Quelques mots rapides sur certains livres …

Avant de vous parler de la rentrée littéraire, je vais vous parler rapidement de quelques livres que j’ai lus, mais que je n’ai pas eu le temps de chroniquer …

Manderley for ever, de Tatiana de Rosnay.

Manderley for ever

Quatrième de couverture :

« J’ai rêvé la nuit dernière que je retournais à Manderley. » C’est par cette phrase que commence Rebecca, le roman de Daphné du Maurier porté à l’écran par Alfred Hitchcock.

Depuis l’âge de douze ans, Tatiana de Rosnay, passionnée par la célèbre romancière anglaise, fait de Daphné du Maurier un véritable personnage de roman. Loin d’avoir la vie lisse d’une mère de famille, qu’elle adorait pourtant, elle fut une femme secrète dont l’œuvre torturée reflétait les tourments.

Retrouvant l’écriture ardente qui fit le succès d’Elle s’appelait Sarah, vendu à plus de neuf millions d’exemplaires à travers le monde, Tatiana de Rosnay met ses pas dans ceux de Daphné du Maurier le long des côtes escarpées de Cornouailles, s’aventure dans ses vieux manoirs chargés d’histoire qu’elle aimait tant, partage ses moments de tristesse, ses coups de cœur, ses amours secrètes.

Le livre refermé, le lecteur reste ébloui par le portrait de cette femme libre, bien certaine que le bonheur n’est pas un objet à posséder mais un état d’âme.

Mon avis : Plus proche de son roman Elle s’appelait Sarah, que du livre A l’encre russe, Tatiana de Rosnay nous séduit une nouvelle fois par sa plume, légère, facile à lire, mais aux invocations puissantes. Daphné du Maurier devient un personnage fascinant.


Prête à tout, Joyce Maynard

Présentation de l’éditeur :

Jeune, belle, mariée à un homme qui la vénère, installée dans une jolie maison, Suzanne Stone ressemble à ces filles trop parfaites des magazines. Mais elle veut davantage, elle veut la célébrité.

Isolée dans une petite ville de province, Suzanne décide que la télévision sera son royaume et, à force de persuasion, obtient un petit poste dans la station locale.

Quand son époux est retrouvé mort, la veuve éplorée, point de mire des caméras, devient rapidement suspecte. Alternant les témoignages, le roman tisse avec brio les voix de Suzanne et de son entourage. Énigmatique, capricieuse, la jeune femme est-elle pour autant l’arriviste perverse que certains dénoncent ? Où est le vrai dans ce que raconte Jimmy, son admirateur adolescent ? Jusqu »où est-elle disposée à aller pour atteindre cette renommée si convoitée ?

Admirablement construit, Prête à tout est une satire acérée de la culture de la célébrité et de l’omniprésence de la télévision, tout autant qu »un passionnant roman noir.

Mon avis : L’alternance des points de vue est intéressante, mais pas assez approfondie. L’histoire n’est pas très originale, mais le roman se lit facilement.


–  Les sentiments excellents, Santa Molinelli

Les sentimentaux excellents - Pour une Physionomie en Poétique

Présentation :

« Je crois, et j’ai pour dessein, LA RÉALITÉ DÉLICTUEUSE comme il n’y a jamais eu de première, mais L’INCIDENTE au hasard, d’un surlendemain flagrant délit dont l’effraction brise, la parole en fractures sonores dont…, LE FAIT, plus puissant que le choc et son ombre attractifs, ou, une PRESQUE POSSIBLE luminescence, ne s’associe à rien, et dont le Poème, pratique. »

« Et si c’est en force d’une guerre sociétale et un auditoire pour cela, c’est invariable comme était resté LE MIRAGE PENDANT LA NUIT pour la nuit du poète. »

Les éditions Vérone ? Qui est-ce ? C’est une jeune maison d’éditions, basée à Nice. Si vous voulez faire un tour sur leur catalogue, c’est ici. Je pense vraiment que c’est prometteur  : il y en a quelques-uns qui me font de l’œil ….

A l’encre russe, Tatiana de Rosnay

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Présentation de l’éditeur : 

Alors qu’il était encore enfant, Nicolas Duhamel a perdu son père, disparu au large de Guéthary. À vingt-quatre ans, lors du renouvellement de son passeport, il découvre que ce père, parti trop tôt, n’était pas le fils de Lionel Duhamel et s’appelait en réalité Fiodor Koltchine. Pourquoi sa famille avait-elle délibérément rayé un pan de son histoire ? Théodore connaissait-il la vérité ? Les circonstances troubles de sa naissance et sa mort accidentelle étaient-elles liées ?

« C’en était fini de l’existence placide et tranquille de Nicolas. Il n’était pas un Duhamel. À cette seule idée, un abîme s’ouvrait sous ses pieds. En ce jour gris, pendant ces deux heures d’attente au Pôle de la nationalité française, un changement subtil s’opérait. C’est ce jour-là que naquit Nicolas Kolt, mais il ne le savait pas encore. » (p. 83)

Affecté par l’onde de choc de ces révélations, le jeune homme se lance sur la piste de ses ancêtres, jusqu’à Saint-Pétersbourg. De cette enquête découlera un roman, publié sous le pseudonyme de Kolt, qui rencontrera un succès phénoménal. Grâce à ce livre, Nicolas pense en avoir fini avec les fantômes du passé. Pourtant, lors d’un séjour dans un hôtel de rêve sur une île toscane avec sa fiancée, il verra s’accumuler orages et périls, défiler sa vie et se jouer son avenir.

Réflexion sur l’identité mais aussi sur l’écriture, À l’encre russe, spectaculaire roman à tiroirs, marque le sacre de la reine du secret.

Mon avis :

J’ai eu la chance de rencontrer l’auteure lors du Salon du livre de Paris 2014, et de repartir avec une dédicace, pour une copine (je n’ai pas amené mes livres, on m’avait dit que c’était interdit, et pourtant, j’aurais dû … et acheter le livre une seconde fois, ça ne m’intéresse pas).

A l’encre russe, c’est l’histoire de Nicolas Duhamel, un écrivain célèbre (connu sous le nom de Kolt), suite à la parution de son livre, L’Enveloppe. Nous sommes au début de l’histoire, une journaliste, Frédérique, conseille à Nicolas un hôtel de luxe en toscane, le Gallo Néro. Il se décide à appeler pour réserver. Tout d’abord, on lui annonce  qu’il n’y a plus de place. Mais, rapidement, une fois que Nicolas dévoile son identité,  l’interlocuteur change de discours : la chambre est réservée. Il s’y rend avec Malvina, une très jolie jeune femme avec laquelle il entretient une relation depuis quelques temps (ce qui ne l’empêche pas de penser à Delphine, avec laquelle il a rompu deux ans plus tôt), ni de chercher à prendre du bon temps avec d’autres femmes. Face à ce succès, il oublie quelque peu sa famille et ses amis, notamment François, un ami d’enfance, il n’est alors attiré que par le luxe, se focalise sur sa célébrité et développe un égo plutôt surdimensionné. Son livre se focalise sur un personnage : Margaux Dansor, une femme âgée de 48 ans. Pour écrire son livre, il s’inspire de sa propre histoire : il découvre lors du renouvellement de son passeport que sa mère est née en Belgique et son père … en Russie, sous le nom de Fiodor Koltchine. Il devra alors prouver sa nationalité.

Les thèmes sont variés et nombreux dans ce livre : la question de l’identité, mais aussi de la célébrité, de l’angoisse de la page blanche, des dérives du succès. J’ai aimé le portrait croqué de Nicolas, que je ne peux envier, qui vit dans l’illusion, le paraître. Il est finalement touchant, paraissant victime de sa soudaine notoriété.

J’ai aimé la construction qui s’apparente à une mise en abyme littéraire : l’histoire de Margaux Danson, racontée par Nicolas Kolt, l’histoire de ce dernier racontée par Tatiana de Rosnay qui a connu cette question de l’identité.

Un passage que j’ai beaucoup apprécié : quand Nicolas Kolt découvre, enfant, assis à côté de son père, dans l’avion, le plaisir de l’écriture « et les mots affluèrent, enfilés telles des perles, qui jaillissaient de lui sur le papier, comme autant de joyeuses petites créatures enfin en liberté, et il y trouvait une satisfaction surprenante », plaisir retrouvé quelques années plus tard « Ce n’est que quatorze longues années plus tard, quand Nicolas s’assit pour écrire les premières pages de L’Enveloppe avec la même plume d’or, qu’il renoua avec ce plaisir enivrant. Celui-là même qu’il avait ressenti dans l’avion, et qui l’emportait dans un monde secret dont il était le souverain. Un plaisir si intense, si pur, qu’il sourit, seul, au souvenir de Rascar Capac et de sa lueur bleue. »

Ce qui m’a amusée : lire qu’Arnaud Dansor, le mari de Margaux (donc le personnage de Nicolas Kolt) surnomme sa femme « Silver Disco Queen », le personnage de Patrick Treboc, les références à l’actualité plus ou moins contemporaines au moment de l’histoire, les avis de Nicolas Kolt via twitter sur ma lecture … (oui, oui, vous avez bien compris …).

Il y a un seul point toutefois que je n’ai pas aimé : le catalogue des habitudes d’écriture des auteurs … j’ai trouvé ça pompeux.

Dans l’ensemble, j’ai vraiment passé un bon moment de lecture. Le livre se lit rapidement (en deux jours, certainement parce que je voulais connaître la suite de l’histoire !), l’écriture est fluide, les événements s’agencent naturellement. C’est un livre différent des autres, on ne retrouve pas par exemple la même puissance des émotions qu’on a pu ressentir dans Rose et que certains visiblement attendaient, ce qui n’empêche pas A l’encre russe d’être un bon livre, loin de là : j’apprécie justement chez Tatiana de Rosnay cette capacité à pouvoir changer de registre, avec talent et habileté.

La parole à Carène Ponte, l’une des gagnantes du prix « Ecrire au féminin » !

Écrire au féminin, c’est un concours d’écriture qui a lieu tous les ans et qui rencontre de plus en plus de succès. Le nom des trois lauréats a été donné le 18 septembre. J’ai découvert ce concours un mois avant la fin, j’y ai participé, sans succès (cette fois, na !).

J’ai demandé, à l’issue des résultats, aux deux gagnantes (j’ai honteusement laissé le grand gagnant de côté, n’ayant pas trouvé comment le contacter ….) si elles acceptaient de répondre à une petite interview … parce que j’ai bien envie de savoir ce que ça fait de gagner un tel concours (on voit la vie autrement ? on se sent écrivain ? on dort plutôt sur le côté gauche au lieu du côté droit ? ). Je voulais aussi savoir si le parcours de ces jeunes prodiges de l’écriture était conforme à ce qu’on s’imagine (étudiant en littérature, fac de lettres, délaissement des études au profit de l’écriture à cause d’une manie indéfectible à s’inventer et à rédiger constamment des histoires au lieu de pondre huit pages sur l’intertextualité dans le nouveau roman …), et je suis sûre de ne pas être la seule.

Merci donc à Carène Ponte, qui a fini troisième de ce concours grâce à sa nouvelle « Rendez-vous à 18h », que je vous encourage vivement à découvrir.

Et, si vous êtes aussi curieuses (curieux !) que moi, si vous voulez savoir si Tatiana de Rosnay (présidente d’honneur ) est plus forte qu’une otite, une seule solution : lire la suite 😉


Tout d’abord félicitations ! J’ai beaucoup aimé votre texte, comme beaucoup d’autres me direz-vous ! Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Carène. J’ai 34 ans. En couple avec 2 enfants. Blogueuse depuis juin 2013.

Pourquoi avez-vous choisi de participer à ce concours ? Est-ce la première fois ?

Non ce n’est pas la première fois. J’ai également participé à l’édition de l’année dernière. J’avais posté ma nouvelle en dernière minute. Première tentative d’écriture de nouvelle d’ailleurs. Ma nouvelle n’a pas gagné, mais elle a déclenché une envie d’écrire des nouvelles chaque vendredi sur le blog.
J’ai ensuite participé à un autre concours organisé par le blog toutalego et les éditions librinova. Ma nouvelle a gagné le 1er prix et a été éditée en version numérique.
Et puis, cela a été le retour du concours écrire au féminin. Cette fois-ci j’ai posté ma nouvelle dès la première journée.

Comment vous est venue l’inspiration ?

Il y avait 4 thèmes cette année. Celui sur “il l’attend depuis 2heures” m’a tout de suite plu. J’y ai réfléchi. J’avais envie d’écrire une histoire triste et nostalgique. Rapidement l’image de cet homme qui attend celle qu’il aime dans un café m’est apparue. Je voulais une histoire que l’on se représente en même temps qu’elle se lit. D’où l’alternance entre les deux personnages, entre les deux époques.

Comment avez-vous été sélectionnée ?

Pour ce concours il y a deux méthodes pour être parmi les 12 finalistes. Les nouvelles sont soumises aux votes des internautes et les 6 les plus “likées” vont en finale. Par ailleurs la rédaction d’Au féminin sélectionne parmi toutes les nouvelles proposées, 6 autres nouvelles. Ma nouvelle a terminé 5ème des votes des internautes. Elle est donc passée en finale.

Pensiez-vous vraiment arriver parmi les finalistes ?

Évidemment je l’espérais. J’étais convaincue en revanche que je n’arriverais pas à obtenir suffisamment de votes de la part des internautes. Je misais donc sur les 6 choix de la rédaction. Au final j’étais très heureuse de cette adhésion de la part de tous les internautes qui se sont mobilisés pour voter pour ma nouvelle. Je n’ai eu que des retours positifs et émus sur mon texte. C’est le début de la magie.

Que se passe-t-il quand on reçoit le fameux coup de fil ? A quoi/ qui avez-vous pensé ? Quelle est la première personne avec laquelle vous avez partagé la bonne nouvelle ?

Alors en fait, j’ai reçu un mail. Le jury a eu lieu le jeudi soir, j’étais fébrile le vendredi, stressée le samedi, abattue le dimanche midi, désespérée le dimanche soir.. Et puis le lundi, en me réveillant, je consulte mes mails. Et là, je le vois. Ce mail qui commence par “J’ai le plaisir de vous annoncer que…”. J’ai sauté de mon lit et suis descendue montrer ce mail à mon homme. Pour être sûre qu’il comprenait bien comme moi !

Ça fait quoi de se rendre à la remise des prix ?

C’était incroyable ! Magique. Très intense. Même si jusqu’au bout, jusqu’à l’appel de mon nom je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que si ça se trouve il y avait une erreur. Qu’il m’avait en fait attribuée par erreur le texte de quelqu’un d’autre. Mais non c’est bien mon nom, et ma nouvelle qui ont été appelés pour le 3ème prix. J’ai rencontré des éditeurs, j’ai parlé avec eux, je les ai écoutés le sourire jusqu’aux oreilles me dire qu’ils avaient aimé ma nouvelle. J’ai touché mon rêve du bout des doigts.

Tatiana de Rosnay, est-elle aussi gentille que ce qu’il parait ?

Très ! Même si la pauvre avait une otite et n’était pas donc pas au mieux de sa forme. Mais en effet elle est très gentille et accessible.

Le sac Longchamp, c’est la classe, non ? 😉

Tu parles à une shopping addict la ! Folle de sacs à main et de chaussures ! 🙂 Avant la cérémonie on a été reçus au showroom de la marque. On était entourés de sacs à main ! C’était le bonheur.

Pouvez-vous retracer votre parcours d’écriture ?

Je rêve depuis l’âge de 10 ans de devenir écrivain. Mais je m’étais auto-convaincue que je n’avais pas le talent pour. Que je ne saurais pas inventer des histoires ou des personnages. J’ai donc enfoui ce rêve bien au fond de moi. J’ai eu l’occasion dans le cadre de mon activité professionnelle de publier des ouvrages (juridique dans le domaine de la santé) mais ce n’était pas la même chose. Et puis il y a 1,5 ans j’ai débuté l’aventure du blog et cela a été le déclic. J’ai réalisé que l’écriture était désormais vitale pour moi. Je ne pourrais plus m’en passer. Je publie sur le blog plusieurs fois par semaine. Et chaque vendredi je publie une nouvelle (rubrique 1 vendredi / 1 nouvelle)

Il y a-t-il beaucoup de romans en préparation dans vos tiroirs ?

J’ai quelques idées. J’y réfléchis, j’essaie de les étoffer pour voir laquelle a le plus de potentiel. L’accompagnement littéraire gagné dans le cadre du concours écrire Auféminin va m’y aider. C’est d’ailleurs pour cela que je voulais tant faire partie des trois gagnantes.

Ou peut-on vous lire ou vous suivre ?

Sur mon blog : www.desmotsetmoi.fr

Au plaisir de vous y retrouver. Surtout, il ne faut pas hésiter à me laisser des commentaires sous les billets publiés. Je réponds à chacun.

Merci beaucoup !


Pour tout savoir sur le déroulement du concours cette année, c’est ici !