Dire, ne pas dire, volume 3

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Présentation :

Dit-on se revendiquer ou se réclamer d’une longue tradition ? Se départit-on de son calme ou s’en départ-on ? Il est de nature protectrice ou protecteur ? Enjoindre quelqu’un ou à quelqu’un ? Comment féminiser les noms de métier ? Comment accorder les adjectifs de couleur ? Que faire de ces tics de langage qui nous ont envahis : positiver, de manière à ce que, rapport à, poser problème ? Et les anglicismes : switcher, hot spot, biopic, matcher, par quoi les remplacer ?
À toutes ces interrogations, les académiciens et les linguistes du Quai Conti apportent des réponses claires et passionnantes. Plus de 150 emplois fautifs, abus de sens, néologismes ou anglicismes sont ici exposés et commentés à travers des cas concrets et quotidiens.
Un précieux ouvrage, un vif hommage à l’intelligence et aux subtilités de la langue française.

Mon avis :

 

Voici le troisième volume de la série « Dire, ne pas dire », qui revient aux éditions Philippe Rey.

La langue française est souvent malmenée (vous allez me dire qu’elle le cherche, à être si compliquée) et, si vous me connaissez déjà, vous savez que j’aime beaucoup cette petite série qui nous rappelle à l’ordre sur l’emploi de certains mots ou expressions, mais aussi sur des accords ou qui nous donne seulement quelques conseils. Une explication est à chaque fois fournie, avec parfois des exemples de ce qu’on dit et de ce qu’on ne dit pas.

Quelques exemples :

On ne dit pas « Du matériel high tech » mais « du matériel de haute technologie »

On ne dit pas « En regard de la loi, tous les hommes sont égaux » mais « Au regard de la loi… « , l’expression « au regard de » signifiant « compte tenu de » alors qu’ « En regard de » veut dire « en vis-à-vis de », « en face de ».

J’avoue que je consulte régulièrement les deux précédents volumes, j’en ferai autant avec celui-là !

Une série qui devrait trouver sa place entre les encyclopédies et les dictionnaires !

 

[Rentrée littéraire 2016] Les règles d’usage, Joyce Maynard

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Présentation :

Wendy, treize ans, vit à Brooklyn. Le 11 septembre 2001, son monde est complètement chamboulé : sa mère part travailler et ne revient pas. L’espoir s’amenuise jour après jour et, à mesure que les affichettes DISPARUE se décollent, fait place à la sidération. Le lecteur suit la lente et terrible prise de conscience de Wendy et de sa famille, ainsi que leurs tentatives pour continuer à vivre. Le chemin de la jeune fille la mène bientôt en Californie chez son père biologique qu’elle connaît à peine – et idéalise. Son beau-père et son petit frère la laissent partir le coeur lourd, mais avec l’espoir que cette expérience lui sera salutaire. Assaillie par les souvenirs, Wendy est tiraillée entre cette vie inédite et son foyer new-yorkais qui lui manque. Elle délaisse les bancs de son nouveau collège et, chaque matin, part à la découverte de ce qui l’entoure, faisant d’étonnantes rencontres : une adolescente tout juste devenue mère, un libraire clairvoyant et son fils autiste, un jeune à la marge qui recherche son grand frère à travers tout le pays. Wendy lit beaucoup, découvre Le Journal d’Anne Frank et Frankie Addams, apprend à connaître son père, se lie d’amitié avec sa belle-mère éleveuse de cactus, comprend peu à peu le couple que formaient ses parents – et les raisons de leur séparation. Ces semaines californiennes la prépareront-elles à aborder la nouvelle étape de sa vie ? Retournera-t-elle à Brooklyn auprès de ceux qui l’ont vue grandir ? Émouvante histoire de reconstruction, Les règles d’usage évoque avec brio la perte d’un être cher, l’adolescence et la complexité des rapports familiaux. Un roman lumineux. A Brooklyn, Wendy, 13 ans, perd sa mère le 11 septembre 2001. Elle quitte son beau-père et son petit frère pour séjourner en Californie chez son père biologique qu’elle connaît à peine. Délaissant le collège, elle part chaque matin à la découverte du monde qui l’entoure et fait d’étonnantes rencontres. Elle apprend à appréhender la complexité des rapports familiaux et tente de se reconstruire.

Mon avis :

Ce n’est pas le premier livre que je lis de l’auteure, mais c’est le premier que j’apprécie autant. J’ai aimé m’immiscer dans la vie de  ces personnages, le thème du deuil est aussi traité avec brio et douceur,  L’histoire est très riche, comme vous pouvez le lire au-dessus, mais surtout très touchante et prenante : on lit les presque 500 pages sans s’ennuyer. J’ai aimé les petites touches humoristiques qui allègent le récit.

A découvrir !

Les règles d’usage est paru le 01 septembre aux éditions Philippe Rey.

L’âme prêtée aux oiseaux, Gisèle Pineau

 

Présentation :

Lorsque, venue de Guadeloupe, Sybille arrive à Paris avec son jeune fils Marcello, elle trouve hospitalité et affection auprès de Lila. Extravagante et merveilleuse Lila, tour à tour cocasse et pathétique, hantée par trop de souvenirs… Tandis que Sybille songe aux hommes disparus de sa vie – son père, son petit-frère mort-né –, Lila se souvient de son amour pour Henry, fils d’une cuisinière noire et d’un riche héritier blanc des Caraïbes anglaises, rencontré dans la liesse de la Libération.

Marcello grandit entouré des fantômes des hommes qui ont traversé la vie des deux femmes. Lorsqu’il apprend que son père est encore en vie, il décide, contre la volonté de sa mère et de Lila, de rejoindre la Guadeloupe pour le retrouver. Après son départ, Lila n’aura plus qu’une idée en tête : se rendre en Amérique et retrouver son fils.

D’un bord à l’autre de l’océan, d’un bout à l’autre du temps, malgré les dénégations, subsiste pourtant l’amour, cette âme prêtée aux oiseaux qui, de contes en légendes et de cœur en cœur, se rit des interdits en dénouant les jeux du destin et des tragiques vanités des hommes.

Mon avis :

L’histoire est belle, mais j’ai eu un problème avec l’écriture de l’auteure, un peu trop poétique, imagé pour moi (pourtant, souvent, ça me plait). Dès les premières pages, j’ai senti que je n’arriverai pas à accrocher, et ça c’est vérifié.

« (…) Alors, elle s’était inventé un horizon bleu de théâtre qu’elle aurait elle-même barbouillé à la peinture à l’eau, étalé du bout d’un sein, de la pointe de la langue, par pure curiosité, pour connaître le velours et le sel de ce ciel-là, avant de s’envoler.

Elle avait souvent collé son oeil tout contre le flacon. Elle surprenait des gens qui n’y étaient encore plus, mais dont l’écho renvoyait les voix, encore et encore. Rires et pleurs et cris de fantômes. Figures graves du passé qui l’invitaient à les rejoindre, apparaissaient parfois et puis se défaisaient au fur et à mesure, pareilles à ses amours sur terre.

Un jour, la fiole avait glissé d’entre ses doigts, s’était brisée en mille éclats, livrant les eaux troubles et furieuses de sa vie« .

Si par contre ces quelques lignes vous donnent envie : foncez ! C’est une auteure dans l’ensemble très appréciée.

Carthage, Joyce Carol Oates

Présentation :

Tout semble aller comme il se doit dans la petite ville de Carthage (Etat de New York) en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille du maire a, pour des raisons pas très claires, rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros retour de la guerre d’Irak Un héros très entamé dans sa chair et dans sa tête. Et dont pourtant Cressida, la jeune soeur rebelle de Juliet, est secrètement amoureuse. Or, ce soir-là Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces, que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett. Qui devient alors le suspect numéro°1, et, contre toute attente, avoue le meurtre…

Sept ans après, un étrange personnage surgit qui va peut-être réconcilier les acteurs de ce drame bizarre avec eux-mêmes et résoudre l’impossible mystère C’est ce à quoi vise à l’évidence l’auteur qui, infatigablement, fait front de toutes parts : à la violence, à la guerre, au dérangement des esprits et des corps, à l’amour et à la haine. Et à une exploration inédite des couloirs de la mort… Pour le plus grand bonheur de ses lecteurs et de la littérature.

Mon avis :

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un si gros livre (un peu plus de 600 pages). Une chance, il se lit tout seul, on ne voit pas les pages passer. On plonge rapidement dans l’histoire : dès les premières pages, nous sommes à la recherche de la jeune disparue, Cressida Mayfiled, une jeune fille de bonne famille (le père est avocat, la mère est femme au foyer). L’ex fiancé de sa soeur, Brett (un ancien soldat qui s’est battu en Irak) a avoué son meurtre : pourquoi cet aveu, et pourquoi ce geste ?

J’ai aimé la façon dont le drame familial est exploité, l’exploration des actions et des âmes. L’opposition est forte je trouve entre les deux sœurs, Juliet, la jolie, et Cressida, le vilain petit canard, qui a disparu, ce qui donne un peu plus de puissance à l’histoire, et nous pousse à l’empathie.  J’ai aussi aimé le personnage de Brett, un homme définitivement changé par les horreurs qu’il a vues et subies en Irak, on ne peut pas imaginer ce qu’endurent ces soldats de retour chez eux.

Un livre puissant, qui nous touche et nous interroge sur l’âme humaine. Un beau livre.

La couleur de l’eau, Kerry Hudson

Sous le charme, Dave, vigile dans un luxueux magasin londonien, laisse partir une jeune voleuse qu’il vient de surprendre. Sa journée terminée, il la découvre dehors, à l’attendre. C’est le début d’une relation complexe entre deux êtres abîmés. Comment Alena, venue avec tant de projets de sa Russie natale, s’est-elle retrouvée à la rue et sans papiers ? Pourquoi Dave vit-il comme en exil à quelques kilomètres de chez lui ? Qu’ont-ils bien pu traverser l’un et l’autre pour être si tôt désabusés ?

Page après page, ils s’apprivoisent, se rapprochent – et prennent soin d’éviter leurs zones d’ombre : les réseaux de prostitution, les compromissions, les peurs et les espoirs étouffés de l’une, les cités anglaises à l’horizon bien bas, les rêves d’aventure et les lâchetés de l’autre.

Se gardant des clichés et du larmoyant, Kerry Hudson donne voix aux classes souvent délaissées par la littérature et raconte ses personnages avec leurs fragilités et leurs faiblesses. De l’East London à la Sibérie en passant par Moscou, elle tresse un récit d’une grande finesse, mêlant portrait social et histoire d’amour moderne. Un roman lumineux.

Mon avis :

Voici un bon roman de cette rentrée littéraire. J’ai été un peu sceptique au début, ayant du mal à entrer dans le livre, notamment à cause des allers et retours entre le passé et le présent ( qui nous permettent de découvrir les histoires d’Alena et de Dave avant leur rencontre) puis, je me suis vite laissée captiver par l’histoire. Pourtant, cette dernière pourrait paraître sordide (la rue, la prostitution … ) mais rien de glauque n’apparaît sous la plume de l’auteure, on y trouve juste la réalité, honnête, touchante, sans mièvrerie, avec une pointe d’espoir et un bel optimisme. Kerry Hudson sait utiliser le mot juste, et on en redemande.

Ce livre est un second roman, dans lequel Kerry Hudson confirme son talent. Vous avez certainement déjà lu ou entendu parler de son premier livre (qui interpelle rien qu’avec son titre à rallonge :  Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman).

Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman, Kerry Hudson

Tony Hogan m'a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman

Présentation de l’éditeur :
Accueillie dans ce monde par une flopée d’injures, la petite Janie Ryan est vite projetée au milieu de cris, de fumées de cigarettes, de vapeurs d »alcool,mais aussi de beaucoup d’amour.
Dans une langue saisissante et originale, elle remonte à ses premiers jours pour nous raconter sa jeunesse écossaise, de centres d »accueil en HLM minables et autres bed and breakfasts douteux… Alcool, drogue, fins de mois difficiles et beaux-pères de passage : rien ne lui est épargné. Mais, toujours prête à en découdre, Janie se débat, portée par un humour féroce et la rage de se construire une vie correspondant à ses attentes.
Kerry Hudson réussit ici l’exploit d’être à la fois drôle et triste, tendre mais jamais larmoyante.
Un premier roman ébouriffant, comme son héroïne.

 Mon avis :
Je crois que je n’ai jamais lu un livre avec un titre aussi long. Il faut dire qu’il m’a intriguée dès le début : qui est ce Tony Hogan ? Pourquoi paye-t-il un ice-cream ? Comment vole-t-il « maman » ? Bref, j’ai rapidement voulu le lire.
« Sors de là, putain de foutue petite morveuse furent les premiers mots que j’entendis de ma vie », ce sont aussi les premiers mots qui commencent ce livre. Janie nous raconte son enfance, nous sommes rapidement dans le bain et comprenons dans quel environnement il va lui falloir grandir. On ne connait pas son papa, juste sa mère, Iris Ryan, son oncle « Tonton Frankie », sa « grand-tante Aggie » et la grand-mère, plus intéressée par le bingo et l’alcool que par sa famille.
Les relations vont être compliquées entre Janie et sa mère : pourtant, cette dernière l’aime profondément, autant qu’elle peut. Elle s’est retrouvée enceinte adolescente, est revenue auprès de sa famille sans rien dire du père (je pense que l’enfant n’était pas voulu), perdue. Elle se retrouve avec un bébé, sans le mode d’emploi.
Évidemment, un jour elle rencontre Tony Hogan, un homme qui boit, se drogue, et qui la frappera régulièrement et l’humiliera, même devant Janie.
On comprend que la jeunesse de Janie ne sera pas tranquille : placée dans un foyer, éloignée de sa maman, elle découvrira une autre sorte d’amour presque maternel qu’elle ne connaissait pas encore. Puis, ce sera le retour à la maison, le déménagement pour fuir, notamment, Tony Hogan … qui réapparaîtra quelques temps plus tard (je vous laisse découvrir la suite).
On se doute et on craint un peu la suite de la jeunesse et de l’adolescence de Janie, on entend assez souvent que les enfants reproduisent les actions et les comportements de leurs parents. On pourrait craindre un livre trop triste, qui tire sur le pathos, or, il n’en est rien. Certes, l’histoire n’est pas facile, pour Iris comme pour Janie, mais, c’est avant tout une histoire d’amour, l’amour très fort entre une mère et sa fille, mais un amour qui est différent. Elles sont tour à tour là l’une pour l’autre, les liens sont forts. Elles partagent le même caractère (le caractère bien trempé des femmes Ryan !), et la vie de Janie aura des similitudes avec celle de sa mère.
Le livre se lit facilement, l’écriture est fluide, on sent beaucoup d’expérience et pourtant ce n’est que le premier roman publié de Kerry Hudson. On ne s’ennuie pas, les rebondissements sont présents, l’histoire cohérente et on a envie de la suivre. Aussi étonnant que cela puisse paraître, étant donné le sujet, c’est aussi un livre drôle. Et même si la fin est facile à deviner, jamais je n’ai eu envie d’arrêter le livre avant d’en lire le dernier mot.
J’attendrai le prochain livre de cette auteur avec impatience. Je vous le recommande chaudement !

Ce livre est paru  aux éditions Philippe Rey !

Acquanera, Valentina d’Urbano

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Présentation :

Après dix ans d’absence, Fortuna retourne à Roccachiara, le village de son enfance perché dans les montagnes du Nord de l’Italie, qu’elle croyait avoir définitivement abandonné. La découverte d’un squelette qui pourrait être celui de sa meilleure amie, Luce, lui a fait reprendre le chemin de la maison. C’est l’occasion pour la jeune femme de revenir sur son histoire, de régler ses comptes avec le passé et en particulier avec sa mère, la sauvage Onda dont elle n’a jamais été aimée.

Ainsi débute ce récit sur quatre générations : quatre générations de femmes – Clara, Elsa, Onda et Fortuna – qui ont vécu en autarcie année après année, privées d’hommes, marquées comme au fer rouge par d’étranges dons qui les ont placées en marge de leur communauté. Au terme de cette plongée aux origines, Fortuna pourra-t-elle s’engager sur le chemin de la reconstruction et de la réconciliation ?

Acquanera aborde avec force et sensibilité les thèmes des relations maternelles et filiales, de la transmission, de la mort, de la différence et de l’amitié. Avec ce deuxième roman symbolique et poétique, Valentina D’Urbano confirme son singulier talent.


Mon avis :

J’avais beaucoup aimé le premier roman de Valentina d’Urbano, Le bruit de tes pas. Autant avouer que je fondais beaucoup d’espoir sur ce deuxième roman : je n’ai pas été déçue. J’ajouterai même que Valentina d’Urbano est allée au-delà de mes espérances.

Tout d’abord, il faut que je vous présente le contexte dans lequel j’ai lu ce livre, contexte qui lui était vraiment peu favorable : j’étais à l’hôpital, en MAP, bien préoccupée, autant dire que ce n’était pas n’importe quel livre qui aurait réussi à me faire penser à autre chose qu’à ce que je vivais. Il me fallait une histoire forte, originale, quelque chose de frais. Et ce livre est arrivé, 348 pages pour 2 kilos. qui se dévorent (oui, parce qu’en plus, on a faim à l’hôpital, donc autant être rassasié à un niveau, aussi abstrait soit-il).

Ce livre est fascinant, on ne le lâche pas facilement. Il s’ouvre sur le retour de Fortuna (j’aime beaucoup les prénoms des personnages !) à Roccachiara, qu’elle a quitté depuis 10 ans. Elle rejoint rapidement sa mère, Onda (avec laquelle elle n’a gardé aucun contact)  qui ne semble pas surprise par son retour (elle en aurait rêvé) – ni en être ravie. Elle sait pourquoi sa fille est là : le corps d’une femme a été retrouvé, au fond d’un ravin, enfin, ce qui reste d’un corps. Fortuna pense qu’il pourrait s’agir du corps de Luce, une amie d’enfance qui vivait près du cimetière avec son père (il y travaillait) et sa mère devenue folle suite à la mort de leur premier enfant. Luce aidait son père à préparer les morts avant de les enterrer.

On découvre les personnages principaux progressivement : Elsa, Onda, Fortuna et Luce. Une partie leur est consacrée. Elsa est la grand-mère de Fortuna, et la mère d’Onda. Fortuna n’a jamais été proche de sa mère et a été élevée par sa grand-mère. Elle n’a pas connu son père et Onda a toujours craint que sa fille soit comme elle : qu’elle ait hérité de ses « dons ». Je n’en dirai pas plus. On découvre aussi au fur et à mesure la trame de l’histoire. Les relations entre les personnages sont bien tissées, intéressantes et intrigantes, l’auteure les dévoile avec parcimonie au rythme des pages. On garde ainsi une dose de suspens jusqu’à la fin de l’histoire.

Ce livre est un coup de maitre de la part de l’auteur. Elle montre qu’elle est capable de se renouveler et d’écrire un roman complètement différent du premier, le réalisme désenchanté du Bruit de tes pas laissant place ici à un univers fantastique, sombre et tellement fascinant.

Et, puisque vous vous posez la question, oui, j’ai terminé le livre avant d’accoucher, je l’ai dévoré en deux jours, sous le regard incrédule des infirmières qui se demandaient pourquoi je le lisais aussi vite,  craignant peut-être que je finisse par être à cours de lecture …. ou que je reste sur ma faim.