Le pacte du silence, Martine Delomme

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La fête bat son plein chez les Astier quand l’indiscrétion d’une aïeule révèle le secret qu’Élisabeth gardait jalousement depuis vingt-quatre ans : son ex-mari François n’a pas simplement disparu comme elle l’a toujours prétendu, il a été jeté en prison… Le monde de cette quinquagénaire dynamique, à l’autorité incontestée, vacille. Elle a su reprendre en quelques années les rênes de la manufacture de porcelaine familiale en élevant seule son fils Louis. Mais aujourd’hui, elle doit affronter un nouveau défi : elle permet à Louis de retrouver la trace de
son père. Quel crime François a-t-il commis ? Pourquoi n’a-t-il jamais cherché à revoir les siens ?

Alors qu’Élisabeth tente d’apporter des réponses à son fils, elle va découvrir les manipulations et les mensonges dont elle n’a jamais cessé d’être la proie pendant toutes ces années…

Mensonges, jalousies, chantages, un souffle romanesque ébouriffant dans l’univers des grands porcelainiers français.

Mon avis :

Quelle belle histoire ! J’ai tout de suite plongé dans le monde de la porcelaine et de la famille Astier.

Élisabeth Astier dirige avec brio l’entreprise familiale. C’est une très bonne femme d’affaire, respectée. Elle voue sa vie à l’entreprise et à Louis, son fils, qu’elle a élevé seule très tôt. Elle mène une vie qui semble parfaite.

Pourtant, un mot de sa grand-mère mettra à mal l’apparente quiétude de la famille : cette dernière, lors d’une soirée, demande à voir François, l’ex-mari d’Élisabeth. Quand cette dernière lui répond qu’il est parti, l’aïeul conclut d’un mystérieux « je le croyais en prison ». Révélation surprenante ou facétie d’un esprit âgé ?

Quand Louis demandera la vérité à sa mère, elle lui avouera ce qu’elle sait. Poussé par sa femme enceinte, Sophie, Louis exigera de sa mère qu’elle retrouve la trace de son père. Or, des mystères demeurent autour de l’affaire qui s’est passée vingt-quatre ans plus tôt. Entre les découvertes inattendues, les lettres anonymes et les relations qui s’effritent avec Louis et Hervé, un collaborateur très proche, Élisabeth n’est pas au bout de ses surprises.

C’est un roman qu’on ne lâche pas et qu’on ne pose qu’à contre-coeur. Les surprises et révélations, nombreuses et jusqu’à la fin du roman, donnent un très bon rythme au texte. Je me suis régalée !

Retrouvez le roman sur le site des éditions Charleston !

D’autres romans des éditions Charleston :

Celui d’après, Jessica Cymerman

La petite herboristerie de Montmartre, Donatella Rizzati

Constance, Rosie Thomas

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Les lettres de Rose, Clarisse Sabard

Les Lettres de Rose par Sabard

 

Lola a été adoptée à l’âge de trois mois. Près de trente ans plus tard, elle travaille dans le salon de thé de ses parents, en attendant de trouver enfin le métier de ses rêves : libraire.

Sa vie va basculer lorsqu’elle apprend que sa grand-mère biologique, qui vient de décéder, lui a légué un étrange héritage : une maison et son histoire dans le petit village d’Aubéry, à travers des lettres et des objets lui apprenant ses origines.

Mais tous les habitants ne voient pas d’un bon œil cette étrangère, notamment Vincent, son cousin. Et il y a également le beau Jim, qui éveille en elle plus de sentiments qu’elle ne le voudrait…

Mon avis :

Ce livre a gagné l’année dernière le concours du Prix du livre romantique, organisé par Charleston. Depuis quelques semaines, je commence à le voir partout, à lire un certain enthousiasme à son sujet, alors, je me suis laissée tenter (et si vous me suivez sur facebook, vous devez savoir que l’auteure m’a demandée en « amie » facebook à peine quelques heures après mon achat, que je n’avais encore divulgué : surprenant, non ?)

Lola, une jeune femme de trente ans, travaille dans la sandwicherie de ses parents, en attendant de trouver mieux (mais le souhaite-t-elle vraiment ? ). Elle a été adoptée à l’âge de trois mois, ses parents ne lui ont jamais caché. Souvent, elle fait un même rêve : elle est dans une maison, peu solide, qui finit par s’effondrer. Une femme, au même regard qu’elle, tente de l’aider à s’en échapper.

Un jour, elle reçoit l’appel d’un notaire : sa grand-mère biologique, Rose, l’a couchée sur son testament. Il l’attend à Aubéry. Après quelques réflexions (A-t-elle vraiment envie de savoir quelque chose sur cette famille qui n’a pas voulu d’elle au point de la faire adopter ? Mais savoir d’où elle vient ne pourrait-il pas l’aider à comprendre son présent et à avoir des bases plus solides pour son futur ?). Finalement, elle décide de prendre quinze jours de vacances et de s’y rendre. Que va-t-elle y découvrir ? Comment accepter ce qui lui a toujours été caché ?

L’histoire est très plaisante à lire. Deux temps s’offrent à nous : en 2015, le présent avec l’annonce du décès de Rose, et plus largement le XXème siècle qui retrace dans les grandes lignes l’histoire de la famille de la jeune trentenaire. Cette histoire, Rose la fait découvrir à Lola au fur et à mesure, le temps d’une grande chasse au trésor : en effet, c’est à elle de retrouver les informations dispersées dans la maison qu’elle lui a léguée. Et quand Vincent et Jim entrent dans l’histoire, c’est un tout autre avenir qui semble s’offrir à elle, avec l’aide du notaire.

Si le thème du secret au sein de plusieurs générations d’une même famille n’est pas nouveau, la plume de Clarisse est très agréable à lire. Les transitions entre les époques sont bien faites, on est vite attaché à l’histoire. Je me suis étrangement plus attachée à Rose, qui a eu une vie difficile, qu’à Lola qui m’a une paire de fois agacée. J’ai aussi parfois trouvé pas mal de répétitions dans la description de ses émotions (elle sent qu’elle doit se trouver, etc … je ne sais plus en détail, mais l’idée était vraiment redondante). Qu’importe, c’est un excellent premier roman, qui a trouvé et trouvera encore son public. Bravo à toi, Clarisse, et continue à nous faire rêver (j’espère que le numéro 2 est en gestation 😀 ).

Par contre, une chose m’a embêtée dans ce livre, mais d’un point de vue strictement personnel : Tristan, le meilleur ami homosexuel, ressemble au Tristan d’une histoire que j’ai terminée il y a peu. Il est aussi homosexuel et devient le meilleur ami de mon héroïne, et il est aussi question d’une librairie. Moi qui envisageais de présenter mon roman au Prix du livre Romantique, je pense que je vais m’abstenir !

Petit cadeau ! Vous voulez découvrir Lola et l’écriture de l’auteure avant de vous lancer ? Vous avez adoré ce livre et voulez en connaître plus ? Lola, le prequel du roman est disponible gratuitement sur le site de Charleston. Il suffit de cliquer !

 

Les enfants indociles, Marie Charrel

Les enfants indociles par Charrel

Présentation de l’éditeur :

Jeune femme bridée par sa timidité, Claire Jarnon trompe sa mélancolie en rêvant la vie des autres. Mais son quotidien est chamboulé le jour où sa grand-mère, un écrivain excentrique, disparaît en lui laissant un énigmatique jeu de piste.

Au fil des épreuves imaginées par la vieille dame, parfois ludiques,  parfois cruelles,  Claire croise des personnages extravagants qui feront de son parcours une véritable quête initiatique. Cette aventure la poussera à combattre ses peurs. Et surtout, à affronter le drame qui a bouleversé son enfance… Marie Charrel dresse avec délicatesse et malice le portrait de trois générations aux prises avec leur désir de liberté.

Un roman que l’on referme avec la furieuse envie d’oser les joies qu’on s’interdit.

 

Mon avis :

Marie Charrel est l’auteure de deux livres que j’ai beaucoup aimés : Une fois ne compte pas et L’enfant tombée des rêves (un énorme coup de cœur). J’attendais ce livre avec impatience, et je remercie l’auteure pour son envoi.

Claire est une jeune femme timide, à la vie peu palpitante. Jusqu’où jour où elle apprendra la disparition de sa grand-mère, une auteure à succès, quelques peu extravagante. Une disparition qui lui en rappelle une autre : son père a lui aussi disparu, quelques années plus tôt. Une différence toutefois : sa grand-mère lui adresse régulièrement des défis sous forme de cap ou pas cap ?

Et voilà la jeune fille qui se retrouve à réaliser les défis d’une grand-mère disparue, la forçant à sortir de son quotidien, l’amenant vers d’autres univers, d’autres personnes, dont Victor…  à prendre confiance en elle.

L’ensemble est parfaitement orchestré,l’écriture est fluide, plaisante. On retrouve deux thèmes qui semblent tenir à l’auteure : le destin mais aussi le secret, de nombreux mystères entourent la famille de la jeune fille. Je me demande où l’auteure va trouver toutes ces idées !

Bref, j’ai beaucoup aimé, une nouvelle fois. Marie Charrel est une auteure à découvrir pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, et à lire et relire pour les autres.

Retrouvez l’avis de Stephie !

 

 

 

 

 

 

 

Marie Charrel, l’enfant tombée des rêves

Aujourd’hui, c’est la chronique sur le dernier livre de Marie Charrel que je ramène ici, toujours depuis mon ancien blog. Pourquoi ce livre ? Car je viens de terminer Une fois ne compte pas, le premier livre de l’auteure (billet à venir) et aussi parce que c’est un livre que j’ai encore bien en tête. Vous connaissez certainement cette sensation : parfois on se remémore un livre et on y repense avec plaisir, on se dit qu’on a passé vraiment un bon moment de lecture. C’est le cas avec L’enfant tombée des rêves.


Quatrième de couverture : Émilie, une enfant solitaire et débordante d’imagination, découvre que ses parents lui mentent sur ses origines et décide de mener l’enquête. A 2 660 kilomètres au nord, quelque part en Islande, un vieux médecin retiré du monde tente d’oublier son passé. Ils ne se connaissent pas. Pourtant, chaque nuit, ils sont poursuivis par le même cauchemar : celui d’un homme tombant d’un balcon. Et si l’improbable rencontre d’Émilie et Robert brisait le terrible secret qui les unit ? Et si trouver la clef de ce rêve obsédant leur permettait de chasser enfin le fantôme qui les hante ?


Mon avis :
Quand Marie Charrel m’a proposé de découvrir son livre, j’ai vite été emballée, à la fois en lisant la quatrième de couverture, mais aussi parce qu’elle m’a écrit suite au conseil d’Olivia Elkaim, dont j’ai dévoré et adoré le livre  Nous étions une histoire. Quand une plume que j’ai adorée m’en conseille une autre (je l’ai un peu pris comme ça), hors de question de m’en priver.
Deux histoires s’entremêlent dans ce livre : celle d’Émilie, une petite fille de douze ans, rejetée à l’école, qui préfère se réfugier le midi à la bibliothèque plutôt que de devoir passer du temps avec les autres à la cantine. Elle est différente des filles de son âge, peu intéressée par les habits à la mode et par le succès, elle peint déjà beaucoup, mais ses tableaux sont plutôt sombres pour une fille de son âge. Elle a un meilleur ami, Croquebal, un monstre imaginaire qui mange les mots dont elle veut se débarrasser. En parallèle à cette histoire, on peut suivre celle d’une homme, Robert Repac qui vit seul en Islande, un ancien médecin qui fuit son passé. Leur point commun ? Un rêve : ils chutent d’un balcon.
La plume est simple, douce, elle nous emporte tout au long de la lecture de cette belle histoire. Pas d’énigme quant à l’issue finale, on la devine, mais j’ai aimé le cheminement qui nous y mène. Deux choses seulement ont gêné ma lecture, dans la première partie du livre : la répétition – que j’ai trouvé exagérée – du terme « balagan »,(je n’aime pas ce mot, allez savoir pourquoi, je n’ai aucune raison objective, les sonorités me dérangent je crois), et les explications mises entre parenthèses, comme à la page 45 «  … un misérable pleutre (un mot recouvert de suie grise, descendant par alliance du flamand pleute », que je trouve inutiles, voire présomptueuses venant de la bouche d’une enfant de douze ans, aussi intéressée par les mots qu’elle puisse être  …
Malgré ça, Émilie reste une enfant attachante, téméraire, et j’ai apprécié les mystères qui entourent le vieux médecin mais aussi la relation étrange entre Émilie et son père.

J’aime les livres qui nous poussent à nous interroger, et c’est ici le cas : jusqu’à quel point peut-on/ doit-on mentir, ces « petits mensonges de la vie ordinaire », comme les appelle la mère d’Émilie, et qu’on imagine exister dans toutes les familles, sont-ils vraiment préférable à la vérité ?

Un livre – et une auteure – à découvrir.

Le livre est paru aux éditions Plon.