[Jeunesse / YA] L’aigle noir, Hervé Mestron

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Sur la côte normande, à Ouistreham. Pendant l’année, avant l’arrivée des touristes, les jeunes s’ennuient. Billie, une adolescente à la voix sublime, est minée par un secret inavouable, et vit de plus en plus repliée sur elle-même. Hartman, le nouveau professeur de musique, ex-jazzman au passé mystérieux, tombe amoureux de la voix de Billie. Cherchant à se rapprocher de la jeune fille pour l’aider, il va bientôt comprendre qu’il n’est pas le bienvenu dans ce collège.

Mon avis :

Voici un texte qui se lit d’une traite. Hartman se retrouve seul suite à un drame. Professeur de musique, il demande sa mutation et obtient un poste à Ouistreham. L’accueil qu’il y reçoit est plus froid que prévu. Ses collègues ne semblent pas emballés par ses idées et seule une femme, visiblement en mal d’amour, ne s’intéresse à lui.

Billie a une voix magnifique, troublante. Mais, surtout, elle cache un secret. Quelque chose que personne ne connaît, pas même sa meilleure amie. Elle vit dans une maison luxueuse avec sa mère et son nouveau chéri. Une maison dans laquelle elle ne manque de rien. Et pourtant…

Deux personnes qui sont faites pour se rencontrer, liées par la beauté de la musique. Malheureusement, le destin n’est pas d’accord pour leur facilité la tâche. Les actes malveillants arriveront rapidement. La rumeur court aussi. Une rumeur qui dévaste tout, qui ne part pourtant que d’un grain de sable imaginaire.

Un roman percutant.

Retrouvez L’aigle noir sur le site de la maison d’édition Le Muscadier !

D’autres romans de la maison d’édition :

[Jeunesse] Le réveil de Zagapoï, Yves-Marie Clément

[Jeunesse] Pas bête(s), Christophe Léon.

[roman jeunesse / ado] Cathy Ytak, Les mains dans la terre

 

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Vintage, Grégoire Hervier

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Présentation :

Comment un jeune journaliste à la recherche de la mythique Moderne de Gibson, Saint Graal des guitares vintage, découvre le passé mystérieux d’un pionnier maudit du rock’n’roll…

De Pigalle aux rives du loch Ness, de Sydney à la route du blues, un road trip palpitant et plein d’humour qui, de meurtres en courses-poursuites, remonte aux origines culturelles, artistiques et techniques du rock.

Mon avis :

Grégoire Hervier est fan de musique, et on le ressent, tout comme le personnage principal, Thomas Dupré. Ce dernier est aussi un fin connaisseur, alors quand il se rend chez Lord Charles Winsley à Boleskine House, Lock Ness, pour lui remettre en mains propres une guitare qu’il a commandée, c’est un peu le paradis. Il a même le droit de titiller quelques cordes ! Mais, ce n’est pas ce qui va intéresser le plus Thomas. Son hôte en effet lui présente différentes guitares, mais surtout lui annonce la disparition de l’un des plus importantes de sa collection, une guitare légendaire : la Moderne.

Au cours de leur recherche, nous croiserons différents personnages, passionnés eux aussi par la musique, et si certains présentent une aide précieuse, d’autres convoitent le précieux instrument.

Un roman très agréable à lire, aussi bien destiné aux amateurs de musique qu’à ceux qui ne s’y connaissent pas. Le style est très agréable, le texte est bourré d’informations et de recherches, sans qu’il n’y ait la moindre lourdeur. Ajoutons au texte une playlist concoctée par l’auteur (qui m’a donnée envie d’en savoir plus sur certains groupes) et on obtient un très bon roman.

Retrouvez le livre sur le site de la maison d’édition Au diable vauvert !

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles par Bourdeaut

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Mon avis :

Encore une belle découverte, aux éditions Finitude (que je ne connaissais pas, d’ailleurs). L’histoire est plutôt originale, voire loufoque : une couple qui n’arrête pas de danser (surtout sur l’air de Mr Bojangles, de Nina Simone) pouvant même en oublier de préparer le repas, des personnes constamment invitées, une fête qui semble toujours durer, à laquelle Superfétatoire (prénom donné car elle ne sert à rien), l’oiseau (une grue de Numidie), ne manque pas de participer. Elle, elle change de prénom tous les jours, au gré des envies de son mari. Lui, il possède des garages. Ils ont un fils, qui apprendra à vivre au sein de cette étrange famille, mentant à la maison sur ce qu’il se passe à l’école, et inversement. Mais, cette douce folie va laisser place à quelque chose de plus difficile, de plus sombre. Il va falloir affronter la vraie vie au moment où la mère sera envoyée dans une clinique … Comment faire pour la retrouver ?

Je ne dois pas être la seule à trouver des airs de Boris Vian à cette histoire. Il y a un fabuleux mélange de gaieté et de tristesse, de folie et de raison. Un beau premier roman. Vivement les autres !

 

Léa, Pascal Mercier

Quatrième de couverture :
Depuis la mort brutale de sa mère, la jeune Léa a perdu tout intérêt pour la vie. Jusqu’au jour où le son d’un violon l’arrache à sa détresse. Déterminée et encouragée par son père prêt à tous les sacrifices pour revoir sa fille heureuse, Léa ne poursuivra désormais plus qu’un seul objectif : devenir musicienne. Quitte à en perdre la raison.
L’histoire et mon avis :
A la terrasse d’un café en Provence le narrateur, Adrian Herzog, rencontre Martijn van Vliet, de Berne comme lui. Martijn rapidement lui propose de faire la route avec lui pour repartir chez eux. Adrian accepte mais redoute que ce dernier n’en vienne à lui raconter « son histoire », estimant en avoir déjà assez avec les siennes. Avant de repartir, Martijn voudrait faire un tour en Camargue : Adrian l’accompagne.

Alors qu’ils sont sur la route, Martijn se sent mal : il s’arrête et demande à Adrian de prendre le volant. Comme Adrian le prévoyait, Martijn commence à raconter son histoire en parlant de sa fille, Léa. Il revient dix huit ans en arrière. Cécile, sa femme est décédée il y a un an d’une leucémie. Léa ne l’a pas supporté et au fur et à mesure des jours elle s’est presque arrêtée de parler, s’est beaucoup renfermée sur elle-même. Un jour, alors qu’ils marchaient ensemble, Léa est interpellée par le son d’un violon. Rapidement ils se retrouvent devant la personne qui en joue, une femme dont le père apprendra plus tard son nom d’artiste : Loyola de Colon. Léa est en admiration devant cette femme et son père voit dans ses yeux revenir l’éclat qui était parti un an plus tôt, avec le décès de sa mère, comme si quelque chose s’était réveillé en elle : à partir de ce moment, la vie de Léa, et de son père, seront nécessairement liées à cet instrument, comme si la chose était inévitable. Quelques jours plus tard, Léa prendra sa première leçon avec Marie après avoir refusé plusieurs autres professeurs, sans donner d’explications. Elle va rapidement progresser, jusqu’à connaître un succès fulgurant qui ne la laissera pas indemne.

C’est en me promenant dans une librairie (chose on ne peut plus fréquente, je vous l’accorde), que je me suis arrêtée devant ce livre. La première de couverture m’a d’abord interpellée, puis un petit mot du libraire accompagnait ce livre, le présentant comme très touchant, voire bouleversant. Rapidement, je lis la quatrième de couverture et les mots « violon », « sacrifices », « musicienne » ont directement amené ce livre vers ma PAL (en passant par la caisse, évidemment !).

C’est un livre qui est bien écrit et l’idée est plutôt originale. Toutefois, je l’ai moyennement apprécié. Léa est un personnage énigmatique, qu’on n’arrive pas à saisir ou plutôt un personnage que je n’ai pas du tout réussi à saisir et c’est bien là le problème. Je n’ai pas été touchée par cette petite fille, par son histoire, elle est restée une étrangère alors que j’aime me sentir proche des personnages quand je lis, ressentir des choses : que ce soit de la compassion ou de la colère. Au lieu de ça j’ai ressenti au fur et à mesure de plus en plus d’ennui.

Un autre personnage alors aurait pu me toucher : le père. Il est très ému et affecté par l’histoire de sa fille, on peut ressentir les craintes de cet homme dépassé par les évènements, tout comme sa souffrance, ses regrets mais aussi l’amour inconditionnel qu’il éprouvait envers elle. Mais, dès le début quelque chose me dérange : la présence d’Adrian, le narrateur. L’idée de faire intervenir un autre personnage pour permettre à l’auteur de raconter l’histoire est certes intéressante, mais j’ai vraiment ressenti que ce personnage n’était présent que par prétexte. De ce dernier nous connaissons quelques éléments de sa vie, son histoire se mêlant (se perdant ?) parfois dans celle de Martjin, éléments qui semblent toutefois bien fades et si anecdotiques pour le lecteur. Je ne comprends pas non plus ce qui a pu pousser Adrian à suivre et à écouter Martjin : cela m’a semblé peu crédible.

En résumé, l’histoire est intéressante mais j’ai été gênée par la narration qui ne m’a pas permise d’entrer suffisamment dans ce livre et de l’apprécier.

Quelques phrases :
–  » Les sons qui s’échappaient de ce violon à l’éclat sombre étaient dotés d’une réalité propre qui – l’idée me passa soudain par la tête – n’aurait pu être ébranlée, même pas par une explosion ».

– « L’événement provoqua une première fêlure, fine comme un cheveu, dans la confiance de Léa. Il fallut des semaines avant que nous puissions en parler. Et alors, elle me le dit : elle n’avait pu réprimer l’impulsion de lancer son violon dans le public qu’avec peine. Cela m’effraya bien plus que le lapsus. N’était-ce pas trop dangereux, ce qui arrivait à ma fille ? »