La_lanceuse_de_couteaux_c1_largePrésentation de l’éditeur :

Cette histoire, c’est l’histoire de Siloé, qui ne voit plus la magie du cirque dans lequel elle a grandi et le quitte pour de mauvaises raisons mais qui, en chemin, apprendra à faire ses propres choix et à définir ses envies personnelles. C’est l’histoire d’une indépendance progressive, piquée d’embûches, d’amitié et d’amour.

Siloé est orpheline de mère et vit dans le cirque familial, entourée par toute une galerie de personnages atypiques. Mais la jeune fille rêve d’être lanceuse de couteaux, ce que son père lui refuse obstinément. La voilà donc qui décide de rallier un cirque concurrent pour – enfin – essayer de faire ses preuves… Mais elle est loin d’imaginer les épreuves qui l’attendent !

« UN ROMAN PERCUTANT ET DÉROUTANT, TERRIBLEMENT ACTUEL. (…) ON FERME LE LIVRE AVEC L’IMPRESSION DE QUITTER DES AMIS. » Clarisse Sabard, auteure du best-seller Les Lettres de Rose

Mon avis :

J’étais ravie en recevant ce livre de redécouvrir la plume d’Eve Borelli. J’avais déjà aimé certaines de ses parutions, et j’avais vraiment hâte de découvrir l’histoire de Siloé. Je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps : ce livre, je l’ai dévoré et il est, à ce jour, mon roman préféré de l’auteure.

Siloé est circassienne, elle accompagne à chaque tournée sa famille et sa troupe, mais elle n’y a aucun rôle, au grand désespoir de son père. Pourtant, elle sait ce qu’elle aimerait faire, quel rôle lui conviendrait : lanceuse de couteaux. Mais son père refuse de l’entendre : il a peur pour elle. Les relations entre le père et la fille sont très compliquées, mais elle peut toujours compter sur Bowie pour se remonter le moral, son ami de longue date.

Plus elle grandit, moins elle se sent à sa place. C’est dans ce contexte qu’elle rencontre Raphaël, le fils d’un cirque concurrent. Rapidement, il l’hypnotise et elle décide de le suivre : lui, il lui offrira sa chance d’être celle qu’elle souhaite devenir, elle en est persuadée. Mais ça ne se passera pas vraiment comme prévu.

C’est un roman très chouette, malgré le sujet principal assez sombre. Pas d’histoire d’amour qui baigne dans le romantisme, mais les affres de la passion et les souffrances qui peuvent en découler. On ne devine pas l’histoire, on ne peut que la supposer, voire même la craindre.

J’ai beaucoup aimé Siloé, qu’on a un peu envie de secouer au début du texte mais qui finit par grandir sous nos yeux, et à comprendre la vie, tout simplement. Son père m’a aussi beaucoup touchée : un gros dur, rongé par la peine, qui ne sait pas exprimer ses sentiments.

Un texte intense, des personnages bien décrits, un fil conducteur très prenant, une écriture belle et fluide, bref, c‘est vraiment un gros coup de cœur.

La lanceuse de couteaux est sorti aux éditions Charleston !

[Jeunesse] Le réveil de Zagapoï, Yves-Marie Clément

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Au cœur de la forêt amazonienne, en Guyane, une mission scientifique destinée à éradiquer les moustiques tourne mal. Le GENIBE, puissant insecticide, entraîne des mutations dans la nature et le réveil de Zagapoï – l’Esprit de la jungle. L’expédition se transforme alors en cauchemar. Les membres de l’équipe scientifique échapperont ils au pire ?

Mon avis :

J’aime beaucoup l’écriture d’Yves-Marie Clément. Il arrive toujours à m’embarquer dans son univers et une fois que j’ai commencé son livre, je ne peux plus m’arrêter.

Le réveil de Zagapoï se présente comme une fable écologique. Le roman alterne entre le regard des habitants, les animaux de la forêt, qui vivent légitimement au sein de celle-ci depuis des siècles et celui des Autres, les hommes. En sus, il y a Salomon, le gardien, un homme qui vit dans la forêt. Il ne voit pas d’un bon œil l’expérimentation et refuse de quitter les lieux : il veut voir les résultats de ses propres yeux. Contrairement aux scientifiques, il n’accepte pas de prendre des médicaments ou des sprays contre les moustiques, assurant qu’ils ne l’aiment pas et ne le piquent pas.

Adriana, dont nous lisons le journal de bord, est recrutée avec d’autres scientifiques pour tester un très puissant insecticide, le GENIBE, au beau milieu de la forêt amazonienne. Ce produit aurait reçu de très bon résultat lors des essais en laboratoire, et les moustiques sont responsables de tellement de maladies qu’il semble important de trouver un insecticide qui soit efficace et auquel les insectes ne se sont pas habitués. Evidemment, commercialiser un tel produit engendrerait aussi (surtout ? ) une belle rentrée d’argent…  Quand certains scientifiques comme Benjamin font part de leur réserve, le professeur Todorov, responsable de l’expérience, est formel : il n’y a aucun risque. Tous les documents concernant la composition du GENIBE et les résultats complets des essais en laboratoire leur seront transmis. Un professeur pourtant qui se garde bien de rester sur place auprès de l’équipe scientifique…

Evidemment, les choses ne se passent pas très bien. Si le produit semble avoir un bon effet sur les moustiques, il touche aussi durement la faune et la flore locales. Les scientifiques ont réveillé Zagapoï, l’esprit de la forêt. La nature est bien décidée à ne pas se laisser faire.

J’aime beaucoup ce roman. Si le début est réaliste, progressivement l’expérience prend une dimension fantastique qui sert à la perfection le sujet. Si nous savons tous que les moustiques sont responsables de maladies graves et pullulent dans certaines régions du monde, qu’ils peuvent être de plus en plus résistants aux produits chimiques utilisés (pas forcément à bon escient) il apparaît clairement ici que le but de la commercialisation de ce produit n’est pas humaniste, mais purement financière. Les scientifiques qui ont accepté l’expérience – grassement payée – sème les prémices d’une destruction face à laquelle ils ne pourront plus reculer. Un texte qui sonne comme un avertissement.

Un très bon roman à retrouver aux éditions Le Muscadier !

Autres romans de l’auteur ou de la collection :

[Jeunesse]La peau noire des anges, Yves-Marie Clément

[Jeunesse] Pas bête(s), Christophe Léon.

[Jeunesse/ ado] Trouver les mots, Gilles Abier

[Jeunesse] Faits d’hiver, Cathy Ribeiro

 

[Jeunesse] Passionnément … à ma folie, Gwladys Constant

9782812614903

Présentation :

Gwen est une fille sympa et bonne élève. Une fille qui n’a jamais eu d’histoire d’amour. Alors, quand William, le beau gosse, l’un des plus populaires du lycée, pose ses yeux sur elle, son cœur brûle tout de suite. Elle croit avoir trouvé l’âme sœur, l’amour rare qui rend soudain la vie intense. Mais le conte de fées vire vite au cauchemar. Gwen n’était qu’une marionnette, entre les mains de ce garçon.
Alors, pour se sauver et comprendre, elle raconte dans ce carnet intime le piège dans lequel elle est tombée. Un livre bouleversant sur l’amour vampire.

Mon avis :

Alerte, COUP DE CŒUR ! Ce livre est une merveille. Je suis tombée dès les premières pages amoureuse ( platoniquement ! ) de l’écriture de l’auteure, et de son talent indéniable pour nous vampiriser (vous avez compris le choix de ce verbe ? 😉 ) dès les premières lignes.

Gwen débarque dans un nouvel établissement. Rapidement un nouvel élève, l’un des plus canons du lycée, William, vient discuter avec elle. C’est le garçon dont tout le monde rêve : beau, sûr de lui, visiblement intelligent. Gwen tombe sous le charme de son physique, mais aussi de ses paroles. Progressivement, elle cherchera à lui plaire, par tous les moyens. Ils s’aiment, c’est évident. Néanmoins, une ombre au tableau se glisse de plus en plus fréquemment : les colères de William.

La tension est palpable dans le texte. Dès le début, nous savons qu’il est arrivé quelque chose à Gwen, puisqu’elle se trouve dans un hôpital. Toutefois, nous ne découvrons que progressivement la cause de sa présence dans cet établissement, et l’histoire qu’elle a vécue avec William.

Le processus qui mène à la manipulation amoureuse est très bien retranscrit. On sent comment l’emprise se forme autour de Gwen, on comprend que cette emprise pourrait arriver à n’importe qui et que ses conséquences peuvent être dramatiques.

Bref, ce roman est un vrai coup de cœur. L’histoire est parfaitement ficelée, la narration maitrisée et l’ensemble captivant. C’est un livre qui devrait trouver sa place dans tous les CDI, dès le collège. Bravo Gwladys Constant !

 

[Rentrée littéraire 2016] The Girls, Emma Cline

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Présentation :

Nord de la Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Fille unique et mal dans sa peau, elle n’a que Connie, son amie d’enfance. Lorsqu’une dispute les sépare au début de l’été, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté, les tenues débraillées et l’atmosphère d’abandon qui les entoure la fascinent. Elle tombe sous la coupe de Suzanne, l’aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle dune secte et de son leader charismatique, Russell.

Caché dans les collines, leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l’adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s y faire accepter. Tandis qu’elle passe de moins en moins de temps chez sa mère et que son obsession pour Suzanne va grandissant, Evie ne s’aperçoit pas qu’elle s’approche inéluctablement dune violence impensable. Dense et rythmé, le premier roman d Emma Cline est saisissant de perspicacité psychologique. Raconté par une Evie adulte mais toujours cabossée, il est un portrait remarquable des filles comme des femmes qu’elles deviennent.

Mon avis :

C’est le premier livre que j’ai lu de cette rentrée littéraire, qui commence plutôt bien. The Girls est le premier roman d’Emma Cline, un  roman qui a reçu dès sa sortie un énorme succès aux États-Unis, et on comprend pourquoi.

La « famille » Charles Manson, à la fin des années 1960, ça vous dit quelque chose ? Un gourou, de la manipulation, du sexe, de la violence, des meurtres : voilà qui devrait vous mettre dans l’ambiance car c’est de cette histoire dont Emma Cline s’est inspirée, pour partir sur une œuvre fictionnelle.

Evie a quatorze ans quand elle rencontre pour la première fois The Girls, un groupe de jeunes filles marginales dont Suzanne, qui aura rapidement sur elle un effet magnétique. Elle vit avec sa mère, son père est parti quelques mois plus tôt pour vivre avec sa secrétaire. C’est une adolescente paumée, en manque de repère, que la vie ne fait plus vibrer.

Attention toutefois, ce livre n’est pas un thriller macabre ou autre : c’est vraiment à l’aspect psychologique que s’intéresse ici l’auteure, et plus aux filles, comme le titre l’indique, Evie en particulier, qu’à leur gourou, nommé Russell. Les personnages sont bien analysés, l’ambiance terriblement réaliste, on est plongé dans le malaise. L’auteure arrive avec brio à nous faire ressentir l’horreur de cette histoire. Pas de suspens non plus, on sait très bien qu’Evie va s’en sortir, mais on ne peut s’empêcher de tourner les pages, fébrilement, pour dévorer son histoire.

La narration est bien construite. Nous suivons les pas d’Evie, adulte, qui nous ramène avec elle quelques années en arrière pour décrire sa rencontre avec les filles, le ranch, Russell,  et toutes les histoires qui ont suivies. Une Evie qui est encore marquée par ces années de souffrance et de folie, capable pourtant d’une certaine objectivité par rapport à son histoire.

Un livre fort,  qui peut être dérangeant, mais qui montre avec brio comment sont créées et tirées les ficelles de la manipulation, avec parfois une facilité déconcertante, et effrayante. Une belle réussite.

Le roman est paru le 25 août aux éditions de La table ronde.

Retrouvez l’avis de Noukette ici !