[Jeunesse] Ils veulent tuer Henri IV, Isabelle Wlodarczyk

Au début du mois de mai 1610, Jean, un jeune messager se présente au Palais royal. Presse et inquiet, il apporte une lettre qu’il doit remettre a la Reine en mains propres. Il revient de la Conciergerie ou une femme, Madame d’Escoman, prétend que le Roi va être assassine et que cette lettre peut lui sauver la vie. Jean confie la lettre a Ondine, une jeune servante suffisamment adroite pour se charger de cette mission et curieuse pour essayer de tirer l’affaire au clair. Ondine y voit un jeu grisant loin de son travail rébarbatif et épuisant. Jacqueline d’Escoman n’est peut-être qu’une vieille folle qui cherche a attirer l’attention et a sortir de prison. Mais lorsque Ondine croise François Ravaillac dans les appartements du palais, il ne peut plus y avoir de doute. Le Roi est en danger. Jean et Ondine essaieront par tous les moyens de prévenir le Roi et la Reine. Réussiront-ils a déjouer ce qui prend des allures de complot ? Ils veulent tuer Henri IV raconte les 10 jours précédant sa mort. A limage dune tragédie, la fin parait inéluctable. Pourtant a chaque instant, l’assassinat aurait pu rester sur une vaine tentative. Jouant sur les ressorts du romanesque, l’ouvrage crée une forte attente chez le jeune lecteur qui essaiera a son tour de tirer les fils et de déjouer le meurtre. Les circonstances de la mort de Henri IV sont bien connues. Les jeunes lecteurs revisiteront ici cette thématique historique et la découvriront sous un angle différent.

Mon avis :

J’aime beaucoup la collection « 10 jours pour changer le monde » qui propose de courts romans centrés sur un événement précis de l’Histoire, dix jours avant qu’il n’ait lieu (d’où le titre). L’Histoire côtoie une histoire romanesque puisque l’épilogue propose deux fins : la classique, et une autre en imaginant ce qui aurait pu se passer si tel ou tel personnage avait agi différemment.

C’est sous les yeux d’Ondine, une jeune servante de la reine et d’un messager que nous suivons l’histoire. Mis au courant du complot qui vise à tuer le roi, tous les deux vont chercher à le sauver. De son côté le roi, habitué aux menaces, n’est pas préoccupé.

Le livre plaira aux jeunes, dès 10 ans. L’intrigue est bien menée, le suspens présent et on a qu’une seule envie : tourner les pages et ne pas lâcher le livre. La fin historique et la fin bis permettent de régaler toutes les imaginations.

Un livre sorti aux éditions Oskar !

[Jeunesse] Nous sommes ceux du refuge, Delphine Laurent

Nous sommes ceux du refuge par Laurent

Présentation :

Lucie Arlaud, 16 ans, n’est pas rentrée chez elle après le lycée. Pourquoi cette fille de pasteur, sage et sérieuse, a-t-elle fugué ? C’est ce que cherche à découvrir l’inspecteur Grégory Muller. Les parents de Lucie, ses amis ou encore Nola, sa cousine et confidente, tous reconnaissent qu’elle n’était plus la même depuis quelque temps. Et si l’entourage de Lucie cachait de lourds secrets ? Car sous la surface se trouve une autre réalité

Mon avis :

Mon avis :
Lucie est une jeune fille sage de 16 ans, née dans une famille chrétienne pratiquante. Un jour, elle disparaît. Alors que nous la retrouvons dans un étrange monde souterrain, le Refuge, légèrement blessée, là-haut les hypothèses sont nombreuses : enlèvement ? fugue ? accident ? Gregory Muller, l’inspecteur qui cherchera à élucider cette enquête, comprendra rapidement que la vie de Lucie était un plus compliquée que veulent le faire croire les apparences.

C’est le second livre que je lis de Delphine Laurent, que j’ai découvert avec son premier livre, Nohea. L’auteure signe ici un roman jeunesse très prenant, et j’ai été ravie de retrouver son écriture.

J’ai aimé la variété des thèmes toujours contemporains comme le rapport à la société de consommation, la question de l’identité, les doutes, le peurs, le mal-être… Les raisons de la présence de Lucie nous sont dévoilées progressivement, comme la vraie nature des personnages, que ce soit ceux du Refuge, ou les autres, là-haut.

En bref, un très bon roman jeunesse à découvrir, qui donnera certainement envie aux jeunes lecteurs de réfléchir à leur propre vie et à leurs choix.

Nous sommes ceux du refuge est paru aux éditions Oskar !

Les larmes de la maîtresse, Véronique Delamarre Bellégo

Les larmes de la maitresse par Delamarre Bellégo

Présentation :

Alors qu’elle redoutait d’être dans la classe de Sergent le terrible, le directeur de l’école, Marie découvre la veille de sa rentrée en CM1 qu’elle aura une nouvelle maîtresse, Mademoiselle Julia Jour. Le lendemain, lorsque celle-ci apparaît, les élèves sont fous de joie : elle est jeune, jolie, souriante, joyeuse, et parle avec un accent du midi qui chante comme le soleil. Maîtresse Julia fait souffler dans la classe un vent de modernité et de bonheur. Ses élèves l’adorent : elle les autorise à raconter des blagues, à prendre le temps de rêver. Toute la classe se lance même dans la préparation d’une comédie musicale sur le thème du Petit Chaperon rouge. La vie est belle pour les bienheureux élèves du CM1a. Jusqu’au jour où maîtresse Julia arrive en larmes à l’école. Que s’est-il passé ?

Mon avis :

Julia Jour est une jeune enseignante. Dès le premier jour, elle fait rêver les élèves avec sa  jolie robe rouge à pois et ses talons hauts. Elle sait ses élèves bavards, et n’hésite pas à mettre différentes choses en place pour garder l’attention de ses élèves, tout en autorisant des moments de détente, notamment avec la boite à blagues, ou des moments de calme.

Mais, un jour, au retour des vacances, Madame Jour est triste. Ses yeux sont rougis par les larmes. Les élèves n’auront alors qu’une seule idée en tête : trouver la cause de son chagrin pour pouvoir l’aider, quitte à faire appel à l’inspectrice…

Une histoire plaisante publiée chez Oskar éditions, qui réjouira les jeunes lecteurs !

 

[Chronique jeunesse] L’enfant mitrailleuse, Fabien Fernandez

L'enfant mitrailleuse

« John », enfant soldat recruté par des groupes rebelles pour se battre, est recueilli par une organisation internationale. Il va apprendre à maîtriser l’agressivité qui l’habite, afin de pouvoir redevenir un adolescent comme les autres. Mais les traumatismes sont lourds et il n’est pas facile de se reconstruire quand on a participé à la guerre…

Mon avis :

Un livre court mais intense, comme on en trouve tant dans la collection « Court métrage », aux éditions Oskar.

Ici nous suivons la réadaptation de « John » (prénom donné par l’organisation, il n’en donne pas d’autres), un ancien enfant soldat recueilli par une organisation humanitaire. La difficulté à vivre avec les autres, l’agressivité à canaliser, les crises de manque… pas facile pour le petit garçon de se dire qu’il est quelqu’un autre, qu’il n’est pas « rien ». Comment peut-il trouver la sérénité et l’insouciance qu’un enfant de son âge devrait avoir ?

En parallèle nous découvrons quelques moments de la vie de John au moment où il est devenu enfant soldat, et pendant ses missions.

A la fin de livre  quelques pages nous présentent ce que sont les enfants soldats.

Un livre très intéressant pour montrer aux jeunes que la vie d’un enfant n’est pas toujours rose, et que dans certains pays ravagés par la guerre, la lutte commence dès le plus jeune âge.

Je recommande !

 

 

[Jeunesse / JA] Hoax, Christophe Léon

Quatrième de couverture :

Caroline Menez, professeur de français, prend sous son aile Kekili Zunu, jeune fille ayant fui le Togo avec sa famille.

L’enseignante remarque tout de suite que cette élève est brillante. Afin de la préparer au mieux au Bac de français, elle lui donne des cours particuliers chez elle. Il n’en faut pas plus pour que les bruits circulent. Leurs relations ne seraient pas seulement d’ordre scolaire. Caroline serait-elle vraiment amoureuse de son élève ? Jusqu’où la rumeur ira-t-elle ?

Mon avis :

J’ai lu quelques critiques négatives sur ce livre, le plus souvent à cause du thème qui dérange. Suggérer un amour entre un enseignant et son élève n’est déjà pas quelque chose qui plait, alors quand il s’agit d’une enseignante et d’une élève,  ça coince encore plus.

Contrairement à ce que laisse penser la quatrième de couverture, on sait dès le début où la rumeur conduit Caroline Menez, et ça nous glace le sang. Ce qui importe ici c’est le mécanisme : comment, à partir d’une simple rumeur, une professeur de français qui semble mener une vie tout ce qu’il y a de plus normal se retrouve à effectuer un acte aussi fou (oui, c’est écrit dès les premières pages, mais je ne dirai rien ici : j’ai trop apprécié la narration de  ce moment , c’est prenant, extrêmement bien décrit).

En tant qu’enseignante, je craignais une histoire invraisemblable, qui ne tienne pas la route, qui m’ennuie, tout en me disant qu’un livre écrit par Christophe Léon ne pourrait pas me déplaire.

J’ai dévoré ce livre (oui, je dévore beaucoup mes livres en ce moment, c’est bon pour la ligne !). C’est une histoire crédible. La rumeur se construit petit à petit, entremêlant éléments vrais ( Kekili se rend bien chez son enseignante)  et mensonges.

Le moment où la rumeur est lancé est plausible (une histoire de vengeance).

Caroline Menez, perturbée dans sa vie personnelle et professionnelle n’est pas capable de réagir comme il le faudrait, et elle en a conscience. Elle est complètement perdue, on aimerait pouvoir l’aider, la secouer, mais la fin est scellée.

C’est le premier livre que je lis sur le thème principal de la rumeur. Je trouve qu’il est important de montrer qu’une rumeur, lancée pour une raison idiote peut avoir des conséquences très lourdes, sans forcément aller jusqu’à la décision de Caroline Menez. A méditer.

Plus d’informations sur l’auteur sur son site.