Une phrase, un texte #2 : les textes

Le déjeuner

Bonjour !

Sept textes ont été écrits pour la première de l’atelier d’écriture une phrase, un texte, qui vous présentait le début du prologue d’un livre de Valérie Tong Cuong.

Cette semaine, je vous ai proposé un extrait de « La vallée des Amazones« , d’Angéla Morelli, que vous pouvez vous procurez pour la petite somme de 0.99 centimes en e-book 😉

Voici  «Ses yeux pétillaient  derrière les verres de ses lunettes. Je m’assis immédiatement et dissimulai ma gêne en plongeant le nez dans mon bol de céréales. « 

Mon texte :

Ses yeux pétillaient  derrière les verres de ses lunettes. Je m’assis immédiatement et dissimulai ma gêne en plongeant le nez dans mon bol de céréales.

  • Mais, tu ne m’avais rien dit, pourquoi ?

Je continuais à baisser la tête, peut-être que si je poursuivais, je finirais par réussir à me cacher toute entière dans mon bol, ou à me noyer juste un petit moment, jusqu’à ce qu’il parte de la maison et que je puisse enfin me retrouver seule.

  • Tu fais ça souvent ?

Normalement, on ne parle jamais de ça. ça fait quelques années que je m’adonne à ce petit plaisir secret, et, quand on en parle dans les journaux, ce qui arrive de temps en temps, une fois l’article lu, je prends toujours soin de le dissimuler quand je suis à la maison (sauf cette fois-ci) et je demande qu’on utilise un pseudo quand on narre mes activités pour ne pas être reconnue.Sauf que là, le pseudo avait été omis, je me demande pourquoi, et une photo très représentative illustrait l’article. Vous comprendrez que ce n’est vraiment pas une chose que j’aime afficher, et je ne m’attendais d’ailleurs pas vraiment à ce type de réaction.

  • Tu me montreras tes albums ?

Mais ne se rendait-il pas compte de la gêne dans laquelle il me mettait ? Il ne quittait plus des yeux l’article, j’aurais pu partir qu’il aurait continué à monologuer.

Des albums … j’en ai, oui, des tas, là-haut, bien à l’abri dans un de mes placards. C’est mon petit jardin secret. Je les sors de temps en temps, quand je suis seule, et je les regarde, un à un. Parfois, je m’extasie en découvrant une image oubliée, d’autres fois, je suis juste rassurée de les savoir là, à portée de main, loin de tous. Après une lourde insistance, j’ai cédé. Je suis montée, j’ai sorti de mon placard mes trésors, et je les ai apportés.

Son regard s’illumina encore plus. Il semblait partir dans un autre monde. Il caressa d’abord la couverture du premier, avant de l’ouvrir, délicatement. Un moment de pure extase à en croire ses expressions faciales.

  • Tu sais, ça me fait plaisir de voir ça, vraiment.

Je le regardai, les yeux écarquillés, son regard se posait à nouveau sur le mien. Plaisir ? Souvent, ça interroge, ça rebute, ça amuse, mais, faire plaisir, jamais.

  • Oui, moi aussi je suis philatéliste, je collectionne les timbres depuis cinq ans, je pourrai te les montrer, mes albums !

 

Celui de Guillaume Lavoué :

« Grnouch grnouch » faisaient les flocons d’avoine  dans ma bouche et jusque dans mon crâne. Vous ne vous êtes jamais demandés ce qu’entendaient les autres quand vous mâchiez les céréales qu’on nous vendait toujours plus croustillantes?! Gênant. Surtout ce matin. Je saisis d’un air important le paquet et commençai une lecture attentive. Inutile en fait car je connaissais déjà par cœur les apports glucidiques de ce muesli trop sucré.  Je fronçais les sourcils et hochais la tête d’un air supérieur. Ah oui quand même 0,2 mg de fer!

– « Dis, tu t’appelles comment? », fit une petite voix derrière le paquet.

– « Service consommateur », laissai – je échapper distraitement. « Euh, Gabriel »,  m’empressai – je de corriger, rouge de honte. 

– « Moi c’est Camille. T’es mon frère il paraît ! »

– « Hein?  Nan, Ca m’étonnerait ! J’ai pas de sœur ! Et j’te connais même pas d’abord ».

Je laissai tomber la rose. Elle ne virevolta pas dans l’air comme je l’imaginai et alla finir sa triste course sur le bois noir et froid. Je fermai les yeux, réprimai un sanglot et pris un inspiration. Il y a 7 ans le 14 mars 1991 Camille m’était apparue au petit – déjeuner.

Aujourd’hui elle était morte. 

Guillaume Lavoué, 18/02/16, RER B vers Mitry – Clay

Et les liens !

Le look du jour, d’Anne-Véronique Herter

Le déjeuner, Malika Marie

Celui de Pativore et de Maxxie !

N’hésitez pas à commenter les textes ici, et sur les blogs, ils vous le rendront bien 😉

Et l’auteure ?

9782280340106

Ses yeux pétillaient  derrière les verres de ses lunettes. Je m’assis immédiatement et dissimulai ma gêne en plongeant le nez dans mon bol de céréales.

  • Bonjour, répondis-je sur un ton que j’espérais détaché. Vous avez bien dormi ?
  • Très bien, j’avais peur de rêver de Manuela et Yolande mais même pas.

Je levai le nez. Etait-il sérieux ?

  • Les femmes de cette communauté sont très … attachantes, poursuivit-il en souriant. Vous avez du café ?
  • Instantané seulement.
  • Pas de problème.

Une chose était certaine : João n’était pas du genre à se plaindre de l’état de mes placards.

Le prochain extrait sera publié demain !