Les secrets, Amélie Antoine

 

CVT_LES-SECRETS_9066

Vous l’aimez plus que tout au monde.

Vous lui faites aveuglément confiance.

Vous ne rêvez que d’une chose : fonder une famille ensemble.

Mais rien ne se passe comme prévu.

Jusqu’où iriez-vous pour éviter de tout perdre ?

Une histoire racontée à rebours, car il n’y a qu’en démêlant

les fils du passé que l’on peut comprendre le présent.

Mon avis :

Voici un roman que j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir. Il mélange différentes histoires, qui finiront par se rassembler, le temps d’un compte à rebours inversé. En effet, le roman commence par la fin de l’histoire et, au fil des pages – qui sont numérotées à l’envers – nous découvrons ce qui nous conduit à cette issue, en apparence heureuse.

Mathilde, 36 ans, vit avec son conjoint depuis plus de dix ans. Ensemble, ils veulent fonder une famille, mais Mathilde ne tombe pas enceinte. Cela devient une obsession pour la jeune femme, qui rythme les ébats du couple au rythme de son ovulation, qui plonge dans des pensées sombres dès l’apparition de ses règles. Parfois, elle s’imagine maman. C’est d’ailleurs le rôle qu’elle se donne dans le groupe de théâtre qu’elle a rejoint.

Yasha a 25 ans. Il vit seul mais s’occupe parfois de sa petite fille, amenée par son ancienne compagne. Il est amoureux de Mahaut, une femme rencontrée alors qu’il conduisait son taxi, et qu’il voit de temps en temps. Il semble plus attachée à elle qu’elle à lui.

Évidemment, les chemins vont se croiser et nous révéler l’ampleur des conséquences que peut avoir un petit événement.

Les non-dits, les secrets sont au cœur de ces histoires qui n’en font au final qu’une seule. On  voit comme ils peuvent ronger le corps et le cœur, Amélie Antoine dissèque à la perfection le mécanisme de ces mensonges. En parallèle, le roman offre aussi une réflexion sur la maternité, le désir et son absence.

Un livre qui sonne juste, qui cherche une nouvelle fois à mettre à nu la psychologie des personnages et qu’on a plaisir à suivre jusqu’à la dernière page.

A retrouver sur le site de la maison d’édition Michel Lafon !

[Jeunesse] La fille qui mentait pour de vrai, Catherine Grive

9782812615153

Mais pourquoi ment-elle tout le temps, Kimberley ? Gros mensonges ou mensonges drôles et gratuits…. Comme son père, d’origine suédoise et chauffeur poids lourds vers les pays du grand Nord, elle a une capacité à s’évader tout le temps, au collège, en famille, en disant n’importe quoi. Jusqu’à ce que sa mère semble, elle aussi, être entrée dans un grand mensonge par omission. Une tranche de vie pleine de charme, souvent drôle et très juste dans son personnage d’ado encore très indécise dans la recherche de sa vérité.

Mon avis :

Voici un roman que j’ai dévoré, et qui m’a émue aux larmes. Pour tout vous dire, arrivée à la page 128, vers la fin du roman (ceux qui l’ont lu comprendront pourquoi), je n’arrivais plus à lire les pages tant les larmes me brouillaient la vue. Alors c’est vrai que je suis dans une période où je suis très émotive, mais je réagis tout de même rarement autant à la lecture d’un roman.

Mais revenons au début. Kimberley ment, tout le temps. C’est même devenu une habitude, quelque chose qu’elle s’est mise à faire sans vraiment y réfléchir. Mentir, respirer, c’est la même chose. D’ailleurs, elle est très douée. Progressivement elle se rend compte néanmoins de cette « défaillance » et s’interrogera dessus, le lecteur aussi. D’où lui vient cette envie de déballer des mensonges à tout va, envie qui se rapproche du besoin ?

Chez elle, son père lui manque. Routier dans les pays du grand Nord, il part souvent et longtemps. Une fois Kimberley l’a accompagné, un moment d’évasion entre un père et sa fille. Elle lui écrit des lettres, lui aussi. Mais ces dernières s’estompent. Pourquoi ?

Comment se forger son identité quand on ne vit que dans le mensonge ? Comment se trouver quand on a l’impression de perdre sur les routes enneigées une partie de soi ?

La fille qui mentait pour de vrai est un très bon roman. L’histoire est prenante, le thème intéressant, l’écriture fluide sert à merveille l’ensemble. La question de l’identité y est amenée d’une façon subtile.

Autre texte qui traite du mensonge écrit par l’auteure : « Le Mensonge », un album paru en 2016, pour les petits lecteurs dès 5 ans, illustré par Frédérique Bertrand.

 

 

Un roman paru aux éditions Le Rouergue, collection Doado !

[Jeunesse] Passionnément … à ma folie, Gwladys Constant

9782812614903

Présentation :

Gwen est une fille sympa et bonne élève. Une fille qui n’a jamais eu d’histoire d’amour. Alors, quand William, le beau gosse, l’un des plus populaires du lycée, pose ses yeux sur elle, son cœur brûle tout de suite. Elle croit avoir trouvé l’âme sœur, l’amour rare qui rend soudain la vie intense. Mais le conte de fées vire vite au cauchemar. Gwen n’était qu’une marionnette, entre les mains de ce garçon.
Alors, pour se sauver et comprendre, elle raconte dans ce carnet intime le piège dans lequel elle est tombée. Un livre bouleversant sur l’amour vampire.

Mon avis :

Alerte, COUP DE CŒUR ! Ce livre est une merveille. Je suis tombée dès les premières pages amoureuse ( platoniquement ! ) de l’écriture de l’auteure, et de son talent indéniable pour nous vampiriser (vous avez compris le choix de ce verbe ? 😉 ) dès les premières lignes.

Gwen débarque dans un nouvel établissement. Rapidement un nouvel élève, l’un des plus canons du lycée, William, vient discuter avec elle. C’est le garçon dont tout le monde rêve : beau, sûr de lui, visiblement intelligent. Gwen tombe sous le charme de son physique, mais aussi de ses paroles. Progressivement, elle cherchera à lui plaire, par tous les moyens. Ils s’aiment, c’est évident. Néanmoins, une ombre au tableau se glisse de plus en plus fréquemment : les colères de William.

La tension est palpable dans le texte. Dès le début, nous savons qu’il est arrivé quelque chose à Gwen, puisqu’elle se trouve dans un hôpital. Toutefois, nous ne découvrons que progressivement la cause de sa présence dans cet établissement, et l’histoire qu’elle a vécue avec William.

Le processus qui mène à la manipulation amoureuse est très bien retranscrit. On sent comment l’emprise se forme autour de Gwen, on comprend que cette emprise pourrait arriver à n’importe qui et que ses conséquences peuvent être dramatiques.

Bref, ce roman est un vrai coup de cœur. L’histoire est parfaitement ficelée, la narration maitrisée et l’ensemble captivant. C’est un livre qui devrait trouver sa place dans tous les CDI, dès le collège. Bravo Gwladys Constant !

 

Dans de beaux draps, Marie Colot

« Ma petite théorie, c’est que les catastrophes surgissent pile au moment où on les attend le moins. Comme une crise cardiaque aux toilettes ou un morceau de gâteau coincé dans le gosier d’une vieille dame le jour de ses cents ans. Moi, j’ai 16 ans et je frôle l’étranglement, l’asphyxie et l’arrêt du cœur en même temps. Rodolphe est là, à quelques mètres de moi, derrière la vitre du salon-lavoir. J’ai mal aux yeux tant je les écarquille. »

Lorsque Jade aperçoit par hasard Rodolphe, ses souvenirs reviennent. Ce nouveau demi-frère hyper-craquant. Cette photo postée sur Facebook. Il a suffi de peu pour qu’elle s’embarque dans un mensonge qui la dépasse. Jalousies, moqueries, insultes, menaces. Sur les réseaux sociaux puis au collège. Tout est allé très vite. Trop vite. Jusqu’à ce fameux soir où sa vie a basculé.

Mon avis :

C’est le premier livre que je lis de Marie Colot, et je sais déjà que ça ne sera pas le dernier.

La narration alterne entre le présent, en 2015 au moment où Jade doit se rendre à l’aéroport pour rejoindre son amie Clem qui vit maintenant au Québec, et les souvenirs de ce qu’il s’est passé, quelques années plus tôt, en 2013, suite à l’arrivée de son demi-frère Rodolphe.

Jade vit avec sa mère Katia, son beau-père Eric, son chien Saucisse et son petit frère Cyprien (fruit de sa mère et de son beau-père), à temps complet. De temps en temps viennent s’ajouter Aude et Elise, sœur et sœur par alliance, âgées de 18 ans, qui sont étudiantes, Victor son frère, Elise, sa deuxième sœur par alliance.Une famille plutôt nombreuse, au sein de laquelle Jade se sent pourtant souvent seule. Jusqu’au jour où Rodolphe débarque chez elle, un beau soir de novembre 2013. Il est mignon, agréable, gentil, il trouve tout de suite sa place dans la famille, et Jade l’aime beaucoup.

Un matin, alors que Rodolphe dormait sur le palier, Jade se décide à prendre une photo de lui, endormi, et de la publier sur facebook, sans un mot. Aussitôt les commentaires sont arrivés, pour ses « amis », Jade ne pouvait que publier la photo de son petit-ami, et elle n’a rien démenti par la suite, au contraire. Elle, si transparente aux yeux des autres, devenait tout à coup intéressante, dans le bus, au lycée, sur facebook : on venait lui parler.

Mais.

S’afficher avec un homme, visiblement plus vieux que soi, sur internet, ce n’est pas du goût de tout le monde, encore moins des jaloux. Et Jade paiera son moment de notoriété éphémère.

J’ai beaucoup aimé ce livre. L’histoire se lit facilement, on se retrouve vite dans les Converses de Jade. L’auteure nous dévoile ce qui s’est passé cette année 2013 au fur et à mesure des pages, ce que j’ai apprécié. On retrouve des thèmes essentiels à l’adolescence : les réseaux sociaux et leurs dangers, le harcèlement, la popularité … le tout sur un ton qui ne se veut pas moralisateur, sans clichés, mais avec une écriture juste et parfois percutante.

Dans de beaux draps est paru aux éditions Alice, collection « Tertio ».

Retrouvez l’avis de Noukette et celui de Jérôme !  !