[Jeunesse] La fille qui mentait pour de vrai, Catherine Grive

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Mais pourquoi ment-elle tout le temps, Kimberley ? Gros mensonges ou mensonges drôles et gratuits…. Comme son père, d’origine suédoise et chauffeur poids lourds vers les pays du grand Nord, elle a une capacité à s’évader tout le temps, au collège, en famille, en disant n’importe quoi. Jusqu’à ce que sa mère semble, elle aussi, être entrée dans un grand mensonge par omission. Une tranche de vie pleine de charme, souvent drôle et très juste dans son personnage d’ado encore très indécise dans la recherche de sa vérité.

Mon avis :

Voici un roman que j’ai dévoré, et qui m’a émue aux larmes. Pour tout vous dire, arrivée à la page 128, vers la fin du roman (ceux qui l’ont lu comprendront pourquoi), je n’arrivais plus à lire les pages tant les larmes me brouillaient la vue. Alors c’est vrai que je suis dans une période où je suis très émotive, mais je réagis tout de même rarement autant à la lecture d’un roman.

Mais revenons au début. Kimberley ment, tout le temps. C’est même devenu une habitude, quelque chose qu’elle s’est mise à faire sans vraiment y réfléchir. Mentir, respirer, c’est la même chose. D’ailleurs, elle est très douée. Progressivement elle se rend compte néanmoins de cette « défaillance » et s’interrogera dessus, le lecteur aussi. D’où lui vient cette envie de déballer des mensonges à tout va, envie qui se rapproche du besoin ?

Chez elle, son père lui manque. Routier dans les pays du grand Nord, il part souvent et longtemps. Une fois Kimberley l’a accompagné, un moment d’évasion entre un père et sa fille. Elle lui écrit des lettres, lui aussi. Mais ces dernières s’estompent. Pourquoi ?

Comment se forger son identité quand on ne vit que dans le mensonge ? Comment se trouver quand on a l’impression de perdre sur les routes enneigées une partie de soi ?

La fille qui mentait pour de vrai est un très bon roman. L’histoire est prenante, le thème intéressant, l’écriture fluide sert à merveille l’ensemble. La question de l’identité y est amenée d’une façon subtile.

Autre texte qui traite du mensonge écrit par l’auteure : « Le Mensonge », un album paru en 2016, pour les petits lecteurs dès 5 ans, illustré par Frédérique Bertrand.

 

 

Un roman paru aux éditions Le Rouergue, collection Doado !

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[Jeunesse] Aurélie et son secret, Sabine du Faÿ

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Un peu gauche, étourdie, un brin rêveuse et inventive, Aurélie se sent différente depuis qu’elle est toute petite. Même sa sœur jumelle Henriette et son frère François, disent qu’elle est bizarre et ses parents, un médecin et une psychothérapeute, ne comprennent pas ses comportements inattendus et passent leur temps à la gronder. La fillette a bien du mal à se défendre et ne saisit pas toujours les remarques de sa famille. Elle s’isole alors dans son monde à elle. Heureusement, elle sait qu’elle peut compter sur sa grand-mère dont elle est très proche. Elle seule peut la comprendre et surtout croit en elle. Mais un jour, Aurélie fait une découverte qui va changer sa vie.

Mon avis :

Aurélie se retrouve avec son frère et sa soeur chez ses grands-parents suite au divorce de ses parents. La petite fille a du mal à trouver sa place, et sa maladresse légendaire ne l’aide pas à se faire bien voir.  D’ailleurs, tout le monde la trouve bizarre, à part sa grand-mère.

C’est vrai qu’elle est un peu étrange : elle sait parler aux animaux et à la nature en générale, éprouve même de l’empathie pour les fleurs qui se font couper. Pourtant, elle va finir par devenir amie avec Emilie, une jeune fille en fauteuil roulant et rencontrera un étrange chien jaune. Mais, ce n’est pas tout. Aurélie change, elle le sent, elle le voit. Quelque chose pousse dans son dos. Des ailes. Elle n’est définitivement pas comme les autres. Va-t-elle accepter sa différence et apprendre à s’aimer ?

Voici un beau roman, qui traite de la différence et de l’acceptation de soi. Si je n’ai pas été complètement emballée par ma lecture ( j’ai eu du mal à l’ancrer dans notre époque, et pas à cause du côté fantastique) le roman a le mérite de montrer qu’il faut parfois apprendre à accepter qui l’on est vraiment pour se sentir bien.

Un roman  paru aux éditions Oskar.

[Jeunesse] Les journées calamiteuses de Clémence, Sophie Henrionnet.

Quatrième de couverture :

Je me présente : Clémence, 13 ans, fan des yaourts à la cerise et véritable aimant à catastrophes.
Depuis que Maman est morte, il y a trois ans, lorsque je fais le bilan de ma journée, j’hésite entre exécrable, calamiteuse ou épouvantable. Rien ne s’est arrangé depuis que Papa a décidé de déménager dans une autre ville et de nous forcer à cohabiter avec Lucile et son dégénéré de fils.
Je fais des efforts, mais, entre les pestes du collège, mon voisin très très louche et mon meilleur ami Max qui ne veut plus me parler, je me demande bien comment je vais survivre à cette nouvelle vie ! Heureusement, même quand la situation semble désespéré de petits miracles peuvent se produire !

Mon avis :

Voici une très bonne lecture avec laquelle je me suis régalée !

Clémence ne voit pas la vie en rose. Chaque soir, elle enchaine les bilans de ses journées qui varient entre le désastreux et le pire qu’abominable. Elle confie ces derniers à sa mère, décédée. Et rien ne semble vouloir s’arranger quand elle apprend que son père veut déménager à Bordeaux avec son frère, mais aussi avec sa nouvelle petite amie, Lucile, qui a un fils Antonin.

Elle trouvera une oreille attentive et une amie en la personne de Violette, une grand-mère qui a connu plusieurs vies, toutes plus surprenantes les unes que les autres. Elle connaitra aussi des débuts difficiles dans son établissement scolaire, à cause de Faustine, une élève populaire qui l’a dans le collimateur avant même qu’elle ne commence l’école.

Mais, comme vous vous en doutez, tout sera bien qui finit bien, comme souvent en littérature jeunesse. Mais je ne vous en dirai pas plus 🙂

Le livre est très bien écrit. Les actions se succèdent et ne laissent aucune place à l’ennui. Les personnages sont bien esquissés, drôles, et les sujets traités intéresseront sans aucun doute les ado !

Bref, une très bonne lecture jeunesse !

Le roman est paru aux éditions Play Bac.

D’autres romans de l’auteure :

[Jeunesse – Ruralivres 2018] Les mondes de l’arbre, tome 1, Sophie Henrionnet

Qui veut la peau d’Anna C ? Sophie Henrionnet

Il était deux ou trois fois, Sophie Henrionnet

Il était deux ou trois fois, Sophie Henrionnet

[Jeunesse – Ruralivres 2018] Les mondes de l’arbre, tome 1, Sophie Henrionnet

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Céleste, 13 ans, et son petit frère Anatole viennent de déménager à contrecœur. Dans leur nouvelle maison, d’étranges phénomènes se produisent et les deux adolescents découvrent une porte mystérieuse dans le cabanon du jardin. En la franchissant, ils plongent dans le monde de l’Arbre cosmique dont l’équilibre est menacé par des forces contraires. Désignée comme l’élue, Céleste va devoir constituer une guilde pour sauver l’Arbre… et le monde des Humains qui en dépend. En parallèle, rien ne se passe comme prévu dans « son » monde et la rentrée en quatrième est chaotique. Entre l’acquisition de nouveaux pouvoirs et des rencontres surprenantes, la double vie de Céleste va la mener vers des aventures inoubliables !

Mon avis :

Voici un roman que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire. Céleste et son frère nous ouvre les portes d’un univers fantastique dans lequel on a plaisir à plonger.

Célestine a trouvé dans sa chambre une petite boite d’une grande beauté. Pour l’ouvrir, elle a besoin d’une clef, étrangement ramassée quelques instants plus tôt par son frère du côté du cabanon. Quand elle ouvre la boite, elle finit par découvrir, dans le fond, un pendentif qu’elle s’empresse de porter autour de son cou. C’est à ce moment-là que des manifestations étranges vont apparaître, du côté du cabanon du jardin : une porte apparaît, seulement en la présence de Célestine, et le chat prend une drôle d’apparence une fois qu’ils pénètrent dans le couloir derrière cette fameuse porte… Ce sera le début d’une belle aventure, surprenante et un peu terrifiante. Une rencontre avec des drôles de créatures qui vivent dans d’autres mondes  : les mondes de l’arbre. C’est là que les aventures commenceront vraiment. Une sorcière maléfique, aux pouvoirs grandissants, est prête à semer la terreur et à anéantir les différents mondes de l’arbre, dans lequel on trouve celui des hommes. Mais, un espoir est là : Céleste est l’élue. Accompagnée de plusieurs guides, qu’elle trouvera le long de l’histoire, elle pourra affronter sa destinée.

L’histoire est vraiment prenante, et l’entrée dans cet univers parfaitement bien écrit pour que le lecteur n’ait ni l’impression de s’ennuyer, ni que ça aille trop vite. Si l’histoire est purement fantastique, les réactions des enfants sont réalistes, ce qui permettra aux enfants de s’identifier. L’écriture est fluide, dynamique et teintée de pointes d’humour.

Petit plus : le livre est vraiment joli. La couverture est attirante, et des petits dragons sont dessinés en bas de chaque page.

En bref : un roman à découvrir et que les ado devraient dévorer en une bouchée !

 

Pour en savoir plus sur Ruralivres, c’est là !

 

Ruralivres 2018 : La sélection !

Cette année, mon collège participe une nouvelle fois au prix Ruralivres ! Je dois dire que je suis particulièrement enthousiaste : la sélection pour cette année est une nouvelle fois géniale !

Petit rappel : comme tous les ans, il y a deux sélections, selon l’âge des ado qui y participent : les grignoteurs (celle à laquelle je participe avec ma super collègue prof doc et une classe de sixième) et celle des dévoreurs, plutôt pour le niveau 4ème.

Du côté des grignoteurs, les heureux sélectionnés sont :

Le goût sucré de la peur, d’Alexandre Chardin, aux éditions Magnard.

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Celle qui voulait conduire le train, Catherine Cuenca, aux éditions Talents Hauts

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Les mondes de l’arbre, Sophie Henrionnet, éditions Play Bac

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Les hirondelles se posent sur les fils électriques, Gaëtan Serra, éditions du Dahu

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Y a pas de héros dans ma famille, Jo Witek, éditions Actes Sud Junior

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Les ombres de Kerohan, N.M. Zimmermann, l’école des loisirs.

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Et du côté des dévoreurs ? On se régale aussi !

Qui décide, tous les soirs, d’allumer les étoiles ? Carine Bausière, Ravet Anceau.

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La maison des reflets, Camille Brissot, aux éditions Syros

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Hugo de la nuit, Bertrand Santini, Grasset jeunesse

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Lumière, le voyage de Svetlana, Carole Trébor, aux éditions Rageot.

9782700250930-001-GLes valises, Sève Laurent-Fajal, éditions Gallimard

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Le collège des éplucheurs de citrouille, Laure Deslandes école des loisirs.

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[Jeunesse / YA] L’aigle noir, Hervé Mestron

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Sur la côte normande, à Ouistreham. Pendant l’année, avant l’arrivée des touristes, les jeunes s’ennuient. Billie, une adolescente à la voix sublime, est minée par un secret inavouable, et vit de plus en plus repliée sur elle-même. Hartman, le nouveau professeur de musique, ex-jazzman au passé mystérieux, tombe amoureux de la voix de Billie. Cherchant à se rapprocher de la jeune fille pour l’aider, il va bientôt comprendre qu’il n’est pas le bienvenu dans ce collège.

Mon avis :

Voici un texte qui se lit d’une traite. Hartman se retrouve seul suite à un drame. Professeur de musique, il demande sa mutation et obtient un poste à Ouistreham. L’accueil qu’il y reçoit est plus froid que prévu. Ses collègues ne semblent pas emballés par ses idées et seule une femme, visiblement en mal d’amour, ne s’intéresse à lui.

Billie a une voix magnifique, troublante. Mais, surtout, elle cache un secret. Quelque chose que personne ne connaît, pas même sa meilleure amie. Elle vit dans une maison luxueuse avec sa mère et son nouveau chéri. Une maison dans laquelle elle ne manque de rien. Et pourtant…

Deux personnes qui sont faites pour se rencontrer, liées par la beauté de la musique. Malheureusement, le destin n’est pas d’accord pour leur facilité la tâche. Les actes malveillants arriveront rapidement. La rumeur court aussi. Une rumeur qui dévaste tout, qui ne part pourtant que d’un grain de sable imaginaire.

Un roman percutant.

Retrouvez L’aigle noir sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !

D’autres romans de la maison d’édition :

[Jeunesse] Le réveil de Zagapoï, Yves-Marie Clément

[Jeunesse] Pas bête(s), Christophe Léon.

[roman jeunesse / ado] Cathy Ytak, Les mains dans la terre

 

[jeunesse] Ma vie de bolosse, Dominique Souton

Le collège se divise en classes.
1) Tout en haut, les populaires, qui dirigent leur petit monde.
2) Au milieu, les normaux, la grande masse des collégiens, des gens sympas qui ne la ramènent pas trop.
3) Et en bas, les bolosses, ou encore les invisibles, qu’on n’entend jamais et qui servent de souffre-douleur.

Chez nous, à Nicolas-Hulot, il y a 365 élèves. Sauf quelques populaires, les autres sont tous normaux, je suis à peu près le seul bolosse.

Mon avis :

Voici un livre plutôt sympathique, qui se lit rapidement. Se sentir à l’écart des autres, dans un établissement scolaire, n’est pas une chose rare. Pour Felix, c’est une habitude : il se définit lui même comme étant un bolosse, soit un gros nul. Il se rend à l’école avec un sac à roulettes, porte des vêtements pas terribles, ne sait pas aligner correctement deux phrases qui ont un sens.

Le thème est intéressant. L’élève qui a du mal à trouver sa place au milieu des autres, qui est un peu rejeté, laissé de côté, c’est un sujet vraiment important et que j’apprécie. J’ai aimé la narration qui suit un peu le langage des adolescents, on ressent bien l’attitude du gamin parfois complètement blasé, mais j’ai eu du mal avec certaines touches d’humour que je ne trouvais pas forcément drôles (on va dire que c’est dû à mon grand âge !) et la répétition de « tête d’émoticône » pour décrire les émotions sur le visage m’a vraiment agacée. La fin aussi me laisse sur ma faim : le changement d’attitude de Jésus est peu crédible, et les parents de Felix plutôt étranges dans leur comportement (concernant la soirée notamment, comprendra qui a lu / lira).

A retrouver sur le site de l’école des loisirs, collection Medium !