituel en consacrant mes chroniques à plusieurs romans ! Aujourd’hui, je vous en présente deux :

Délivrance, Laurence Melin-Lecoq

Présentation de l’éditeur :

Jasmina est une jeune fille nigériane de quatorze ans. En échange de quelques billets, son père accepte de la confier à deux inconnus qui promettent de lui donner un travail et de lui offrir une vie heureuse.

La réalité est tout autre. Jasmina doit se soumettre à leur volonté et se retrouve contrainte de vendre son corps. Seule l’amitié de ses compagnes et compagnons de misère – Saïda, Fatima et Karim – l’aide à tenir dans l’horreur de ce monde.

Mais lorsque Jasmina se retrouve enceinte, ses deux souteneurs deviennent étonnamment prévenants. L’enfant va-t-il pouvoir sauver sa mère de cet enfer ? C’est ce que Jasmina espère. Jusqu’au jour où elle comprend tout…

Ce roman bouleversant s’inspire de faits réels.

Mon avis :

Encore un très bon roman coup de poing des éditions Le Muscadier ! Oui, il y a encore des jeunes filles, vivant dans des familles très pauvres, qui sont vendues par leurs parents. Ces derniers sont contraints par la misère et ont l’espoir que leur enfant aura une meilleure vie que celle qu’ils peuvent lui offrir… L’histoire est glaçante parce qu’elle est inspirée de faits réels. Le lien qui se crée entre les jeunes femmes est bouleversant.

En bref : un roman qui prend aux triples et qui nous ouvre les yeux sur une réalité sordide.

Super-héros, épisode 1, Origines, Maxime Gillio

Depuis qu’il est petit, Sam est différent : il peut dessiner le futur !

Le jour où il se fait brutaliser par le caïd du collège, deux ados aux super pouvoirs débarquent et l’emmènent dans une école secrète : le Repaire.

Sam se rend compte alors qu’il n’est pas le seul à être spécial. Cette école est destinée à des gens extraordinaires, comme lui. Mais des ennemis rôdent…

Une nouvelle génération de super-héros voit le jour !

Mon avis :

Gros coup de cœur pour ce roman qui me rappelle mon amour pour l’univers Marvel, même si l’auteur s’en éloigne progressivement. Le roman se lit avec plaisir, sans temps mort, les personnages sont tellement attachants qu’on a hâte de les retrouver et ça tombe bien : les tomes 2 et 3 sont déjà disponibles !

Les illustrations d’Oriol Vidal sont très bien réussies et nous aident à nous plonger dans l’œuvre.

Le roman fera le bonheur des adolescents dès le collège. Je pense qu’on peut aussi le proposer dans le cadre de l’objet d’étude « agir sur le monde : héros / héroïnes et héroïsmes » en 5ème !

[BD – adaptation] Les Vous, Davide Morosinotto et Nicolas Pitz

Qui êtes-vous, les Vous ?

Dans un village tranquille des Alpes italiennes, un énorme rocher se décroche de la montagne et cause la mort d’un pêcheur. Les anciens disent que c’est la Main de Pierre, qui protégeait la région des esprits. Simple légende ? Pourtant, des vagues agitent la surface du lac. Un champion de kayak chavire sans raison. Une femme entend soudain parler son mari mort il y a plus de vingt ans. Et un gardien trouve des empreintes… Mais de quoi ? Blu, une jeune fille aux yeux couleur d’eau, a l’impression que des voix essaient de lui parler…

136 pages, 21 x 27,5 cm, 16€

Mon avis :

Gros coup de cœur pour cette BD parue le mois dernier ! « Les Vous », ça vous dit peut-être déjà quelque chose… C’est possible, puisque la BD est l’adaptation du roman, écrit aussi par David Morosinotto et paru à l’Ecole des loisirs en 2020 dans la collection Medium. Je n’ai pas lu le roman, j’ai donc découvert l’histoire avec la BD, et je compte bien lire le roman prochainement surtout que j’ai envie d’en découvrir plus sur certaines choses, comme la relation entre Blue et Tilly.

Nous sommes en Italie. Blue quitte sa maison le matin. Elle laisse derrière elle son père, mais aussi son amie Tilly, avec laquelle elle était dès son réveil en Facetime. Elle rejoint son ami Abel et on comprend qu’elle a menti à son père sur sa destination : alors qu’il la pense chez son ami , ils se rendent dans la forêt pour faire de l’escalade. Quand Blue est à mi-parcours, une lumière rouge apparait et ils ressentent une secousse. Blue descend : ils veulent se rendre sur la plage pour comprendre ce qui s’est passé.

En même temps, Cameron, un afro-américain qui faisait du Kayak, est renversé dans l’eau. C’est lui qui explique à Abel et Blue qui viennent d’arriver ce qui s’est passé : un pan de la montagne s’est écroulé.

D’autres événements étranges se produisent : plusieurs personnes entendent une voix qui leur est familière dans leur tête avant un danger… Cette voix, c’est celle de Luka, un Vous. Il va se rendre chez Blue pour entrer en contact avec elle, après l’avoir vue au bord du lac. Il a besoin d’aide : il a faim et soif mais ce n’est pas tout : plusieurs Vous ont disparu : Luka pense qu’ils sont capturés. Blue, Abel et Cameron vont l’aider à les retrouver et à les libérer de Novak qui ne voit en ces personnages que des envahisseurs.

J’ai beaucoup aimé le scénario et je ne serais pas contre un second tome qui présenterait l’installation officielle des Vous sur Montemorso.

Source : site Rue de Sèvres

Du côté des illustrations, elles sont magnifiques. Elles réussissent parfaitement à nous immerger dans l’ambiance mystérieuse de l’histoire. Les ombres sont particulièrement réussies.

Derrière cette histoire se pose la question du regard que nous portons sur les autres, surtout quand ils sont différents de ce que nous sommes. Novak ne cherche pas à connaitre les Vous. Aussitôt, il les considère comme des ennemis et les détient dans des conditions très difficiles, alors qu’ils se révèlent être altruistes.

[Les tout-petits] Le livre coquin, Cédric Ramadier et Vincent Bourgeau

Il est arrivé ! Le dernier né de la collection « Le livre » !

Dans ce nouvel opus, le livre coquin se cache et fait peur à la petite souris. Mais la souris ne compte pas se laisse faire, elle aussi elle veut jouer… et va faire peur au livre avec l’aide du lecteur !

J’aime beaucoup cette série. Le dessin du personnage-livre est facile, mais les quelques traits suffisent pour nous rendre le visage de ce drôle de personnage touchant. On s’attendrit en famille en le regardant.

Comme pour les autres livres, le lecteur entre en interaction avec le le livre grâce à la souris, ce que j’aime beaucoup.

A retrouver sur le site de la maison d’édition, L’école des loisirs, collection « Loulou & Cie » !

[Ado / YA] Mission Blackbone #3 Green traffic, Manu Causse, Maylis Jean-Préau, Marie Mazas, Emmanuelle Urien

Et si la nouvelle génération changeait le monde ?
Marie enquête cette fois-ci en Amazonie. Elle part au Brésil enquêter sur la déforestation amazonienne. Sur place, elle fait la rencontre de Joaquin, fils de riches propriétaires terriens, dont elle tombe amoureuse. Andrea et LO font des recherches de leur côté et tombent sur une source anonyme qui leur fournit des documents démontrant les agissements illégaux de certains propriétaires. Mais Andrea se méfie. Chercherait-on à les manipuler ? Elle a raison car ce mystérieux informateur n’est autre que Luca Snyder, toujours en quête de vengeance. Il cherche à décrédibiliser le collectif Blackbone et surtout à se débarrasser de Marie.
Avec la complicité d’un homme politique brésilien dont le but est de s’emparer des terres aurifères de la forêt, il projette un attentat pour éliminer Marie et les opposants à ce projet…

Mon avis :

Troisième volet (sur les quatre prévus) de cette série écrite par 4 auteurs : Manu Causse, Maylis Jean-Préau, Marie Mazas, Emmanuelle Urien.

Marie est toujours autant décidée à travailler en tant que journaliste et cette fois-ci c’est la forêt amazonienne qui l’intéresse et les découvertes ne vont pas manquer. Evidemment, elle dérange toujours… Et c’est cet équilibre plutôt bien réussi entre investigations, révélations et les dangers auxquels ils sont confrontés que j’aime beaucoup.

Le rythme est prenant : on est bien dans du thriller addictif. Les personnages sont aussi touchants, plus qu’ils ne l’étaient pour moi dans le tome 2 (Fashion Victim) mais peut-être est-ce aussi parce qu’on connait mieux les personnages. J’ai eu un coup de coeur pour Ceya, une militante écologiste. Les thèmes sont aussi nombreux et à l’image des inquiétudes sociétales : l’écologie, évidemment, mais aussi la manipulation politique, les informations sur les réseaux sociaux…

A retrouver sur le site de la maison d’édition Nathan !

[ Livre de formation ] Comprendre la littérature jeunesse

Du premier livre que l’enfant découvre aux livres numériques pour les ados, cet ouvrage de formation propose des repères théoriques et des grilles d’analyse pour mieux comprendre les spécificités de la littérature dédiée à la jeunesse. Que l’on soit professionnel des métiers du livre ou simplement curieux de cette première culture essentielle aux enfants, cet ouvrage donne des pistes pour accompagner, transmettre et apprendre à se repérer dans ce paysage littéraire riche. Outre les repères historiques et une très vaste bibliographie, sont abordés les spécificités de l’album ou du roman mais aussi tout ce qui permet aujourd’hui d’entrer dans les histoires via le numérique ou l’audio. Des nombreuses interviews d’auteurs et des quiz viennent compléter la théorie !

Mon avis :

Je m’étais inscrite au MOOC « Comprendre la littérature de jeunesse » mais avec le boulot, je n’ai pas réussi à être assidue… C’est pourquoi j’ai été ravie quand j’ai découvert que je pouvais retrouver l’intégralité des cours dans un livre !

Ces derniers mois, les ouvrages de formation sur la littérature jeunesse émergent :

  • Tout sur la littérature jeunesse: De la petite enfance aux jeunes adultes, de Sophie Van Der Linden
  • En quête d’un grand peut-être: Guide de littérature ado, de Tom et Nathan Lévêque

Très intéressée, je m’étais déjà procurée ces deux livres et je les trouve complémentaires.

Je suis ravie de ces parutions puisqu’elles sont le signe que l’intérêt pour la littérature de jeunesse / ado est de plus en plus présent. D’ailleurs cette littérature n’est pas exclusivement réservée à la jeunesse : je découvre encore avec plaisir des albums ou des romans classés « jeunesse », qui correspondent souvent à des romans dans lesquels le personnage principal est un enfant. De même la notion de « littérature de jeunesse » est très vague et large : elle englobe la littérature pour les tout-petits jusqu’à la littérature pour les adolescents, voire le « young adult », sorte de passerelle entre la littérature de jeunesse et la littérature adulte.

Ce livre est divisé en plusieurs chapitres :

  1. le parcours du livre
  2. L’album
  3. Le roman pour adolescents
  4. Des auteurs et des éditeurs
  5. Le numérique et le livre de jeunesse
  6. Les fictions hors du livre

J’aime beaucoup cette variété thématique. On peut aller piocher où on veut, selon nos envies. Pour ma part, j’ai commencé par le chapitre 3 avant de revenir au chapitre 1 (que j’avais suivi sur le MOOC).

J’ai appris des choses intéressantes sur l’évolution de la littérature jeunesse, sur la façon de lire les albums aussi. Des interviews et des quiz complètent l’ensemble. J’ai évidemment découvert des albums et des romans que je ne connaissais pas : nous savons que la littérature de jeunesse est foisonnante ! La liste n’est (ne peut pas être !) exhaustive, mais elles sont une piste de réflexion et un point de départ pour d’autres explorations. C’est d’ailleurs ce que j’aime dans ce livre : il donne / rappelle les bases essentielles et nous propose différentes voix / voies.

Je recommande ce livre à toutes les personnes qui s’interrogent sur la littérature jeunesse. Il est facile à comprendre et devrait plaire autant aux professionnels qu’aux amateurs.

Toutes les informations sur le site de la maison d’édition: l’école des loisirs !

[Ado – dès 12 ans] Go fast, go slow, Sylvie Allouche

Quand Camille rencontre Tommy, c’est le coup de foudre. Aveuglée par cet amour, elle se laisse embarquer dans un trafic de drogue, pour le compte d’un homme surnommé « l’Indien ». Jusqu’à la dernière livraison, qui fait voler tous leurs rêves en éclats…
Sept ans plus tard, la commissaire Clara Di Lazio s’intéresse au réseau de « l’Indien », dont l’ombre plane sur plusieurs affaires. Mais elle est appelée en urgence à Saint-Malo : son jeune frère Vincent, disparu depuis des années, pourrait avoir refait surface.
Pour mener ces deux enquêtes de front, Clara devra plus que jamais compter sur son équipe…

Mon avis :

Go fast, Go slow, ou comment avaler plus de 300 pages en quelques heures !

Le roman se divise en trois parties, ces dernières mêlent plusieurs intrigues. Tout d’abord, il y a l’enquête familiale de la commissaire Clara Di Lazio (personnage récurrent de l’autrice) qui la pousse à se rendre en Bretagne rejoindre sa sœur, Lisa, et sa nièce, Lilo. En effet, un homme a été retrouvé, en mauvais état : il se pourrait que ce soit son frère, Vincent, qui a disparu il y a plusieurs années (vous avez peut-être déjà croisé ce Vincent dans Stabat Murder).

En parallèle la commissaire, avec son équipe, cherche à coincer un homme du nom de « L’Indien », figure à la tête d’un trafic important de drogue qui est aussi mêlé à une histoire de meurtre.

Enfin, à tout cela s’ajoute l’histoire de Camille, une jeune fille qui vient de sortir de prison. Elle va enfin revoir sa fille qui vit chez celle qu’elle appelle sa tante, Janou, femme chez laquelle elle a été placée enfant en famille d’accueil. Nous découvrons pourquoi elle a purgé une peine de 7 ans à l’âge de 17 ans et son histoire d’amour avec Tommy, le père de sa fille. C’est le personnage qui m’a le plus touchée et qui nous rappelle que la famille est importante par les liens du sang, mais qu’il y a aussi celle du cœur.

Chaque personnage a sa propre identité : ils sont bien décrits, ancrés dans leur quotidien singulier, ont leur propre langage.

Vous l’aurez compris, le roman est riche avec ces trois histoires. Les rebondissements sont présents, les histoires vont évidemment se croiser et l’ensemble, magistralement orchestré, nous offre un polar terriblement addictif (il éclaire aussi le titre). Sylvie Allouche explore une nouvelle fois l’âme humaine dans toute sa diversité et toute sa complexité. C’est aussi un roman très visuel, qu’on imagine bien adapté au cinéma (ce serait chouette, d’ailleurs, j’aurai l’impression de voir des anciennes connaissances).

C’est un bon roman à conseiller aux adolescents qui aiment lire, mais aussi à ceux dont le nombre de pages pourrait être un frein : ils verront qu’ils peuvent dévorer, eux aussi, 300 pages. Évidemment, il plaira aussi aux adultes amateurs du genre : je vous rappelle que pour moi le terme « littérature ado » ne veut pas dire que les livres qui sont casés dans cette catégorie sont réservés uniquement aux adolescents, mais que les personnages principaux sont des adolescents…

Un roman publié aux éditions Syros !

Pour lire un extrait, c’est ici !

[Ado – 10 ans] Trois jours dans la peau d’un garçon, Camille Brissot

Alors qu’ils visitent une fête foraine high-tech, Charlie et Sam se font piéger dans une attraction secrète, interdite au public. Et voici Charlie, la fille la plus cool du collège, dans le corps de Sam, le loser absolu au physique ingrat. Et vice versa. Le cauchemar ! Ils vont pourtant vivre l’expérience la plus forte de leur vie.

Mon avis :

Se retrouver dans la peau d’un garçon ? Quel cauchemar pour Charlie ! D’autant plus que le corps dans lequel elle a trouvé refuge est celui de Sam, un des garçons les moins populaires du collège… tout son contraire ! Ses cheveux sont gras, elle le trouve mal fringué… L’horreur!

De l’autre côté, ce n’est pas mieux, même si Charlie imagine le contraire. Sam n’est pas heureux de se retrouver dans le corps de l’une des coqueluches du collège. Lui qui est habitué à la solitude se retrouve sous le feu des projecteurs et n’est pas à l’aise avec ça.

Mais cet échange, on s’en doute, sera salutaire pour les deux jeunes. En se glissant dans la peau de l’autre les préjugés tombent. Ils ne voient plus l’adolescent aux cheveux gras ou l’adolescente populaire, mais la personne qui se cache derrière et son quotidien, notamment dans sa vie familiale. L’histoire se lit bien et contient certains passages drôles, dont celui où Charlie et Sam échangent au sujet de la nécessité de prendre une douche….

Ce roman est sorti pour la première fois en 2017. Vous pouvez le retrouver sur le site de la maison d’édition Syros !

Un autre roman de Camille Brissot chroniqué sur le blog :

21 printemps comme un million d’années, Syros