Les petites filles top-modèles, Clémentine Beauvais

 

Quatrième de couverture :

Je suis l’égérie de la marque de vêtements de luxe pour enfants Rond-Point. Je suis aussi la mannequin junior number one des téléphones portables Phone4Kids, des parfums Fraise & Sucre et du géant du bricolage Bricafacile. J’ai tourné quarante-sept publicités depuis ma naissance.
À l’époque, je n’avais pas de bouton.

Mon avis :

Diane mène une vie qui ferait rêver des centaines et des centaines de filles de son âge : elle est mannequin. A seulement 11 ans, elle est l’égérie de grandes marques et fait la fierté de ses parents qui sont bien attentifs à son régime.

« Grossir, c’est le mot tabou, le mot qui fait se hérisser les quelques rares poils oubliés à l’épilation. Dans le métier, grossir, c’est mourir. »

Elle porte des tenues qui sont plus réservées aux femmes qu’aux petites filles.

Mais un jour, elle a un bouton. Un gros, un énorme bouton. Elle sent qu’autour d’elle, tout change : les regards sont différents, les comportements, l’estime qu’on lui porte. Elle se rend que, finalement, elle n’est pas indispensable et que même à son âge, on connait une date de péremption. D’ailleurs, qu’est-ce qu’elle veut faire, elle, vraiment ?

Le point fort de Clémentine Beauvais est de réussir à faire passer un message sans vouloir donner de leçon.Diane se rend compte elle-même que la carrière de mannequin qu’on lui prédestine n’est peut-être pas celle qui la fait réellement rêver. C’est d’ailleurs elle qui continue à gratter son bouton, comme si elle ne voulait pas qu’il s’en aille.

Un livre très intéressant sur la superficialité du mannequinat, qui remet les clichés en place. La plume drôle de l’auteur apporte une touche de piquant et rend l’ensemble très agréable à lire.

Les petites filles top-modèles vient d’être réédité en 2016, et je dois avouer que je préfère cette nouvelle couverture  que je trouve beaucoup plus attirante ! Les illustrations sont toujours de Vivilablonde.

Handicap … Le défi d’être Miss

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Présentation de l’éditeur :

L’histoire de Laura, jeune mannequin victime d’un accident de voiture qui la laisse paraplégique, est une histoire de vie, de glamour, de larmes et de séduction. Et cela fait un bien fou !
Après son accident, Laura devient Laurana, une jeune femme courageuse dans l’acceptation de son handicap, pleine d’humour et de charme. Son nouveau combat : se battre pour changer les mentalités sur le handicap.
De ses débuts dans le mannequinat à la terrible nuit de l’accident, l’hôpital, la rééducation, l’insensibilité du conducteur responsable, le procès, sa médiatisation, ce témoignage hors du commun permet de suivre et de partager pas à pas le combat de cette magnifique jeune fille pour faire tomber les préjugés sur les handicapés.
Elle nous dévoile également l’envers du décor d’un concours de miss.
Laura est, entre autres, la première candidate en fauteuil à une élection de beauté pour valides et revendique l’égalité et la mixité entre les valides et les non-valides. Elle se bat contre l’exclusion de la différence.
On vous le dit : c’est une Miss extraordinaire qui se livre ici !

Mon avis :

Ce n’est pas un roman que je vous présente cette fois-ci, mais un témoignage plutôt touchant de Laura, une jeune femme, mannequin, devenue paraplégique suite à un accident de voiture. Ce n’est pas elle qui écrit mais Cindy, sa sœur. Si je craignais une histoire plombante qui tombe dans le pathos ou le simple voyeurisme, ce n’est pas absolument pas le cas.

J’ai été agacée les premières pages, à cause d’une overdose de signes de ponctuation (rien que huit points d’exclamation en deux pages au début du premier chapitre), et quelques répétitions aussi. Mais, rapidement, tout ça a disparu, et j’ai été complètement absorbée par l’histoire.

Laura nous est donc présentée par sa sœur, mais, elle veut garder un point de vue objectif, autant que possible :

« Si je l’écris, c’est que cet accident, j’avais besoin de le digérer : Laura était là dans toutes mes pensées. Écrire seulement sur son accident m’aurait soulagée, aurait apaisé mes peines, libéré mes colères et même mon esprit; s’apitoyer sur son sort, ce n’est absolument pas elle. Décrire sa paraplégie n’aurait consisté qu’en une fade imitation de ceux qui, paraplégiques, écrivent leurs propres ressentis … Je devais écrire ce que je voyais, ce qui me coupait le souffle … »

Elle nous raconte l’accident, les conséquences, mais aussi la volonté rapidement marquée par sa sœur de vouloir s’en sortir et de ne pas être juste un corps dans un fauteuil. Elle décidera même de participer, après avoir été poussée par son entourage, à l’élection de la Reine du Muguet, élection à laquelle elle avait déjà participé pour s’amuser, avant l’accident. L’auteure nous raconte les difficultés que sa sœur a rencontrées, comme le choix de la robe ou encore des chaussures. Et puis, le regard des autres, ce qui se dit, ce qui se murmure, ce qui se lit. Et le procès, celui du chauffeur de la voiture, qui roulait bien trop vite et qui semble être victime d’amnésie ce jour-là. Lui n’a rien. Seule Laura sera touchée véritablement, Laura, cette seule jeune femme qui ce soir-là avait attaché sa ceinture de sécurité, qui ne devait pas être dans cette voiture avec les cinq autres jeunes, qui portait Julie sur ses genoux après avoir changé de place. Et comment ne pas penser : si je n’avais pas changé de place, si j’étais allée dans une autre voiture, si … Mais, les « si » ne font pas avancer l’histoire et ça, les deux sœurs l’ont bien compris. Alors Laura va de l’avant, ne reste pas enfermée chez elle, a des projets.Elle doit se reconstruire, autrement.

Malgré des moments à vide (comment pourrait-il en être autrement ? ) je la trouve d’une force assez incroyable, voire admirable. Parce qu’être en fauteuil, ce n’est pas cessé de vivre, qu’on ne se fond pas dans l’objet, que ces roues sont là pour soutenir un corps, et c’est corps qui est important. Mais encore faut-il ne pas l’oublier, le rappeler.

Et il y a Cindy, Cindy qui était enceinte de six mois au moment de l’accident de sa soeur. Elle écrivait ce qu’elle ressentait alors, ce qu’il se passait : elle avait donc de la matière quand sa soeur lui a demandé d’écrire un livre sur son histoire !

Livre témoignage, livre d’espoirs, c’est aussi un livre d’amour. On ressent les émotions, on a l’impression de vivre les choses en même temps que les deux sœurs. On est touché, agacé, amusé par le caractère de Laura.

Merci pour ce précieux témoignage.

Vous pouvez soutenir Laura sur la page facebook et retrouver le livre sur le site des éditions la boîte à pandore !