(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire, Stéphanie Pélerin

(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire

Quatrième de couverture :

Quand Ivana se fait larguer comme une vieille chaussette par Baptiste, après huit ans d’amour, il ne lui reste plus que ses kilos et ses rides à compter. Pas facile de se retrouver sur le marché des célibataires à la trentaine, quand, pour couronner le tout, on manque de confiance en soi.
Tentant d’ignorer son chagrin, elle décide de reprendre sa vie (et son corps) en main et s’inscrit sur « Be my boy », célèbre site de rencontres. Si l’offre est alléchante, les produits sont souvent de second choix, voire des retours de marchandise… Heureusement, il reste les amies et le bon vin.
À travers des expériences étonnantes, Ivana doit réapprendre à prendre soin d’elle. Mais rien ne sert de courir… il suffit juste d’être au bon endroit, au bon moment.

Un orteil dans la quarantaine, professeur de français en banlieue, Stéphanie Pélerin exerce un métier qui lui demande souvent autant de poigne et de tact que celui de dresseur de fauve. Depuis décembre 2008, elle tient un blog aussi éclectique qu’elle : des albums pour enfants aux romans épicés en passant par la BD, elle dévore tout ce qui se lit. Presque (jeune), presque (jolie), (de nouveau) célibataire est son premier roman.

Mon avis :

Gros coup de cœur pour ce livre, qui est un premier roman.

L’histoire d’Ivana n’a rien d’extraordinaire : la trentaine, larguée par son conjoint, elle se retrouve seule chez elle  avec une confiance en elle sérieusement ébranlée.

Moisir au fond de son canapé ? Ce n’est pas pour elle. Ivana décide de prendre les choses en main, et cela passe par différentes inscriptions : sur le site de rencontres « Be my boy », une autre dans une salle de sport, et une dernière sur un site de régime.

Le personnage d’Ivana est attachant. Elle est sensible, tendre, veut croquer la vie à pleines dents et a un certain caractère. Comme toutes les femmes (je pense !) elle est souvent en proie aux doutes, mais ils ne l’empêchent pas d’avancer : elle doit aller de l’avant ! Et ce n’est pas sa meilleure amie qui lui dira le contraire.

Une histoire aux apparences légères mais derrière lesquelles se cachent des réflexions plus profondes : comment vivre seule à l’âge de 30 ans ? comment réussir à s’accepter avec un corps qu’on ne reconnait pas ? que peut-on dire ou ne pas dire, même à ses amies, quand il s’agit de sexe ? jusqu’où peut-on aller sans risquer le jugement de l’autre ? Et c’est vraiment ça, je trouve, la force de ce livre.

Stéphanie Pélerin ne s’est pas contentée d’une simple caricature de la femme célibataire trentenaire, elle est allée plus loin, donnant une vraie vie à ce personnage (on s’imagine parfaitement la croiser un jour au détour d’une rue parisienne ou niçoise !) et en poussant à la réflexion. Un livre dans lequel beaucoup de femmes devraient se reconnaitre, ou y voir une de leur connaissance.

Ajoutez à tout ça une bonne dose d’humour, une écriture fluide et agréable, et vous obtenez un livre rafraichissant qui sent bon l’été. Et ça tombe bien, car le livre sort demain (mercredi 15 juin) !

Retrouvez (Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire sur le site des éditions Mazarine, et l’auteure sur sa page Facebook !

Un merci de trop, Carène Ponte

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Présentation :

S’il fallait décrire Juliette en un seul mot, transparente serait sans nul doute le bon. Oui, c’est ça, transparente. Depuis qu’elle est toute petite Juliette a toujours fait ce que l’on attendait d’elle. Pour ne pas déplaire, pour ne pas décevoir. Mettant de côté ses rêves et celle qu’elle est vraiment. Résultat, à 30 ans, elle mène une vie sans relief et ennuyeuse au possible. Une vie dans laquelle choisir entre lasagne et sushi est un événement. Pourtant, elle se sent de plus en plus à l’étroit dans cette vie, dans cette peau. Elle a envie de crier qu’elle n’est pas cette fille sans personnalité. Elle a envie d’aborder celui qu’elle croise tous les jours dans son immeuble. Pour lui dire qu’il lui plait. Et par dessus tout, elle a envie d’enfin réaliser son rêve, celui de devenir écrivain. Il n’est jamais trop tard pour devenir soi. C’est ce que va découvrir Juliette au détour d’un merci, un merci de trop. Même si elle est loin d’imaginer ce qui va en découler !

Mon avis :

Voici un livre que j’avais hâte de lire. Le nom de Carène Ponte vous dit peut-être déjà quelque chose : auteure du blog Des mots et moi, lauréate de différents concours dont le prix Ecrire au féminin (encore lui !) ou un concours sur Librinova.

Juliette est une fille gentille, trop gentille. Elle mène une vie tout ce qu’il  y a de plus banal, cherchant à se conformer au maximum à ce qu’on veut qu’elle soit, sans faire de vague. Jusqu’à ce qu’elle craque au boulot : elle démissionne et se donne pour mission de réussir à écrire un livre en trois mois. Mais, la vie réserve des surprises et certaines rencontres (passées ou à venir) vont bouleverser son existence trop lisse.

J’ai lu ce livre en deux jours. L’histoire est fraîche, plaisante, très agréable à lire. Je connaissais déjà la plume de l’auteure car je la suis depuis quelques année maintenant, et je suis ravie de voir que son style écriture s’affirme.

Les rebondissements sont nombreux, les coïncidences crédibles. On suit avec plaisir le parcours de l’héroïne, cette femme ordinaire, qui nous ressemble.

Un premier roman très sympathique, drôle, qui arrive à point nommé pour l’été !

 

 

La théorie du grand tout, J. J. Johnson

La théorie du grand tout par Johnson

Jaime est morte par accident à 15 ans. Et Sarah se sent responsable car l’accident est dû à une distraction de sa part. Jaime, c’était sa meilleur amie. Son âme soeur. Comment vivre après un tel drame ? En se repliant sur soi ? En fuyant ses anciens amis ? En évitant de penser ? Ou en essayant d’apprivoiser sa tristesse ? Sarah découvre progressivement que ce deuil l’a profondément changée et qu’il ne sert à rien d’essayer d’étouffer sa nouvelle personnalité.

Mon avis :

Sarah n’arrive plus à mener une vie insouciante depuis la mort de sa meilleure amie, Jamie, à cause d’une défaillance technique. Elle se sent responsable de la mort de son amie et se sent seule.

Plus personne ne la comprend. Elle ne fait que répondre aux autres par des sarcasmes, sans pouvoir s’en empêcher. Son petit ami comme ses parents en font régulièrement les frais. Elle devient invivable.

Alors, elle va essayer de changer, et des rencontres importantes vont l’y aider : ses retrouvailles avec Emmett, tout d’abord, le frère jumeau de Jamie qui ne connait toujours pas la vérité sur la mort de sa sœur et Roy, cet homme qu’elle rencontre par hasard dans de drôles de circonstances et qui se promène avec un opossum…

Chaque chapitre est illustré par des petits schémas plutôt amusants.

J’ai beaucoup pris de plaisir à lire ce livre. Traiter du mal-être chez l’adolescent et montrer qu’on peut le surmonter malgré les apparences est un sujet important. Le livre se lit assez vite malgré un nombre de pages important (468 pages).

Ce livre est paru en mars aux éditions Alice, collection Tertio !

 

La belle et le solitaire, Florence Cochet

La Belle et le Solitaire: Jeu de masques par Cochet

Présentation :

Nom : Marchesi
Prénom : Isabella
Profession : cambrioleuse
Mission : dérober l’Œuf de l’hiver, de Fabergé
Propriétaire : Sir Stephen Hawkfield
Localisation : Hawkfield Manor, Angleterre
Risques : modérés

… sauf si le maître des lieux décide de l’entraîner dans un troublant jeu de masques…

« Du bout de ses doigts tremblants d’impatience, elle retira le tissu. Ses yeux s’écarquillèrent. Un juron lui échappa. Le présentoir était vide. Soit l’objet était caché ailleurs, soit elle était tombée dans un piège. »

Mon avis :

Isabella, voleuse de talent, se retrouve coincée dans la maison de Stephen Hawfield, un collectionneur. Une situation inattendue pour la jeune femme qui pensait pouvoir voler l’œuf de l’hiver de Fabergé en toute tranquillité !

Mais pourquoi cet homme n’a-t-il pas appelé la police ? Et pourquoi l’œuf n’était pas à l’endroit qu’on lui avait indiqué ?

Je vous laisse découvrir le livre pour y trouver les réponses !

Un livre qui se lit vite (65 pages !), avec beaucoup de plaisir, servi par une belle plume. Mon seul regret : c’est trop court ! On a envie de lire une histoire plus longue, de connaître un peu plus en détail la vie de ces deux personnages.

Vous pouvez le retrouver ici !

 

 

 

Tu comprendras quand tu seras plus grande, Virginie Grimaldi

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Présentation :

Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, à Biarritz, elle ne croit pas plus au bonheur qu’à la petite souris. Pire, une fois sur place, elle se souvient qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Et dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.
Au fil des jours, Julia découvre que les pensionnaires ont bien des choses à lui apprendre. Difficile pourtant d’imaginer qu’on puisse reprendre goût à la vie entre des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé… Et si elle n’avait pas atterri là par hasard ? Et si l’amour se cachait là où on ne l’attend pas ?
C’est l’histoire de chemins qui se croisent : les chemins de ceux qui ont une vie à raconter et de ceux qui ont une vie à construire.
C’est une histoire d’amour(s), une histoire de résilience, une ode au bonheur.
« Un humour décapant, des personnages attachants et une profonde humanité.
En le refermant, on n’a qu’une envie : se délecter des petits bonheurs qu’offre la vie. »

Mon avis :

Julia a quitté Paris pour rejoindre Biarritz, suite à une succession d’événements plus ou moins tragiques. Psychologue, elle a trouvé un poste au sein d’une maison de retraite, Les Tamaris. Une idée étrange pour quelqu’un qui n’aime pas côtoyer les personnes âgées ! On se demande ce qu’elle fait là, et elle aussi.

Petit à petit on découvre comme Julia la structure, le personnel et les résidents. Julia finit par se rendre compte que ce n’est pas si mortel que ça de vivre avec des personnes âgées ! Entre personnages attendrissants, loufoques ou drôles, le lecteur trouve son compte (j’ai une préférence pour Léon, le grognon !).

J’avais beaucoup aimé le premier livre de Virginie Grimaldi, Le premier jour du reste de ma vie, et j’étais impatiente de découvrir son nouveau roman.

En découvrant le thème, j’ai été un peu déçue : un roman qui se déroule dans le monde clos d’une maison de retraite, ce n’est vraiment pas ce qui me semble intéressant. J’ai donc ouvert le livre avec la crainte de ne pas l’aimer. Puis, je suis tombée sur une référence à Game of Thrones. Quel rapport avec le livre ? Aucun. Mais j’adore la série, c’était donc pour moi un signe ! Alors, j’ai poursuivi ma lecture. Une page, mouais. Deux pages, mouais. Dix pages, hum. Vingt pages, ha ! Trente pages, miam ! J’étais conquise.

Le point fort de l’auteure, c’est son style d’écriture. Elle est drôle, même quand il s’agit d’aborder des sujets graves ou difficiles, le rythme dynamique nous épargne la moindre seconde d’ennui. L’intrigue est bien ficelée. Le tout donne un livre d’une grande qualité.

A découvrir !

 

 

 

Les enfants indociles, Marie Charrel

Les enfants indociles par Charrel

Présentation de l’éditeur :

Jeune femme bridée par sa timidité, Claire Jarnon trompe sa mélancolie en rêvant la vie des autres. Mais son quotidien est chamboulé le jour où sa grand-mère, un écrivain excentrique, disparaît en lui laissant un énigmatique jeu de piste.

Au fil des épreuves imaginées par la vieille dame, parfois ludiques,  parfois cruelles,  Claire croise des personnages extravagants qui feront de son parcours une véritable quête initiatique. Cette aventure la poussera à combattre ses peurs. Et surtout, à affronter le drame qui a bouleversé son enfance… Marie Charrel dresse avec délicatesse et malice le portrait de trois générations aux prises avec leur désir de liberté.

Un roman que l’on referme avec la furieuse envie d’oser les joies qu’on s’interdit.

 

Mon avis :

Marie Charrel est l’auteure de deux livres que j’ai beaucoup aimés : Une fois ne compte pas et L’enfant tombée des rêves (un énorme coup de cœur). J’attendais ce livre avec impatience, et je remercie l’auteure pour son envoi.

Claire est une jeune femme timide, à la vie peu palpitante. Jusqu’où jour où elle apprendra la disparition de sa grand-mère, une auteure à succès, quelques peu extravagante. Une disparition qui lui en rappelle une autre : son père a lui aussi disparu, quelques années plus tôt. Une différence toutefois : sa grand-mère lui adresse régulièrement des défis sous forme de cap ou pas cap ?

Et voilà la jeune fille qui se retrouve à réaliser les défis d’une grand-mère disparue, la forçant à sortir de son quotidien, l’amenant vers d’autres univers, d’autres personnes, dont Victor…  à prendre confiance en elle.

L’ensemble est parfaitement orchestré,l’écriture est fluide, plaisante. On retrouve deux thèmes qui semblent tenir à l’auteure : le destin mais aussi le secret, de nombreux mystères entourent la famille de la jeune fille. Je me demande où l’auteure va trouver toutes ces idées !

Bref, j’ai beaucoup aimé, une nouvelle fois. Marie Charrel est une auteure à découvrir pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, et à lire et relire pour les autres.

Retrouvez l’avis de Stephie !

 

 

 

 

 

 

 

Little sister, Benoît Séverac

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Présentation :

Du haut de ses seize ans, Lena fait preuve d’une assurance étonnante. Pourtant sa vie est loin d’être simple. Lena Rodriguez, c’était son nom avant. Sa nouvelle identité, elle ne peut la révéler à personne… Lena a convaincu ses parents de la laisser partir seule quelques jours à Cadaquès, chez son oncle et sa tante catalans. Elle ne leur a pas tout dit. Là-bas, elle a rendez-vous avec Ivan, son grand frère que personne n’a vu depuis quatre ans… depuis qu’il est parti, sans explication, faire le djihad en Syrie.

Mon avis :

Autant ne pas vous faire attendre : ce livre est un énorme coup de cœur. J’inscris d’ores et déjà Benoît Sévérac dans la liste des auteurs que j’aime et que je vénère, d’autant plus que j’ai entendu dire qu’il est très sympa (dixit la documentaliste de mon collège qui l’a rencontré une fois lors d’une sélection pour le prix Sainte Beuve).

Cette histoire est au cœur de l’actualité : la radicalisation, le terrorisme, le djihad … Léna n’a jamais compris pourquoi son frère est parti en Syrie, pourquoi il apparait sur une vidéo montrant la décapitation d’un otage, pourquoi il l’a abandonnée. Depuis, elle mène une autre vie suite à son changement d’identité. Là où elle habite, personne ne connait la véritable histoire de la famille. Elle se sent un peu seule. De ses anciens ami(e)s, elle n’a presque pas gardé de contact, sauf avec Théo , qui était le meilleur ami de son frère.

Alors quand Ivan prend contact avec sa sœur et qu’il lui demande de le rejoindre en Espagne, elle ne réfléchit pas longtemps : elle va le rejoindre, et connaître la vérité, pas l’histoire qui est martelée dans les journaux.

Ce livre est une très bonne idée. Parler de la radicalisation des jeunes, du terrorisme, sans juger ni partir dans des explications vaines, je trouve ça important. D’autant plus que l’histoire est très accessible, prenante et touchante.

Retrouvez toutes les informations sur le site des éditions Syros !

Gourou (e), Murielle Renault

Gourou(e)

Présentation :

« Aujourd’hui, elle a envie de tout envoyer balader, faire un break, partir en vacances, comme dit son biographe, une idée qui ne l’avait plus effleurée depuis des années.. »

Claudine Lemonde a 53 ans. Elle dirige Ekolonnia, une secte qui prône la décroissance appliquée à tous les domaines, sauf à ses propres finances. Après des années de succès, les adhésions chutent, les revenus baissent, et ses conseillers lui proposent de faire écrire sa biographie pour relancer le mouvement.

Ce qui ne devait être qu’une opération marketing se transforme en tsunami : les succès, les erreurs, les drames, les non-dits, la violence, tout remonte à la surface tandis que Claudine est confrontée à un autre bouleversement, plus intime, la ménopause, qui lui rappelle qu’elle est avant tout une femme comme les autres.

Elle va alors reprendre sa vie en main, affronter complots, jeux de pouvoirs et conseillers machistes. Et si les sectes étaient des entreprises comme les autres ?

Murielle Renault, 43 ans, n’a jamais été adepte ni gourou d’aucune secte. Elle vit et travaille à Paris où elle sévit dans le domaine de l’informatique. Gourou(e) est son cinquième roman.

Mon avis :

C’est le premier livre que je lis sur le thème du « gourou ». Je n’aime pas lire les témoignages sur les ex adeptes des sectes qui expliquent comment ils en sont venus à se faire embrigader et comment ils ont réussi à s’en sortir. Alors que le point de vue du côté des dirigeants, aussi crédibles soient-ils, m’intéressait plus.

Claudine Lemonde dirige sa secte comme une véritable entreprise. D’ailleurs, le but est bien de gagner de l’argent, en multipliant le nombre d’adhérents. Si pendant plusieurs années l’affaire se portait bien, le nombre d’adhérent depuis quelques temps ne cessent de diminuer, et l’argent aussi. Pour donner un nouveau souffle à Ekolonnia, les conseillers de Claudine lui suggère d’écrire un livre : sa biographie.

Souhaitant dans un premier temps écrire elle-même son œuvre, elle comprendra rapidement que la tâche est plus ardue que ce qu’elle s’était imaginée, et qu’il lui faudra finalement l’aide d’un biographe.

Mais la tâche sera finalement plus difficile que prévue et Claudine se retrouvera au centre d’une tempête qu’elle peinera à contenir.

J’ai apprécié la lecture de ce livre. La plume de Murielle Renault est facile à lire, avec des pointes d’humour, et j’ai trouvé l’histoire plutôt originale. J’ai aimé suivre cet emportement inéluctable vers  la crise au sein d’Ekolonnia, le tout associé à des préoccupations beaucoup plus intimes en ce qui concerne Claudine. L’ensemble est bien ficelé.

A découvrir !

Gourou(e) est paru le 07 avril aux éditions Daphnis et Chloé.

Arithmétique de la chair, Macha Méril

Arithmétique de la chair

 

Bettina n’est pas une femme comme les autres. Expert-comptable, elle pèse 96 kilos, est passionnée par les mathématiques et vit seule, en compagnie de ses ordinateurs et de ses idoles d’Internet : les chercheurs et les savants. Un jour, elle ose se présenter à un concours de calcul mental télévisé, le gagne et sa vie bascule. Elle devient une star médiatique et rencontre l’amour. Où la conduiront ces succès et cette gloire rapides ? Que désire-t-elle vraiment ? Connaît-elle le bonheur ? Voici une fable moderne où Cendrillon gouverne son destin et se pose les grandes questions de l’existence : où allons-nous, que devenons-nous, qui sommes-nous ?

Mon avis :

Voici un petit livre, qui se lit avec plaisir. Bettina est une femme qui ne passe pas inaperçu avec ses 96 kilos. Elle ne comprend pas d’où ils viennent, personne ne semble d’ailleurs le comprendre. Bettina accepte ses kilos en trop, ce qui l’interroge, surtout, c’est de savoir ce qu’il se passe dans son corps, comment agissent ses cellules :

« Les kilos sur la balance de sa salle de bains n’obéissent, eux, à aucune règle connue d’elle. En un sens, elle accepte la nouvelle énigme, comme un problème à résoudre. Son expérience mathématique lui souffle qu’il n’existe pas de problème insoluble, pas d’équation folle, rebelle à la logique. Il suffit de poser la question convenablement, et une réponse inévitable se dégage, au prix d’une réflexion opiniâtre, assurée du succès. Les capacités surdéveloppées de l’homme depuis les derniers siècles ne laissent pas de brèche. Une solution apparaît à tout problème, à toute interrogation. Elle découvrira donc, un jour, le pourquoi du surpoids qui la touche. »

Tout doit avoir une explication scientifique, et c’est ce qu’aime Bettina. Elle adore les chiffres, elle se régale de différents calculs, éprouve un plaisir immense à trouver le chiffre juste.

Quand elle se présente au concours de calcul mental, après avoir réussi avec succès les sélections, elle s’invente une autre personnalité : elle décide de devenir Isolde, une enfant trouvée qui a été élevée dans un couvent. Vêtue d’une grande djellaba blanche, elle marque les esprits. Très vite, elle aura beaucoup de succès.

Et puis, elle rencontrera Damien, un journaliste producteur tombé sous son charme, il lui proposera d’autres émissions, ce sera le début d’une histoire d’amour, mais aussi la fin de sa prise de poids, et le début d’un amincissement spectaculaire, qui transformera la jeune femme : pour le meilleur, ou pour le pire ?

C’est le premier livre que je lis avec une telle histoire, ce qui est vraiment agréable. C’est aussi le premier roman que je lis de Macha Méril, qui n’est pourtant pas à son coup d’essai … (mieux vaut tard que jamais 😉 ). Je vous le conseille vivement : c’est touchant, drôle, bien écrit, et cette fin … j’ai adoré.

Puis, il y a toutes ces questions qui sont soulevées, indirectement, comme la place d’une personne en surpoids, le regard des autres sur elle, ou encore le milieu télévisuel.

Une très belle découverte, merci !

 

Un jeune homme superflu, Romain Monnery

« L’âge adulte, c’est ce club à la mode où tout le monde arrive à rentrer sauf toi. »

« La colocation, c’est comme une pizza. Sur le papier ça s’annonce délicieux. »

« La danse, c’est ce truc qu’on fait en soirée dans l’attente hypothétique que les filles soient assez fatiguées pour vous tomber dans les bras. »

Avec un humour irrésistible, un jeune homme superflu décrit les affres de cet âge où l’on cherche sa place entre la peur de vieillir et l’angoisse de se faire remarquer, savoir s’il faut regarder derrière ou devant soi. Colocation, travail, virées nocturnes… tout semble mener à la même conclusion : à quoi bon ?

Mon avis :

Notre jeune homme superflu est un homme d’un peu plus de trente ans, sans emploi fixe (il cumule les stages), qui vit en colocation avec « la fille cool », une fille plutôt canon qui, à en croire ce qui est écrit, ne ramènerait chez eux que des mecs peu avantagés physiquement … et un autre homme qu’il surnomme « Le Mérou ».

Pas vraiment motivé, ni pour trouver un emploi, ni vraiment pour trouver une nana (il sabote lui-même ses chances), il est l’exemple type de l’homme perdu dans sa routine, incapable de s’imaginer un futur, embourbé dans finalement pas grand chose.

La narration est originale, le narrateur n’utilisant pas le « je » pour parler de lui, mais la seconde personne :

« De ton côté, tu ne fanfaronnes pas. Tu es malade en voiture, en train, en bateau : partout. Il n’y a pas de raison pour qu’un manège pour enfants déroge à la règle. Un employé en salopette referme négligemment l’habitacle de protection sur tes genoux. Un compte à rebours retentit. Tes mains se crispent. Tu sues. Tu ventiles. Tu claques des dents … Décollage !

Un cri de bête blessée résonne dans tes oreilles à mesure que descentes, virages, secousses et loopings s’enchaînent à la vitesse de la lumière. Quand tu réalises que c’est toi la bête, il est trop tard : vous êtes arrivés.

Tu descends du manège, les larmes aux yeux. Le Mérou te montre du doigt :

  • La petite nature ! Il a chialé dans Space Mountain ! ».

Enfin, l’ensemble est vraiment bourré d’humour, et la plume de Romain Monnery très agréable à lire. Notre personnage ne cherche vraiment pas à se mettre en valeur, c’est un peu un anti-héros, et, même si parfois j’ai eu envie de le prendre et de le secouer, il est finalement attachant.

Une petite vidéo plutôt sympa et bien faite de l’agence Anne et Arnaud  :