La mélancolie du Kangourou, Laure Manel

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Alors qu’il s’apprête à vivre le plus beau moment de sa vie avec la naissance de sa fille, Antoine est confronté au plus horrible des drames : la mort de sa femme durant l’accouchement.

Anéanti par la perte de celle qu’il aimait plus que tout, Antoine a du mal à créer du lien avec son bébé jusqu’à ce qu’il embauche Rose, une pétillante jeune femme à l’irrépressible joie de vivre, pour s’occuper du nourrisson.

Parviendra-t-elle à aider Antoine à se révéler comme père et à se reconstruire ?

Il n’est jamais trop tard pour (ré)apprendre à aimer.

Mon avis :

Voici une jolie histoire que j’ai lue avec beaucoup de plaisir, en seulement deux petites soirées.

La vie et la mort sont parfois cruellement liées. Raphaëlle et Antoine sont heureux. Quand elle accouche de leur enfant, elle perd brutalement la vie. Un choc terrible pour Antoine qui perd l’amour de sa vie à la minute où il devient père, un rôle qu’il ne sait pas, ne peut pas endosser.

Alors, il va embaucher Rose, une jeune étudiante, amoureuse de la danse. Une jeune femme pleine de vie, une vie tellement débordante qu’on se demande ce qui fait qu’elle a besoin de la dévorer ainsi. Très vite, elle s’attache à Lou, malgré la distance qu’elle devrait garder. Mais comment résister à sa petite frimousse ? Comment ne pas lui accorder l’amour dont elle est privée par l’absence de sa mère et l’indifférence de son père ?

De cet étrange trio, ils en ressortiront tous grandis.

Les personnages sont tous attachants et touchants. On a envie nous aussi de dorloter Lou, on souffre avec Antoine même si on veut parfois le bousculer, on suit avec beaucoup d’attentions les hésitations de Rose qui arrive à un tournant de sa vie.

L’histoire est racontée en toute simplicité, sans pathos ni lieux communs éculés. Rien ne se résout par un coup de baguette magique. Il faudra de l’écoute, de la patience, des souffrances, des petites joies : la vie, tout simplement.

 

 

Les secrets, Amélie Antoine

 

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Vous l’aimez plus que tout au monde.

Vous lui faites aveuglément confiance.

Vous ne rêvez que d’une chose : fonder une famille ensemble.

Mais rien ne se passe comme prévu.

Jusqu’où iriez-vous pour éviter de tout perdre ?

Une histoire racontée à rebours, car il n’y a qu’en démêlant

les fils du passé que l’on peut comprendre le présent.

Mon avis :

Voici un roman que j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir. Il mélange différentes histoires, qui finiront par se rassembler, le temps d’un compte à rebours inversé. En effet, le roman commence par la fin de l’histoire et, au fil des pages – qui sont numérotées à l’envers – nous découvrons ce qui nous conduit à cette issue, en apparence heureuse.

Mathilde, 36 ans, vit avec son conjoint depuis plus de dix ans. Ensemble, ils veulent fonder une famille, mais Mathilde ne tombe pas enceinte. Cela devient une obsession pour la jeune femme, qui rythme les ébats du couple au rythme de son ovulation, qui plonge dans des pensées sombres dès l’apparition de ses règles. Parfois, elle s’imagine maman. C’est d’ailleurs le rôle qu’elle se donne dans le groupe de théâtre qu’elle a rejoint.

Yasha a 25 ans. Il vit seul mais s’occupe parfois de sa petite fille, amenée par son ancienne compagne. Il est amoureux de Mahaut, une femme rencontrée alors qu’il conduisait son taxi, et qu’il voit de temps en temps. Il semble plus attachée à elle qu’elle à lui.

Évidemment, les chemins vont se croiser et nous révéler l’ampleur des conséquences que peut avoir un petit événement.

Les non-dits, les secrets sont au cœur de ces histoires qui n’en font au final qu’une seule. On  voit comme ils peuvent ronger le corps et le cœur, Amélie Antoine dissèque à la perfection le mécanisme de ces mensonges. En parallèle, le roman offre aussi une réflexion sur la maternité, le désir et son absence.

Un livre qui sonne juste, qui cherche une nouvelle fois à mettre à nu la psychologie des personnages et qu’on a plaisir à suivre jusqu’à la dernière page.

A retrouver sur le site de la maison d’édition Michel Lafon !

Quand on a que l’humour, Amélie Antoine.

Quand on n'a que l'humour...

C’est l’histoire d’un humoriste en pleine gloire, adulé de tous, mais qui pense ne pas le mériter.Un homme que tout le monde envie et admire, mais que personne ne connaît vraiment.

Un homme blessé qui s’est accroché au rire comme on se cramponne à une bouée de sauvetage.

C’est aussi l’histoire d’un garçon qui aurait voulu un père plus présent.

Un garçon qui a grandi dans l’attente et l’incompréhension.

Un garçon qui a laissé la colère et le ressentiment le dévorer.

C’est une histoire de paillettes et de célébrité, mais, surtout, l’histoire d’un père et d’un fils à qui il aura fallu plus d’une vie pour se trouver.

Mon avis :

Je n’ai pas encore lu Fidèle au poste, le roman qui a fait connaitre l’auteure. J’y ai bien pensé, quelques fois, mais il y avait tant de critiques sur ce roman (souvent élogieuses), que j’ai préféré retarder l’échéance. La question ne s’est pas posée pour cette nouvelle publication. J’ai tellement été interpellée par le titre et la quatrième de couverture, que je ne pouvais que vouloir le découvrir, au plus vite. Et quelle bonne idée !

C’est quoi la vie d’un humoriste ? Sont-ils toujours prêts à rire, jamais sujets à la moindre once de tristesse, à la moindre angoisse ? Sont-ils capables de faire rire sur demande ? C’est tout un tas de questions auxquelles Édouard Besson est confronté. S’il se sent bien sur scène, une angoisse terrible lui bouffe les tripes avant chaque spectacle, et un énorme vide le terrasse quand il en sort. Et pourtant, rien n’apparait. Son succès est phénoménal, au point qu’il arrive à remplir de spectateurs le Stade de France, comme si c’était une formalité. Mais pourquoi ressent-il ce besoin, à tout prix, de faire rire ?

Pour Arthur, Édouard Besson n’est pas cet homme drôle, au cœur tendre et grand. C’est un père qui brille plus par son absence que par son talent, avec lequel il ne se sent aucune affinité. Il décide même de changer son nom, afin qu’il ne soit pas catalogué comme le « fils de » et garde bien secret le lien qui les unit. Il garde une rancœur envers son père, enfouie au fond de lui.

Et puis, il y a cet acte, auquel Arthur aura du mal à croire. Un acte qui lui permettra, le temps d’une quête, de mettre un vrai visage sur celui de l’humoriste.

Comme elle est belle, cette histoire ! Touchante, prenante, terriblement réussie. Le roman se divise en deux parties : la première est centrée sur l’humoriste, la seconde sur son fils : j’ai beaucoup aimé l’idée, puisque cela nous permet d’avoir deux points de vue sur un seul personnage.

Les personnages sont très bien brossés : on les imagine, sans la moindre difficulté. J’ai beaucoup apprécié dans la première partie l’alternance entre Édouard à l’âge adulte, et le personnage quand il était enfant, un petit garçon bègue qui devait souvent grandir dans le silence, avec son frère, Jonathan. Et puis, il y a eu cet accident. Dans cette partie, l’auteure reprend des mots de la dernière phrase (voire la phrase entière) d’un chapitre pour ouvrir l’autre : j’ai vraiment apprécié ce procédé, et j’essayais d’imaginer ce que cela pouvait annoncer pour le chapitre suivant, quand la temporalité changeait. La seconde partie est tout aussi prenante, mais je n’en dirai pas trop ici…

Un roman coup de cœur, qui nous donne envie de parler à nos proches, de les écouter, de leur dire qu’on les aime.

Un roman de grande qualité, qui prend aux tripes et qui nous émeut.

L’écriture d’Amélie Antoine est quasiment parfaite, l’histoire ne souffre d’aucun ralentissement. Si le roman peut sembler léger, l’histoire est profonde et amène à réfléchir. Elle pose la question des masques que nous portons, que ce soit face aux inconnus ou face aux membres de notre famille.

Retrouvez l’avis de Sara sur son site La Fée Lit !

Un merci de trop, Carène Ponte

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Présentation :

S’il fallait décrire Juliette en un seul mot, transparente serait sans nul doute le bon. Oui, c’est ça, transparente. Depuis qu’elle est toute petite Juliette a toujours fait ce que l’on attendait d’elle. Pour ne pas déplaire, pour ne pas décevoir. Mettant de côté ses rêves et celle qu’elle est vraiment. Résultat, à 30 ans, elle mène une vie sans relief et ennuyeuse au possible. Une vie dans laquelle choisir entre lasagne et sushi est un événement. Pourtant, elle se sent de plus en plus à l’étroit dans cette vie, dans cette peau. Elle a envie de crier qu’elle n’est pas cette fille sans personnalité. Elle a envie d’aborder celui qu’elle croise tous les jours dans son immeuble. Pour lui dire qu’il lui plait. Et par dessus tout, elle a envie d’enfin réaliser son rêve, celui de devenir écrivain. Il n’est jamais trop tard pour devenir soi. C’est ce que va découvrir Juliette au détour d’un merci, un merci de trop. Même si elle est loin d’imaginer ce qui va en découler !

Mon avis :

Voici un livre que j’avais hâte de lire. Le nom de Carène Ponte vous dit peut-être déjà quelque chose : auteure du blog Des mots et moi, lauréate de différents concours dont le prix Ecrire au féminin (encore lui !) ou un concours sur Librinova.

Juliette est une fille gentille, trop gentille. Elle mène une vie tout ce qu’il  y a de plus banal, cherchant à se conformer au maximum à ce qu’on veut qu’elle soit, sans faire de vague. Jusqu’à ce qu’elle craque au boulot : elle démissionne et se donne pour mission de réussir à écrire un livre en trois mois. Mais, la vie réserve des surprises et certaines rencontres (passées ou à venir) vont bouleverser son existence trop lisse.

J’ai lu ce livre en deux jours. L’histoire est fraîche, plaisante, très agréable à lire. Je connaissais déjà la plume de l’auteure car je la suis depuis quelques année maintenant, et je suis ravie de voir que son style écriture s’affirme.

Les rebondissements sont nombreux, les coïncidences crédibles. On suit avec plaisir le parcours de l’héroïne, cette femme ordinaire, qui nous ressemble.

Un premier roman très sympathique, drôle, qui arrive à point nommé pour l’été !

 

 

Désolée, je suis attendue,Agnès Martin Lugand

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Présentation :

Yaël ne vit que pour son travail. Brillante interprète pour une agence de renom, elle enchaîne les réunions et les dîners d’affaires sans jamais se laisser le temps de respirer. Les vacances, très peu pour elle, l’adrénaline est son moteur. Juchée sur ses éternels escarpins, elle est crainte de ses collègues, et ne voit quasiment jamais sa famille et ses amis qui s’inquiètent de son attitude. Peu lui importe les reproches qu’on lui adresse, elle a simplement l’impression d’avoir fait un autre choix, animée d’une volonté farouche de réussir.

Mais le monde qu’elle s’est créé pourrait vaciller face aux fantômes du passé.

Mon avis :

C’est un livre que j’attendais avec impatience, et je n’ai pas été déçue.

Yaël, une adolescente toujours prête à faire la fête avec ses amis et sa sœur devient une femme qui ne vit que pour son travail. Elle a un poste de traductrice à haute responsabilité, reste greffée à son téléphone 24h sur 24, se plie dans tous les sens pour s’assurer le respect et la fierté de son patron, voit les moments passés avec ses amis et sa famille – moments pourtant peu nombreux – comme des corvées qui empiètent sur son temps de travail – dimanche inclus.

Que s’est-il passé ? Pourquoi cette transformation ? Personne ne semble le comprendre.

Puis, il y a eu Marc, un ami d’enfance qui a brutalement disparu sans laisser de nouvelles, qui réapparait quelques années plus tard face à la Yaël obsédée par son job et les premiers signes de défaillance de cette dernière, qui lui rappellent qu’elle n’est qu’une être humain et non pas une machine.

Comme le lecteur, mais aussi comme les autres personnages, Marc veut savoir pourquoi Yaël est devenue cette femme antipathique et désagréable. Va-t-il réussir à la faire changer ? Et lui, pourquoi ce silence soudain et si long ?

J’ai dévoré ce roman. J’ai trouvé le personnage de Yaël terriblement agaçant, et pourtant extrêmement attachante. Certainement parce qu’on commence par la découvrir 10 ans plus tôt, avant que son travail devienne la chose la plus importante de sa vie, voire son unique raison de vivre. Le personnage  est parfaitement bien construit et ça, c’est bien l’un des points forts de l’auteure : le caractère est suffisamment bien creusé pour qu’on puisse comprendre les agissements de Yaël, même s’ils nous dépassent complètement. On s’attache aussi aux personnages secondaires : Alice, Cédric, Adrien, Jeanne … la même bande de potes depuis de nombreuses années. On avale les pages, les unes après les autres, et on garde les personnages en tête une fois le livre fermé, comme si on laissait de côté de vieux amis.

Un livre que je vous recommande !